Document - Libya: Amnesty International condemns the latest executions of political prisoners

AMNESTY INTERNATIONAL

BULLETIN D'INFORMATIONS 01/97



LIBYE

Amnesty International condamne les dernières exécutions de prisonniers politiques

Index AI : MDE 19/01/97


Amnesty International condamne avec vigueur l'exécution, intervenue jeudi 2 janvier 1997 au matin, de six militaires de haut rang et de deux civils en Libye.

« Nous sommes outrés par ces exécutions, a déclaré l'Organisation, vendredi 3 janvier. Depuis l'arrestation de ces hommes il y a plus de trois ans, cette affaire a été traitée dans le plus grand secret : ils ont été détenus dans des lieux inconnus, coupés de leur famille et du monde extérieur, tandis que toutes les audiences du procès ont eu lieu à huis clos. »

Les six militaires ont été identifiés. Il s'agit du colonel Miftah Qarrum al Wirfalli, du colonel Mostafa Abu al Qassim Masud al Kikli, du lieutenant-colonel Saad Saleh Farag, du commandant Khalil Salam Mohammad al Jidiq, du commandant Mostafa Ihbayl al Firjani et du commandant Ramadhan al Ayhuri. Les deux civils étaient Saad Misbah al Amin al Zubaydi et Sulayman Ghayth Miftah.

Ces hommes auraient été accusés de « transmission de secrets-défense à des puissances étrangères [les États-Unis d'Amérique] » et d'appartenance à « une organisation interdite en liaison avec des agents de gouvernements étrangers ». Il s'agit du Al Jabha al Wataniya li Inqaz Libya (Front national de salut de la Libye), principale formation d'opposition en exil.

Le tribunal a acquitté six autres militaires, parmi lesquels le lieutenant-colonel Mohammad al Ghul et le capitaine Sadeq Shaqluf, ainsi que deux civils.

Les accusés faisaient partie des dizaines de personnes arrêtées et détenues au lendemain d'une révolte conduite par des unités de l'armée près de la ville de Misratah, en octobre 1993. Au début du mois de mars 1994, la télévision avait diffusé un document dans lequel trois de ceux qui ont été exécutés "avouaient" être des espions américains. Ils avaient probablement été contraints de faire ces "aveux" sous la torture. Ces hommes disaient avoir été recrutés comme agents des services de renseignements américains par des membres du Front national de salut de la Libye. Leur procès devant un tribunal militaire de première instance aurait eu lieu à la fin de 1995. Amnesty International a également reçu des informations selon lesquelles le verdict de la Cour suprême militaire aurait été rendu et filmé il y a environ un mois, mais qu'il n'aurait été rendu public que le 1er janvier 1997, lorsque la télévision libyenne a annoncé les condamnations à mort. L'espionnage est passible de la peine capitale en Libye, de même que la simple appartenance à un groupe d'opposition.

« Le secret qui entoure cette affaire renforce nos craintes que les droits fondamentaux les plus élémentaires de ces personnes n'aient été bafoués depuis le début », a déclaré Amnesty International. L'Organisation a maintes fois demandé des informations sur la situation de ces prisonniers au regard de la loi ainsi que sur leur sort. Elle avait envoyé des appels urgents après avoir reçu des informations selon lesquelles les détenus auraient été torturés avant d'être condamnés à mort. Amnesty International n'a reçu aucune réponse des autorités libyennes l



La version originale a été publiée par Amnesty International, Secretariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi. La version française a été traduite et diffusée par les Éditions francophones d'Amnesty International - ÉFAI -


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