Document - USA: Close Guantánamo. Guantánamo's detainees
FERMEZ GUANTÁNAMO !
ÉTATS-UNIS
Les détenus de Guantánamo
AMNESTY INTERNATIONAL
Document public
Index AI : AMR 51/187/2006
ÉFAI
Décembre 2006
«Merci infiniment pour vos courriels, pour votre compassion et votre soutien
ainsi que pour vos lettres aux autorités des États-Unis et du Koweït.
Cela conforte nos espoirs, maintient notre moral et nous fait sentir
que nous ne sommes pas seuls et abandonnés dans ce monde tourmenté.»
Khaled al Odah, dans une réponse à une lettre de soutien
envoyée par un membre d'Amnesty International au Danemark.
Depuis janvier 2002, des personnes de 45 nationalités différentes ont été emprisonnées à Guantánamo. Des détenus d'environ 35 pays (en majorité Afghanistan, Arabie saoudite et Yémen) s'y trouvent encore. Vous trouverez ci-dessous les noms de certaines de ces personnes, toujours incarcérées en décembre 2006.
«Après la première grève, ils nous ont fait des promesses. Ils ont dit qu'ils allaient nous respecter, respecter notre religion et respecter nos droits. Ils m'ont promis que j'allais être libéré […] Nous avons attendu mais ils n'ont rien fait…»
Yousef al Shehri à son avocat.
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Yousef al Shehri est de nationalité saoudienne. Il avait seize ans lors de son arrestation en Afghanistan, en novembre 2001. Deux mois plus tard, il était l'un des premiers détenus transférés vers Guantánamo. Il explique qu'au cours d'une grève de la fin, en 2005, on l'a injurié, menotté et nourri de force. Cette intervention, pratiquée sans anesthésie ni sédatif, aurait été particulièrement douloureuse. On sait très peu de choses sur ses conditions actuelles de détention. |
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«Merci à tous ceux qui n'ont pas ménagé leur temps et leurs efforts pour me soutenir. Je ne vous remercierai jamais assez […] J'espère vous voir bientôt en Australie.» David Hicks dans une lettre à ceux qui le soutiennent en Australie.
David Hicks est australien. Capturé en Afghanistan, il est détenu à Guantánamo depuis janvier 2002. Il affirme avoir été battu et privé de sommeil à plusieurs reprises pendant sa détention sous la responsabilité des États-Unis. Il fait partie des dix prisonniers de Guantánamo qui ont été inculpés pour être jugés par les commissions militaires. Celles-ci ont ultérieurement été déclarées illégales par la Cour suprême des États-Unis, en juin 2006. L'avocat de David Hicks s'est déclaré inquiet quant à la santé physique et psychologique de son client, qui avait été placé en détention à l'isolement pendant des périodes prolongées allant parfois jusqu'à vingt-quatre heures consécutives. |
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«Ma santé est très mauvaise, de même que mon état psychologique. Je ne crois pas que je pourrai tenir très longtemps. Je me sens très mal.» Jumah al Dossari, dans une lettre adressée à son avocat.
Jumah al Dossari, un ressortissant du Bahreïn, a été capturé au Pakistan à la fin de l'année 2001. Il a été transféré à Kandahar (Afghanistan) avant d'être envoyé à Guantánamo en janvier 2002. Il affirme avoir été torturé en détention. Il aurait notamment été passé à tabac, menacé de mort, soumis à de longues périodes d'isolement et exposé à des températures extrêmement basses. Selon certaines sources, Jumah al Dossari a attenté à ses jours à au moins 12 reprises depuis son placement en détention. En novembre 2005, il a déclaré à son avocat qu'il voulait se tuer pour faire savoir au monde entier que les conditions de détention à Guantánamo étaient intolérables. |
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«Des soldats m'ont emmené et m'ont mis par terre […]. J'avais les pieds et les mains liés. […] un autre mettait son genou sur ma figure. Il m'a frappé.» Mustafa Ait Idir décrivant les mauvais traitements à Guantánamo.
Mustafa Ait Idir est un ressortissant de la Bosnie-Herzégovine. Lui et cinq autres hommes originaires d'Algérie ont été arrêtés en octobre 2001 par la police de Bosnie-Herzégovine. Ces hommes ont été libérés en janvier 2002, puis immédiatement réarrêtés et remis aux autorités américaines. Selon des informations obtenues dans le cadre d'un procès qui s'est tenu devant un tribunal des États-Unis, en avril 2005, des gardiens ont enfoncé la tête de Mustafa Ait Idir dans les toilettes et actionné la chasse d'eau à plusieurs reprises. Mustafa Ait Idir a également déclaré qu'on l'avait contraint à s'allonger sur le sol et que des hommes lui avaient sauté sur le dos. |
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«Les contacts avec lui ont brusquement été rompus […] Quand on essayait de l'appeler, son téléphone portable sonnait mais il ne répondait pas.» Le frère d'Abdulsalam al Hela parlant de la « disparition » de ce dernier.
Abdulsalam al Hela a été victime des « restitutions » pratiquées par les États-Unis. Cet homme d'affaires yéménite a disparu lors d'un voyage en Égypte. Des représentants du gouvernement ont affirmé à ses proches qu'il avait quitté l'Égypte sur un avion spécial en partance pour l'Azerbaïdjan. Ses proches sont restés sans nouvelle de lui pendant un an, avant de recevoir une lettre qu'il avait écrite depuis une prison afghane. On estime qu'il a été détenu pendant plus de trois mois dans la «Prison des ténèbres», en Afghanistan, où il aurait subi des tortures. On l'aurait interrogé après l'avoir contraint à se déshabiller complètement, et suspendu à un plafond, entre autres sévices. En septembre 2004, il a été transféré à Guantánamo. |
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«Par leur dévouement et leur gentillesse, les gens qui nous ont soutenus nous ont redonné espoir en l'humanité. Nous leur serons éternellement reconnaissants pour cela.» La sœur d'Omar Deghayes.
Omar Deghayes, de nationalité libyenne, résidait au Royaume-Uni, où il avait obtenu l'asile diplomatique. Il a été arrêté au Pakistan en avril 2002 et transféré à Guantánamo via l'Afghanistan. À Guantánamo, il aurait été maintenu en détention à l'isolement pendant plus de huit mois. Il n'a avec sa famille que des contacts très limités, et ses lettres sont en général lourdement censurées. Lorsque Omar Deghayes a vu son fils pour la dernière fois, celui-ci n'était qu'un bébé. Maintenant, cet enfant est âgé de quatre ans. |
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«Je souhaite retourner au Soudan pour reprendre ma vie normale avec ma chère famille.» Sami al Hajj
Sami al Hajj est soudanais. Journaliste de profession, il travaillait pour la chaîne de télévision Al Jazeera. On pense qu'il a été arrêté alors qu'il couvrait le conflit international en Afghanistan. Il a été détenu pendant seize jours à Bagram. Durant cette période, il affirme avoir été torturé. Des chiens auraient même été lâchés contre lui. Cet homme a ensuite été détenu à Kandahar avant d'être transféré à Guantánamo, le 13 juin 2002. Sami al Hajj aurait souffert de diverses pathologies qui, selon son avocat, n'ont pas fait l'objet d'un traitement adéquat à Guantánamo. |
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«Ici, je suis devenu un vieil homme. Je n'ai que vingt-neuf ans, mais après quatre ans de régime d'isolement cellulaire, je suis devenu vieux et beaucoup plus faible.» Fawzi al Odah
Fawzi al Odah, un ressortissant koweïtien, a été capturé au Pakistan en janvier 2002. Il a d'abord été détenu dans une prison de Kohat, au Pakistan, puis remis aux autorités américaines qui l'ont gardé à Kandahar, où il affirme avoir été torturé. Cet homme a ensuite été transféré à Guantánamo en mai 2002. Il est l'un des quatre Koweïtiens qui restent emprisonnés dans ce centre. Fawzi al Odah a participé à la grève de la faim de 2005. Il raconte qu'on l'a alimenté de force à l'aide d'une sonde nasale alors qu'il était enchaîné. Par ailleurs, il aurait souvent été exposé à des bruits assourdissants et à des traitements brutaux par les gardiens et les infirmières. |
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«Lorsque le pouvoir exécutif lance des poursuites contre M. Hamdan et tente de le faire condamner au pénal, il doit respecter la primauté du droit de cette juridiction.» Un juge de la Cour suprême des États-Unis. Affaire Hamdan c. Rumsfeld (traduction non officielle).
Salim Ahmed Hamdan, un ressortissant yéménite, a été capturé en Afghanistan en novembre 2001. Alors qu'il se trouvait en détention sous la responsabilité des États-Unis, il aurait été entravé pendant trois jours, traîné sur le sol et battu de diverses manières. En 2003, après avoir été désigné pour être jugé par une commission militaire, il a été placé en détention à l'isolement pendant près d'un an, à Guantánamo. Salim Ahmed Hamdan a été inculpé de complot en vue de commettre des actes «susceptibles d'être jugés par une commission militaire», comme l'«attaque de civils» ou des actes «terroristes». En juin 2006, la Cour suprême des États-Unis a cependant conclu que les commissions militaires étaient illégales. |
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«Ta vie est entre mes mains.» Un interrogateur de Guantánamo à Omar Khadr.
Omar Khadr est un ressortissant canadien. Il a été placé en détention sous contrôle américain lorsqu'il avait quinze ans. Il a été capturé par des soldats américains en juillet 2002 après avoir été blessé au cours d'affrontements près de Khost, en Afghanistan. Au moment de sa capture, on a tiré sur lui à trois reprises et il semble qu'il ait presque perdu l'usage d'un œil. En octobre 2002, il a été transféré à Guantánamo. Omar Khadr a été battu, placé en isolement et soumis à des interrogatoires fréquents. Selon ses dires, on l'a également menacé de le transférer vers d'autres pays afin qu'il y soit torturé. |
Pour en savoir plus sur ces personnes et sur d'autres détenus de Guantánamo,
veuillez consulter le site web.amnesty.org/pages/guantanamobay-index-fra.
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