Document - Russian Federation: Further information: Feminist punk group trial begins in Moscow

Russie. Début du procès d'un groupe punk féministe à Moscou

Action complémentaire sur l'AU 122/12, EUR 46/030/2012 - Russie 23 juillet 2012 23 juillet 2012

ACTION URGENTE

RUSSIE. DÉBUT DU PROCÈS D'UN GROUPE PUNK FÉMINISTE À MOSCOU

Le procès des trois membres du groupe punk féministe Pussy Riot commencera le 30 juillet prochain devant le tribunal du district de Khamovnitcheski, à Moscou. Lors de l'audience préliminaire le 20 juillet dernier, la cour a prolongé de six mois la détention de ces trois femmes. Leurs avocats ont fait appel.

Les avocats de Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch ont déposé plusieurs recours contre la détention de leurs clientes, mais en vain. Le 9 juillet 2012, le tribunal municipal de Moscou a examiné leur dernière requête en date et accepté les arguments du ministère public, qui estime que ces femmes ont commis une grave infraction et qu'elles pourraient s'enfuir. Plus de 50 personnalités russes, issues du domaine culturel et du monde des affaires, avaient pourtant accepté de se porter garants des membres du groupe, ce que cette juridiction n'a pas pris en compte.

Les enquêteurs ont transmis les documents relatifs à cette affaire au bureau du procureur, qui a ensuite signé un acte d'accusation et renvoyé l'affaire devant le tribunal le 11 juillet. Le 4 juillet, le tribunal du district de Taganski a accepté la requête des enquêteurs, qui souhaitaient que les prévenues et leurs représentants légaux se familiarisent avec le dossier et préparent leur défense avant le 9 juillet. Ces derniers ont avancé que le délai était insuffisant pour ce faire, mais le tribunal a rejeté cet argument. Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et leurs avocats n'ont eu à leur disposition que le dossier de l'affaire, comprenant environ 3 000 pages, et 10 heures d'enregistrements vidéo, et ce pendant pendant trois à quatre heures par jour, lorsque ces éléments leur étaient apportés au centre de détention provisoire. Les accusées n'ont pu examiner le dossier que séparément car elles n'ont pas pu faire de photocopies.

Le 23 juillet, lors de la seconde partie de l'audience préliminaire, le juge a accordé un délai supplémentaire aux avocats de la défense, leur laissant jusqu'au 27 juillet pour se préparer. Ceux-ci ont demandé que l'affaire fasse l'objet d'une enquête plus approfondie et que des personnes soient appelées à témoigner, dont le président russe Vladimir Poutine et le chef de l'Église orthodoxe russe, mais le juge a rejeté ces requêtes. Le tribunal a annoncé qu'il examinerait plus tard la demande de la défense de consulter de nouveaux psychologues et spécialistes linguistiques afin de déterminer si les actions des membres de Pussy Riot ont incité à la haine religieuse. Les enquêteurs ont fait appel à trois spécialistes à ce sujet. Un seul d'entre eux a trouvé des éléments étayant les accusations portées contre Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en russe ou dans votre propre langue :

dites-vous préoccupé-e à l'idée que Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et Nadejda Tolokonnikova soient des prisonnières d'opinion, détenues et inculpées uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression ;

appelez les autorités à libérer ces femmes immédiatement et sans condition ;

engagez-les à respecter le droit de ces femmes à un procès équitable.

VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 3 SEPTEMBRE 2012 À :

Procureur du district administratif du Centre de Moscou

Denis Gennadievich Popov

Prosecutor's Office of the Central Administrative District

ul. L.Tolstogo, 8, str.1

Moscow, 119021, Russie

Fax : +7 499 245 77 56

Courriel : prokcao@mosproc.ru

Formule d'appel : Dear Prosecutor, / Monsieur le Procureur,

Procureur général

Yurii Yakovlevich Chaika

ul. B.Dimitrovka, d. 15a

Moscow, GSP-3, 107048, Russie

Fax : +7 495 692 1725 / +7 495 987 58 41 (dites « fax » si quelqu'un décroche)

Courriel : prgenproc@gov.ru

Formule d'appel : Dear Prosecutor General, / Monsieur le Procureur général,

Copies à :

Tribunal du district de Khamovnitcheski, Moscou

7-oi Rostovskii Pereulok, 21

Moscow 119121, Russie

Fax : +7 499 248 18 09 (dites « fax » si quelqu'un décroche)

Courriel : hamovnichesky.msk@sudrf.ru

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Russie dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la quatrième mise à jour de l'AU 122/12. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR46/017/2012/fr.

ACTION URGENTE

RUSSIE. DÉBUT DU PROCÈS D'UN GROUPE PUNK FÉMINISTE À MOSCOU

COMPLÉMENT D'INFORMATION

Depuis sa création en 2011, le groupe punk féministe Pussy Riot s'est produit à plusieurs reprises dans des lieux publics comme le métro de Moscou ou la place Rouge, ou sur le toit des bus. Dans des entretiens avec les médias, ses membres ont déclaré qu'elles protestaient, entre autres, contre la restriction de la liberté d'expression et de réunion en Russie, les procédures politiques iniques et les fausses accusations portées contre des militants de l'opposition.

Le 21 février 2012, les membres du groupe, la tête couverte d'une cagoule, ont interprété une chanson de protestation intitulée « Vierge Marie, sauve-nous de Poutine » dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou. Les paroles appellent la Vierge Marie à devenir féministe et à bannir l'actuel président russe. Elles critiquent aussi le dévouement et le soutien de certains représentants de l'Église orthodoxe russe envers cet homme. Ce spectacle s'inscrivait dans un cadre de protestation plus large contre Vladimir Poutine et les élections frauduleuses en Russie.

Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch, ayant toutes trois la vingtaine, ont été arrêtées en mars et inculpées de « houliganisme » en vertu de l'article 213 (2) du Code pénal russe (actes de hooliganisme motivés par la haine religieuse ou l'inimitié à l'égard d'un groupe social, planifiés par un groupe de personnes). Si elles sont déclarées coupables, elles risquent jusqu'à sept ans de prison. La représentation donnée par Pussy Riot dans la cathédrale a suscité un vaste débat sur des blogs, des réseaux sociaux et dans les médias, engendrant des actions de soutien ou d'opposition à ces trois femmes. Plusieurs représentants de l'État et de l'Église orthodoxe russe ont réagi. Un des dignitaires religieux a d'abord appelé à la clémence, mais d'autres ont ensuite réclamé de lourdes sanctions et souhaité que ces femmes soient poursuivies pour incitation à la haine religieuse.

Peu après les faits, le porte-parole de Vladimir Poutine a qualifié la représentation de méprisable et annoncé qu'elle serait suivie « de toutes les conséquences qui s'imposent ». Cependant, plusieurs représentants de l'État, notamment le ministre de la Justice, le président de la chambre haute du Parlement russe et le président du Conseil présidentiel pour les droits humains, se sont opposés à l'incarcération des trois jeunes femmes.

Le 28 mai, Vasili Bogatov et Arkadi Oleïnikov, qui soutiennent les membres du groupe, ont été condamnés à des peines de détention administrative pour avoir manifesté devant le tribunal municipal de Moscou. Le 8 juin, un tribunal de Novosibirsk a sanctionné d'une amende l'artiste Artem Loskoutov, pour avoir placardé des affiches dans cette même ville. Ces affiches montraient la célèbre icône de la Sainte Vierge et l'Enfant, avec, au milieu, l'image d'une femme vêtue d'une cape rouge et d'une cagoule mauve, les mains levées, avec un enfant. Le texte, qui appelait à la libération des membres de Pussy Riot, était écrit dans le style des icônes religieuses orthodoxes.

Une lettre ouverte signée par plus de 200 personnalités culturelles russes, réclamant également la remise en liberté de ces trois femmes, a été diffusée dans les médias russes le 27 juin, puis transmise à la Cour suprême russe et au tribunal municipal de Moscou. La Cour suprême a renvoyé la lettre sans la lire, arguant que seules deux personnes citées dans la liste jointe au document avaient apposé leur signature. Cette lettre a été publiée sur le site internet russe Echo Moskvy ; à la mi-juillet, environ 40 000 personnes l'avaient signée. Le 20 juin, un groupe de chrétiens orthodoxes a adressé une lettre ouverte au patriarche Cyrille, chef de l'Église orthodoxe russe, appelant à la clémence pour les trois prévenues. Ce document a récolté plus de 100 signatures. Le représentant du patriarche a déclaré que celui-ci ne répondrait pas car la lettre avait été diffusée dans les médias au lieu de lui être envoyée personnellement.

Noms : Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch

Genre : femmes

Action complémentaire sur l'AU 122/12, EUR 46/030/2012, 23 juillet 2012

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