Document - Egypt: Detained protestor in Egypt ill-treated: George Ramzi Nakhla

Égypte. Un manifestant maltraité en détention

AU 56/12, MDE 12/008/2012 - Égypte 17 février 2012 17 février 2012

ACTION URGENTE

ÉGYPTE. UN MANIFESTANT MALTRAITÉ EN DÉTENTION

George Ramzi Nakhla a été arrêté le 6 février 2012 après avoir participé à une manifestation au Caire. Il subirait des mauvais traitements en détention et ne reçoit aucun traitement médical adapté. Amnesty International craint que cet homme soit un prisonnier d'opinion, interpellé uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté de réunion pacifique.

George Ramzi Nakhla, 22 ans, travaille dans une boutique de pièces détachées auto ; il est membre des « Jeunes du 6 avril », un mouvement de protestation en faveur de la démocratie, basé dans le centre du Caire. Il a été appréhendé le 6 février dernier vers 6 h 30 dans la rue Mohamed Mahmoud, qui mène au bâtiment du ministère de l'Intérieur. Cet endroit a été le théâtre de plusieurs affrontements entre des manifestants et les forces de sécurité à la suite d'un match de football au cours duquel plus de 70 supporteurs du club Al Ahly ont trouvé la mort.

Selon certaines informations, George Ramzi Nakhla aidait à transporter les blessés jusqu'au centre de soins d'urgence situé près de la place Tahrir avant d'être arrêté. La police antiémeute l'a fait monter dans un véhicule blindé, juste après que les forces de sécurité ont rompu une trêve de trois heures conclue avec les manifestants et que la police antiémeute a commencé à jeter des bombes lacrymogènes sur la foule. Il a été emmené au ministère de l'Intérieur puis au poste de police d'Abdeen, situé non loin de là, avant d'être déféré à 20 heures devant le parquet d'Abdeen, qui a ordonné son placement en détention pour quatre jours pour avoir dégradé des biens publics, agressé un fonctionnaire dans le cadre de ses fonctions et bloqué la circulation. Cet homme fait partie des 140 individus interpellés ce jour-là, dont une personne souffrant de troubles mentaux et plusieurs mineurs. Le 9 février, le parquet a ordonné son maintien en détention pour 15 jours supplémentaires. George Ramzi Nakhla a été transféré vers la prison de Tora, dans le sud du Caire.

Ce dernier aurait été maltraité par des policiers au poste de police et dans cette même prison. Lorsqu'il a été déféré devant le parquet le 6 février, des témoins ont vu qu'il avait des hématomes aux yeux et sur le visage et qu'il boitait en raison d'une blessure à la jambe. Le 9 février, un médecin l'a ausculté et a conclu qu'il souffrait probablement d'une hémorragie interne au niveau de l'œil gauche ainsi que d'une fracture de la jambe et du dos. Il a également noté la présence d'hématomes dans le dos. Bien que le parquet ait adressé George Ramzi Nakhla à un médecin légiste le 6 février, celui-ci n'a été examiné que le 15 février. Il semble qu'il n'ait reçu aucun traitement pour ses blessures en prison.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :

réclamez la libération immédiate et inconditionnelle de George Ramzi Nakhla si cet homme a été arrêté uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté de réunion ;

appelez les autorités à diligenter une enquête sur les mauvais traitements que celui-ci aurait subis au poste de police et à la prison de Tora ;

exhortez-les à veiller à ce qu'il reçoive des soins médicaux adaptés.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 30 MARS 2012 :

Procureur général

Counsellor Abd El-Megeed Mahmoud

Dar al-Qadha al-'Ali

Ramses Street

Cairo, Égypte

Fax : +202 2 577 4716

Formule d'appel : Dear Counsellor , / Monsieur le Procureur général,

Ministre de l'Intérieur

Mohamed Ibrahim Youssef Ahmed

Ministry of Interior

Cairo, Égypte

Fax : +202 2 795 9494/+202 2 794 5529/+202 2 796 0682

Formule d'appel : Your Excellency , / Monsieur le Ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Égypte dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

ÉGYPTE. UN MANIFESTANT MALTRAITÉ EN DÉTENTION

COMPLÉMENT D'INFORMATIONS

George Ramzi Nakhla a pris part aux manifestations pendant la « Révolution du 25 Janvier » et tout au long de l'année 2011. Il a notamment défilé en octobre 2011 pour protester contre la discrimination dont sont victimes les coptes, une minorité chrétienne en Égypte ; il a alors été battu lorsque les militaires ont dispersé la foule, faisant plusieurs morts. Amnesty International a rassemblé des informations sur des actes de torture et d'autres mauvais traitements infligés à des détenus dans la prison de Tora ainsi qu'à des manifestants arrêtés en 2011 par la police et les forces armées. Ainsi, ces personnes sont gravement battues, reçoivent des décharges électriques sur des parties sensibles du corps et sont victimes de harcèlement sexuel, entre autres sévices.

Les autorités égyptiennes continuent de recourir à une force excessive contre les manifestants un an après le début des troubles. Depuis la « Révolution du 25 janvier », en 2011, les forces de sécurité - comprenant des soldats, des membres de la police militaire et des Forces centrales de sécurité - sont régulièrement déployées pour réprimer des mouvements de protestation. Elles utilisent du gaz lacrymogène, des matraques, des balles en caoutchouc et des balles réelles, notamment des cartouches de fusil, pour chasser les manifestants. En plusieurs occasions, elles ont également foncé sur ces derniers à bord de véhicules blindés pour les disperser et les blesser.

Amnesty International pense que les Forces centrales de sécurité (police antiémeute) ont eu recours à la force létale sans prévenir pour répondre aux mouvements de protestation qui ont eu lieu entre le 2 et le 6 février 2012 au Caire et à Suez, faisant ainsi au moins 16 morts et des centaines de blessés. Ces manifestations, en grande partie pacifiques, ont été organisées à la suite de la mort de plus de 70 supporters du club de football Al-Ahly lors d'un match, le 1er février.

L'hôpital universitaire du Caire à lui seul a accueilli 269 blessés pendant les troubles. Sept autres personnes envoyées dans cet établissement sont décédées, certaines avant leur arrivée, portant à 11 le nombre de morts dans la capitale. La plupart des blessés ont inhalé du gaz lacrymogène ou ont été victimes de tirs de fusil. Dans certains cas, les balles ont causé de graves blessures aux yeux. Amnesty International a obtenu la liste de quelque 85 personnes recevant des soins à l'hôpital général de Suez, la plupart ayant été blessées par des balles réelles, notamment des plombs de fusil. Cinq personnes sont mortes dans cette ville, victimes de coups de feu à la poitrine, à la tête ou au ventre. Parmi les 85 blessés figurent quatre membres des forces de sécurité qui semblent avoir été la cible de tirs de fusil.

Une délégation d'Amnesty International a vu la police antiémeute lancer sans cesse des bombes lacrymogènes sur des groupes de manifestants hostiles au Conseil suprême des forces armées, dans la rue Mansur et dans la rue Mohamed Mahmoud, au Caire. Ces deux rues, qui mènent au ministère de l'Intérieur, ont été le théâtre des pires affrontements. Les policiers antiémeute ont eu recours au gaz lacrymogène de façon disproportionnée, et sans jamais prévenir, dans des situations où les manifestants ne menaçaient pas immédiatement la sécurité publique. Des médecins bénévoles et des témoins ont signalé que les forces de sécurité visaient intentionnellement les centres de soins d'urgence s'occupant des manifestants blessés.

Ces mêmes forces ont eu recours à des moyens de répression excessifs contre des manifestants en d'autres occasions, causant la mort de plus d'une centaine d'entre eux au cours des cinq derniers mois.

Bien que les autorités égyptiennes aient annoncé qu'elles lanceraient des enquêtes sur les événements au cours desquels des manifestants sont morts ou ont été blessés, peu de mesures ont été prises pour amener les responsables à rendre des comptes.

Nom : George Ramzi Nakhla

Genre : homme

AU 56/12, MDE 12/008/2012, 17 février 2012

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