Document - Israel/OPT: Further Information: Palestinian detainee resumes hunger strike: Samer al-Barq

Israël. Un détenu palestinien reprend sa grève de la faim

Action complémentaire sur l’AU 119/12, MDE 15/056/2012 – Israël/territoires palestiniens occupés 18 octobre 2012

ACTION URGENTE UN DÉTENU PALESTINIEN REPREND SA GRÈVE DE LA FAIM Les autorités israéliennes n'ayant pas tenu leur promesse de transférer en Égypte Samer al Barq, actuellement en détention administrative, celui-ci a repris sa grève de la faim le 14 octobre. Il l'observait depuis quatre mois lorsqu'il l'avait interrompue, seulement trois semaines auparavant. Samer al Barq et Hassan Safadi, ancien gréviste de la faim également détenu sans inculpation ni jugement, sont toujours privés des soins médicaux dont ils ont besoin. Le 11 octobre, lorsque Samer al Barq a reçu la visite de sa famille pour la première fois en un an, il lui a fait part de son intention de reprendre sa grève de la faim pour protester contre sa détention prolongée sans inculpation ni jugement – qui relève de la politique de détention administrative d'Israël – et la privation de soins médicaux adaptés. Il a expliqué à ses proches qu'il continuerait sa grève tant qu'il ne serait pas libéré et autorisé à retourner à Jayyous (Cisjordanie), où il réside, ou bien traduit en justice. Selon eux, il semblait avoir perdu environ la moitié de son poids et souffrait d'une douleur aiguë à l'abdomen.

Un avocat de la section israélienne de Médecins pour les droits humains (PHR) qui lui a rendu visite le 17 octobre a indiqué qu'il était plus faible que jamais. Les informations dont dispose Amnesty International étant contradictoires, elles ne permettent pas d'établir si Samer al Barq boit encore de l'eau ou non.

Les services pénitentiaires israéliens ont refusé à maintes reprises qu'un médecin indépendant de PHR rende visite à Samer al Barq, à Hassan Safadi – qui a mis un terme autour du 21 septembre à une grève de la faim qui aura duré trois mois – et à d'autres grévistes de la faim actuellement en détention. Hassan Safadi a interjeté appel de la décision de placement en détention administrative le concernant. La Haute Cour de justice a examiné son dossier le 18 octobre mais n'a pas encore statué. Le 10 octobre, cet homme a été transféré du centre médical des services pénitentiaires israéliens qui se trouve au sein de la prison de Ramleh à la maison d'arrêt de Hadarim, et ce malgré son état de santé fragile. Au cours de leurs grèves de la faim, Hassan Safadi et Samer al Barq ont effectué de courts séjours dans un hôpital public, souvent enchaînés à leur lit, avant d'être renvoyés au centre médical de la prison. Ils n'ont jamais été placés sous l'étroite surveillance d'un spécialiste et ont été privés des soins adaptés qui auraient dû leur être prodigués dans un hôpital disposant de tous les équipements et le matériel nécessaires. En outre, ils ont subi des mauvais traitements à maintes reprises.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en hébreu, en anglais ou dans votre propre langue) :  exhortez les autorités à veiller à ce que Samer al Barq, Hassan Safadi et tous les détenus observant une grève de la faim reçoivent tous les soins spécialisés nécessaires, qui ne peuvent leur être prodigués que dans un hôpital civil, qu'ils puissent consulter régulièrement les médecins de leur choix, et qu'ils ne soient pas enchaînés et ne subissent pas d'autres traitements cruels ou inhumains ;  engagez-les à libérer toutes les personnes actuellement en détention administrative, à moins qu'elles ne soient rapidement inculpées d'infractions pénales prévues par la loi et jugées conformément aux normes internationales d'équité des procès, et à garantir qu'elles reçoivent la visite régulière de leurs familles en détention.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 29 NOVEMBRE 2012 À : Commissaire des services pénitentiaires israéliens Lieutenant-General Aharon Franco Israel Prison Service, PO Box 81 Ramleh 72100, Israël Fax : +972 8 919 3800 Formule d'appel : Dear Lieutenant- General, / Monsieur,

Directeur général du ministère de la Santé Dr. Roni Gamzo Ministry of Health 2 Ben Tabai Street Jerusalem 93591, Israël Fax : +972 2 565 5966 Formule d'appel : Dear Director General, / Monsieur,

Copies à : Ministre de la Sécurité publique Yitzhak Aharonovitch Ministry of Public Security Kiryat Hamemshala Jerusalem 91181, Israël Fax : +972 2 584 7872 Courriel : sar@mops.gov.il

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques d'Israël dans votre pays (adresse(s) à compléter) : Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la dixième mise à jour de l'AU 119/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/MDE15/052/2012/fr.

ACTION URGENTE UN DÉTENU PALESTINIEN REPREND SA GRÈVE DE LA FAIM COMPLÉMENT D'INFORMATION Samer al Barq, 37 ans, est maintenu en détention administrative par les autorités israéliennes sans inculpation ni jugement depuis le 11 juillet 2010, date à laquelle les autorités jordaniennes, qui le détenaient alors sans inculpation ni jugement depuis plus de quatre ans, l'ont remis à l'armée israélienne. Son avocat a indiqué à Amnesty International que les autorités israéliennes ne l'avaient pas interrogé pendant sa détention. Samer al Barq a cessé une première grève de la faim au bout de 30 jours, le 14 mai 2012, mais il l'a reprise le 22 mai, après que la décision de placement en détention le concernant a été renouvelée pour trois mois. Cet ordre a de nouveau été reconduit le 22 août. Pendant sa deuxième grève de la faim, Samer al Barq était attaché à son lit d'hôpital à certains moments. Il a déclaré à des avocats qu'il avait été frappé et insulté par des gardiens de prison. D'après les informations recueillies auprès des avocats qui ont participé aux négociations relatives à sa libération et à son transfert en Égypte en septembre 2012, Amnesty International comprend qu'il a librement consenti à ces négociations, bien que cela n'ait pas pu être confirmé par l'intéressé. À l'heure actuelle, il semble que les autorités israéliennes n'aient aucune intention de procéder à ce transfert. Le 11 octobre, la famille de Samer al Barq a eu la permission de lui rendre visite pour la première fois en un an. Elle a expliqué à Amnesty International qu'il était extrêmement faible et déprimé, qu'il saignait lorsqu'il se rendait aux toilettes et qu'il souffrait de douleurs aiguës à l'abdomen.

Hassan Safadi, 33 ans, est en détention administrative sans inculpation ni jugement depuis le 29 juin 2011. L'ordre de placement en détention le concernant a été renouvelé pour six mois en juin dernier, avant que la durée ne soit réduite à quatre mois après un examen judiciaire en septembre. Il avait mis un terme à sa précédente grève de la faim en mai 2012, au bout de 70 jours, avant de la reprendre le 21 juin, lorsque l'ordre a été renouvelé. Il l'a interrompue lorsque la cour d'appel militaire a statué que l'ordre de détention administrative en vigueur, qui expire au 29 octobre, ne devait pas être renouvelé. Le médecin de PHR qui l'a examiné en dernier, le 10 septembre, a constaté qu'il avait perdu 24 % de son poids et qu'il souffrait d'atrophie musculaire, de troubles de la vue, de vertiges, d'une hypotension aiguë, de calculs rénaux et de douleurs articulaires. Il a également perdu une partie de la sensibilité des pieds et des mains et ceux-ci sont cyanosés, ce qui pourrait être le signe d'une atteinte neurologique permanente. PHR n'ayant pas obtenu la permission de lui rendre visite depuis, l'organisation ne dispose d'aucune information sur son état de santé actuel. On ignore donc s'il a pu bénéficier de la surveillance médicale nécessaire lors du délicat processus de réalimentation. Hassan Safadi a lui aussi déclaré avoir été frappé et insulté par des gardiens de prison pendant sa grève de la faim.

Un autre détenu palestinien, Ayman Sharawna, est incarcéré depuis le 31 janvier 2012 sur la base d'allégations floues selon lesquelles il n'aurait pas respecté les conditions de sa remise en liberté, qui a eu lieu dans le cadre d'un échange de prisonniers en octobre 2011. Une commission militaire israélienne ayant refusé d'expliquer à cet homme ou à son avocat pourquoi il était en détention, il a entamé une grève de la faim le 1er juillet dernier. La commission en question a le pouvoir d'invoquer de nouveau sa condamnation antérieure mais ne l'a pas encore fait. Un médecin de PHR ayant examiné cet homme le 10 septembre a recommandé une hospitalisation. Il a déclaré avoir décelé chez Ayman Sharawna une hypotension aiguë, une hypothermie, des douleurs au niveau des reins, dans le dos et à la jambe droite, une perte de la vue à l'œil droit et une perte de sensibilité dans la jambe gauche, et constaté qu'il vomissait du sang. À part une courte période, en septembre, pendant laquelle Ayman Sharawna a séjourné à l'hôpital de Tel Hashomer après avoir refusé de l'eau pendant quatre jours, PHR ignore si celui-ci a été hospitalisé pour recevoir les soins spécialisés et passer les examens médicaux qui s'imposent de toute urgence. Actuellement détenu au centre médical de la prison de Ramleh, cet homme aurait été placé à l'isolement. Le 14 octobre 2012, il aurait cessé de prendre des vitamines et menacé d'arrêter de boire de l'eau si la commission militaire israélienne ne statuait pas sur sa détention.

La détention administrative est une détention sans inculpation ni jugement prononcée pour des périodes renouvelables et basée sur des éléments de preuve qui ne sont pas communiqués aux détenus ni à leurs avocats. À la suite d'un accord conclu avec les autorités israéliennes sous médiation égyptienne, quelque 2 000 prisonniers palestiniens ont cessé le 14 mai 2012 leur grève de la faim collective, entamée pour protester contre les mauvaises conditions carcérales, les placements à l'isolement, le fait de ne pas pouvoir voir leurs familles et les détentions sans inculpation. Selon certains médias, Israël avait accepté de ne pas reconduire les ordres de détention administrative en vigueur, à moins que de nouveaux renseignements d'importance ne soient révélés. Les autorités israéliennes semblent pourtant continuer d'émettre et de renouveler de tels ordres. On comptait 212 personnes en détention administrative au 31 août 2012, soit une bonne centaine de moins qu'en mars 2012. Plusieurs ont en effet été relâchées après avoir accepté de quitter les territoires palestiniens occupés et de s'exiler. La Quatrième Convention de Genève interdit pourtant à toute puissance occupante de transférer de force ou de déporter des personnes hors d'un territoire occupé. Pour en savoir plus, veuillez consulter le document intitulé En mal de justice. Des Palestiniens détenus sans jugement par Israël (http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE15/026/2012/fr).

Nom : Samer al Barq, Hassan Safadi, Ayman Sharawna

Genre : hommes Action complémentaire sur l'AU 119/12, MDE 15/056/2012, 18 octobre 2012

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