Document - Libya: The release of prisoners, a positive step

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 154/02

3 septembre 2002 page 3





LIBYE

La libération de prisonniers constitue une avancée en matière de droits humains

Index AI : MDE 19/003/02


Amnesty International a accueilli aujourd’hui (mardi 3 septembre) avec beaucoup de satisfaction l’annonce de la libération de dizaines de prisonniers, notamment des prisonniers d’opinion ou des détenus susceptibles d’être considérés comme tels.

Parmi les prisonniers d’opinion concer­nés figurent Muhammad Ali al Akrami, al Ajili Muhammad Abd al Rahman al Azahri, Muhammad Ali al Qajiji, Salih Omar al Qasbi et Muhammad al Sadiq al Tarhuni, qui étaient incarcérés depuis près de trente années. Ils avaient été interpellés en 1973 en raison de leur participation (non violente) aux activités du Hizbul Tahrir al Islami (Parti de la libération islamique), un groupe islamiste d'opposition interdit.

«  Cette remise en liberté représente une avancée en matière de droits humains en Libye, et nous espérons qu’elle sera suivie, sous peu, de la libération de tous les détenus incarcérés sur la seule base de leur appartenance politique ou d’opinions qu’ils ont exprimées sans recourir à la violence ni prôner son usage », a déclaré ce jour Amnesty International.

L’organisation demeure vivement préoccupée par la situation de nombreux prisonniers politiques incarcérés de longue date, notamment des prisonniers d’opinion et des détenus susceptibles d’être considérées comme tels, qui croupissent dans les prisons de Libye. Amnesty International a exhorté à maintes reprises les autorités libyennes à réexaminer le cas de ces personnes. Certaines sont privées de leur liberté depuis plus de dix ans et n’ont été ni inculpées, ni jugées ; d’autres ont été condamnées à de très lourdes peines d’emprisonnement au terme de procès bafouant les règles d’équité les plus élémentaires.

Selon les informations recueillies par Amnesty International, de nombreuses familles de détenus ne figurant pas sur la liste établie par la Fondation Kadhafi pour les organisations caritatives, se sont rassemblées devant la prison d’Abou Salim, à Tripoli, dans l’espoir d’une libération éventuelle de leurs proches.

« L’incarcération prolongée de ces prisonniers politiques est inéquitable. Ils doivent immédiatement être relâchés ou être jugés par un tribunal indépendant et impartial au cours de procès respectant les normes internationales d’équité », a insisté Amnesty International.

L’organisation a également exhorté les autorités libyennes à respecter leurs engagements internationaux en versant des indemnisations à toutes les personnes qui, après examen de leur cas par un organisme indépendant et impartial, auront été reconnues victimes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements, de détention arbitraire ou d’incarcération au terme d’un procès n’ayant pas respecté les normes inter­nationales d’équité.


Contexte

La remise en liberté des prisonniers a été annoncée le 29 août 2002 par la Fondation Kadhafi pour les organisations caritatives, dirigée par Saif al Islam al Kadhafi, fils du colonel Mouammar al Kadhafi, à l’occasion du 33ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir de son père. L’année dernière, cet organisme avait annoncé la libération de plusieurs dizaines de prisonniers pour fêter le 32ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir du colonel Kadhafi. Le 2 août 2002, la fondation a publié une liste portant le nom des 62 personnes devant être relâchées.

Lors de son allocution annuelle à la nation, le colonel Kadhafi a réaffirmé encore une fois qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Libye. Selon les informations diffusées par les médias, le colonel Kadhafi a déclaré que les personnes maintenues en détention dans les prisons libyennes étaient des sympathisants d’Al Qaida (La Base) et que, à ce titre, ils seraient « traités comme les États-Unis traitent leurs homologues [à Guantánamo]. […] Les États-Unis ont dit : “Ces personnes n’ont pas le droit de se défendre, nous ne leur permettrons pas de consulter un avocat et ne respecterons pas leurs droits humains.” »

Amnesty International a rappelé aux autorités libyennes, tout comme aux autorités américaines ou autres, leur obligation de respecter et de protéger toutes les personnes privées de liberté sur leur sol, conformément aux lois et normes internationales. Elles doivent notamment veiller au respect des droits fondamentaux de ces personnes

– entre autres, le droit de bénéficier immédiatement de l’assistance d’un avocat ; le droit de connaître aussitôt les motifs de leur arrestation ainsi que les charges retenues contre elles ; le droit d’être traduites sans délai en justice ; et le droit de bénéficier d’un procès équitable.

Ces droits sont inscrits dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Libye est partie, ainsi que dans l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en 1988


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La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
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