Document - Iran: Two Human Rights Defenders Imprisoned


AU 239/09, MDE 13/098/2009 – Iran 11 septembre 2009


ACTION URGENTE

DeUXdÉfenseurs des droits humains incarcÉrÉs

Des membres de deux organisations de défense des droits humains ont été incarcérés à la prison d'Evin, à Téhéran, certains il y a plus de deux mois. Shiva Nazar Ahari et Ali Bikas sont des prisonniers d'opinion et, tant qu'ils demeurent en détention, ils risquent de subir des actes de torture ou d'autres mauvais traitements. Naseh Faridi, qui a été libéré sous caution aux environs du 1er septembre, est toujours inculpé.

Shiva Nazar Ahari, journaliste, blogueuse et membre du Comité des reporters des droits humains (CHRR) ainsi que d'autres groupes militant en faveur des droits humains, a été arrêtée le 14 juin sur son lieu de travail, à Téhéran. Les agents des forces de sécurité qui l'ont arrêtée avaient perquisitionné à son domicile la nuit précédente, en son absence, et avaient saisi plusieurs objets personnels. Elle est détenue depuis lors dans la section 209 de la prison d'Evin. Elle a été autorisée à passer quelques courts appels téléphoniques à sa famille et à recevoir une visite de ses proches le 17 août. Elle n'a pas été autorisée à consulter un avocat. Fin août, ses proches ont été informés que la caution pour sa libération avait été fixée à 5 000 millions de rials (environ 347 000 euros). Sa mère a déclaré que, lorsqu'elle avait expliqué au juge qu'elle ne disposait pas de cette somme, il lui avait répondu : « Et bien, laissez-la en prison. »Le 8 septembre, l'enquêteur chargé d'interroger Shiva Nazar Ahari a affirmé qu'il n'était pas possible de modifier le montant de la caution.

Ali Bikas, journaliste et doctorant en histoire, membre du Comité étudiant pour la défense des prisonniers politiques (SCDPP) et militant pour les droits de la minorité azéri d'Iran, a été arrêté à Téhéran à la mi-juin.Il est également détenu dans la section 209 de la prison d'Evin et n'a pas encore été autorisé à recevoir la visite de ses proches ni à consulter un avocat. Il a été jugé le 1er août lors d'un « procès pour l'exemple »au cours duquel il a été accusé d'être un « agent envoyé sur le terrain en vue d'un coup d'État en douceur ».Naseh Faridi, un autre membre du SCDPP, a été arrêté le 15 juin et libéré moyennant une caution de 500 millions de rials (environ 34 700 euros) aux environs du 1er septembre. Dans un acte d'inculpation publié le 1er août par l'agence de presse Fars, il est accusé d'avoir fourni des informations à l'Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (PMOI) – une organisation interdite – dans le cadre de ses activités au sein du SCDPP, notamment par le biais d'interviews accordées à des médias étrangers.


DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :

  • demandez instamment la libération immédiate et inconditionnelle de Shiva Nazar Ahari et d'Ali Bikas car il s'agit de prisonniers d'opinion, détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression et d'association ;

  • exhortez les autorités à protéger ces personnes contre toute forme de torture ou d'autres mauvais traitements et à leur permettre sans délai d'entrer en contact régulier avec leurs proches et leurs avocats ;

  • appelez-les à abandonner toutes les charges retenues contre Shiva Nazar Ahari, Ali Bikas et Naseh Faridi en raison de leurs activités en faveur des droits humains, notamment de leur travail d'information du public au sujet des violations de ces droits.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 23 OCTOBRE 2009 À :

Responsable du pouvoir judiciaire :

Ayatollah Sadeqh Larijani, Office of the Head of the Judiciary, Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, Iran

Courriers électroniques : par l'intermédiaire de son site Internet : http://www.dadiran.ir/tabid/81/Default.aspx (1er champ comportant une étoile : prénom ; 2e champ : nom de famille ; 3e champ : adresse électronique)

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,





Responsable du Comité parlementaire spécial pour le réexamen des arrestations effectuées après l'élection :

Parviz Sorouri, Majles-e Shoura-ye Eslami, Baharestan Square,

Tehran, République islamique d'Iran

Fax : + 98 21 334 40309

Courriers électroniques : sorouri@majlis.ir

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur,










Copies à :

Directeur de la prison d'Evin :

Evin Prison, Chamran Highway, Near Hotel Azadi, Dasht-e Behesht Street, Téhéran, République islamique d'Iran

Courriers électroniques : par l'intermédiaire de son site Internet : http://www.tehranprisons.ir/index.php?Module=SMMComplain

Cliquez sur « E » en marge des champs pour changer d'alphabet. 1er champ : ne rien écrire ; 2e champ : nom ; 3e champ : adresse électronique ; 4e champ : ne rien écrire ; 5e champ : ne rien écrire ; 6e champ : ville ; 7e champ : objet du message ; 8e champ : message ; 9e champ : ne rien écrire ; 10e champ : sélectionner le 3e choix ; 11e champ : cliquez pour envoyer



Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

DEUX DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS INCARCÉRÉS

INFORMATIONS GÉNÉRALES


Le SCDPP a été fondé en 1998. Il apporte un soutien aux prisonniers politiques et à leurs proches, quelle que soit leur affiliation politique. Les autorités iraniennes ne lui ont pas permis de s'enregistrer en tant qu'organisation non gouvernementale (ONG), au motif qu'« il n'y a pas de prisonniers politiques en Iran ». Le CHRR a été fondé en 2006 et milite contre tous les types de violations des droits humains, en particulier celles qui touchent les femmes, les enfants, les prisonniers et les travailleurs.

Shiva Nazar Ahari a été la quatrième secrétaire générale du SCDPP, mais n'appartient plus à cette organisation. Elle est l'un des membres fondateurs du CHRR et appartient aussi à la Société de défense des enfants des rues et des enfants travailleurs, organisation enregistrée officiellement qui a été fermée par la police en 2008, mais a ensuite été autorisée à rouvrir ses portes. Elle milite également au sein du Conseil pour la défense du droit à l'éducation et participe à la campagne Un million de signatures (également appelée Campagne pour l'égalité), qui vise à recueillir les signatures d'un million d'Iraniens pour une pétition demandant la réforme des lois discriminatoires envers les femmes. En 2008, elle n'a pas été autorisée à préparer un diplôme supérieur d'ingénieur en raison de ses activités passées. Elle a déjà été arrêtée et détenue pendant trois semaines en 2004, dans le cadre d'une manifestation avec des familles de prisonniers politiques devant un bâtiment des Nations unies à Téhéran. Elle a été condamnée à un an d'emprisonnement. Cette peine, suspendue pour cinq ans, pourrait encore être appliquée. Shiva Nazar Ahari a été convoquée à maintes reprises pour interrogatoire par des agents du Renseignement et a reçu de nombreux appels téléphoniques de la part, semble-t-il, de membres des forces de sécurité.

Ali Bikas, qui appartient à la minorité azéri d'Iran, a déjà été détenu en 1999 à la suite des manifestations étudiantes de l'université de Tabriz qui se sont déroulées après que des groupes en civil qui agissaient, semble-t-il, pour le compte des autorités iraniennes ont fait irruption sur des campus universitaires et ont agressé des étudiants, qui s'étaient réunis pour protester contre la fermeture de Salam, un journal réformiste. Condamné en première instance à cinq ans d'emprisonnement pour sa participation à ces manifestations, il a vu sa peine réduite à deux ans en appel, avant d'être gracié par le guide suprême et libéré en décembre 2000. Il appartient à l'Association des Azéris d'Iran et a participé activement à la récente campagne électorale de Mir Hossein Moussavi, jusqu'à ce qu'il démissionne pour protester contre une vidéo montrant, semble-t-il, l'ancien président Khatami, qui soutenait la campagne de ce candidat, en train de faire des plaisanteries insultantes envers les Azéris.

Naseh Faridi est un ancien dirigeant de l'Association des étudiants islamiques au sein de l'université de formation des enseignants de Téhéran et appartient au comité central du SCDPP.

Au cours des jours qui ont suivi l'annonce, le 13 juin 2009, de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle, les manifestations massives ont été immédiatement réprimées avec une force excessive. Des dizaines de manifestants ont été tués et des centaines d'autres ont été blessés. Certains sont morts des suites de leurs blessures. Au moins 4 000 personnes ont été arrêtées dans tout le pays. La plupart ont été libérées mais plusieurs centaines seraient toujours détenues et les arrestations se poursuivent.

Les procès collectifs de plus de 100 personnes, qui ont débuté le 1er août 2009, sont totalement iniques. Des détenus ont passé des « aveux » relatifs à des accusations formulées en termes imprécis au sujet de faits qui ne sont souvent pas des infractions pénales prévues par la loi. Ces « aveux » – obtenus, semble-t-il, sous la contrainte – ont été déclarés recevables par la cour. Certaines de ces séances d'« aveux » ont été diffusées à la télévision, souvent avant la tenue du procès. Certains accusés pourraient être condamnés à mort.

Des responsables iraniens ont confirmé que certaines des personnes arrêtées à la suite des manifestations qui ont suivi l'élection avaient été torturées ou soumises à d'autres mauvais traitements et que ces violations s'étaient déroulées dans un centre de détention au moins, celui de Kahrizak, à la périphérie de Téhéran, fermé depuis par le guide suprême. Douze responsables de la police et un juge, impliqués dans le transfèrement des détenus à Kahrizak, risqueraient d'être jugés pour leur rôle dans ces violations. Le 9 septembre 2009, Farhad Tajarri, un membre du Comité parlementaire spécial pour le réexamen des arrestations effectuées après les élections, a déclaré à l'agence de presse Fars qu'une « audience du tribunal consacrée aux violations commises dans l'affaire de Kahrizak se tiendrait dans un avenir proche ».



AU 239/09, MDE 13/098/2009, 11 septembre 2009

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