Document - Israel/Occupied Territories: Israeli settlers wage campaign of intimidation on Palestinians and internationals alike



ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS


Des colons israéliens

mènent une campagne d’intimidation

contre les Palestiniens

et les représentants internationaux



Index AI : MDE 15/099/2004

ÉFAI

Lundi 25 octobre 2004


ARTICLE DESTINÉ AU SITE NEWS.AMNESTY


Dans les Territoires occupés des colons israéliens multiplient les attaques contre des Palestiniens tout en menant une campagne d’intimidation contre les militants des droits humains israéliens et internationaux. Leur but est d’éliminer la présence de témoins à leurs attaques, et donc de priver la population palestinienne locale de la seule forme de protection limitée dont ils peuvent bénéficier.


Deux ressortissants des États-Unis, membres de l’organisation des volontaires chrétiens pour la paix (CPT, Christian Peacemaker Team)ont été agressés le 29 septembre par des colons israéliens masqués qui les ont frappés avec des matraques et des chaînes ; ces volontaires accompagnaient des enfants palestiniens se rendant à l’école, près du village de Tuwani, au sud d’Hébron. Kim Lamberty a eu un bras et un genou cassés ainsi que des contusions au visage, Chris Brown a eu un poumon perforé et de nombreuses contusions. Des membres de CPT et d’autres organisations non-gouvernementales (ONG) escortent régulièrement des enfants palestiniens se rendant à l’école pour les protéger des attaques des colons israéliens.


Un groupe de colons israéliens cagoulés a attaqué des délégués d’Amnesty International et des membres de la CPT et de l’organisation non-gouvernementale Opération Colombe (Operation Dove) le 9 octobre, au moment où ils revenaient d’accompagner des enfants palestiniens chez eux après leur journée d’école primaire. Les attaquants ont d’abord jeté des pierres aux cinq internationaux avant de les attaquer à coups de gourdin. Une déléguée d’Amnesty International a subi de multiples contusions au dos, aux bras et aux jambes et la personne de l’organisation Opération Colombe a fait un malaise et a dû être transportée à l’hôpital en ambulance. Les deux fois, les attaquants venaient de l’implantation israélienne proche de Havat Maíon, qu’ils ont regagnée ensuite.


Plutôt que de prendre des mesures pour mettre un terme à ces attaques et empêcher qu’elles ne se produisent en obligeant les colons israéliens à répondre de leurs actes, l’armée et les forces de sécurité israéliennes ont réagi en imposant de nouvelles restrictions à la population palestinienne locale.


Après l’attaque, l’armée israélienne a informé les villageois palestiniens que si les enfants étaient accompagnés par des représentants d’organisations internationales pour aller ou revenir de l’école, aucune patrouille de l’armée ne serait sur les lieux pour les protéger des colons israéliens. Les villageois palestiniens ont accepté à contrecœur que les enfants fassent le trajet de l’école sans escorte internationale, mais deux jours plus tard, le 12 octobre, les enfants ont à nouveau été poursuivis par des colons israéliens de l’implantation de Havat Maíon en se rendant à l’école. La patrouille de l’armée israélienne, qui était présente, n’est pas intervenue. Les colons israéliens ont à nouveau jeté des pierres lorsque les enfants sont passés près de l’implantation en allant à l’école le 17 octobre.


La seule alternative pour ces écoliers est d’éviter de passer près des implantations israéliennes en faisant un long détour, rallongeant leur trajet, jusque là de vingt minutes, à plus de deux heures dans les deux sens.


Comme au cours des années précédentes, au moment de la récolte des olives, les colons israéliens ont également multiplié les attaques contre les habitants et agriculteurs palestiniens locaux de Cisjordanie, empêchant la récolte et détruisant ou endommageant des arbres. L’armée israélienne ne fait rien ou peu de choses pour arrêter les colons ; au lieu de cela, elle empêche les agriculteurs palestiniens de se rendre dans leurs champs, aidant en définitive les colons qui veulent forcer les Palestiniens à partir.


Dans toute la Cisjordanie, l’inquiétude monte chez les agriculteurs palestiniens qui craignent que leurs olives, l’une des seules sources de revenus qui leur reste, ne soient volées, détruites ou perdues pendant qu’on leur empêche l’accès à leurs champs.


Dans la région de Naplouse, au nord de la Cisjordanie, où des villages palestiniens sont entourés d’implantations israéliennes et de routes y menant, l’armée israélienne n’autorise les agriculteurs palestiniens à aller dans leurs champs pour la récolte des olives qu’entre deux et six jours par semaine – à dates fixes. Les agriculteurs palestiniens ayant tenté de récolter leurs olives à des dates autres que celles fixées ont été attaqués par des colons et renvoyés par des patrouilles de l’armée israélienne. Parallèlement, des colons israéliens sont allés ramasser des olives dans des oliveraies palestiniennes et ont détruit ou brûlé des oliviers en divers endroits.


Des agriculteurs palestiniens, accompagnés de membres du Programme d’accompagnement œcuménique faisaient la récolte des olives à Yanoun, près de Naplouse, le 7 octobre, lorsque deux colons et huit soldats sont venus leur dire de partir. Les soldats ne sont pas intervenus lorsque des colons armés ont agressé un agriculteur palestinien, en tirant des coups de feu à terre près de lui et en lui attachant les mains. L’agriculteur a été laissé menotté jusqu’à ce qu’un membre du groupe israélien pour la paix Taayush (Coexistence) arrive sur place et intervienne auprès des soldats.


Les villageois palestiniens de Yanoun subissent depuis des années les attaques des colons israéliens et plusieurs familles ont fui le village en raison des attaques répétées contre elles ou contre leurs biens. Ceux qui restaient ont été contraints à la fuite par des colons israéliens en octobre 2002. Ils ont ensuite pu revenir avec l’aide de militants de la paix israéliens et de membres d’organisations internationales. Les promesses de l’armée israélienne de maintenir un certain contrôle sur les colons israéliens n’ont donné aucun résultat et les colons ont continué d’attaquer et d’intimider les villageois en toute impunité.


Dans la région d’Hébron, au sud, une journée pour la cueillette de leurs olives par les agriculteurs palestiniens avait été organisée le 15 octobre, par des militants israéliens en faveur de la paix de l’organisation Rabbis for Human Rights,en coordination avec l’armée. Malgré cela, des colons armés les ont attaqués. La patrouille de l’armée israélienne a réagi en demandant aux agriculteurs palestiniens de quitter les lieux, prétextant n’avoir pas les moyens nécessaires pour les protéger des colons.


Deux jours plus tard, à Yassouf, près de Naplouse, des agriculteurs palestiniens, accompagnés de militants de la paix israéliens et d’autres organisations internationales, ont une nouvelle fois été chassés de leur oliveraie lorsque sont apparus des colons israéliens. Les soldats, dont la présence était censée faire en sorte que les Palestiniens puissent faire la récolte de leurs olives, ont dit aux paysans et aux Israéliens et internationaux qui les aidaient qu’ils devaient partir.


Le 11 octobre, un agriculteur palestinien de vingt-six ans, Hani Shadeh, a été gravement blessé au cou par un colon israélien qui a fait feu sur lui alors qu’il ramassait des olives avec d’autres agriculteurs à Asira al Qibliya, un village près de Naplouse et près de l’implantation israélienne de Yitzhar. La veille, des colons israéliens avaient mis le feu à une oliveraie près de l’implantation israélienne de Tapuach.


Les colons israéliens responsables d’attaques contre des Palestiniens ou contre leurs biens n’ont pas été traduits en justice dans la grande majorité des cas. Une telle impunité encourage les colons à perpétrer de nouvelles attaques et de nouvelles exactions. Dans les rares cas où des colons israéliens ont été poursuivis en justice, ils ont bénéficié d’un degré de clémence inhabituel.


Le 27 septembre, un colon israélien de l’implantation d’Elon Moreh près de Naplouse a tué un chauffeur de taxi palestinien. Sayyed Jabara, père de huit enfants, conduisait des passagers entre Naplouse et Salem. Le colon prétend avoir tiré sur Sayyed Jabara parce qu’il pensait que celui-ci allait l’attaquer, pourtant Jabara n’était pas armé. Il a été libéré sous caution moins de vingt-quatre heures après le meurtre.


Les implantations israéliennes des Territoires occupés, établies par Israël en violation du droit international, sont la principale raison des restrictions draconiennes imposées à la population palestinienne . Près de trois millions et demi de Palestiniens ne peuvent se déplacer entre les villes et les villages ; confinés dans des enclaves isolées et coupés de leurs lieux de travail, de leurs terres, des établissements médicaux et scolaires et autres services de base.


Tout ceci vise à garder les Palestiniens loin des implantations israéliennes et du réseau routier construit pour l’usage exclusif de quelque 380000 colons israéliens. Les implantations continuent de s’étendre et de nouvelles constructions apparaissent sur les terres de Palestiniens expropriés.


Les colons israéliens qui attaquent et harcèlent les villageois palestiniens viennent fréquemment d’implantations établies sans autorisation formelle du gouvernement et que les autorités israéliennes se sont publiquement engagées à démanteler. Toutefois, les colons ont de plus en plus d’influence au sein de l’armée, du gouvernement et du parlement. Les rares tentatives faites par l’armée et les forces de sécurité israélienne pour démanteler des implantations qui n’avaient pas été autorisées ont été faites la plupart du temps sans conviction, les colons refusant simplement de partir ou étant autorisés à revenir sur le site peu après en avoir été évacués.


Au cours de ces derniers mois, le gouvernement israélien a annoncé son intention de démanteler toutes les implantations israéliennes de la bande de Gaza, l’un des endroits au monde où la densité de population est la plus élevée et où la présence de quelque 6000 colons israéliens signifie qu’un million et demi de Palestiniens se trouvent confinés dans moins de 60 p. cent des terres. Toutefois, le gouvernement israélien n’a pas l’intention d’évacuer plus de cent implantations de Cisjordanie, où se trouvent quelques unes des terres les plus fertiles de Palestine et une grande partie des ressources en eau. Au contraire, le chef du bureau du Premier ministre Ariel Sharon a récemment confirmé que le retrait présagé de la bande de Gaza n’avait pour but que de permettre à Israël de renforcer sa main mise sur une grande partie de la Cisjordanie.


Amnesty International a, à de nombreuses reprises, appelé les autorités israéliennes à prendre des mesures pour évacuer les colons israéliens des Territoires occupés et, dans le même temps, à empêcher les attaques de colons israéliens, à enquêter sur les nombreuses agressions perpétrées par des colons et à poursuivre en justice les auteurs présumés. Amnesty International a également, de façon répétée, appelé les groupes armés palestiniens à cesser de prendre pour cibles des civils israéliens, tant à l’intérieur d’Israël que dans les Territoires occupés.


Pour plus d’informations, veuillez vous reporter aux documents suivants :

- Israël et Territoires occupés. La question des implantations doit être abordée selon le droit international(index AI : MDE 15/085/2003) ;

- Israël et Territoires occupés. Survivre en état de siège : entraves à la liberté de mouvement et droit au travail(index AI : MDE 15/001/2003) ;

- Israël, Territoires occupés et Autorité palestinienne. Atteintes au principe de distinction : les attaques contre des civils perpétrées par des groupes armés palestiniens(index AI : MDE 02/003/2002).


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org

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