Document - Syria: Doctor arrested, risks torture: Dr Mahmoud Al Refaai

Syrie. Un médecin arrêté risque la torture

AU 114/12, MDE 24/037/2012 – Syrie 20 avril 2012

ACTION URGENTE

UN MÉDECIN ARRÊTÉ RISQUE LA TORTURE

Mahmoud Al Refaai, cardiologue syrien, a été arrêté le 16 février 2012 à l ' hôpital Al Mouwasat de Damas, la capitale. Il aurait subi des actes de torture et d ' autres mauvais traitements.

Selon une source locale, la famille de Mahmoud Al Refaai a été informée de son arrestation par un employé de l'hôpital, qui a expliqué que des membres du service de renseignement de l'armée de l'air syrienne l'avaient interpellé. Cette information a ensuite été confirmée officieusement aux proches de Mahmoud Al Refaai par un contact interne aux autorités syriennes, qui a indiqué que cet homme était détenu à la section du Renseignement de l'armée de l'air située dans le quartier d'Al Mezzeh, à Damas. Des membres de la famille de Mahmoud Al Refaai s'y sont rendus pour demander où il se trouvait mais on ne leur a donné aucune information et on leur a demandé de partir.

Des délégués d'Amnesty International se sont entretenus avec un autre médecin, qui a affirmé avoir été arrêté plus ou moins au même moment que Mahmoud Al Refaai et détenu au même endroit. Il a déclaré avoir assisté à divers actes de torture pratiqués sur Mahmoud Al Refaai et d'autres détenus dans la cour du centre de détention. On obligeait notamment ces hommes à rester dans des positions douloureuses et stressantes, et à se tenir debout nus pendant de longues périodes ; on leur versait alors de l'eau froide sur le corps.

On ignore les raisons de l'arrestation de Mahmoud Al Refaai, qui n'est pas connu pour son militantisme politique. Cependant, le médecin libéré récemment a expliqué à Amnesty International que sa propre arrestation et les actes de torture qu'il a subis ensuite étaient, semble-t-il, liés aux soins médicaux qu'il avait prodigués à des manifestants blessés. Il pensait qu'il pouvait en être de même pour Mahmoud Al Refaai. Si tel était le cas, l'organisation considérerait ce dernier comme un prisonnier d'opinion et demanderait sa libération immédiate et inconditionnelle.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

dites-vous préoccupé par le fait que Mahmoud Al Refaai soit détenu depuis le 16 février 2012 dans des conditions qui s'apparentent à une disparition forcée et exhortez les autorités à veiller à ce qu'il bénéficie de tous les soins médicaux nécessaires, soit protégé de la torture et de tout autre mauvais traitement, et puisse entrer immédiatement en contact avec sa famille et son avocat ;

demandez des éclaircissements quant à la situation juridique de cet homme ;

priez instamment les autorités d'ouvrir sans délai une enquête indépendante et impartiale sur les actes de torture et autres mauvais traitements dont Mahmoud Al Refaai a manifestement été victime et de traduire en justice tous les responsables présumés de ces violences.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 1 er  JUIN 2012 À :

Président

Bashar al-Assad

Presidential Palace, al-Rashid Street

Damascus, Syrie

Fax : +963 11 332 3410 (merci de faire preuve de persévérance)

Formule d ' appel : Your Excellency,  / Monsieur le Président,

Ministre de l'Intérieur

His Excellency Major General Mohamad Ibrahim al-Shaar, Ministry of Interior, ‘Abd al-Rahman Shahbandar Street

Damascus, Syrie

Fax : +963 11 211 9578 (merci de faire preuve de persévérance)

Formule d ' appel : Your Excellency,  / Monsieur le Ministre,

Ministre des Affaires étrangères

Walid al-Mu'allim

Ministry of Foreign Affairs

al-Rashid Street

Damascus, Syrie

Fax : +963 11 214 6253 (merci de faire preuve de persévérance)

Formule d ' appel : Your Excellency,  / Monsieur le Ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Syrie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

UN MÉDECIN ARRÊTÉ RISQUE LA TORTURE

COMPLÉMENT D ' INFORMATION

Le médecin libéré a indiqué qu'il avait vu à la section du Renseignement de l'armée de l'air, Osama Al Baroudi, un autre de ses confrères de Damas qui aurait été arrêté le 18 février dans des circonstances similaires pour avoir également soigné des manifestants blessés. Il a aussi expliqué à Amnesty International qu'il avait vu Mahmoud Al Refaai et Osama Al Baroudi dans des positions stressantes, notamment celle appelée shabeh (suspension par les poignets ou les chevilles, menottés à un crochet). Ceux-ci auraient aussi été contraints à se tenir debout dans la cour, nus, pendant de longues périodes alors qu'on leur jetait de l'eau froide à intervalles réguliers. Amnesty International a également appris que la plupart des cellules ne mesuraient que deux mètres sur 1,7 mais accueillaient 10 à 15 détenus.

Des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la réforme ont eu lieu sporadiquement en février 2011, mais se sont amplifiées et multipliées après les premiers homicides de manifestants le mois suivant. Ces rassemblements sont le plus souvent pacifiques ; pourtant, les autorités syriennes répondent de la manière la plus brutale qui soit pour tenter d'y mettre un terme. Au cours de l'année écoulée, bien que les manifestations pacifiques aient continué, les troubles sont devenus de plus en plus violents, des groupes d'opposition armés – souvent associés de manière plus ou moins étroite à l'Armée syrienne libre – menant des attaques qui visaient le plus souvent les forces de sécurité syriennes. Amnesty International a obtenu les noms de plus de 8 500 personnes qui seraient mortes ou auraient été tuées pendant les manifestations ou dans des circonstances liées à ces rassemblements depuis la mi-mars 2011. Des membres des forces de sécurité ont également été tués, certains par des militaires déserteurs qui ont pris les armes pour s'opposer au régime.

Des milliers d'opposants présumés au gouvernement syrien ont été arrêtés au cours des 12 derniers mois et nombre d'entre eux, voire la plupart, auraient été soumis à des actes de torture et à d'autres mauvais traitements. Amnesty International dispose des noms de plus de 330 personnes qui seraient mortes en détention pendant cette période, et a recensé de nombreux cas de torture et d'autres mauvais traitements de personnes ayant été détenues. Pour en savoir plus sur les actes de torture et les autres mauvais traitements infligés à des détenus en Syrie, veuillez consulter le document « Je voulais mourir », Témoignages de survivants de la torture en Syrie (http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE24/016/2012/fr). Amnesty International a également recueilli des informations indiquant que des personnes ont, semble-t-il, été victimes de disparition forcée et que les pouvoirs publics n'ont fourni aux familles aucun renseignement sur le sort de ces personnes, dont la plupart auraient été arrêtées par les forces de sécurité.

Bien que le gouvernement syrien ait accepté le plan en six points proposé le 27 mars 2012 par Kofi Annan, envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, et l'accord de cessez-le-feu du 12 avril, Amnesty International continue à recevoir des informations faisant état d'arrestations et de maintiens en détention dans des conditions s'apparentant à des disparitions forcées.

L'organisation a déjà recueilli des informations sur des atteintes aux droits humains visant des blessés et des professionnels de la santé dans certains hôpitaux syriens. Pour plus d'informations, veuillez consulter le rapport d'Amnesty International intitulé La santé attaquée, Le gouvernement syrien s ' en prend aux blessés et au personnel soignant (http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE24/059/2011/fr).

Depuis avril 2011, Amnesty International rassemble des informations sur les atteintes aux droits humains commises de façon systématique et généralisée dans ce pays, et qui s'apparentent à des crimes contre l'humanité. L'organisation demande que la situation en Syrie soit examinée par le procureur de la Cour pénale internationale, qu'un embargo total sur les armes à destination de ce pays soit décrété et que les avoirs du président Bachar el Assad et de tous ses proches collaborateurs soient gelés.

Nom : Mahmoud Al Refaai

Genre : homme

AU 114/12, MDE 24/037/2012, 20 avril 2012

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE