Document - Maldives: Reforms will gain no credibility unless prisoners of conscience are released

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 020/2004




MALDIVES

Les réformes n’auront aucune crédibilité sans la libération des prisonniers d’opinion

Index AI : ASA 29/001/2004
ÉFAI

Mercredi 28 janvier 2004


Cinq prisonniers d’opinion restent détenus aux Maldives, en violation flagrante de leur droit fondamental à la liberté d’expression. Pourtant, les évolutions de ces derniers mois promettaient une amélioration de la situation des droits humains dans le pays, a déclaré Amnesty International ce mercredi 28 janvier.

Parmi les prisonniers figurent Mohamed Zaki, Ahmed Ibrahim Didi et Fathimath Nisreen, arrêtés il y a deux ans et condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement lors de procès manifestement inéquitables. Deux autres prisonniers d’opinion, Naushad Waheed, condamné à 15 années de prison, et Ibrahim Fareed, qui serait détenu sans inculpation ni procès, se trouvent en détention respectivement depuis le mois de décembre 2001 et de mai/juin 2002.

« Nous demandons au président Maumoon Abdul Gayoom de libérer ces prisonniers d’opinion immédiatement et sans condition », a souligné l’organisation. « Aucune réforme ne sera crédible tant que ces prisonniers d’opinion resteront en détention ».

Amnesty International reconnaît les mesures prises par le gouvernement depuis octobre 2003 pour remédier aux failles d’un système judiciaire pénal qui ne respectait pas les droits fondamentaux. Parmi ces mesures figurent la création, en septembre 2003, d’une commission présidentielle d’enquête sur les cas de violation des droits humains, ainsi que l’établissement, en décembre 2003, d’une Commission des droits humains aux Maldives pour protéger et promouvoir les droits humains dans le pays. La commission d’enquête a soumis son rapport, et le gouvernement a promis de traduire en justice les responsables de la mort en détention d’un prisonnier passé à tabac, ainsi que les membres de la Sécurité nationale ayant abattu d’autres détenus.

La Commission des droits humains aurait commencé à enquêter sur certains cas, mais n’a pas la capacité de traiter des affaires datant de plus d’une année avant sa création. Le gouvernement a de plus annoncé des mesures supplémentaires pour remédier à certains défauts du système judiciaire, et pour améliorer les conditions de détention.

« Le maintien en détention des cinq prisonniers d’opinion porte gravement atteinte à la crédibilité des mesures positives prises pour réformer le système judiciaire. Les promesses de réformes pour l’avenir ne seront prises au sérieux que si sont résolues ces affaires passées de graves violations des droits fondamentaux. »


Contexte

Mohamed Zaki, Ahmed Ibrahim Didi et Fathimath Nasreen se trouvent en détention depuis la fin janvier 2002, inculpés pour leur participation à la production d’un magazine clandestin sur Internet, Sandhaanu, qui publiait des articles critiques sur le gouvernement et connaissait une forte diffusion chez les habitants des Maldives. Ces trois personnes ont été condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement en juillet 2002, à l’issue de procès manifestement inéquitables. Selon des informations récentes, les condamnations de Zaki et Didi (emprisonnement à vie) aurait été réduites à 15 ans. La condamnation de Fathimath Nasreen (10 ans) aurait été réduite à 5 ans, et elle a été exilée dans une île éloignée où elle doit purger le reste de sa peine – ce qui constitue encore une forme d’emprisonnement. Mohamed Zaki souffrirait d’une maladie de la vessie pour laquelle il n’est pas soigné.

Naushad Waheed, homme d’affaires, artiste et critique déclaré du gouvernement, est détenu depuis décembre 2001. Il purge une peine de 15 ans de prison, prononcée à l’issue d’un procès manifestement inéquitable. Amaigri, il souffrirait d’instabilité mentale, mais les autorités ne lui ont fourni aucun traitement médical adéquat.

Ibrahim Fareed, un érudit islamique aux opinions religieuses modérées, objet d’un grand respect aux Maldives, se trouverait en détention ou assigné à résidence depuis mai/juin 2002, après un discours prononcé dans une mosquée, où il avait abordé le problème de la corruption dans l’administration gouvernementale. Il souffrirait de graves problèmes respiratoires, sans avoir accès à un traitement adéquat.


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org


La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante :
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