Document - Maldives: Further information on: Incommunicado detention/fear of torture or ill-treatment

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC ASA 29/007/2004 – ÉFAI
Action complémentaire sur l’AU 249/04 (ASA 29/005/2004 du 17 août 2004) et sa mise à jour (ASA 29/006/2004 du 31 août 2004)

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

DÉTENTION AU SECRET
CRAINTES DE TORTURE OU DE MAUVAIS TRAITEMENTS
PRISONNIERS D’OPINION


MALDIVES 

Au moins 69 personnes arrêtées à la suite de manifestations en faveur de réformes démocratiques

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Londres, le 20 septembre 2004


À la connaissance d’Amnesty International, au moins 69 personnes (notamment 20 dont l’identité a été donnée dans la précédente mise à jour de cette Action urgente) ont été placées en détention à la suite de manifestations en faveur de réformes démocratiques aux Maldives. Alors que les arrestations se poursuivent et que des témoignages ont récemment fait état d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, Amnesty International est de plus en plus inquiète quant à la sécurité de toutes les personnes détenues.


Les réponses formulées par les autorités maldiviennes présentent un contraste frappant avec les informations reçues par Amnesty International. Ainsi, le 2 septembre, Mohamed Hussain Shareef, sous-directeur du département de la communication stratégique au sein du cabinet du président, a répondu en ces termes à un membre du Réseau Actions urgentes au Royaume-Uni : « Aucun détenu n’est soumis à des mauvais traitements ou à la torture, et nul n’est maintenu au secret. Les personnes arrêtées sont autorisées à être en contact avec leurs proches et à passer un appel téléphonique. Les centres de détention disposent d’installations convenables et les détenus peuvent recevoir des soins médicaux ».


Ces propos sont en contradiction totale avec des témoignages persistants faisant état de passages à tabac, d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements. Selon certaines sources, des détenus ont été sauvagement frappés au niveau de la tête, de la taille et des parties génitales et ont été menottés plusieurs jours d’affilée ; en outre, certains auraient eu les yeux bandés pendant de longues périodes. Il semble que plusieurs aient dû recevoir des soins médicaux à la suite de ces passages à tabac. Une personne aurait eu le bras fracturé, tandis qu’une autre souffrirait d’une perte d’audition partielle et de problèmes au genou. Les personnes détenues au centre de détention de Dhoonidoo se sont plaintes que l’eau n’y était pas potable.


Certains détenus ont par ailleurs fait état de violents passages à tabac et de mauvais traitements infligés lors de leur arrestation. L’un d’eux aurait été poussé dans les escaliers de son domicile ; un autre aurait été poursuivi par la police jusqu’à un port, où il a été frappé avec une telle violence qu’il est tombé à la mer. Selon un témoin, les policiers ont continué de lui jeter des projectiles lorsqu’il était dans l’eau. Ils se seraient finalement décidés à le sortir de l’eau puis lui ont asséné de nouveaux coups en l’emmenant.


Selon les informations recueillies par Amnesty International, plus de 30 détenus sont privés de tout contact avec leurs proches ; par ailleurs, les familles qui ont pu exercer leur droit de visite ont été contraintes de le faire en présence de policiers, et il était interdit à leurs proches détenus d’aborder certains sujets. Aucune des personnes appréhendées n’a été autorisée à consulter un avocat.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

De très nombreuses personnes ont été conduites au siège de la police à Malé, la capitale des Maldives, après avoir participé à d’importantes manifestations, les 12 et 13 août, contre la lenteur des réformes démocratiques et le maintien en détention de quatre prisonniers politiques.


Les autorités maldiviennes affirment que les personnes appréhendées ont pris part à des activités criminelles au cours des manifestations ; ainsi, dans leur réponse à un membre du Réseau Actions urgentes, elles soutiennent : « Il n’y a pas de prisonnier politique aux Maldives. Parmi les personnes citées dans votre lettre, aucune n’a été arrêtée en raison d’activités politiques ».


Les autorités n’ont cependant fourni aucune preuve crédible de ce qu’elles avancent. Les informations recueillies par Amnesty International indiquent très nettement que les personnes détenues manifestaient de manière pacifique en faveur de la réforme politique. À la connaissance de l’organisation, au moins trois d’entre elles – Fathimath Nisreen, Mohamed Zaki et Ahmed Ibrahim Didi – ont été emprisonnées alors qu’elles n’avaient fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression et sont à ce titre des prisonniers d’opinion. Mohamed Mahir, également privé de liberté, a déjà été contraint à l’exil dans le passé et a été arrêté plusieurs fois pour avoir écrit un « poème », en 1986, que les autorités avaient jugé critique vis-à-vis du gouvernement. Au moins trois autres personnes interpellées après les manifestations sont aujourd’hui assignées à domicile ; après leur remise en liberté, d’autres ont reçu l’ordre de ne pas quitter le pays.


Au cours des trois derniers jours, deux militants de l’opposition auraient été arrêtés. Il s’agirait notamment d’Ismail Asif, appréhendé le 17 septembre à son domicile, où il est soupçonné d’avoir organisé une réunion informelle rassemblant plusieurs centaines de personnes sur le thème des réformes démocratiques.


Parmi les personnes détenues figurent également : Fathimath Nisreen (f), Mohamed Niyaz (h) – son frère –, Ahmed Ibrahim Didi (h), Mohamed Zaki (h), Maria Manike (f), Ibrahim Ismail (h), Ibrahim Hussain Zaki (h), Ghasim Ibrahim (h), Mohamed Monawar (h), Ali Faiz (h), Hussain Rasheed (h), Ilyas Hussain Ibrahim (h), Ibraham Zaki (h), Husnoo Alsuood (h), Jennifer Latheef (f), Aminath Najeeb (f), Mohammed Naseem (h), Ahmed Shafeeq (h), Ahmed Adil (h), Asad Whaeed (h) et Mohamed Mahir (h).


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés
ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

– dites que vous écrivez en réponse à la lettre de Mohamed Hussain Shareef, sous-directeur du département de la communication stratégique au sein du cabinet du président, qui a répondu à un particulier, le 2 septembre : « Aucun détenu n’est soumis à des mauvais traitements ou à la torture, et nul n’est maintenu au secret » ;

– soulignez que ces affirmations présentent un contraste frappant avec les informations reçues par Amnesty International, selon lesquelles certaines personnes arrêtées à la suite des manifestations des 12 et 13 août ont été menottées, battues et soumises à des actes de torture ou à d’autres formes de mauvais traitements, et ont eu les yeux bandés ;

– demandez instamment que des investigations exhaustives, impartiales et indépendantes soient menées sur tous les cas de torture signalés et que les responsables présumés de tels agissements soient traduits en justice ;

– exhortez les autorités à veiller à ce que tous les détenus soient traités avec humanité et, notamment, à ce qu’ils ne soient ni torturés ni victimes d’autres formes de mauvais traitements, et à ce qu’ils soient autorisés sans délai à recevoir la visite de leurs proches, à consulter l’avocat de leur choix et à bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;

– engagez les autorités à révéler l’identité de toutes les personnes encore privées de liberté à ce jour, et faites part de votre préoccupation à l’idée qu’elles soient détenues alors qu’elles n’ont fait qu’exercer, de manière pourtant pacifique, leur droit à la liberté d’expression et de réunion ;

– appelez-les à libérer ces personnes immédiatement et sans condition, à moins qu’elles ne soient inculpées d’une infraction prévue par la loi.


APPELS À :

Président de la République :

President Maumoon Abdul Gayoom

The President's Palace

Maafannu Theemuge

Malé 2002

République des Maldives

Fax : +960 32 55 00

Formule d'appel : Dear President Gayoom, / Monsieur le Président de la République,


COPIES À :

Journal :

The Island Newspaper

223 Bloemendhal Road

Colombo 13

Sri Lanka

Courriers électroniques : gamini@unl.upali.lk


ainsi qu’aux représentants diplomatiques des Maldives dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT
APRÈS LE 1er NOVEMBRE 2004, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse suivante :
http://www.efai.org

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