Document - Qatar: Further information: Qatari activists granted visit from families

Qatar. Des militants qatariens autroisés à voir leurs familles

Action complémentaire sur l’AU 71/13, MDE 22/006/2013 – Qatar 27 mars 2013

ACTION URGENTE

DES MILITANTS QATARIENS AUTORISÉS À VOIR LEURS FAMILLES

Deux militants qatariens qui sont détenus au secret depuis le22 mars ont été autorisés à recevoir la visite de membres de leur famille hier. Ils seraient maintenus à l’isolement au quartier général de la police à Doha, la capitale. Ils risquent toujours de subir des mauvais traitements.

Cinq jours après leur arrestation, Muhammad Issa al Baker et Mansour bin Rashed al Matroushi sont toujours à l’isolement au quartier général de la police à Doha (Qatar). Ils ont été détenus au secret pendant quatre jours, jusqu’à ce que les autorités appellent leurs familles le 26 mars pour les informer qu’elles pouvaient leur rendre visite dans les heures qui suivaient. Toutefois, les deux intéressés n’ont pas été autorisés à téléphoner à l’extérieur, y compris pour s’entretenir avec leurs avocats, et ignorent quand ils pourront de nouveau recevoir la visite de leurs proches. Ils se sont plaints de leurs mauvaises conditions de détention, notamment des repas irréguliers, de la faible température dans les chambres et de l’interdiction de sortir à l’air libre. On leur a indiqué, sans plus de précisions, que leur détention sans inculpation pouvait durer au moins 10 jours encore.

Bien que les autorités qatariennes aient affirmé qu’un mandat d’arrêt avait été décerné aux deux hommes cités, ces derniers nient en avoir été informés avant ou pendant leur arrestation. Leur arrestation semble être liée à une lettre rédigée par un grand nombre de militants, que Muhammad Issa al Baker et Mansour bin Rashed al Matroushi ont remise à l’ambassade de France. Selon les autorités, la lettre, datée du 3 mars 2013, menace l’ambassade et les citoyens français de représailles si l’intervention militaire de la France au Mali devait se poursuivre. Cependant, selon les militants, il s’agissait d’une simple lettre de protestation mettant en garde les autorités françaises contre le fait qu’une intervention militaire au Mali ne ferait qu’accroître la haine et la violence.

Muhammad Issa al Baker et Mansour bin Rashed al Matroushi revenaient d’un séjour en famille à Mesaieed (ou Umm Said), à 40 kilomètres au sud de Doha, où ils ont été arrêtés à un poste de contrôle tenu par des agents des forces de sécurité en civil. Ils ont été emmenés au quartier général de la police, à Doha. La police a reconnu devant leurs familles qu’elle les détenait, sans en préciser les raisons. Elle a cependant affirmé ne pas avoir procédé à leur arrestation, ce qui pose la question du rôle des services de renseignement, dont les agents sont souvent en civil. Le 27 mars, l’avocat de l’un des hommes concernés s’est rendu au parquet de la sûreté de l’État, où on lui a affirmé qu’aucune charge pénale n’était retenue contre ces deux personnes pour le moment.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

exhortez les autorités à révéler les raisons de l’arrestation de Muhammad Issa al Baker et Mansour bin Rashed al Matroushi, et à veiller à ce qu’ils soient protégés des mauvais traitements et à ce qu’ils puissent, sans délai, avoir des contacts réguliers avec leurs familles, consulter les avocats de leur choix et bénéficier des soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;

demandez que les deux hommes cités soient libérés immédiatement, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction dûment reconnue par le droit international et jugés rapidement dans le cadre de procédures respectant pleinement les normes internationales d’équité des procès.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 8 MAI 2013 À :

Ministre de l’Intérieur

Sheikh Abdullah bin Khalid Al Thani

Ministry of the Interior

PO Box 920

Doha, Qatar

Fax : +974 4432 2927

Courriel : info@moi.gov.qa

Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Procureur général

Dr Ali bin Fetais Al Marri

PO Box 705

Doha, Qatar

Fax : +974 4484 3211

Courriel : info@pp.gov.qa

Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Procureur général,

Copies à :

Émir du Qatar (chef de l’État)

Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani

PO Box 923

Doha, Qatar

Fax : +974 4436 1212

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Qatar dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d’appel.

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l’AU 71/13. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE22/005/2013.

ACTION URGENTE

DES MILITANTS QATARIENS AUTORISÉS À VOIR LEURS FAMILLES

COMPLÉMENT D’INFORMATION

La liberté d’expression est étroitement contrôlée au Qatar, et la presse pratique souvent l’autocensure. La Convention du Conseil de coopération du Golfe sur la lutte contre le terrorisme, adoptée en 2004 et signée par le gouvernement qatarien en mai 2008, fait peser une menace supplémentaire sur la liberté d’expression, car ses dispositions risquent de rendre illégales certaines activités légitimes.

Depuis 2011, les services de la sûreté de l’État, qui disposent de leurs propres centres de détention, ont incarcéré plusieurs personnes, dont certaines n’ont fait qu’exercer leurs droits aux libertés d’expression et de réunion. La plupart d’entre elles ont signalé avoir été victimes d’actes de torture et d’autres mauvais traitements en détention avant leur inculpation ou leur jugement, en particulier pendant des périodes de détention au secret.

Arrêté le 16 novembre 2011 à Doha par des agents de la sûreté de l’État, Mohammed al Ajami, également connu sous le nom de Mohammed Ibn al Dheeb, avait été inculpé d’« incitation au renversement du régime » et d’« outrage à l’émir ». Ce poète qatarien s’était présenté à la Sûreté de l’État, en réponse à une convocation, et avait été arrêté sur-le-champ. Il a été détenu au secret pendant des mois avant d’être autorisé à recevoir des visites de sa famille. Des militants locaux pensent que son arrestation serait plutôt liée au « poème du Jasmin », composé en 2011 lors de la vague de manifestations qui a balayé le monde arabe à partir de décembre 2010. Ce poème critiquait les États du Golfe en ces termes : « Nous sommes tous la Tunisie face à l’élite répressive. » En novembre 2012, le tribunal pénal de Doha a condamné Mohammed al Ajami à la réclusion à perpétuité. Certains observateurs n’ont pas été autorisés à pénétrer dans la salle d’audience, et Mohammed al Ajami était absent lors du prononcé du jugement. Le 25 février 2013, la cour d’appel de Doha a ramené la peine à 15 ans.

Noms : Muhammad Issa al Baker, Mansour bin Rashed al Matroushi

Genre : hommes

Action complémentaire sur l’AU 71/13, MDE 22/006/2013, 27 mars 2013

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