Document - Pakistan: Sialkot lynching – justice must be served

Lynchage de Sialkot au Pakistan – Justice doit être rendue

AMNESTY INTERNATIONAL DÉCLARATION PUBLIQUE 17 août 2011 Index AI : ASA 33/013/2011 Lynchage de Sialkot au Pakistan – Justice doit être rendue Amnesty International demande aux autorités pakistanaises de garantir, dans les meilleurs délais, un procès équitable et transparent aux personnes accusées du lynchage brutal de deux frères, Mughees et Muneeb Butt, à Sialkot, dans la province du Pendjab, qui a eu lieu il y a un an. Le 15 août 2010, une foule en colère a battu à mort Mughees, 17 ans, et Muneeb, 15 ans, à coup de crosses de hockey, de barres de fer et d’autres armes improvisées. La foule croyait qu'il s'agissait de voleurs armés ayant tué plus tôt Bilal Shaukat Ali, un laitier de 20 ans, et blessé le frère de celui-ci, Javed Shaukat Ali, 30 ans, lors d’un braquage. Si ces accusations n’ont toujours pas été examinées par la justice, une commission d’enquête désignée par le président de la Cour suprême afin de se pencher sur l’affaire a mis les deux adolescents hors de cause. Des séquences vidéo du lynchage montrent très nettement les deux frères se faire tuer par un large groupe, en présence de plusieurs policiers et secouristes. Après la diffusion de ces séquences à la télévision nationale, 11 policiers et 17 autres individus soupçonnés de participation ont été arrêtés. L’affaire a été portée devant un tribunal spécial pour la lutte contre le terrorisme à Gujranwala, au Pendjab. Aux termes du droit international, les autorités pakistanaises sont tenues de protéger les droits des personnes accusées d’infractions, en particulier leur droit à la vie et leur droit de ne pas être soumises à la torture et à d’autres mauvais traitements. En vertu de la Constitution pakistanaise, les citoyens ont le droit inaliénable de bénéficier de la protection du droit et d’être traités conformément au droit - article 4(1) – et aucune action néfaste à la vie, à la liberté, à l’intégrité physique, à la réputation ou aux biens d’une personne ne doit être entreprise à moins qu’elle ne soit conforme au droit - article 4 (2)(a). Garantir que toutes les personnes directement ou indirectement impliquées rendent des comptes, y compris les policiers, est indispensable au maintien de l’état de droit. Les autorités pakistanaises doivent veiller à ce que les membres de la police s'étant abstenus d'empêcher le lynchage, ainsi que les personnes qui s'en sont rendues coupables soient traduits en justice dans le cadre de procédures équitables respectant les normes internationales en matière de droits humains, sans que la peine de mort ne soit requise. Ne pas le faire reviendrait à adresser à ceux qui souhaitent se faire justice le message qu’ils peuvent agir en toute impunité, et fait courir le risque de nouveaux cas de violences collectives à travers le pays. Ends/

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