Document - Maldives: Release of Maldives opposition leader is chance for political resolution

AMNESTY INTERNATIONAL

Déclaration publique

Index AI : ASA 29/001/2010 (Public)

ÉFAI

23 juillet 2010


Maldives. La libération d'un dirigeant de l'opposition est l'occasion d'arriver à une solution politique


Amnesty International salue la libération d'Abdullah Yameen et exhorte le gouvernement et l'opposition à saisir cette occasion pour trouver, avec les médiateurs internationaux, une issue à l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays et à ouvrir la voie à une réforme de la justice et à des enquêtes sur les allégations d'abus de pouvoir, de corruption et d'atteintes aux droits humains.


Abdullah Yameen, député de l'opposition, a confirmé sa libération à Amnesty International le 23 juillet. « Mon arrestation montre combien il est facile de placer arbitrairement des personnes en détention. J'espère que les autorités vont cesser d'arrêter et de maintenir des personnes en détention sans inculpation », a-t-il déclaré.


Abdullah Yameen est l'un des quatre députés, au moins, à avoir été arrêtés et libérés au cours de ces dernières semaines aux Maldives, après la démission du gouvernement du président Mohamed Nasheed le 29 juin en signe de protestation contre le blocage, par le Parlement dominé par l'opposition, de la réforme judiciaire et des mesures de développement décidées par le gouvernement.


Amnesty International demande instamment au gouvernement maldivien de chercher auprès de la communauté internationale une aide pour l'aider à réformer son système judiciaire après la libération, le 23 juillet, d'un dirigeant de l'opposition détenu sans avoir été inculpé.


Les réformes proposées par le gouvernement des Maldives portent en elles le potentiel pour améliorer la protection des droits humains, mais cela ne donne pas pour autant le droit au gouvernement d'arrêter arbitrairement les opposants à cette réforme. Au lieu de cela, le gouvernement devrait chercher une aide auprès de la communauté internationale pour résoudre l'impasse dans laquelle il se trouve, selon Amnesty International.


Le fossé grandissant entre les deux parties s'est transformé en une crise grave et des échauffourées ont eu lieu dans les rues au cours de ces dernières semaines, menaçant de faire capoter la toute jeune démocratie mise en place depuis deux ans dans le pays.


Abdullah Yameen avait été arrêté par des membres de la Force de défense nationale des Maldives le 15 juillet. Les autorités n'ont pas tenu compte d'une décision de justice ordonnant qu'il soit présenté à un juge ou inculpé d'une infraction dûment reconnue par la loi et ont affirmé qu'il avait été placé en garde à vue pour le protéger des menaces de groupuscules politiques. Selon Abdullah Yameen, la foule qui a attaqué son domicile le 14 juillet, était composée de partisans du gouvernement.


Amnesty International considère encourageant l'accueil favorable réservé par les Maldives aux offres internationale d'assistance en vue de venir à bout de l'impasse politique et demande instamment au gouvernement de continuer à chercher auprès de la communauté internationale une aide pour promouvoir les réformes. Les pourparlers entamés sous l'égide de Robert Blake, secrétaire d'État américain adjoint chargé des Affaires d'Asie Centrale et du Sud, se poursuivent entre les deux parties depuis deux jours.


La justice pénale des Maldives présente d'importantes lacunes qui ont pu conduire à des procès inéquitables. Il n'existe pas de définition unifiée de ce qu'est une infraction pénale dans la loi maldivienne, qui s'appuie sur la jurisprudence, des textes de la charia et des règlements émanant des ministères.


Le gouvernement affirme que ses tentatives pour mettre la loi en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains et pour mettre fin à la corruption ont été bloquées par le Parlement dominé par l'opposition, qui a refusé d'adopter un projet de loi de code pénal et bloqué d'autres réformes et projets de développement proposés par le gouvernement.


L'opposition déclare de son côté que le gouvernement doit agir dans les limites définies par la Constitution qui accorde au Parlement le pouvoir de mettre son veto aux décisions du gouvernement.



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