Document - Shi'a Muslims at risk of attacks in Indonesia

Indonésie. Des musulmans chiites risquent de subir des attaques

AU 9/12, ASA 21/002/2012 – Indonésie 13 janvier 2012

ACTION URGENTE

INDONÉSIE. DES MUSULMANS CHIITES RISQUENT DE SUBIR DES ATTAQUES

Des centaines de musulmans chiites indonésiens vivent dans un refuge temporaire depuis que leur village a été attaqué fin décembre par des groupes anti-chiites. Le 12 janvier, ils ont été forcés à retourner chez eux, malgré le risque de nouvelles attaques.

Le 28 décembre 2011, la police du sous-district d'Omben a prévenu les responsables religieux chiites du village de Nangkrenang, dans le district de Sampang (île de Madura), que leur communauté allait être attaquée par des groupes anti-chiites. Malgré plusieurs demandes de protection, seuls un policier et un militaire étaient présents le 29 décembre au matin, lorsqu'une foule d'environ 500 personnes, certaines armées d'objets tranchants, est entrée dans le village. Selon des sources locales, les agents ne sont pas intervenus et se sont contentés de filmer les attaques au moyen de leurs téléphones portables. La foule a incendié un lieu de culte, un pensionnat et plusieurs habitations des environs. Vingt-cinq agents de la brigade mobile de la police (Brimob) sont arrivés sur les lieux une heure plus tard mais aucune mesure n'a été prise pour empêcher les attaques ni protéger la population. Une personne arrêtée pour sa participation présumée à l'attaque a été libérée depuis lors.

Après les faits, quelque 335 villageois, dont au moins 107 enfants, ont été évacués vers un centre sportif de Sampang, qui fait office de refuge temporaire. Nombre des enfants étaient effrayés à l'idée de rentrer chez eux et de retourner à l'école. Au centre sportif, il semble que les conditions de vie soient extrêmement rudimentaires : l'accès à de l'eau saine et à des installations sanitaires est limité.

Le 4 janvier 2011, les autorités et la police du district de Sampang ont commencé à faire pression sur les villageois pour qu'ils regagnent leur domicile. L'approvisionnement en eau a été réduit et les pouvoirs publics ont menacé d'expulser certaines personnes du refuge. Les habitants de Nangkrenang ont refusé de partir tant qu'ils ne bénéficieraient pas d'une protection policière adaptée et que les auteurs présumés de l'attaque ne seraient pas traduits en justice. En dépit de leurs demandes, ils ont été contraints par les autorités locales à monter dans des camions le 12 janvier au soir et ramenés dans leur village. Cependant, les pouvoirs publics ont informé quatre villageois qu'ils ne pouvaient pas rentrer chez eux.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en bahasa indonesia ou dans votre propre langue :

appelez les autorités à prendre des mesures adéquates pour assurer la sécurité des membres de la communauté chiite de Sampang (Java-Est), dans le respect de leur droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ;

priez-les de mener sans délai des investigations indépendantes et impartiales sur tous les signalements d'actes d'intimidation, de harcèlement et d'agressions subis par les membres de cette communauté, de traduire en justice les responsables présumés dans le respect des normes internationales d'équité des procès et de veiller à ce que les victimes obtiennent réparation ;

demandez-leur d'enquêter immédiatement sur l'absence d'intervention policière destinée à empêcher les attaques et protéger les villageois, et de mettre en place une stratégie volontariste visant à prévenir les violences fondées sur la religion et gérer ce type d'événements, le cas échéant ;

engagez-les à prendre des mesures efficaces pour veiller à ce que toutes les minorités religieuses soient protégées et autorisées à pratiquer leur culte sans peur et sans craindre d'être intimidées ou agressées.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 24 FÉVRIER 2012 À :

Chef de la police indonésienne

General Timur Pradopo

Jl. Trunojoyo No. 3

Jakarta Selatan, Indonésie

Fax : +62 21 722 0669

Formule d ' appel : Dear General, / Monsieur,

Gouverneur de Java-Est 

Soekarwo

Jl. Pahlawan No. 110,

Surabaya, East Java,

Indonésie

Fax : +62 31 355 7138

Formule d ' appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,

Copies à :

Ministre coordinateur des Affaires politiques, juridiques et de sécurité

Djoko Suyanto

Jl. Medan Merdeka Barat,

Jakarta 1500, Indonésie

Fax : +62 21 345 0918

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l ' Indonésie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

INDONÉSIE. DES MUSULMANS CHIITES RISQUENT DE SUBIR DES ATTAQUES

INFORMATIONS GÉNÉRALES

La communauté chiite de Sampang (Java-Est) a déjà été victime de manœuvres d'intimidation et d'attaques, notamment en 2006 et 2011. Ses membres auraient également subi des pressions de la part de groupes anti-chiites afin qu'ils deviennent sunnites.

Dans diverses régions d'Indonésie, Amnesty International a recensé de nombreux cas de manœuvres d'intimidation et de violences contre des minorités religieuses qui sont le fait de groupes islamistes radicaux. Il s'agit notamment d'attaques et d'incendies de lieux de culte et d'habitations, qui conduisent parfois à des déplacements. La plupart du temps, les auteurs de ces actes ne sont jamais punis.

Le droit à la liberté de religion ou de croyance est garanti par l'article 18(1) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l'Indonésie est partie : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique […] la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte et l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement. »

En tant qu'État partie au PIDCP, l'Indonésie est également tenue de protéger le droit à la vie, d'assurer la sécurité des personnes et de veiller à ce qu'elles ne soient pas soumises à la torture ni à d'autres formes de mauvais traitements. En vertu de l'article 2(1) du PIDCP, cette protection doit être accordée sans discrimination, y compris religieuse. En outre, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a indiqué que l'absence de mesures appropriées visant à prévenir les dommages causés par des particuliers constituerait une violation imputable aux États. L'obligation de protéger les droits humains figure aussi explicitement dans la Loi relative à la police nationale (n° 2/2002), qui précise que la fonction de ce corps consiste notamment à maintenir la sécurité et l'ordre social, faire respecter la loi et protéger la population.

En forçant la communauté chiite à rentrer chez elle, les autorités indonésiennes n'ont pas appliqué les Principes directeurs des Nations unies relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays. Le principe 28 dispose que c'est aux autorités compétentes qu'incombent en premier lieu le devoir et la responsabilité de créer des conditions propices au retour librement consenti, dans la sécurité et la dignité, des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays dans leur foyer ou leur lieu de résidence habituel ou à leur réinstallation volontaire dans une autre partie du pays, ou de leur fournir les moyens nécessaires à cet effet.

Nom : communauté chiite de Sampang (Java-Est)

Genre : hommes et femmes

AU 9/12, ASA 21/002/2012, 13 janvier 2012

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