Document - USA: Close Guantánamo. Guantánamo: Fate of former detainees



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ÉTATS-UNIS

Guantánamo

Le sort des anciens détenus




AMNESTY INTERNATIONAL

Document public

Index AI : AMR 51/191/2006

ÉFAI

Décembre 2006



On estime à 775 le nombre d'hommes qui ont été placés en détention à Guantánamo depuis janvier 2002. Fin novembre 2006, 345 avaient été libérés ou transférés dans quelque 26 pays différents. L'immense majorité de ces hommes n'ont jamais été inculpés et sont aujourd'hui libres. Certains ont de nouveau été arrêtés. D'autres sont harcelés par les autorités. Amnesty International a fait campagne en faveur de certains de ceux qui ont été libérés de Guantánamo ; voici quelques-uns d'entre eux.


«Il a maintenant retrouvé les siens. Il n'y a pas de mots pour décrire la joie que ses parents ont éprouvée quand ils ont pu à nouveau embrasser ce fils qu'ils avaient perdu.»

L'avocat de Murat Kurnaz


Murat Kurnaz est un ressortissant turc qui réside en Allemagne. Il a été libéré de Guantánamo en août 2006 et a maintenant retrouvé sa famille et sa ville natale, Brême. Les autorités allemandes ont mis un terme aux investigations dont il faisait l'objet, invoquant l'absence d'éléments tangibles établissant un lien quelconque entre cet homme et des organisations terroristes. Murat a été maintenu en détention à Guantánamo pendant plus de quatre ans et demi. Dans un premier temps, les autorités allemandes ont refusé d'intervenir en sa faveur parce qu'il n'avait pas la nationalité allemande. Soumises à d'intenses pressions, notamment par les membres d'Amnesty International, elles ont changé de position et il a par la suite été remis en liberté.


«Je les ai vus, tous les cinq, on aurait cru qu'ils sortaient de la jungle ; ils avaient les cheveux et les ongles longs et sales, ils faisaient pitié à voir.»

Un proche d'un des cinq Koweïtiens libérés en novembre 2005.


Abdullah al Ajmi, ressortissant koweïtien, a été transféré au Koweït en novembre 2005. Il est l'un des huit Koweïtiens de Guantánamo qui ont été transférés dans leur pays d'origine. Depuis lors, cinq d'entre eux ont été acquittés de toutes les accusations qui pesaient sur eux et un autre purge actuellement une peine d'un an d'emprisonnement pour une infraction commise avant qu'il ne soit envoyé à Guantánamo. Deux autres Koweïtiens transférés en septembre 2006 sont actuellement détenus au Koweït dans l'attente de leur procès. Quatre Koweïtiens sont toujours incarcérés à Guantánamo.



«Je crois que si j'ai été libéré, c'est grâce aux pressions que l'opinion publique a exercées en Grande-Bretagne pour qu'il soit mis fin à notre détention illégale, pressions à l'origine desquelles se trouvent essentiellement mon père, des proches d'autres détenus et Amnesty International.»

Ruhal Ahmed


Shafiq Rasul, Ruhal Ahmed et Asif Iqbal (de gauche à droite) sont originaires de Tipton, au Royaume-Uni. Connus sous le nom de «Tipton Three» (les Trois de Tipton), ils ont été renvoyés au Royaume-Uni en mars 2004 et libérés sans inculpation le lendemain de leur retour. Les neuf Britanniques détenus à Guantánamo ont été relâchés, mais on pense qu'au moins huit étrangers qui résidaient au Royaume-Uni sont toujours incarcérés. Depuis leur libération, les Tipton Three militent activement en faveur de la fermeture de Guantánamo et se sont exprimés à de nombreuses reprises dans le cadre d'événements organisés par Amnesty International, un peu partout dans le monde. Un film, The Road to Guantánamo, retrace leur histoire.



«Je ne remercierai jamais assez vos membres, nous sommes bouleversés, merci d'avoir compris notre situation […] Un très grand merci, merci de vous être souciés de nous et de n'être pas restés indifférents.»

Aïrat Vakhitov après sa libération en septembre 2005 ;

il était détenu par les autorités russes.


Aïrat Vakhitov est originaire de Russie. Cet homme et six autres Russes ont été transférés à Guantánamo depuis la Russie en février 2004. À leur retour dans leur pays d'origine, tous ont été de nouveau arrêtés et maintenus en détention pendant quatre mois et demi avant d'être relâchés. Toutes les charges retenues contre eux ont été abandonnées. Depuis lors, ces hommes et leurs proches sont harcelés et surveillés ; certains d'entre eux ont été de nouveau appréhendés et, selon certaines sources, torturés par des membres des forces de sécurité russes. En novembre 2005, à Londres, Aïrat Vakhitov, en compagnie d'autres anciens détenus et de proches de prisonniers toujours incarcérés, a participé à une conférence organisée par Amnesty International et l'association Reprieve.



«Je sais bien que j'étais innocent, vous n'avez pas besoin de me le dire.»

Karama Khamisan s'adressant à ses gardiens de Guantánamo

en apprenant la nouvelle de sa libération.


Natif du Yémen, Karama Khamis Khamisan a été renvoyé dans son pays d'origine depuis Guantánamo en août 2005. À son arrivée, les autorités yéménites l'ont arrêté et inculpé d'infractions liées aux stupéfiants. En mars 2006, il a été reconnu non coupable de ces accusations. Deux mois plus tard, il était remis en liberté. Un seul autre Yéménite, Walid al Qadasi, a été libéré de Guantánamo. Cet homme a été maintenu en détention sans être jugé ni même inculpé pendant près de deux ans ; de plus, dans un premier temps, il était détenu au secret. Il a finalement été libéré sans inculpation en mars 2006. Au moins 100 ressortissants yéménites seraient détenus à Guantánamo.



«On m'a arraché à ma famille et emmené très loin, sans justification et sur la base de rumeurs dénuées de tout fondement.»

Mamdouh Habib


Mamdouh Habib est australien. Détenu à Guantánamo, il a été renvoyé dans son pays d'origine en janvier 2005 et a retrouvé son épouse et ses quatre fils. Mamdouh Habib est une victime de « restitution », une pratique des autorités des États-Unis. Il a été arrêté au Pakistan, puis envoyé en Égypte, où il dit avoir été cruellement torturé. Il a ensuite été transféré en Afghanistan avant d'être envoyé à Guantánamo, où il a été maintenu en détention pendant environ deux ans. Mamdouh Habib affirme que depuis son retour, la police australienne le harcèle et le soumet à des mauvais traitements. Un autre Australien, David Hicks, est toujours détenu à Guantánamo.



«Lorsque Yusuf et Adbusalam sont partis, ils étaient très jeunes [...] Ils n'ont passé que leur enfance avec la famille.»

Un proche d'Abdulsalam al Shehri


Abdulsalam al Shehri est originaire d'Arabie saoudite. Il a été libéré de Guantánamo en juin 2006. On ignore où il se trouve. Il avait apparemment dix-sept ans quand il a été capturé en Afghanistan. Au moins 40 Saoudiens ont été libérés de Guantánamo ; certains sont toujours détenus mais beaucoup sont aujourd'hui libres. Selon les informations recueillies, le cousin d'Abdulsalam al Shehri, Yousef, avait seize ans lorsqu'il a été capturé ; il fait partie des quelque 100 Saoudiens qui sont toujours détenus à Guantánamo.



«Les États-Unis m'ont fait traverser la pire des épreuves. J'ai passé quatre longues années dans leur prison à Cuba, derrières des barbelés hérissés de lames de rasoir.»

Abu Bakker Qassim


Abu Bakker Qassim et quatre autres Ouïghours originaires de Chine ont été libérés de Guantánamo et envoyés en Albanie en mai 2006.


Ces hommes avaient été lavés de tout soupçon par les autorités des États-Unis plus d'un an auparavant ; toutefois, ils avaient été maintenus en détention car ils ne pouvaient être renvoyés en Chine, où ils auraient été exposés à de nouvelles violations de leurs droits fondamentaux, notamment des exécutions. Les avocats des cinq hommes leur cherchent actuellement un autre pays où se réinstaller, car il n'existe pas de communauté ouïghoure en Albanie et leur réinsertion se révèle extrêmement difficile. Les autorités des États-Unis ont envoyé trois autres détenus de Guantánamo en Albanie en novembre 2006.



«À la fin de ma période de détention à Guantánamo, on m'a fait signer un document disant que j'avais été capturé pendant le combat, ce qui était faux […] Mais on m'a dit que si je ne signais pas, je passerais le restant de mes jours à Guantánamo. Alors, j'ai signé.»

Wazir Mohammad


Wazir Mohammad est un chauffeur de taxi afhgan qui a été arrêté à la mi-2002, alors qu'il cherchait à se renseigner sur son ami et collègue Sayed Abbasin, qui avait été appréhendé et transféré à Guantánamo. Wazir Mohammad a été arrêté par des gardes à un poste de contrôle afghan, remis aux autorités des États-Unis et envoyé à Guantánamo. Depuis lors, les deux hommes ont été remis en liberté et renvoyés en Afghanistan, où il semble qu'ils soient libres. Amnesty International a lancé un appel mondial en faveur de la libération de Wazir Mohammad en août 2003. Trois mois plus tard, il était renvoyé par avion en Afghanistan. Des délégués d'Amnesty International l'y ont rencontré en février 2004.



«Grâce à mes poèmes, je voyageais de par le monde, visitant toutes sortes d'endroits. Même derrière des barreaux, j'étais libre.»

Abdur Rahim Muslim Dost évoquant sa détention à Guantánamo


Abdur Rahim Muslim Dost est un Pakistanais qui a été libéré de Guantánamo en avril 2005. Il a ensuite été arrêté sans mandat au Pakistan, le 29 septembre 2006. On ignore où il se trouve actuellement et il risque d'être torturé. Abdur Rahim Muslim Dost et son frère Badruzzaman Badr, autre ex-détenu de Guantánamo, ont publié un livre sur leur expérience à Guantánamo, dans lequel ils critiquaient le rôle que le Pakistan a joué dans leur détention. L'arrestation d'Abdur Rahim Muslim Dost pourrait être liée à la parution de cet ouvrage.




Pour en savoir plus sur ces personnes et sur d'autres détenus de Guantánamo,

ult1 veuillez consulter le site suivant :

http://web.amnesty.org/pages/guantanamobay-index-fra

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