Document - Iraq: Cleric held incommunicado, risks torture: Kamran ‘Ali Khwaraham

Irak. Un religieux détenu au secret risque la torture


AU 100/11, MDE 14/015/2011 – Irak 1er avril 2011


ACTION URGENTE

UN RELIGIEUX DÉTENU AU SECRET RISQUE LA TORTURE

Un imam (religieux musulman) est détenu au secret dans la région du Kurdistan irakien. On pense qu'il risque d'être torturé ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements.

L'imam Kamran Ali Khwaraham a été convoqué par la police et s'est présenté au poste de police de Sara dans la matinée du 29 mars. Selon les policiers, il aurait été remis au service de lutte antiterroriste de la ville de Sulaymaniyah le lendemain et serait depuis détenu au secret. Des militants ayant eu des contacts avec les autorités locales au sujet de la détention de Kamran Ali Khwaraham ont expliqué à Amnesty International que, d'après ce qu'ils ont compris, l'imam serait interrogé à propos de discours qu'il a prononcés lors de manifestations sur la place Sara, dans le centre de Sulaymaniyah. Cet homme de 37 ans est marié et père de quatre enfants.

Kamran Ali Khwaraham avait déjà été pris pour cible en raison d'un discours qu'il avait prononcé le 27 février sur la place Sara, à Sulaymaniyah, dans lequel il critiquait la corruption et appelait les autorités kurdes à écouter les revendications du peuple. Plus tard dans la journée, quatre hommes armés vêtus d'un uniforme militaire et qui pourraient avoir été des pechmerga, des membres d'un service de sécurité dirigé par l'Union patriotique du Kurdistan, se sont rendus chez lui et lui ont demandé de les suivre. Il leur a demandé s'ils avaient un mandat d'arrêt. Les hommes ont répondu par la négative mais l'ont quand même emmené. Ils lui ont bandé les yeux et attaché les mains dans le dos. Après un court trajet, le véhicule dans lequel il se trouvait s'est arrêté et il a été transféré dans une autre voiture. Après un second court trajet, il a été conduit dans une pièce où il a été menacé et battu.

Kamran Ali Khwaraham a pu rencontrer des délégués d'Amnesty International le 8 mars à Sulaymaniyah et leur a raconté ce qu'il s'était passé : « On m'a laissé seul pendant environ une demi-heure puis deux hommes sont entrés dans la pièce et leurs visages étaient cachés. Ils ont commencé à me frapper. Ils m'ont donné plusieurs coups de poing au visage et ils m'ont aussi donné des coups de pied. Ils ont commencé à m'insulter. Ils ont menacé de me tuer et ont dit que je ne sortirais pas de là vivant... »

Kamran Ali Khwaraham a été maintenu dans cette pièce jusqu'au 1er mars. Lorsqu'il a été libéré, il a été prévenu qu'il ne devait plus prendre part à des manifestations. Il a ignoré cet avertissement et a continué à prononcer des discours lors de manifestations à Sulaymaniyah.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais, en arabe, en kurde ou dans votre propre langue) :

  • demandez aux autorités de permettre sans délai à Kamran Ali Khwaraham de voir sa famille et de consulter un avocat ;

  • priez-les instamment de libérer cet homme immédiatement et sans condition, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction dûment reconnue par la loi et jugé dans le respect des normes internationales d'équité des procès ;

  • exhortez-les à veiller à ce qu'il ne soit ni torturé, ni soumis à d'autres formes de mauvais traitements.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 MAI 2011. Si possible, veuillez passer par les représentants diplomatiques du Kurdistan irakien dans votre pays, en demandant que vos appels soient transmis aux personnes suivantes :

Président du gouvernement autonome kurde :

Mas'ud Barzani

Diwan, P.O Box 60

Erbil

Kurdistan Region
Irak

Formule d'appel : Your Excellency,/ Monsieur le Président,

Premier ministre du gouvernement autonome kurde :

Dr Barham Salih

Kurdistan Regional government

Erbil

Irak

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier ministre,


Ministre de l'Intérieur du gouvernement autonome kurde :

Karim Sinjari

Kurdistan Regional government

Erbil

Irak

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le ministre,


Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Kurdistan irakien dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

UN RELIGIEUX DÉTENU AU SECRET RISQUE LA TORTURE

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Depuis mi-février 2011, la région du Kurdistan d'Irak est secouée par des manifestations au cours desquelles des milliers de manifestants appellent à mettre un terme à la corruption, au chômage et à la médiocrité des services publics et réclament des réformes politiques, la justice sociale et le respect des libertés et des droits humains. La population se plaint du contrôle politique et économique exercé par les deux partis politiques au pouvoir depuis que le Kurdistan d'Irak est devenu semi-autonome en 1991.

Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), dirigé par Masud Barzani, le président de la région du Kurdistan d'Irak, contrôle les gouvernorats d'Erbil et de Dohuk. L'Union patriotique du Kurdistan (UPK), dirigée par Jalal Talabani, le président d'Irak, contrôle le gouvernorat de Sulaymaniyah. Les organes de sécurité (Asayish) et les forces armées (Pechmerga) sont contrôlés de manière plus ou moins directe par ces deux partis. Au moins six civils sont morts et une douzaine d'autres ont été blessés après un recours excessif à la force de la part des forces de sécurité. Deux membres des forces de sécurité ont également été abattus dans des circonstances obscures. Plusieurs personnes ont été brièvement détenues, certaines ont été torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements. Un certain nombre de manifestants, journalistes indépendants et militants de l'opposition ont été menacés et des étudiants et des universitaires ont été victimes d'actes répressifs.



AU 100/11, MDE 14/015/2011, 1er avril 2011

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE