Document - Oman: Detained protesters at risk in Oman
AU 142/11, MDE 20/003/2011 – Oman 17 mai 2011
ACTION URGENTE
DES MANIFESTANTS DÉTENUS RISQUENT LA TORTURE À OMAN
Le 14 mai, 15 personnes ont été arrêtées alors qu'elles manifestaient pacifiquement à Mascate, la capital du Sultanat d'Oman. Quatorze d'entre elles sont toujours détenues, dont Muhammad al Habssi et Ibrahim Said al Hajri, tous deux militants. Leur lieu de détention est indéterminé. Amnesty International pense qu'ils sont détenus au secret et risquent d'être torturés ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements.
Les 15 personnes arrêtées faisaient partie d'un plus grand groupe qui manifestait pacifiquement sur la place du Peuple devant le Conseil consultatif, à Mascate, samedi 14 mai. Les forces de sécurité omanaises auraient encerclé la zone où les manifestants étaient rassemblés. Elles ont fermé les rues et ordonné aux manifestants de se disperser dans les 10 minutes ; certains ont obéi, mais d'autres ont refusé de le faire et ont été arrêtés.
Parmi les personnes toujours détenues figurent Muhammad al Habssi, Nabhan al Hanashi et Ibrahim Said al Hajri.
Basma al Kiyumi, une éminente avocate qui était la seule femme parmi les manifestants arrêtés, a été libérée le 16 mai ; elle a été inculpée de participation à un rassemblement illégal et remise en liberté sous caution dans l'attente de son procès à une date ultérieure.
Les manifestants réclamaient la libération d'autres personnes arrêtées jeudi 12 mai au cours de manifestations à Mascate, Salalah et Sour.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais, en arabe ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à révéler le lieu où se trouvent Muhammad al Habssi, Nabhan al Hanashi, Ibrahim Said al Hajri et les autres personnes arrêtées dans le cadre des récentes manifestations, à s'assurer que ces détenus soient protégés de la torture et de toute autre forme de mauvais traitement, et à leur permettre immédiatement d'entrer en contact avec leurs familles et leurs avocats et de recevoir tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;
demandez leur libération immédiate et inconditionnelle s'ils sont détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression et de réunion ;
priez instamment les autorités de révéler publiquement la nature des charges éventuellement retenues contre eux et engagez-les à veiller à ce que toute procédure judiciaire engagée contre eux soit conforme aux normes internationales d'équité ;
appelez les autorités à rendre publics les noms de toutes les personnes récemment arrêtées et à respecter et protéger le droit de manifester pacifiquement.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JUIN 2011 À :
Sultan
d'Oman
His
Majesty Sultan Qaboos bin Said
Head of State, Prime Minister, Foreign Affairs, Defence and Finance Minister
Diwan of the Royal Court
The Palace
Muscat 113
Sultanat d'Oman
Fax : +968 24 735 375
Formule d'appel : Your Majesty, / Sire, (Votre Majesté, dans le corps du texte)
Ministre
de l'Intérieur
His
Excellency Sayyid Hamoud bin Faisal bin Said Al Busaidi
Minister of the Interior
Ministry of Interior
PO Box 127
Ruwi 112
Muscat
Sultanat d'Oman
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Président
de la Commission nationale des droits humains
Mr
Mohammed bin Abdullah Al Riyami
Chairman
National Human Rights Commission
P.O. Box 29, Postal Code: 103
Bareq A' Shati
Muscat, Sultanat d'Oman
Fax : +968 24648801
Courriel : enquiry@nhrc.om
Formule d'appel : Dear Mr Mohammed bin Abdullah Al Riyami, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques d'Oman dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
DES MANIFESTANTS DÉTENUS RISQUENT LA TORTURE À OMAN
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les forces de sécurité omanaises semblent avoir eu recours à une force excessive contre des manifestants, pacifiques ou non, à plusieurs reprises depuis que les manifestations en faveur de réformes politiques et d'autre nature ont commencé plus tôt cette année. Au moins trois manifestants ont été tués et plusieurs dizaines ont été blessés après que les forces de sécurité ont fait usage d'armes lors de manifestations. Beaucoup d'autres ont été arrêtés pour avoir participé à des manifestations.
À la suite de manifestations organisées le 27 février, le chef de l'État, le sultan Qabous bin Saïd, a ordonné la création de 50 000 emplois et d'une allocation de 150 rials omanais (environ 282 euros) par mois pour les chômeurs, en réponse aux demandes des manifestants. Le 7 mars, il a remanié et restructuré son cabinet en profondeur, en renvoyant plusieurs de ses ministres.
Cependant, les manifestants ont continué à demander le renvoi d'autres ministres, notamment le ministre de l'Information. Ils réclament également que plusieurs ministres anciens et actuels, notamment l'ancien ministre du Bureau royal, soient contraints à rendre des comptes pour certaines infractions qu'ils auraient commises alors qu'ils étaient en poste. Par ailleurs, ils expriment la nécessité d'accroître la liberté de la presse et de mettre en œuvre les réformes que le sultan a ordonnées en février et mars.
Les autorités d'Oman continuent à restreindre de manière stricte la liberté d'expression et de réunion. Ces dernières années, plusieurs blogueurs et journalistes ont été pris pour cible, voire détenus, après avoir critiqué le gouvernement.
AU 142/11, MDE 20/003/2011, 17 mai 2011
