Document - Maldives: Human rights defender Jennifer Latheef should be released immediately and unconditionally

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 280/2005





MALDIVES

La militante des droits humains Jennifer Latheef doit être remise en liberté immédiatement et sans condition

Index AI : ASA 29/006/2005

ÉFAI

Mardi 18 octobre 2005


DÉCLARATION PUBLIQUE


Amnesty International et la Commission internationale de juristes (CIJ) ont demandé au gouvernement des Maldives ce mardi 18 octobre 2005 d’ordonner la remise en liberté immédiate et sans condition de Jennifer Latheef, condamnée plus tôt dans la journée à dix ans d’emprisonnement pour terrorisme.

Jennifer Latheef a été reconnue coupable d’incitation à commettre des actes de terrorisme. Amnesty International considère que cette femme est une prisonnière d’opinion.

« Si le président Gayoom est réellement déterminé à mettre en œuvre des réformes démocratiques aux Maldives, il faut cesser d’arrêter, d’inculper et de condamner pour leurs activités pacifiques les personnes qui exercent leur droit à la liberté de réunion et à la liberté d’expression », a déclaré Purna Sen, responsable du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

Amnesty International et la CIJ considèrent que Jennifer Latheef a été condamnée pour des raisons politiques et qu’elle n’a pas bénéficié d’un procès équitable.

«  Le président Gayoom est à la fois chef de l’exécutif et responsable du pouvoir judiciaire, a déclaré le secrétaire général de la CIJ, Nicholas Howen. Cette double fonction est tout à fait anormale et compromet l’indépendance de la justice. Le fait que le pouvoir exécutif soit aux commandes de la justice rend très difficile la tenue d’un procès équitable lorsque des personnes comparaissent pour des questions brûlantes et à forte teneur politique de terrorisme ou d’actes séditieux. »

On ignore où Jennifer Latheef a été conduite après le prononcé de sa peine. La CIJ et Amnesty International demandent aux autorités d’informer immédiatement sa famille de l’endroit où elle se trouve. Compte tenu du fait que cette femme était sous traitement à l’hôpital jusqu’à la semaine dernière, les deux organisations demandent également au gouvernement de garantir de toute urgence que Jennifer Latheef reçoit l’attention médicale que requiert son état de santé.


Complément d’information

Jennifer Latheef fait partie des milliers de personnes qui sont descendues dans la rue à Malé en septembre 2003 pour protester contre les violations flagrantes des droits humains commises dans le pays. Des actes de violence se sont certes produits durant le mouvement de protestation, mais il n’existe aucun élément déterminant établissant son implication dans ces faits. Le procès de Jennifer Latheef s’est achevé en juillet 2004.

À la fin de l’année 2004, Jennifer Latheef a été maintenue en détention durant une période de plus de quatre mois et considérée comme une prisonnière d’opinion par Amnesty International. Pendant sa privation de liberté, elle a été soumise à des traitements cruels, inhumains et dégradants. Personne n’a eu à répondre de ces actes devant la justice. Jennifer Latheef a également été la cible dans le passé d’actes de harcèlement et d’intimidation. 


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter :

- Amnesty International : Abbas Faiz au +44 20 7413 5652 ;

- Commission internationale de juristes : Susan Appleyard au +41 22 979 3800.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante :
http://www.efai.org



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