Document - Bulgaria: Authorities must urgently act to stop the escalation of violence targeting the Roma community

Bulgarie. Les autorités doivent intervenir de toute urgence pour arrêter l’escalade de la violence envers les Roms

AMNESTY INTERNATIONAL DÉCLARATION PUBLIQUE 30 septembre 2011 Index : EUR 15/002/2011 Bulgarie. Les autorités doivent intervenir de toute urgence pour arrêter l'escalade de la violence envers les Roms Amnesty International exhorte les autorités bulgares à lutter efficacement contre l'escalade de la violence qui se traduit par des attaques à caractère raciste contre les Roms dans le pays. À la suite de la mort d'un jeune Bulgare de souche, Angel Petrov, qui a été renversé par un minibus conduit par un Rom, Simeon Iosifov, le 23 septembre, des manifestations ont éclaté à Katounitsa, dans la région de Plovdiv. Le conducteur a été arrêté le lendemain et une enquête est en cours. Le 24 septembre, de nouvelles manifestations à caractère anti-Roms plus évident ont été organisées ; trois maisons appartenant à un dirigeant rom local, Kiril Rachkov, ont été incendiées. Des supporters de football de Plovdiv ont rejoint ces manifestations et des slogans incitant à la haine et la violence contre les Roms et les Turcs ont été scandés. Selon certaines sources, les forces de l'ordre n'ont pas empêché les manifestants d'entrer dans le village de Katounitsa, ni de mettre le feu à des biens immobiliers. Cependant, personne n'a été blessé ce jour-là et les familles vivant dans les maisons prises pour cible ont été évacuées par les forces de l'ordre. Les 25, 26 et 27 septembre, des rassemblement ont été organisés dans d'autres villes par des groupes locaux, des clubs de supporters de football et des groupes néonazis, soutenus par des partis nationalistes d'extrême-droite tels qu'Attaque et VMRO. Des quartiers et des citoyens roms ont été menacés voire réellement attaqués violemment. Le nombre total de blessés n'a pas été publié. Les Roms auraient toutefois peur de quitter leur domicile dans certaines zones en raison de la panique liée à l'insécurité générale. Environ 400 personnes ont été arrêtées pour avoir participé aux attaques. Certaines d'entre elles ont déjà été condamnées à des amendes pour vandalisme. Aux termes du droit international relatif aux droits humains, les autorités bulgares ont l'obligation d'assurer la sécurité et l'intégrité physique de toutes les personnes, sans discrimination. Elles doivent faire preuve de la diligence requise pour prévenir les infractions à caractère raciste commises par des individus ou des groupes, enquêter sur ces actes, les punir et réparer les préjudices qui en résultent. Amnesty International surveille l'évolution de la situation et prie instamment les autorités bulgares de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour faire cesser les attaques racistes visant les Roms et pour enquêter comme il se doit sur la motivation raciale des attaques contre des quartiers et des personnes roms. Les allégations indiquant que les forces de l'ordre n'ont pas tenté d'empêcher la violence le 24 septembre doivent également faire l'objet d'une enquête exhaustive et efficace dont les résultats devront être rendus publics, et toute personne présumée responsable doit être traduite en justice.

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