Document - Kuwait: Release blogger Nasser Abul, held for 100 days

Il faut remettre en liberté le blogueur Nasser Abul, détenu depuis 100 jours

AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE


Index AI : MDE 17/003/2011

AILRC-FR

16 septembre 2011


Koweït. Il faut remettre en liberté le blogueur Nasser Abul, détenu depuis 100 jours


Amnesty International a réitéré vendredi 16 septembre son appel en faveur de la libération de Nasser Abul, au lendemain d’une veillée à la bougie organisée à la mosquée de Hamza Abbas Maqames, à Rumaithiya au Koweït, pour le centième jour de sa détention.


Nasser Abul, âgé 26 ans, est accusé de crimes contre la « sécurité nationale », notamment d’avoir porté atteinte « aux intérêts de l’État » et « aux relations politiques avec des pays frères », en lien avec des messages publiés sur son compte, sur le site de microblogage Twitter.


Amnesty International a lu les messages qu’elle a pu identifier comme ayant été publiés au nom de Nasser Abul sur Twitter. L’organisation a constaté que certains messages contiennent des propos critiques voire parfois désobligeants à l’égard des familles royales et des autorités bahreïnites et saoudiennes, ainsi que des partisans du mouvement salafiste. Toutefois, ces messages ne semblent pas prôner la violence, le racisme ou la haine raciale.


Amnesty International a écrit le 9 septembre 2011 au ministre koweïtien de la Justice pour lui demander d’apporter de toute urgence des précisions quant aux raisons et fondements juridiques sur lesquels repose le maintien en détention de Nasser Abul. À ce jour, l’organisation n’a reçu aucune réponse.


En se basant sur les informations à sa disposition, Amnesty International estime que Nasser Abul est un prisonnier d'opinion détenu pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Aussi, l’organisation continue-t-elle de demander sa libération immédiate et sans condition.


Nasser Abul est incarcéré depuis son arrestation le 7 juin 2011, après avoir été convoqué pour être interrogé par les services de la Sûreté de l’État. Le 12 juin, il a comparu devant le parquet général, qui lui a présenté les chefs d’accusation retenus contre lui. Ni son avocat ni ses proches n’ont pu assister à cette audience.


Deux jours plus tard, des membres des forces de sécurité l’ont conduit au domicile de sa famille ; la maison a été fouillée, son ordinateur et son téléphone ont été saisis. Il a dit à sa mère qu'il avait été frappé par des agents des services de sécurité durant les deux premiers jours de sa détention, qu’il avait été également insulté et menacé, et qu'on ne lui permettait pas d'éteindre la lumière dans sa cellule.


Depuis, sa détention à été prolongée à plusieurs reprises lors de différentes comparutions devant un tribunal pénal. Le 16 août, un agent des forces de sécurité aurait indiqué au tribunal que Nasser Abul avait été placé en détention à la demande des autorités saoudiennes.

Le 15 septembre, un membre de l’Association des droits humains du Koweït a abordé la question du maintien en détention de Nasser Abul avec un représentant du ministère de la Justice. Ce dernier se serait engagé à ce que cette affaire soit réglée par la justice dans les meilleurs délais.


Nasser Abul nierait les allégations formulées à son encontre, affirmant que son compte Twitter a été piraté avant la publication des messages, et qu’il les a effacés après s’en être rendu compte.


L’article 36 de la Constitution koweïtienne dispose : « La liberté d’expression est garantie. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions oralement, par écrit ou par tout autre moyen, conformément aux conditions et procédures prévues par la loi. » Par ailleurs, le Koweït étant partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), il est tenu de respecter le droit à la liberté d’expression.


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