Document - USA: Further information: Mentally ill man executed in Florida: John Ferguson

États-Unis. Exécution d’un homme souffrant d’une pathologie mentale en Floride

Informations complémentaires sur l’AU195/13, AMR 51/057/2013 – États-Unis 6 août 2013

ACTION URGENTE

ÉTATS-UNIS. EXÉCUTION D’UN HOMME SOUFFRANT D’UNE PATHOLOGIE MENTALE EN FLORIDE

John Ferguson, un homme de 65 ans atteint depuis des décennies d’une grave pathologie mentale, a été exécuté par l’État de Floride (États-Unis) le 5 août. Il était dans le quartier des condamnés à mort depuis 35 ans.

Le fait d’exécuter un prisonnier qui ne comprend pas de manière rationnelle le motif ni la réalité de son châtiment, c’est-à-dire qui n’est pas « apte » à être mis à mort, enfreint la Constitution américaine. En réalité, cette norme n’offre qu’une protection limitée et n’a pas permis d’empêcher l’exécution de nombreux prisonniers présentant des pathologies mentales graves.

Selon ses avocats, John Ferguson pensait qu’après son exécution son corps sortirait de sa tombe et reviendrait à la vie. Il croyait qu’il serait ensuite « assis à la droite de Dieu » et sauverait les États-Unis d’un complot communiste. Le 25 juillet, ses avocats ont formé un recours auprès de la Cour suprême fédérale afin d’obtenir un sursis à l’exécution qui, de leur point de vue, aurait été anticonstitutionnelle. Ils invoquaient le fait que John Ferguson était « un schizophrène qui, dans son délire, [était] persuadé d’être le “prince de Dieu” et [avait] la conviction inébranlable qu’il allait être tué non pas parce qu’il avait commis des meurtres mais parce que l’État [voulait] l’empêcher de s’élever et de s’asseoir à la droite de Dieu ».

Le 5 août, la Cour suprême américaine a décidé de ne pas intervenir. Juste avant d’être exécuté par injection létale, John Ferguson aurait déclaré : « Je veux juste que tout le monde sache que je suis le prince de Dieu et que je m’élèverai de nouveau. » Son décès a été prononcé à 18 h 17 heure locale, soit environ 15 minutes après l’injection.

En 1978, après deux procès distincts mais présidés par le même juge, John Ferguson avait été déclaré coupable de huit meurtres, qui avaient été commis en 1977 et 1978 dans les environs de Miami. Il avait été condamné à huit fois la peine capitale pour les homicides de Livingstone Stocker, Michael Miller, Henry Clayton, John Holmes, Gilbert Williams, Charles Stinson, Belinda Worley et Brian Glenfeldt. La Cour suprême de Floride avait renvoyé l’affaire pour qu’elle soit rejugée, après avoir déterminé que des erreurs judiciaires avaient entaché la phase de détermination de la peine lors des deux procès. Le premier juge ayant pris sa retraite, un autre magistrat avait de nouveau prononcé huit condamnations à mort, sans même convoquer d’audience.

John Ferguson était atteint de graves pathologies mentales antérieures aux crimes. Il avait signalé pour la première fois des hallucinations visuelles en 1965, à l’âge de 17 ans ; il avait ensuite été établi qu’il souffrait de schizophrénie paranoïde en 1971, diagnostic confirmé une dizaine d’autres fois au cours des années de procédure. En 1975, un psychiatre désigné par le tribunal avait conclu que la grave pathologie mentale dont souffrait John Ferguson faisait de lui une personne dangereuse et, par conséquent, que cet homme « ne devrait en aucun cas sortir » d’un hôpital psychiatrique à sécurité maximale. Il a pourtant été autorisé à quitter l'hôpital. Trois ans plus tard, il se trouvait dans le couloir de la mort. Des médecins, dont plusieurs travaillant en prison, n’ont cessé de confirmer ensuite que cet homme souffrait d’une grave pathologie mentale. En 1991, par exemple, la direction de la prison a indiqué qu’il souffrait de « schizophrénie chronique, de type paranoïde », et ce « depuis de nombreuses années, probablement depuis 1971 » ; elle a ajouté que « sa capacité actuelle à aider son avocat dans le cadre de procédures judiciaires [était] discutable dans le meilleur des cas ».

Depuis le début de l’année 2013, 23 personnes ont été exécutées aux États-Unis, dont quatre en Floride. L’exécution de John Ferguson porte à 1 343 – dont 78 en Floride – le nombre de personnes mises à mort par les autorités de ce pays depuis 1977.

Pour en savoir plus sur cet aspect de la peine capitale aux États-Unis, veuillez consulter les documents USA: The execution of mentally ill offenders (31 janvier 2006, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/003/2006/en, en anglais) et USA: Supreme Court tightens standard on ‘competence’ for execution (29 juin 2007, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/114/2007/en, en anglais).

Aucune action complémentaire n’est requise de la part des membres du réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

Ceci est la première mise à jour de l’AU 195/13. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/AMR51/055/2013/fr.

Nom : John Ferguson

Homme

Informations complémentaires sur l’AU 195/13, AMR 51/057/2013, 6 août 2013

image1.png

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE