Document - Indonesia: Opposition politician latest victim of repressive laws

AMNESTY INTERNATIONAL

BULLETIN D'INFORMATIONS 84/96

INDONÉSIE

Un homme politique de l'opposition victime des lois répressives

Index AI : ASA 21/27/96


Alors que l'homme politique Sri Bintang Pamungkas a été condamné aujourd'hui (mercredi 8 mai 1996) à une peine de deux ans et dix mois d'emprisonnement pour avoir « insulté » le président, Amnesty International demande une nouvelle fois au gouvernement indonésien d'abroger la législation répressive qui permet l'incarcération de détracteurs pacifiques du gouvernement.

« Les autorités ont une fois de plus fait la preuve de leur volonté de réduire au silence toute opposition pacifique dans le pays, a déclaré l'Organisation. Le recours à la législation répressive a permis, au cours de l'année qui vient de s'écouler, d'emprisonner des journalistes, des militants et un médium ».

La législation indonésienne, dont les Haatzaai Artikelen (articles relatifs à la propagation de la haine), autorise l'incarcération de personnes accusées d'avoir « insulté » le gouvernement ou le chef de l'État ou d'avoir « exprimé des sentiments de haine » à leur égard. Depuis 1995, Sri Bintang Pamungkas est la sixième personne condamnée à une peine d'emprisonnement aux termes de cette législation répressive.

Ancien député du Parlement indonésien représentant le Partai Persatuan Pembangunan (PPP, Parti unifié pour le développement indonésien), Sri Bintang Pamungkas a été reconnu coupable d'avoir « insulté » le président Suharto, qu'il aurait qualifié de « dictateur » lors d'un séminaire dans une université allemande, le 9 avril 1995. Il a nié les faits et annoncé qu'il interjetterait appel de cette décision. L'ancien parlementaire n'a pas été incarcéré à ce jour.

Sri Bintang Pamungkas a été dans un premier temps interrogé sur son rôle présumé lors de manifestations ayant eu lieu en Allemagne, à l'occasion de la visite dans ce pays du président Suharto, en avril 1995. La police ne réussissant à trouver aucun élément prouvant sa participation à ces manifestations, l'attention s'est portée sur les commentaires que Sri Bintang Pamungkas aurait faits lors du séminaire. Il a finalement été inculpé d'« insulte » à l'égard du président, aux termes de l'article 134 du Code pénal indonésien. Son procès a débuté en novembre 1995.

Comme ce fut le cas pour d'autres procès politiques en Indonésie, le procès de Sri Bintang Pamungkas s'est caractérisé par son iniquité. Les témoins de la défense qui devaient venir d'Allemagne ont reçu leurs premières convocations une semaine après le jour où ils devaient comparaître. Le seul témoin en mesure de se rendre à temps en Indonésie a eu beaucoup de mal à obtenir un visa auprès de l'ambassade indonésienne en Allemagne. À son arrivée en Indonésie, il a été étroitement surveillé par les autorités.

L'un des rares députés indonésiens à s'exprimer ouvertement, Sri Bintang Pamungkas a été soumis à un nombre croissant de restrictions de la part des autorités. En avril 1995, il lui été interdit de voyager à l'étranger. Le mois suivant, il a été expulsé du Parlement et, plus récemment, il lui a été à nouveau interdit de voyager pendant un an. Pendant son procès, des manifestations ont eu lieu devant le bureau de ses avocats et devant le tribunal, apparemment de connivence avec les autorités.

Des organisations indonésiennes et internationales ont condamné le traitement réservé à Sri Bintang Pamungkas. En avril 1996, l'Union interparlementaire a déclaré que les allégations formulées contre lui relevaient simplement de son droit à la liberté d'expression l



La version originale a été publiée par Amnesty International, Secretariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi. La version française a été traduite et diffusée par les Éditions francophones d'Amnesty International - ÉFAI -


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