Document - Iran: Seven Iranian Journalists Released

Iran. Sept journalistes iraniens libérés

Action complémentaire sur l’AU 171/09, MDE 13/092/2009 – Iran 28 août 2009 28 août 2009

ACTION URGENTE

sept journalistes iraniens libÉrÉs

Parmi les 13 journalistes iraniens pour lesquels Amnesty International a fait campagne depuis l’élection présidentielle controversée du 12 juin, sept ont été libérés sous caution. Au moins cinq sont toujours détenus. Ces personnes sont détenues pour des raisons d’opinion, car elles n’ont fait qu’exercer de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression.

Deux femmes figurent parmi les journalistes remis en liberté : Zhila Bani Yaqoub et Mahsa Amrabad. Zhila Bani Yaqoub a été libérée le 19 août de la prison d’Evin, à Téhéran, moyennant une caution d’environ 89 500 euros. Elle participe à la campagne Un million de signatures, un mouvement qui milite en faveur des droits des femmes. Mahsa Amrabad, qui est enceinte, a été libérée le 24 août contre une caution d’environ 140 000 euros. Les cinq autres journalistes remis en liberté sont des hommes. Le rédacteur en chef du journal Gilan-e Emrooz, Mojtaba Pourmohsen, et le journaliste indépendant Fariborz Soroush ont été libérés le 29 juin. Iason Athanasiadis-Fowden, un journaliste gréco-britannique, a été remis en liberté le 5 juillet et a quitté l’Iran. Mostafa Qavanloo Qajar, qui travaille pour le magazine mensuel Sepideh Danaei, a été libéré le 6 juillet. Abdolreza Tajik, rédacteur en chef du magazine hebdomadaire Farhikhtegan, a été libéré sous caution le 29 juillet.

Au moins cinq autres journalistes, tous des hommes, sont toujours en détention et sont privés de toute assistance juridique. Le mari de Zhila Bani Yaqoub, Bahman Ahmadi Amoui, est maintenu à l’isolement mais il a été autorisé à téléphoner à sa famille le 14 août. Le rédacteur en chef du journal Etamad-e Melli, Mohammad Ghouchani, est incarcéré à la prison d’Evin. Malgré le versement d’une caution pour sa libération, il a comparu le 25 août lors d’une audience télévisée. Sa famille n’a pas été informée de la tenue de son procès. Maziar Bahari, reporter irano-canadien travaillant pour le magazine Newsweek, et Saeed Laylaz, journaliste au magazine Sarmayeh, figurent parmi les quelque 100 personnes accusées d’avoir organisé des manifestations afin de protester contre les résultats de l’élection présidentielle et jugées aux côtés de Mohammad Ghouchani par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Maziar Bahari est apparu à la télévision iranienne pendant qu’il « avouait » sa participation présumée à une « révolution de velours ». Keyvan Samimi Behbehani, rédacteur en chef du magazine interdit Nameh, est détenu dans la section 209 de la prison d’Evin. Ses proches lui ont rendu visite à deux reprises. Amnesty International est actuellement sans nouvelles de Rouhollah Shahsavar.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

prenez acte de la libération sous caution de sept journalistes (citez leurs noms) et demandez quelles charges pourraient être retenues contre eux ;

appelez les autorités à faire en sorte que les personnes détenues ou en cours de jugement pour avoir manifesté pacifiquement contre le résultat officiel controversé de l’élection présidentielle soient libérées immédiatement et sans condition car il s’agit de prisonniers d’opinion ;

exhortez-les à veiller à ce que toutes les autres personnes soient jugées équitablement, dans le respect des normes internationales, et qu’elles n’encourent pas la peine de mort.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 9 OCTOBRE 2009 À :

Guide spirituel de la République islamique d’Iran :

Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei

The Office of the Supreme Leader

Islamic Republic Street – End of Shahid Keshvar Doust Street, Tehran, République islamique d’Iran

Courriers électroniques : par l’intermédiaire de son site Internet : http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter (en anglais)

http://www.leader.ir/langs/fa/index.php?p=letter (en persan)

Formule d’appel : Your Excellency, / Excellence,

Responsable du pouvoir judiciaire :

Ayatollah Sadeqh Larijani

Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh (Office of the Head of the Judiciary)

Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République islamique d’Iran

Courriers électroniques : par l’intermédiaire de son site Internet : http://www.dadiran.ir/tabid/81/Default.aspx

(premier champ comportant une étoile : prénom ; deuxième champ : nom de famille ; troisième champ : adresse électronique)

Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Président de l’Assemblée consultative islamique :

His Excellency Ali Larijani

Majles-e Shoura-ye Eslami

Baharestan Square, Tehran, République islamique d’Iran

Fax : +98 21 3355 6408

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l’Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l’AU 171/09 (MDE 13/062/2009). Pour plus d’informations : www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/062/2009/fr

ACTION URGENTE

SEPT JOURNALISTES IRANIENS LIBÉRÉS

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Au cours des jours qui ont suivi l’annonce, le 13 juin 2009, de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à l’élection présidentielle, des centaines de milliers d’Iraniens ont pris part à des manifestations massives et généralement pacifiques dans tout le pays afin de contester l’issue du scrutin. Les autorités ont rapidement restreint les libertés d’expression, d’association et de réunion ; les télécommunications et l’accès à Internet ont été fréquemment interrompus. Elles ont interdit aux journaux iraniens de publier des informations sur les troubles affectant l’ensemble du territoire et les journalistes étrangers n’ont plus été autorisés à circuler dans la rue, leurs visas n’ont pas été renouvelés et certains ont même été expulsés d’Iran.

En réaction aux manifestations massives, les forces de sécurité – notamment les bassidji (miliciens volontaires) – ont été largement déployées. Environ 4 000 personnes ont été arrêtées dans les trois ou quatre semaines qui ont suivi l’élection du 12 juin, parmi lesquelles des politiciens de premier plan proches des candidats à l’élection présidentielle Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi, ou de l’ancien président Khatami, qui soutenait la campagne de Mir Hossein Moussavi. Certains défenseurs des droits humains, ainsi que des journalistes, ont aussi été arrêtés. Ils n’ont pas pu consulter d’avocat mais ils ont reçu, pour la plupart, la visite de membres de leur famille.

Les forces de sécurité ont eu recours a une force excessive et fait usage d’armes létales : des dizaines de manifestants ont été tués et des centaines d’autres ont été blessés. Certains sont morts des suites de leurs blessures. D’autres encore ont été blessés ou sont morts en raison des actes de torture infligés pendant leur détention.

Les procès collectifs de centaines de personnes qui ont débuté le 4 août 2009, notamment le dernier en date qui s’est tenu le 25 août, étaient totalement iniques. Des détenus ont passé des « aveux » relatifs à des accusations formulées en termes imprécis au sujet de faits qui ne sont souvent pas des infractions pénales prévues par la loi. Ces « aveux » – obtenus, semble-t-il, sous la contrainte – ont été déclarés recevables par la cour. Certaines de ces séances d’« aveux » ont été diffusées à la télévision, souvent avant la tenue du procès. Certains accusés pourraient être condamnés à mort.

Des responsables iraniens ont confirmé que certaines des personnes arrêtées à la suite des manifestations qui ont suivi l’élection avaient été torturées ou soumises à d’autres mauvais traitements et que ces violations s’étaient déroulées dans un centre de détention au moins, celui de Kahrizak, à la périphérie de Téhéran. Le 29 juillet, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, en a ordonné la fermeture et le directeur d’un centre de détention ainsi que trois gardiens, qui travaillaient probablement à Kahrizak, auraient été démis de leurs fonctions, et peut-être arrêtés. Le 15 août, Parviz Sorouri, le responsable du Comité parlementaire spécial pour le réexamen des arrestations effectuées après l’élection, a indiqué à l’agence de presse ILNA que 12 policiers et un juge impliqués dans le transfert des détenus à Kahrizak seraient arrêtés et jugés « car c e centre de détention était destiné à accueillir des trafiquants de stupéfiants ».

Amnesty International a recueilli des informations corroborant une déclaration de Mehdi Karroubi. Celui-ci aurait en effet dénoncé les actes de torture, y compris les viols, infligés à des détenus – hommes et femmes – par des membres des forces de sécurité. Dans un premier temps, ses allégations ont été niées par Farhad Tajari, un membre du Comité parlementaire spécial, mais le 26 août 2009, l’un des membres de cette instance a déclaré au site Internet Parlaman news, sous couvert d’anonymat : « Il est désormais absolument évident pour nous que certains des détenus arrêtés après l’élection ont été violés au moyen de matraques et de bouteilles. »

Action complémentaire sur l’AU 171/09 MDE 13/092/2009, 28 août 2009

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