Document - Pakistan: Further information: Political activist found dead in Pakistan: Muzaffar Bhutto

Pakistan. Un militant politique retrouvé mort

Action complémentaire sur l'AU 59/11, ASA 33/009/2012 – Pakistan 8 juin 2012

ACTION URGENTE

PAKISTAN. UN MILITANT POLITIQUE RETROUVÉ MORT

Muzaffar Bhutto, cadre d'un parti nationaliste sindhi (Pakistan), a été retrouvé mort le 22 mai. Il avait, semble-t-il, été enlevé le 25 février 2011 par des agents de renseignement en civil et des policiers. Amnesty International demande qu'une enquête soit ouverte et que les auteurs présumés de cet homicide soient traduits en justice.

Muzaffar Bhutto était le secrétaire général du Front unifié pour que vive le Sind (JSMM), un parti nationaliste sindhi. Il a été retrouvé mort le 22 mai dans le village de Bukhari, près d'Hyderabad (province du Sind). Le 25 février 2011, il avait, semble-t-il, été enlevé dans cette ville par des agents de renseignement en civil et des policiers. Selon des témoins, une vingtaine d'hommes en civil sont descendus de voitures banalisées et ont arrêté Muzaffar Bhutto sous la menace d'une arme. Personne n'a revu cet homme jusqu'à ce que son corps soit découvert. Sa dépouille, placée dans un sac en toile de jute, présentait des traces de torture et deux blessures par balle : une à la tête et une à la poitrine.

Les circonstances de l'enlèvement de Muzaffar Bhutto ainsi que l'état de son corps et la manière dont on s'en est débarrassé concordent avec une pratique bien établie des forces de sécurité pakistanaises, notamment des services de renseignement, qui orchestrent des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires de militants politiques et d'insurgés présumés.

Depuis l'enlèvement de Muzaffar Bhutto, les membres de sa famille réclamaient activement sa libération, malgré les appels anonymes leur demandant de cesser de médiatiser son cas et les fréquentes perquisitions effectuées à leur domicile par des inconnus travaillant, semble-t-il, pour les services de renseignement pakistanais ou la police.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en ourdou ou dans votre propre langue :

dites-vous préoccupé par le fait que l'enlèvement et l'homicide de Muzaffar Bhutto semblent être imputables à des agents de l'État ;

exhortez les autorités fédérales et du Sind à diligenter sans délai une enquête approfondie et impartiale, à en rendre les conclusions publiques et à traduire rapidement en justice les responsables présumés des faits en question, y compris au plus haut niveau de commandement, dans le cadre d'un procès équitable et sans recourir à la peine de mort ;

priez-les instamment de veiller à ce que la famille de Muzaffar Bhutto obtienne pleinement réparation, et de faire en sorte que toute tentative visant à les empêcher d'obtenir justice fasse l'objet d'une enquête et que les responsables présumés de ces agissements soient amenés à rendre des comptes.

VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 20 JUILLET 2012 :

Ministre de l'Intérieur

Mr. A Rehman Malik

R Block, Pak Secretariat Islamabad Islamabad, Pakistan

Courriel :

ministry.interior@gmail.com

interior.complaintcell@gmail.com

Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Chef du gouvernement de la province du Sind

Syed Qaim Ali Shah

Chief Minister House,

Dr Zaiuddin Ahmed Road

Karachi, Sindh Province

Pakistan

Fax : +92 21 992 02000

Formule d'appel : Dear Chief Minister, / Monsieur le Chef du gouvernement,

Copies à :

Ministre de l'Intérieur de la province du Sind

Karachi

Sindh Province

Pakistan

Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,�

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Pakistan dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 59/11. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/ASA33/001/2011/fr.

ACTION URGENTE

PAKISTAN. UN MILITANT POLITIQUE RETROUVÉ MORT

COMPLÉMENT D'INFORMATION

Avant la découverte du corps de Muzaffar Bhutto, sa femme, Saima Bhutto, avait déclaré à Amnesty International : « S'il est coupable aux yeux de l'État ou si c'est un criminel, alors il doit être inculpé. Mes enfants pleurent et me demandent quand il reviendra. »

En février 2011, la famille de cet homme avait demandé à la police de dresser un procès-verbal introductif afin d'obtenir des informations sur son sort. Le 28 février 2011, elle a aussi saisi la haute cour du Sind au motif que, selon elle, les services de renseignement et la police étaient responsables de la disparition de Muzaffar Bhutto. La haute cour n'a pas localisé cet homme ni révélé l'endroit où il se trouvait pendant les 15 mois où sa famille est restée sans nouvelles de lui. La Commission d'enquête sur les disparitions forcées, établie par l'État, n'a pas non plus obtenu d'informations sur son sort. Les témoins qui ont fait une déposition devant la Commission ont déclaré se sentir menacés par les représentants de l'État qui étaient présents, n'ont bénéficié d'aucune protection et n'ont pas été informés de toutes les auditions consacrées au cas de Muzaffar Bhutto.

En 2005 et 2006, Muzaffar Bhutto avait été, semble-t-il, soumis à une disparition forcée et des actes de torture par les services de renseignement, avant d'être placé en garde à vue, inculpé d'infractions liées au terrorisme et détenu jusqu'en janvier 2009. Jugé plusieurs fois, il avait été relaxé ou libéré sous caution.

Depuis 10 ans, les disparitions forcées sont fréquentes au Pakistan. Avant 2010, les victimes étaient généralement relâchées après une période allant de quelques jours à plusieurs semaines ou plusieurs mois, voire des années. En mauvaise santé, elles affirmaient souvent avoir subi des actes de torture ou d'autres traitements inhumains et dégradants. Ces deux dernières années, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que de plus en plus de victimes de disparition sont retrouvées mortes dans tout le pays. Elles présentent souvent des traces de torture et des blessures par balle à la tête ou à la poitrine, comme si elles avaient été exécutées. Il est rare que les autorités enquêtent véritablement sur ces affaires de disparitions ou d'exécutions extrajudiciaires présumées. Toutes les victimes de disparition forcée qui sont relâchées ont peur de parler de leur enlèvement et d'en désigner les auteurs. Elles se plaignent d'être menacées : si elles dénoncent des personnes ou engagent des poursuites à leur encontre, elles seront de nouveau enlevées mais ne seront alors pas épargnées.

En mars 2010, le gouvernement pakistanais a créé la Commission d'enquête sur les disparitions forcées, chargée de retrouver les victimes de ces agissements. Depuis l'an dernier, la Cour suprême et les juridictions provinciales supérieures contraignent les autorités à présenter devant les tribunaux les personnes détenues au secret, ce qui tendrait à confirmer les allégations de disparitions forcées formulées par des proches et plusieurs victimes. Les tribunaux ont maintes fois demandé aux autorités d'inculper ou de libérer les personnes détenues dans des lieux secrets. Cependant, à la connaissance d'Amnesty International, la Commission n'a pas entrepris de s'entretenir systématiquement avec les personnes retrouvées pour déterminer les circonstances des disparitions, aider ces personnes ou leurs familles et enquêter sur les organisations ou personnes accusées nommément de disparitions, en particulier les agents des forces de sécurité. Il n'existe aucun mécanisme de protection des témoins au Pakistan. De ce fait, ces personnes et leurs proches se plaignent souvent d'avoir été victimes de manœuvres d'intimidation avant, pendant ou après avoir comparu devant la Commission ou les tribunaux.

Nom : Muzaffar Bhutto

Genre : homme

Action complémentaire sur l'AU 59/11, ASA 33/009/2012, 8 juin 2012

image1.png

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE