Document - Iraq government urged to investigate deadly attack on Camp Liberty

Irak. Le gouvernement doit enquêter sur les attaques du camp liberté

AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE

Index AI : MDE 14/010/2013

AILRC-FR

17 juin 2013

Irak. Le gouvernement doit enquêter sur les attaques contre le camp Liberté

Amnesty International exhorte les autorités irakiennes à enquêter immédiatement sur les attaques de roquettes ayant ciblé le camp Liberté samedi 15 juin. Ces attaques auraient tué deux personnes habitant dans le camp et en auraient blessé des dizaines d'autres.

Dans l'après-midi du 15 juin, le camp Liberté, qui abrite environ 3 200 exilés iraniens, a essuyé des tirs de roquettes. Kolthoum Sarahati, une habitante du camp, aurait été tuée sur le coup. Un autre habitant, Javad Naghashan, est apparemment mort plus tard à l'hôpital des suites de ses blessures. Au moins 27 autres personnes auraient été blessées lors de l'attaque.

Il s'agit de la dernière d'une série d'attaques contre les exilés iraniens. Le 9 février 2013, le camp Liberté a été la cible d'une dizaine de tirs de roquettes qui ont tué huit habitants du camp et blessé un grand nombre d'autres personnes. À la connaissance d'Amnesty International, le gouvernement n'a ouvert aucune enquête sur ces attaques. En avril 2011, les troupes irakiennes ont pris d'assaut le camp d'Achraf (gouvernorat de Diyala), qui avait abrité les exilés iraniens pendant de nombreuses années avant qu'ils ne soient transférés au camp Liberté, près de l'aéroport de Bagdad. Les soldats avaient eu recours à la force de façon arbitraire et abusive, notamment en tirant à balles réelles contre les habitants qui tentaient de leur résister. Au moins 36 personnes avaient été tuées et plus de 300 autres blessées. Le gouvernement n'a pas ouvert d'enquête approfondie, indépendante et impartiale sur ces actes, ce qui est contraire aux normes internationales, et notamment aux Principes des Nations unies relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d'enquêter efficacement sur ces exécutions.

En vertu du droit international, le gouvernement irakien est tenu de protéger les personnes qui habitent dans le camp Liberté, qui sont des demandeurs d'asile attendant les résultats d'une procédure de détermination du statut de réfugié. Après les précédentes attaques sur le camp d'Achraf et le camp Liberté, le gouvernement n'a pas ouvert d'enquête et personne n'a jamais eu à rendre des comptes. En fait, les hauts responsables du gouvernement irakien ont, par le passé et notamment lors de visites en Iran, indiqué clairement que les résidents du camp n'étaient pas les bienvenus en Irak.

Contexte

Le camp d'Achraf abritait quelque 3 400 exilés iraniens, principalement des membres et sympathisants de l'Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (OMPI), qui ont été autorisés à entrer en Irak par le gouvernement de Saddam Hussein, dans les années 1980. Après l'invasion de l'Irak par les États-Unis, qui a vu la chute de Saddam Hussein en 2003, le camp d'Ashraf et ses habitants ont été placés sous protection américaine ; cette situation a néanmoins pris fin à la mi-2009 à la suite d'un accord conclu entre les autorités américaines et le gouvernement irakien. À peine un mois plus tard, les 28 et 29 juillet 2009, les forces de sécurité irakiennes ont pris le camp d’assaut ; au moins neuf résidents ont été tués et de nombreux autres blessés. Trente-six habitants placés en détention auraient été torturés et battus. En 2011, le gouvernement irakien a annoncé la fermeture du camp d'Achraf après avoir déplacé ceux qui y habitaient vers un nouvel emplacement, le camp Liberté, dans le nord-est de Bagdad.

FIN

Document public

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