Document - Yemen: Further information: Southern movement leader detained: Hassan Ba’oom

Yémen. Un dirigeant du Mouvement du Sud détenu



Action complémentaire sur l’AU 247/10, MDE 31/005/2011 – Yémen 22 février 2011


ACTION URGENTE

UN DIRIGEANT DU MOUVEMENT DU SUD DÉTENU

Hassan Baoom, dirigeant d'un groupe politique d'opposition du sud du Yémen, est détenu au secret depuis le 20 février. Amnesty International est inquiète pour sa santé et craint qu'il ne soit détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression, ce qui ferait de lui un prisonnier d'opinion.

Hassan Baoom, un homme âgé de plus de 70 ans, a été arrêté le 20 février par les forces de sécurité dans un hôpital d'Aden. Il y avait été admis pour une fracture de la jambe. Cet homme est un dirigeant du Mouvement du sud et le président d'une faction appelée Conseil suprême national pour la libération du sud. Selon certains médias, il avait récemment appelé à l'organisation d'une « journée de colère » contre le gouvernement yéménite dans les provinces du sud.

Après son arrestation, il aurait été emmené dans un hôpital militaire, à Aden, puis transféré à la prison centrale de Sanaa. Il est, semble-t-il, détenu au secret. Il souffrirait d'hypertension, d'une pathologie cardiaque et de diabète mais on ignore s'il bénéficie de soins médicaux.

Hassan Baoom avait été libéré début janvier, après environ deux moins de détention. Il avait été arrêté par des membres des forces de sécurité le 9 novembre 2010 alors qu'il se rendait en voiture d'Aden à Al Dali, dans le sud du Yémen. Il avait été détenu au secret pendant un certain temps. Cet homme avait déjà été détenu pendant deux mois en 2007 et six mois en 2008 à la suite de manifestations organisées par des militaires à la retraite originaires du sud du Yémen pour protester contre la discrimination qu'ils ressentaient en matière d'emploi, de salaires et de pensions.

Depuis 2007, des actions de protestation ont sporadiquement lieu dans le sud du Yémen, non seulement contre ce qui est perçu comme de la discrimination de la part du gouvernement à l'égard de la population du sud mais également, de plus en plus souvent, en faveur de la sécession de cette région. Cependant, après avoir appelé le président à la démission à Sanaa, la capitale, et dans d'autres villes ces dernières semaines, les manifestants ont commencé à réclamer un changement de régime à Aden.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

  • exhortez les autorités à permettre à Hassan Baoom de bénéficier sans délai de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;

  • demandez-leur instamment de veiller à ce que cet homme soit protégé de la torture et des autres formes de mauvais traitements, et qu'il soit autorisé sans délai et régulièrement à consulter l'avocat de son choix et à entrer en contact avec ses proches ;

  • faites-leur remarquer que, s'il s'avérait qu'il était détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression et de réunion, Amnesty International le considérerait comme un prisonnier d'opinion et appellerait à sa libération immédiate et inconditionnelle ;

  • demandez-leur de révéler publiquement la nature des charges pesant sur cet homme et engagez-les à veiller à ce que toute procédure judiciaire engagée à son encontre soit conforme aux normes internationales d'équité.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 5 AVRIL 2011 À :

Président du Yémen

His Excellency Ali Abdullah Saleh

Office of the President of the Republic of Yemen

Sana'a

République du Yémen

Fax : +967 1 274 147

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,


Ministre de l'Intérieur

His Excellency Mutaher Rashad al-Masri

Ministry of Interior

Sana'a, République du Yémen

Fax : +967 1 332 511 /

+967 1 331 899

Courriel : moi@yemen.net.ye

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,


Copies à :

Ministre des Droits humains

Her Excellency Dr Huda Ali Abdullatef Alban

Ministry for Human Rights

Sana'a, République du Yémen

Fax : +967 1 444 838 /

+967 1 419 555 967 (merci de vous montrer persévérant)

Courriel : mshr@y.net.ye

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Yémen dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 247/10. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE31/014/2010/fr.

ACTION URGENTE

UN DIRIGEANT DU MOUVEMENT DU SUD DÉTENU

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les manifestations qui se déroulent de manière sporadique dans le sud du Yémen ont commencé par les protestations de militaires à la retraite originaires du sud, qui expriment de manière croissante leur préoccupation quant au fait qu'ils ne bénéficient pas du même traitement que les militaires du nord du pays en matière d'emploi, de salaires et de pensions de retraite. La plupart de ces anciens soldats faisaient partie de l'armée de l'ex-République populaire démocratique du Yémen (RPDY), communément appelée Yémen du Sud. Après la réunification du pays en 1990, les troupes de la RPDY et de la République arabe du Yémen (RAY), communément appelée Yémen du Nord, ont été rassemblées en une seule armée, celle de la nouvelle République du Yémen. Cependant, à la suite de la guerre civile de 1994, qui s'est conclue par la défaite du sud, de nombreux soldats de l'ex-RPDY ont été renvoyés de l'armée. Ces anciens militaires, ainsi que ceux qui appartiennent encore à l'armée actuelle, affirment subir des discriminations par rapport aux soldats qui ont fait partie de l'armée de la RAY. Le Mouvement du sud est une coalition réunissant divers groupes politiques, favorables pour certains à une sécession du sud du Yémen. Le Mouvement du sud semble être apparu à la suite des manifestations de militaires et de celles liées à la discrimination généralisée dont les habitants du sud du pays estiment être victimes. Les autorités yéménites considèrent que l'ensemble du Mouvement appelle à l'indépendance de la partie méridionale du pays.

Il a organisé un certain nombre d'actions de protestation pour dénoncer ce qu'il perçoit comme un manque de détermination du gouvernement à lutter contre la discrimination envers la population du sud du pays. Les autorités ont répondu avec brutalité à ces manifestations. Plusieurs dizaines de manifestants ont été tués dans les cortèges ou à proximité de ceux-ci. Dans de nombreux cas, ils semblent avoir été abattus illégalement car ils ne mettaient pas en danger la vie des membres des forces de sécurité ou d'autres personnes. Depuis le début des protestations en 2007, les forces de sécurité ont arrêté et détenu, bien souvent de manière arbitraire, des milliers de manifestants et de passants ainsi que des chefs de file et des militants du Mouvement du sud.

Depuis février 2011, les manifestants – en particulier à Aden – ont commencé à demander un changement de régime et la démission du président. Les rassemblements de protestation appelant le sud à se séparer du reste du pays se poursuivent à Aden et dans d'autres villes de la région.

La Constitution yéménite garantit la liberté d'expression. Toutefois, ce droit est battu en brèche par des lois et pratiques restrictives, notamment la Loi de 1990 relative à la presse et à la publication et le Tribunal spécialisé dans la presse et les publications, créé en mai 2009. Cette juridiction semble avoir pour objectif de supprimer toute dissidence en accélérant le traitement des affaires impliquant des détracteurs du gouvernement.


Action complémentaire sur l'AU 247/10, MDE 31/005/2011, 22 février 2011

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