Document - USA: Albert Woodfox of the ‘Angola 3’ back in federal court

États-Unis. Nouvelle audience devant une cour fédérale dans l'affaire Albert Woodfox, l'un des « Trois d'Angola »

AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE

Index AI : AMR 51/037/2012

AILRC-FR

24 mai 2012

États-Unis. Nouvelle audience devant une cour fédérale dans l'affaire Albert Woodfox, l'un des « Trois d'Angola »

La cour fédérale de Baton Rouge (Louisiane) doit tenir à compter du 29 mai 2012 une audience d'examen des éléments de preuve dans le cadre d'une plainte pour discrimination raciale dans le choix d'un président du jury avant le second procès d'Albert Woodfox, en 1998. Il est prévu que l'audience dure trois jours.

Si la cour conclut à la discrimination, la condamnation d'Albert Woodfox pourrait être invalidée pour la troisième fois. Cela pourrait conduire à la remise en liberté de ce prisonnier détenu à l'isolement depuis 40 ans.

Albert Woodfox et un autre détenu, Herman Wallace, ont été condamnés en 1973 pour le meurtre d'un gardien de prison en 1972. Les deux hommes ont nié catégoriquement toute implication dans le crime. La condamnation d'Albert Woodfox a été annulée en 1992. Il a toutefois été renvoyé devant la justice, et condamné de nouveau à l'issue de son second procès, en 1998.

En 2008, un juge fédéral de district a conclu qu'Albert Woodfox avait été privé de son droit de bénéficier de l'assistance adéquate d'un avocat lors de son procès de 1998. Il a ordonné à l'État de le juger de nouveau ou bien de le remettre en liberté. La cour fédérale de district a par ailleurs estimé que, les avocats d'Albert Woodfox ayant soulevé une présomption de discrimination dans le choix du président du jury, une audience sur l'examen de la preuve devait se tenir afin que l'État ait la possibilité de réfuter ces allégations.

L'État a fait appel de la décision de la cour fédérale de district ordonnant un nouveau procès. Celle-ci a été infirmée en juin 2010 par la cour fédérale d'appel du 5e circuit, siégeant en formation collégiale de trois juges. L'affaire a été renvoyée devant la cour fédérale de district pour une audience sur l'examen des preuves concernant la question de la discrimination dans le choix du président du jury. C'est cette audience qui doit s'ouvrir prochainement.

Le président du grand jury qui a renvoyé Albert Woodfox devant la justice pour un nouveau procès en 1998 était blanc. Les avocats d'Albert Woodfox ont présenté des éléments montrant que les Afro-Américains étaient systématiquement sous-représentés en tant que présidents de jury, compte tenu de la proportion d'Afro-Américains dans l'ensemble de la population de la paroisse dans laquelle Albert Woodfox, lui-même afro-américain, a été jugé.

La question de la discrimination dans le choix du président du grand jury est très importante, estime Amnesty International. Le droit de bénéficier d'un procès, en toute égalité et sans discrimination, devant un tribunal compétent, indépendant et impartial, est la pierre angulaire des droits de la défense. Il implique que la justice ne doit pas seulement être rendue, mais qu'elle doit aussi être rendue de manière exemplaire. Pour que la justice soit respectée, il est fondamental que l'impartialité existe sur le fond, mais aussi sur la forme.

L'organisation va continuer de suivre cette affaire.

Le 17 avril, Amnesty International a remis au gouverneur de Louisiane une pétition signée par plus de 67 000 personnes de 125 pays et demandant qu'il soit mis fin à la détention à l'isolement d'Albert Woodfox et de Hermann Wallace. Cela fait presque 40 ans que les deux hommes sont placés à l'isolement cellulaire dans le pénitencier d'État de Louisiane, connu sous le nom de prison d'Angola.

Pour en savoir plus et passer à l'action, rendez-vous sur

http://www.amnesty.org/fr/node/32267

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