Document - Latvia: Leading politicians make remarks which may have incited to verbal and physical attacks

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 200/2005





LETTONIE

Des hommes politiques en vue auteurs de remarques qui pourraient être à l’origine de débordements verbaux et d’agressions physiques.

Index AI : EUR 52/001/2005

ÉFAI

Lundi 25 juillet 2005


DÉCLARATION PUBLIQUE


Amnesty International s’inquiète vivement des déclarations faites par certains hommes politiques lettons quelques jours avant la première parade homosexuelle jamais organisée en Lettonie.

Le 20 juillet, Eriks Skapars, secrétaire général du conseil municipal de Riga, est revenu sur l’autorisation qui avait été accordée aux gays et lesbiennes d’organiser une Gay Pride le 23 juillet. La décision d’Eriks Skapars a été annoncée peu après qu’Aigars Kalvitis, Premier ministre de Lettonie, eut déclaré lors d’un entretien télévisé, qu’il ne pouvait « accepter que se déroule une manifestation de minorités sexuelles dans le cœur même de Riga, près de la cathédrale du Dôme. Ce serait inacceptable. La Lettonie est un État qui s’inspire de valeurs chrétiennes. Nous ne pouvons promouvoir de telles choses, inacceptables pour la majorité des personnes de notre société. »

Le 19 juillet 2005, Leopolds Ozolins, vice-président du parlement letton, avait publié une lettre ouverte à propos de la marche des homosexuels, utilisant des termes particulièrement insultants à propos des gays et lesbiennes. Leopolds Ozolins aurait également fait un certain nombre de remarques très critiques à propos de « l’attitude ouverte et bienveillante » de l’Union européenne envers les homosexuels hommes ou femmes.

Les organisateurs de la parade avaient officiellement déposé plainte devant le tribunal administratif de Riga après notification de l’interdiction. Le 22 juillet 2005, le tribunal administratif a décidé d’annuler la décision d’Eriks Skapars d’interdire la marche des gays et lesbiennes. Le 23 juillet 2005, la parade s’est déroulée comme prévue initialement.

Selon les organisateurs et les médias ayant couvert l’évènement, environ 300 personnes ont participé à la marche des homosexuels. Dans le même temps, plus d’un millier de personnes s’étaient rassemblées pour protester contre cette parade. Certains des manifestants ont tenté de bloquer le défilé, tandis que d’autres ont employé des gaz lacrymogènes et lancé des œufs sur les participants. Les membres de forces de l’ordre ont réussi à protéger le cortège. Au total, six manifestants ont été arrêtés, deux d’entre eux portaient des insignes nazis sur leurs vêtements.

Amnesty International s’inquiète vivement des déclarations du Premier ministre et du porte-parole adjoint du parlement et de l’impact qu’elles ont pu avoir. Amnesty International craint que ce type de commentaires de la part des autorités n’encourage un climat d’intolérance et de haine et n’incite à des débordements verbaux et des agression physiques contre des personnes homosexuelles, comme on a pu en voir lors de la Gay Pride du 23 juillet.

À propos de l’interdiction initiale de la marche, Amnesty International rappelle au gouvernement letton les obligations internationales de la Lettonie au regard des normes et du droit international relatif aux droits humains. Amnesty International lui demande instamment de respecter les droits énoncés aux articles 2, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, concernant respectivement le droit de vivre libre de toute discrimination, la liberté d’expression et la liberté d’association.

Amnesty International demande instamment au Premier ministre d’exercer son rôle dirigeant et de veiller à ce que le gouvernement de Lettonie œuvre activement à la promotion de ces droits et à la construction d’une société dans laquelle ces droits s’appliqueront à tous. 


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante :
http://www.efai.org



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