Document - Syria: Further information: Kurds denied access to lawyers ahead of trial
Action complémentaire sur l'AU 26/10, MDE 24/010/2011, Syrie 11 mars 2011
ACTION URGENTE
DES KURDES PRIVÉS D'AVOCAT À L'APPROCHE D'UNE AUDIENCE
Trois prisonniers d'opinion kurdes, jugés par un tribunal d'exception syrien depuis le 6 juin 2010, ne peuvent toujours pas entrer en contact avec leurs avocats à l'approche de la prochaine audience, fixée au 13 mars 2011. Ces derniers ont annoncé qu'ils avaient décidé de boycotter le procès en signe de protestation.
Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa, trois membres dirigeants du Parti Yeketi (Parti de l'Union), sont jugés par la Cour suprême de sûreté de l'État, tribunal d'exception syrien dont les procédures sont loin d'être conformes aux normes internationales d'équité. Ils ont été accusés de « vouloir la séparation d'une partie du territoire syrien » et d'« avoir rejoint une organisation politique ou sociale internationale », parce qu'ils auraient appelé à l'autonomie des régions kurdes de Syrie lors de la réunion de leur parti le 3 décembre 2009.
Le 9 mars 2011, les avocats assurant leur défense ont annoncé qu'ils avaient décidé de boycotter le procès en raison d'un certain nombre d'irrégularités, notamment le fait que leurs clients soient privés de leur droit à un conseil juridique.
Selon des sources syriennes, lors d'une audience qui s'est tenue le 20 juillet 2010, Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa ont été placés dans le box des accusés mais n'ont pas été autorisés à parler à leurs avocats ni à leur serrer la main. Deux autres audiences ont eu lieu, respectivement le 19 octobre 2010 et le 6 février 2011, mais ces hommes n'ont même pas été emmenés dans la salle, malgré les nombreuses demandes formulées oralement par leurs avocats. Lors de l'audience du 6 février, les avocats ont présenté une requête écrite au président du tribunal afin qu'il les autorise à rencontrer leurs trois clients. Celui-ci aurait accepté, en leur demandant d'attendre une demi-heure dans la salle d'audience. À l'issue de ce délai, Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa n'étaient toujours pas arrivés. Les avocats ont une nouvelle fois demandé l'autorisation du juge, ce a quoi il aurait répondu : « Je ne suis pas en mesure de vous autoriser à rencontrer ces hommes car des instructions des forces de sécurité s'y opposent. »
En février 2011, Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa ont chacun reçu la première et unique visite de leurs proches depuis leur arrestation, le 26 décembre 2009.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à relâcher Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa immédiatement et sans condition car ce sont des prisonniers d'opinion, détenus seulement pour avoir exercé de façon pacifique leur droit à la liberté d'expression et d'association ;
dites-vous inquiet quant au fait que ces trois hommes sont jugés par la Cour suprême de sûreté de l'État, tribunal qui ne respecte par les normes internationales ;
priez instamment les autorités de veiller à ce qu'ils soient autorisés à consulter leurs avocats et à bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 22 AVRIL 2011 À :
Président de la Syrie
Bashar al-Assad
Presidential Palace
al-Rashid Street
Damascus, Syrie
Fax: +963 11 332 3410
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Ministre de l'Intérieur
Major Sa'id Mohamed Samour
Ministry of Interior
‘Abd al-Rahman Shahbandar Street
Damascus, Syrie
Fax: +963 11 222 3428
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Ministre des Affaires étrangères
Walid al-Mu'allim
Ministry of Foreign Affairs
al-Rashid Street
Damascus, Syrie
Fax: +963 11 214 6251
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Syrie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la quatrième mise à jour de l'AU 26/10. Renseignements supplémentaires : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE24/001/2010/fr.
ACTION URGENTE
DES KURDES PRIVÉS D'AVOCAT À L'APPROCHE D'UNE AUDIENCE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa sont actuellement détenus dans l'aile réservée aux prisonniers politiques à la prison d'Adra (appelée officiellement « prison centrale de Damas »), dans la capitale. En février, ils ont été autorisés à voir leurs familles pour la première fois depuis leur arrestation, le 26 décembre 2009. Selon des sources syriennes, les visites ont duré moins d'une demi-heure et se sont déroulées en présence de gardiens qui ont insisté pour que les prisonniers ne s'expriment qu'en arabe, probablement parce qu'ils ne comprenaient pas le kurde. Hassan Saleh, Marouf Mulla Ahmed et Muhammad Ahmed Mustafa semblaient faibles. Ces trois hommes sont en mauvaise santé : Hassan Saleh et Muhammad Ahmed Mustafa ont tous deux besoin d'un traitement médical régulier pour la thyroïde et d'autres problèmes de santé, et Marouf Mulla Ahmed souffre d'une hernie discale. On ignore s'ils peuvent recevoir des soins.
Les Kurdes, qui représentent quelque 10 % de la population syrienne et vivent principalement dans le nord-est du pays, sont victimes de discrimination fondée sur leur identité ; il existe notamment des restrictions concernant l'utilisation de leur langue et de leur culture. De fait, des dizaines de milliers de Kurdes syriens sont apatrides, ce qui restreint encore davantage leur accès aux droits sociaux et économiques.
Les accusés comparaissant devant la Cour suprême de sécurité de l'État voient leurs droits fondamentaux à la défense systématiquement bafoués. Ils n'ont pas le droit de faire appel et ne peuvent que rarement s'entretenir avec leurs avocats. En outre, la Cour accepte à titre de preuves les « aveux » soupçonnés d'être obtenus sous la torture, et les allégations de torture ou d'autres formes de mauvais traitements émises par les personnes inculpées ne font presque jamais l'objet d'enquêtes. Amnesty International a recommandé que la Cour suprême de sécurité de l'État fasse l'objet d'un réexamen, ce qui pourrait mener à une réforme fondamentale ou à la suppression de cette juridiction.
Action complémentaire sur l'AU 26/10, MDE 24/010/2011, 11 mars 2011
