Document - Egypt: Further information: Poor prison conditions for Egyptian man: Alber Saber Ayad

Égypte. Un homme détenu dans des conditions déplorables

Action complémentaire sur l'AU 278/12, MDE 12/034/2012 - Égypte 24 octobre 2012

ACTION URGENTE ÉGYPTE. UN HOMME DÉTENU DANS DES CONDITIONS DÉPLORABLES Dix organisations égyptiennes de défense des droits humains ont déposé une plainte auprès du parquet concernant les conditions d'incarcération du prisonnier d'opinion Alber Saber Ayad, détenu à la prison de Tora, en Égypte. Cet homme est jugé en ce moment pour « dénigrement de la religion ». Il est à craindre que son droit à un procès équitable soit bafoué. D'après un de ses avocats, Alber Saber Ayad n'a ni eau potable, ni éclairage dans sa cellule, située près d'un égout qui s'est écroulé, et qui serait infestée d'insectes. Malgré ces conditions déplorables, les autorités de la prison ne permettent pas à cet homme de quitter sa cellule. Celui-ci n'a toujours pas été traité pour une blessure au doigt qu'il aurait reçue lorsque des policiers ont tiré sur ses menottes lors de la dernière audience de son procès. De plus, les autorités de la prison semblent avoir confisqué les lettres qu'il a écrites à sa famille et ses amis. Lors d'une audience qui s'est tenue le 17 octobre 2012, le tribunal a rejeté ou ignoré plusieurs requêtes formulées par les avocats d'Alber Saber Ayad. Ces derniers n'étaient pas autorisés à consulter le rapport de l'enquête officielle ou à en faire des copies. Le tribunal a également refusé que les policiers impliqués dans l'arrestation du prévenu ou dans l'enquête soient appelés à témoigner, et que la défense obtienne une copie du rapport de l'examen médical effectué après qu'Alber Saber Ayad a été agressé par d'autres détenus. Les avocats de la défense ont aussi demandé que les personnes ayant porté plainte contre leur client soient citées à comparaître, mais le tribunal leur a dit qu'ils devraient convoquer ces personnes eux-mêmes. Néanmoins, sans ordre émanant du parquet, les plaignants n'ont pas l'obligation de se présenter devant la cour. En vertu de l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Alber Saber Ayad a droit à un procès équitable, ce qui comprend le droit d'être informé de façon détaillée de la nature et du motif des charges retenues contre lui, et d'entendre les déclarations des témoins. DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :  exhortez les autorités à libérer Alber Saber Ayad immédiatement et sans condition car il s'agit d'un prisonnier d'opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression ;  appelez-les à garantir que cet homme soit jugé au cours d'une procédure équitable, conformément aux obligations de l'Égypte aux termes du droit international ;  priez-les de veiller à ce qu'il reçoive tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin, et à ce que ses conditions de détention soient conformes aux normes internationales, notamment l'Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus et l'Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 5 DÉCEMBRE 2012 À : Ministre de l 'Intérieur Ahmed Gamal El Din Ministry of Interior El Sheikh Rihan St, Cairo, Égypte Fax : +202 2795 9494 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Procureur général Counsellor Abd El-Megeed Mahmoud Dar al-Qadha al-'Ali Ramses St, Cairo, Égypte Fax : +202 2577 4716 Formule d'appel : Dear Counsellor, / Monsieur le Procureur général,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Égypte dans votre pays (adresse/s à compléter) : nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 278/12. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE12/030/2012/fr.

24 octobre 2012

ACTION URGENTE ÉGYPTE. UN HOMME DÉTENU DANS DES CONDITIONS DÉPLORABLES

COMPLÉMENT D'INFORMATION Les 10 organisations égyptiennes ayant porté plainte auprès du parquet sont : l'Association pour la liberté de pensée et d'expression, le Centre juridique Hisham Mubarak, l'Institut du Caire pour l'étude des droits humains, Nazra pour les études féministes, l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne, le Réseau arabe d'informations sur les droits humains, le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, la Fondation pour l'étude des médias, le Centre Nadim de réadaptation des victimes de violences et de torture, et le Centre des techniques de communication appropriées pour le développement. Un des avocats d'Alber Saber Ayad dirige le service juridique de l'Association pour la liberté de pensée et d'expression. Alber Saber Ayad est actuellement jugé pour « dénigrement de la religion ». S'il est déclaré coupable, il risque jusqu'à six ans de prison et une amende de 500 livres égyptiennes (environ 63 euros). Cet homme a été arrêté chez lui au Caire le 13 septembre 2012. La veille, des hommes en colère avaient encerclé son domicile et essayé d'y entrer, tout en réclamant sa mort et l'accusant d'hérésie et d'athéisme, et d'avoir fait la promotion de L'Innocence des musulmans, un court-métrage que beaucoup considèrent offensant. Sa mère a appelé la police à l'aide mais lorsque les policiers sont arrivés le lendemain, ils ont interpellé Alber Saber Ayad et confisqué son ordinateur et des CD. Celui-ci a raconté à ses avocats que lorsqu'il était à la prison d'El Marg, un policier a incité les autres détenus à l'attaquer. La mère d'Alber Saber Ayad a confié à Amnesty International : « Je le vois dans cette cellule, dormant avec des insectes, sans eau, le crâne rasé, portant des vêtements blancs comme les criminels [...] Quand je le vois, j'ai envie de le protéger de quelque façon que ce soit. Je préférerais être en prison et qu'il soit libéré. Je ne veux pas qu'on touche à mon fils ou qu'on le blesse. » Les charges retenues contre Alber Saber Ayad rappellent les pratiques employées pendant le mandat d'Hosni Moubarak pour restreindre la liberté d'expression. En 2007, le blogueur Karim Amer a été sanctionné de quatre ans d'emprisonnement pour avoir critiqué Hosni Moubarak et les autorités religieuses d'El Azhar sur son blog. Il a notamment été déclaré coupable d'avoir « incité à la discorde et dénigré les musulmans sur Internet en présentant le prophète et ses compagnons comme des assassins, troublant ainsi la paix nationale ». En novembre 2008, le Groupe de travail sur la détention arbitraire a qualifié la détention de Karim Amer d'« arbitraire », au motif que son arrestation bafouait les libertés fondamentales consacrées par la Déclaration universelle des droits de l'Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Plusieurs vidéos, apparemment réalisées par un propagandiste anti-islam installé aux États-Unis, ont été traduites en arabe et publiées sur Internet sous le nom de L'innocence des musulmans. Ces images présentent de façon insultante le prophète Mahomet et d'autres saints vénérés par les musulmans, offensant ainsi de nombreux croyants. Ces vidéos ont provoqué plusieurs mouvements de protestation dans plusieurs pays musulmans devant des ambassades et d'autres lieux associés aux États-Unis et aux pays occidentaux. Certains de ces rassemblements ont été violents et ont fait plusieurs morts et blessés parmi les manifestants et les forces de sécurité. Amnesty International enquête actuellement sur d'autres affaires concernant des personnes de différentes religions inculpées et déclarées coupables de blasphème, dont un chiite accusé d'avoir profané une mosquée, deux musulmans accusés d'avoir dénigré le christianisme en brûlant une Bible, et un chrétien qui aurait été condamné à six ans de prison pour avoir publié sur Internet des images considérées comme offensantes envers l'islam. Le droit international relatif aux droits humains protège l'expression d'opinions jugées blessantes. La critique des religions et d'autres croyances et idées est un élément essentiel du droit à la liberté d'expression. Les lois telles que celles relatives au blasphème, qui érigent en infraction toute critique ou insulte à l'encontre de croyances spirituelles, bafouent cette liberté fondamentale. Les critiques, insultes ou parodies ne portent pas atteinte à la liberté de religion de chacun, aussi offensantes puissent-elles être considérées.

Nom : Alber Saber Ayad Genre : homme

Action complémentaire sur l'AU 278/12, MDE 12/034/2012, 24 octobre 2012

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE