Document - Syrian activist at serious risk of torture

Syrie. Risque élevé de torture pour un militant


AU 209/11- MDE 24/030/2011 Syrie 5 juillet 2011

ACTION URGENTE

SYRIE. RISQUE ÉLEVÉ DE TORTURE POUR UN MILITANT

Un militant syrien, Anas al Shogre, est détenu au secret depuis son arrestation dans la nuit du 14 au 15 mai, pour avoir, semble-t-il, lancé des appels à manifester et conduit des manifestations dans la ville côtière de Baniyas, en Syrie. Cet homme risque fortement d'être torturé ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements.

Un défenseur des droits humains syrien a fait savoir qu'un étudiant âgé de 23 ans qui s'était réfugié dans la clandestinité, Anas al Shogre, avait été arrêté lors d'une opération des forces de sécurité qui a débuté à Baniyas le 7 mai.  

Les autorités syriennes n'ont pas révélé où il était détenu. Un de ses frères, qui vit à l'étranger, a indiqué à Amnesty International que la famille d'Anas al Shogre avait appris d'anciens détenus, arrêtés eux aussi pendant l'opération des forces de sécurité à Baniyas et libérés par la suite, qu'Anas al Shogre avait été détenu à l'isolement dans les locaux de la Sécurité militaire de la ville de Tartous, au sud de Baniyas. Les anciens détenus ont affirmé qu'il avait ensuite été transféré dans les locaux de la Sécurité d'État à Damas. Ces hommes ont également dit à sa famille qu'ils avaient entendu Anas al Shogre hurler dans les locaux de la Sécurité militaire « je ne veux pas vivre, laissez-moi mourir », propos faisant fortement craindre qu'il n'ait été torturé ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements. Ses proches se sont rendus à plusieurs reprises sur place pour s'enquérir de son sort.

Tout en confirmant qu'Anas al Shogre était détenu dans des locaux, le personnel de la Sécurité militaire leur a indiqué qu'ils n'avaient pas le droit de poser des questions à son sujet tant qu'il était détenu dans ce type d'établissement et a refusé de leur en dire plus.

Les autorités syriennes n'ont pas indiqué les raisons pour lesquelles Anas al Shogre avait été arrêté mais la chaîne de télévision privée Addounia TV, considérée comme proche des autorités, aurait annoncé que l'objectif de l'opération des forces de sécurité à Baniyas était d'arrêter le « terroriste » Anas al Shogre, dirigeant d'un « groupe armé ». La famille d'Anas al Shogre et les défenseurs locaux des droits humains sont convaincus quant à eux que le jeune homme a été arrêté pour avoir appelé à manifester et conduit des manifestations à Baniyas et pour avoir transmis des informations, y compris à la BBC en arabe, sur les violations des droits humains commises par les autorités syriennes dans la ville. Amnesty International craint qu'Anas al Shogre ne soit un prisonnier d'opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression et de réunion.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-APRÈS (en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :

  • dites-vous préoccupé(e) par le fait qu'Anas al Shogre est détenu au secret depuis le 14/15 mai, et demandez qu'il soit protégé contre tout acte de torture ou autre forme de mauvais traitements ;

  • faites état de votre inquiétude à l'idée qu'Anas al Shogre puisse être détenu simplement pour avoir appelé à manifester et avoir conduit des manifestations à Baniyas et faites remarquer que, si tel était le cas, Amnesty International le considérerait comme un prisonnier d'opinion incarcéré pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression et d'association et demanderait sa libération immédiate et inconditionnelle ;

  • exhortez les autorités syriennes à révéler où se trouvent toutes les personnes arrêtées en relation avec le mouvement de protestation en cours, y compris Anas al Shogre ; à leur permettre d'entrer en contact avec leur famille et les avocats de leur choix et de bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin, ainsi qu'à les protéger contre la torture et les autres mauvais traitements.


VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 16 AOÛT 2011 À :

Président de la République

Bashar al-Assad

Presidential Palace

al-Rashid Street

Damas, Syrie

Fax : +963 11 332 3410

Formule d'appel :

Your Excellency, / Monsieur le Président,

Ministre des Affaires étrangères

Walid al-Mu'allim

Ministry of Foreign Affairs

al-Rashid Street

Damas, Syrie

Fax : +963 11 214 6251

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,










Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Syrie dans votre pays. Merci d'insérer leurs adresses ci-après :

nom – adresse, fax, courriel, formule d'appel

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

SYRIE. RISQUE ÉLEVÉ DE TORTURE POUR UN MILITANT

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les grandes manifestations en faveur d'une réforme politique et du renversement du président syrien Bachar el Assad ont débuté à Baniyas après les prières de midi le vendredi 18 mars. À cette occasion, Anas al Shogre aurait pris la parole devant les fidèles et leur aurait dit d'aller manifester dans la rue pour demander leur liberté. Il aurait déclaré : « Je vais manifester en faveur de la liberté même si je dois manifester tout seul. »  

Selon des informations fournies par des défenseurs des droits humains syriens et les Comités de coordination locale de Syrie (CCL), réseau de comités se chargeant de la planification et de l'organisation des manifestations, Anas al Shogre aurait joué un rôle majeur dans l'organisation du mouvement de protestation dans sa ville, et dans l'information des médias sur ce qui se passait sur place. Voici des liens vers deux interviews qu'il a données par téléphone à la BBC en arabe et à la chaîne de télévision en langue arabe AI Hiwar, basée à Londres.

BBC: http://www.youtube.com/watch?v=R_Bmi5Fu6EA&feature=player_embedded

Al Hiwar: http://www.youtube.com/watch?v=vuJHhVLlXws&feature=player_embedded

Le frère d'Anas al Shogre a indiqué que celui-ci avait été convoqué par la Sécurité militaire de Tartous peu après le début du mouvement de protestation à Baniyas et qu'il avait reçu l'ordre de mettre fin à ses activités. Il a aussi dit à Amnesty International qu'un agent de la Garde républicaine avait téléphoné à Anas al Shogre et lui avait proposé de l'argent pour qu'il revienne publiquement sur ses appels à manifester. Anas al Shogre aurait répondu qu'il ne manifestait pas pour obtenir quelque chose pour lui-même mais pour que son pays accède à la liberté.

Le 17 avril, Anas al Shogre a répondu, dans une vidéo postée sur Internet, à l'accusation de « terrorisme » parue dans les médias syriens à son sujet. Il a déclaré : « Nous ne sommes pas armés. Notre arme c'est notre demande de liberté ; nous nous battons avec notre esprit, notre stylo et notre appareil photo. »

Voir http://www.youtube.com/watch?v=fCer6fnz-Kc&feature=player_embedded

Le 11 mai, lors de l'opération des forces de sécurité à Baniyas ayant débuté le 7 mai, mais après que les tanks de l'armée eurent quitté la ville, Addounia TV a diffusé des « aveux » de personnes décrites comme appartenant à un « groupe terroriste ». Ces personnes affirmaient dans leurs « aveux » qu'Anas al Shogre, parmi d'autres, incitait les gens à prendre les armes et qu'il « coopérait avec certaines chaînes de télévision » en leur fournissant des informations même lorsque celles-ci « n'étaient que des rumeurs » et qu'il formait des « illettrés à agir comme témoins » Voir http://www.youtube.com/watch?v=vborP7bQZak&has_verified=1

Cependant, s'appuyant sur ce qu'ils savent de ses activités et sur le manque de crédibilité de ses détracteurs, le frère d'Anas al Shogre et plusieurs défenseurs des droits humains syriens ont fait part à Amnesty International de leur conviction du caractère infondé des accusations portées contre Anas al Shogre.



Nom : Anas al Shogre

Genre  : h






AU 209/11, MDE 24/030/2011, 5 juillet 2011

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE