Document - Iran: Human rights activist sentenced: Mansoureh Behkish

Iran. Une militante des droits humains condamné. Mansoureh Behkish



AU 104/12, MDE 13/021/2012, Iran 13 avril 2012


ACTION URGENTE

UNE MILITANTE DES DROITS HUMAINS CONDAMNÉE

La militante iranienne des droits humains Mansoureh Behkish a été condamnée à quatre ans et demi de prison. Elle a l'intention de faire appel. Si elle est envoyée en prison, Amnesty International la considérera comme une prisonnière d'opinion.

Mansoureh Behkish a été informée le 4 avril qu'elle avait été condamnée à quatre ans d'emprisonnement pour « rassemblement et collusion dans l'intention de nuire à la sûreté de l'État » en raison de la création du groupe des Mères en deuil et à six mois de prison pour « propagande contre le régime ». Elle avait comparu le 25 décembre 2011 devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Mansoureh Behkish fait partie du groupe des Mères du parc Laleh (anciennement connu sous le nom des Mères en deuil), qui lutte contre les violations des droits humains telles que les homicides illégaux, les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions forcées. Elle avait été interpellée dans une rue de Téhéran le 12 juin 2011 et détenue à la section 209 de la prison d'Evin, qui semble dépendre du ministère du Renseignement, avant d'être libérée sous caution le 9 juillet 2011. Mansoureh Behkish s'est vue interdire de voyager à l'étranger depuis le 17 mars 2010, lorsque les autorités l'ont empêchée d'aller en Italie et ont confisqué son passeport.

Une autre membre des Mères du parc Laleh, Zhila Karamzadeh-Makvandi, a été arrêtée au service des passeports à Téhéran le 27 décembre 2011 et conduite à la prison d'Evin pour purger une condamnation à deux ans de prison, après avoir été déclarée coupable de « création d'une organisation illégale » et d'« atteinte à la sûreté de l'État » en raison de ses activités pacifiques. Leyla Seyfollahi et Nader Ahsani, un homme qui soutient le groupe, risquent eux aussi d'être condamnés à deux ans de prison pour leur appartenance aux Mères du parc Laleh et pourraient être incarcérés à tout moment.

Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après, en anglais, en persan ou dans votre propre langue :

  • exhortez les autorités iraniennes à annuler la condamnation prononcée contre Mansoureh Behkish et à abandonner les charges retenues contre Leyla Seyfollahi, et Nader Ahsani ; s'ils sont incarcérés, Amnesty International les considérera comme des prisonniers d'opinion déclarés coupables uniquement en raison de leurs activités pacifiques en faveur des droits fondamentaux ;

  • demandez-leur de relâcher Zhila Karamzadeh-Makvandi immédiatement et sans condition, car il s'agit d'une prisonnière d'opinion, détenue uniquement en raison des activités pacifiques qu'elle mène au sein du groupe des Mères du parc Laleh ;

  • exhortez-les à lever les restrictions abusives à l'exercice des droits à la liberté d'expression, de réunion et d'association.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 27 MAI 2012 À :

Guide suprême de la République islamique d'Iran

Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei

The Office of the Supreme Leader

Islamic Republic Street – End of Shahid

Keshvar Doust Street,

Tehran,

République islamique d'Iran

Courriel : info_leader@leader.ir

Formule d'appel : Your Excellency,/ Excellence,




Responsable du pouvoir judiciaire

Ayatollah Sadegh Larijani

[Care of] Public Relations Office

Number 4, 2 Azizi Street intersection

Tehran,

République islamique d'Iran

Courriel : bia.judi@yahoo.com (objet : FAO Ayatollah Sadegh Larijani)

Formule d'appel : Your Excellency,/ Monsieur le ministre,






Copies à :

Secrétaire général du Haut conseil des droits humains

Mohammed Jayad Larijani

c/o Office of the Head of the Judicary

Pasteur St, Vali Asr Ave

South of Serah-e Jomhouri

Tehran, République islamique d'Iran

Courriel : info@humanrights-iran.ir

(objet : FAO Mohammad Javad Larijani)


Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s) ; adresse(s) ; numéro de fax ; courriel ; formule d'appel

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci

ACTION URGENTE

UNE MILITANTE DES DROITS HUMAINS CONDAMNÉE

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le groupe des Mères du parc Laleh (anciennement connu sous le nom des Mères en deuil) était principalement composé de femmes dont les enfants ont été victimes d'homicides ou de disparitions forcées ou ont été placés en détention dans le cadre des violences post-électorales qui secouent l'Iran depuis juin 2009 ; toutefois, d'autres personnes l'ont rapidement rejoint, comme les proches d'autres victimes d'atteintes aux droits humains et les gens qui les soutiennent. Mansoureh Behkish a perdu plusieurs membres de sa famille, exécutés dans les années 1980. Depuis lors, elle est devenue militante et a été placée en détention à plusieurs reprises. Les Mères du parc Laleh se rassemblent en silence pendant une heure chaque samedi près de l'endroit et à l'heure où la manifestante Neda Agha-Soltan a été tuée ; elle symbolise désormais la répression brutale infligée par les forces de sécurité au lendemain de l'élection présidentielle controversée de 2009. Les images de sa mort ont été diffusées à travers le monde.


Mansoureh Behkish a été arrêtée une première fois le 5 décembre 2009 avec d'autres membres du groupe des Mères du parc Laleh, pendant leur rassemblement hebdomadaire dans ce parc, à Téhéran. Des femmes du groupe ont été arrêtées une nouvelle fois le 9 janvier 2010. Plusieurs d'entre elles ont été frappées et 10 ont été conduites à l'hôpital (voir le communiqué de presse : Iran : les « mères en deuil » doivent être libérées, 11 janvier 2010, http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/iran039s-039mourning-mothers039-must-be-released-20100111).


Entre 1981 et 1988, Mansoureh Behkish a perdu six membres de sa famille – une sœur, quatre frères et un beau-frère. D'août 1988 à février 1989, peu avant le 10e anniversaire de la révolution islamique, les autorités iraniennes ont exécuté sommairement des milliers de personnes, dont de très nombreux prisonniers politiques. Cet épisode est connu sous le nom de « massacre des prisons » : il s'agissait du plus grand nombre d'exécutions sommaires recensées depuis les deux années ayant suivi la révolution iranienne de 1979. On estime qu'entre 4 500 et 5 000 prisonniers au total, dont des femmes et des enfants, ont trouvé la mort.


Depuis quelques années, Mansoureh Behkish participe à la commémoration des victimes des exécutions collectives de 1988, dont certaines sont enterrées au cimetière Khavaran, dans le sud de Téhéran. Cet événement est organisé chaque année aux alentours du 29 août par des proches des personnes tuées pour marquer la date anniversaire des exécutions et réclamer justice pour les victimes. Parmi les personnes exécutées sommairement, des centaines sont enterrées dans ce cimetière, souvent dans des fosses communes. Les autorités iraniennes font pression sur les familles des victimes pour que celles-ci n'organisent pas de commémoration au cimetière ou chez elles. Le 29 août 2008, Mansoureh Behkish a été arrêtée et détenue à la prison d'Evin pendant trois jours. Cette année-là, elle a été assignée à comparaître à plusieurs reprises.


Mansoureh Behkish prend en charge sa mère âgée de 91 ans.



Nom : Mansoureh Behkish, Zhila Karamzadeh-Makvandi, Leyla Seyfollahi et Nader Ahsani.

Genre h/f : Mansoureh Behkishi, Zhila Karamzadeh-Makvandi et Leyla Seyfollahi sont des femmes. Nader Ahsani est un homme.





AU 104/12, MDE 13/021/2012, 13 avril 2012

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