Document - UAE: Further information: More activists detained; risk of torture

Émirats arabes unis. Nouvelles arrestations de militants ; risques de torture

Action complémentaire sur l'AU 214/12, MDE 25/007/2012 – Émirats arabes unis 30 juillet 2012

ACTION URGENTE ÉMIRATS ARABES UNIS. NOUVELLES ARRESTATIONS DE MILITANTS ; RISQUES DE TORTURE Au moins 14 militants politiques supplémentaires ont été placés en détention, pour certains dès le 18 juillet, depuis le début de la vague d'arrestations que l'on observe actuellement aux Émirats arabes unis. On ignore où ils se trouvent, tout comme les 13 hommes interpellés précédemment, ce qui accroît leur risque de subir des actes de torture ou d'autres mauvais traitements. Issa al Suwaidi, ancien directeur de la zone éducative d'Abou Dhabi, Juma al Felasi et Tariq al Qasim ont été arrêtés le 19 juillet. Saif al Ajlah, Hamad Roqait, Mohamed al Naqbi, Adnan Julfar, Tariq Hassan al Qattan, Musabeh al Rumaithi, Abdulraheem al Zarooni et Abdulsalam Darwish ont été arrêtés, quant à eux, le 24 juillet. Saeed Naser al Wahidi et Ali Al Manei, d'Abou Dhabi, ont été arrêtés le 25 juillet. L'avocat Salem al Shehhi a été arrêté le 18 juillet lorsqu'il s'est rendu au bureau du procureur de la sûreté de l'État pour s'enquérir de la situation de ses clients, parmi lesquels figurent deux prisonniers d'opinion – les défenseurs des droits humains Mohamed al Mansoori et Mohamed Abdullah al Roken – arrêtés les 16 et 17 juillet, respectivement. Amnesty International estime que Salem al Shehhi est également un prisonnier d'opinion, détenu uniquement en raison de ses activités pacifiques en tant qu'avocat de la défense.

L'avocat Mohamed Abdullah al Roken a été interpellé alors qu'il se rendait en voiture dans un poste un police de Doubaï pour signaler que son fils, Rashid Mohamed al Roken, et son gendre, Abdullah al Hajeri, avaient disparu. Parmi les autres personnes arrêtées précédemment figurent Mohamed al Mansoori, avocat et ancien président de l'Association des juristes des Émirats arabes unis, Abdul Rahman al Hadidi, directeur du Centre de mémorisation du Coran, Rashid al Shamsi, Hussain al Najjar, Omran al Radhwan, Khaled al Shaiba, Ibrahim al Yassi, Mahmoud al Hoosani, Issa al Sari et Khalifa al Nuaimi. Le 28 juillet, l'épouse d'Ibrahim al Yassi, Fatima al Salagi, s'est vu interdire de quitter le territoire pour se rendre en Arabie saoudite.

On ignore où se trouvent les 27 hommes cités. Certains d'entre eux ont des liens avec l'Association pour la réforme et l'orientation sociale, groupe politique non violent engagé depuis de nombreuses années dans des débats politiques pacifiques aux Émirats arabes unis et qui prône une plus grande adhésion aux préceptes islamiques.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :  exhortez les autorités à relâcher immédiatement et sans condition les 27 hommes cités, y compris Mohamed Abdullah al Roken et Mohamed al Mansoori, détenus uniquement pour avoir exprimé pacifiquement les convictions que leur dicte leur conscience ou en raison de leurs activités professionnelles, et à libérer toutes les autres personnes détenues à moins qu'elles ne soient jugées rapidement pour une infraction pénale dûment reconnue par le droit international, dans le respect des normes internationales d'équité des procès ;  engagez-les à révéler immédiatement où se trouvent ces 27 hommes, et à veiller à ce qu'ils soient protégés contre tout acte de torture et tout autre mauvais traitement, et puissent consulter les avocats de leur choix, contacter leurs familles et bénéficier de tous les soins médicaux nécessaires ;  appelez-les à lever les restrictions illégales qui pèsent sur l'exercice des droits aux libertés d'expression d'association et de réunion. VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 10 SEPTEMBRE 2012 À : Vice-président et Premier ministre Shaikh Mohammad bin Rashed Al-Maktoum Office of the Prime Minister POB 2838, Dubai, Émirats arabes unis Fax : +971 4 3531974 Courriel via le site internet : http://www.uaepm.ae/en/communicate/in dex.html Formule d'appel : Your Highness, / Monsieur le Premier ministre,

Ministre de l 'Intérieur Lt-General Cheikh Saif bin Zayed Al-Nahyan Human Rights Directorate POB: 398, Abu Dhabi, Émirats arabes unis Fax : +971 4 3981119 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à : Ministre de la Justice Dr Hadef bin Jua'an Al Dhaheri Ministry of Justice Al Khubirah, Sector 93, Street 5 P.O. Box 260 Abu Dhabi, Émirats arabes unis Fax : +971 2 6810680 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques des Émirats arabes unis dans votre pays (adresse(s) à compléter) : Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 214/12. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE25/006/2012/fr.

ACTION URGENTE ÉMIRATS ARABES UNIS. NOUVELLES ARRESTATIONS DE MILITANTS ; RISQUES DE TORTURE

COMPLÉMENT D'INFORMATION Le 15 juillet dernier, le procureur d'Abou Dhabi a déclaré que plusieurs personnes feraient l'objet d'une enquête pour avoir prévu de « porter atteinte à la sûreté de l'État » et s'être « opposés à la Constitution et au régime des Émirats arabes unis », ainsi que pour leurs liens avec « des organisations et des programmes étrangers ». La vague d'arrestations actuelle fait suite à cette annonce.

Les Émirats arabes unis sont une fédération de sept émirats, chacun gouverné par un émir qui exerce un pouvoir absolu. Les émirats n'organisent pas d'élections locales. Au lieu de cela, une Commission nationale électorale établie et nommée à l'échelon régional élit la moitié des 40 membres du Conseil national fédéral, un organe consultatif qui siège à Abou Dhabi. Les 20 autres membres sont désignés par le président. La durée de leur mandat est de deux ans. Parmi ses attributions réduites, le Conseil national fédéral peut examiner et modifier la législation fédérale, mais il n'a pas le droit de véto.

Les partis politiques ne sont pas officiellement autorisés dans le pays, aucune contestation politique n'est tolérée et la liberté d'expression et d'association est gravement restreinte, surtout depuis ces derniers mois. Des forums de discussion en ligne et des sites internet à caractère politique ont été fermés, ou l'accès depuis les Émirats a été bloqué par les autorités. Le 9 mars 2011, plus de 130 défenseurs des droits civils et politiques dans ce pays ont adressé une pétition au président des Émirats, lui demandant d'introduire le suffrage universel direct.

La plupart des personnes soupçonnées d'avoir commis des infractions politiques aux Émirats sont interpellées par la Sûreté de l'État et détenues au secret dans un lieu inconnu, généralement pendant une semaine, avant d'être autorisées à appeler brièvement leurs familles. Après leur libération ou pendant leur procès, certaines ont révélé avoir subi des actes de torture ou d'autres mauvais traitements.

Mohamed Abdullah al Roken a été l'un des avocats de la défense dans l'affaire de cinq résidents des Émirats arabes unis arrêtés en avril 2011, surnommés les « Cinq des Émirats ». En juin 2011, ils ont été jugés de manière inique par la Cour suprême pour des accusations pénales de diffamation liées aux articles publiés sur un forum en ligne, dont certains appelaient à des réformes politiques et d'autres critiquaient certaines politiques gouvernementales. Amnesty International considérait ces cinq hommes – Ahmed Mansoor, défenseur des droits humains et blogueur, Nasser bin Ghaith, maître de conférences et partisan de la réforme politique, Fahad Salim Dalk, Ahmed Abdul Khaleq et Hassan Ali al Khamis, tous trois cybermilitants – comme des prisonniers d'opinion. Pendant leur détention, ils ont fait l'objet d'une campagne de dénigrement sur des sites de réseaux sociaux. Le 27 novembre dernier, Ahmed Mansour a été condamné à trois ans de prison, contre deux ans pour les quatre autres. Tous les cinq ont été libérés le lendemain, le président les ayant graciés en prévision de la fête nationale émirienne (2 décembre). Le 16 juillet 2012, Ahmed Abdul Khaleq a dû s'exiler en Thaïlande car il risquait d'être placé en détention pour une durée indéterminée (voir http://www.amnesty.org/fr/news/uae-bidun-blogger-forced-leave-country-raising- alarm-after-wave-arbitrary-arrests-2012-07-16).

Le lendemain, un porte-parole du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a exprimé ses craintes face à l'escalade de la répression visant des défenseurs des droits humains aux Émirats arabes unis. Il a évoqué le harcèlement, l'interdiction de voyager, la résiliation de contrats de travail, les arrestations, la dénaturalisation et l'expulsion du pays, entre autres méthodes employées par les autorités émiriennes à l'encontre des militants.

Noms : Salem al Shehhi, Issa al Suwaidi, Juma al Felasi, Tariq al Qasim, Saif al Ajlah, Hamad Roqait, Mohamed al Naqbi, Adnan Julfar, Tariq Hassan al Qattan, Musabeh al Rumaithi, Abdulrahmeem al Zarooni, Abdulsalam Darwish, Saeed Naser al Wahidi, Ali Al Manei, Mohammad al

Roken, Rashid al Roken, Abdullah al Hajeri, Mohammad al Mansoori, Abdul Rahman al Hadidi, Rashid al Shamsi, Hussain al Najjar, Omran al Radhwan, Khaled al Shaiba, Ibrahim al Yassi, Mohamed al Hoosan, Issa al Sari et Khalifa al Nuaimi

Genre : hommes

Action complémentaire sur l'AU 214/12, MDE 25/007/2012, 30 juillet 2012

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