Document - Honduras: Two Honduran activists receive death threat

Honduras. Deux militants menacés de mort

AU 66/12, AMR 37/003/2012 – Honduras 27 février 2012 Date: 14 January 2011

ACTION URGENTE

HONDURAS. DEUX MILITANTS MENACÉS DE MORT

Deux défenseurs des droits humains de la région du Bas-Aguán, au Honduras, ont été menacés de mort le 22 février.

Wilfredo Paz est le porte-parole de l'Observatoire permanent des droits humains de l'Aguán, un groupe qui repère les violations des droits humains commises dans la région. Il appartient également au Front national de résistance populaire (FNRP). Juan Chinchilla est un militant du Mouvement unifié des pays de l'Aguán (MUCA), qui défend les droits fonciers des paysans dans le cadre des conflits de propriété actuels. L'Observatoire et le MUCA travaillent ensemble sur un certain nombre d'initiatives et ont tous les deux participé à l'organisation de la réunion internationale de solidarité avec l'Aguán, qui s'est tenue du 17 au 20 février. Cet événement a fortement attiré l'attention des médias sur la situation des droits humains dans l'Aguán.

Le 22 février au matin, Wildredo Paz a reçu par texto la menace suivante, adressée à Juan Chinchilla : « Vous savez lire correctement ? Juan Chinchilla. Votre nom est sur la liste, on veut votre tête. Vous êtes en train de faire des choses que vous ne devriez pas faire, mais on va vous chercher comme vous cherchez le socialisme. » Bien que le nom de Wilfredo Paz n'ait pas été cité dans le message, il se sent aussi visé parce que le texto a été envoyé sur son téléphone et qu'il a déjà reçu des menaces par le passé. Ni Wilfredo Paz ni Juan Chinchilla n'ont signalé la menace du fait d'un profond manque de confiance dans les autorités, qui n'a fait que s'accentuer ces derniers mois en raison des expulsions forcées, des placements en détention arbitraires et du harcèlement de défenseurs des droits humains imputables à la police.

Wilfredo Paz fait l'objet de mesures conservatoires ordonnées en 2009 par la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui craignait pour sa sécurité. Ces mesures garantissent qu'il bénéficie d'une protection adaptée et conforme à ses souhaits. Les autorités n'ont cependant rien fait pour les appliquer. Juan Chinchilla a été enlevé en janvier 2011 par des inconnus et maltraité avant de parvenir à s'échapper. Les faits ont été immédiatement signalés aux autorités mais, pour l'instant, personne n'a été tenu de rendre de comptes.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

demandez qu'une enquête indépendante, minutieuse et impartiale soit menée sur les menaces visant Wilfredo Paz et Juan Chinchilla, que les conclusions en soient rendues publiques et que les responsables présumés soient traduits en justice ;

exhortez les autorités à prendre immédiatement des mesures afin de protéger efficacement ces deux hommes, dans le respect de leurs souhaits.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 9 AVRIL 2012 À :

Procureur général

Sr. Luis Alberto Rubí

Fiscal General de la República

Lomas del Guijarro, Avenida República Dominicana, Edificio Lomas Plaza II

Tegucigalpa, Honduras

Fax : +504 2221 5667

Formule d ' appel : Sr. Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

Ministre de la Justice et des Droits humains

Ana Pineda

Ministra de Justicia y Derechos Humanos

Col. Lomas del Mayab,

Ave. República de Costa Rica,

Entre BAC-BAMER y BANHCAFE

Tegucigalpa MDC, Honduras

Courriel : info@sjdh.gob.hn

Formule d ' appel : Estimada Sra. Ministra, / Madame la Ministre,

Copies à :

ONG

Observatorio Permanente Internacional de Derechos Humanos en el Aguán

Courriel : oaporlavida@yahoo.es

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Honduras dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

HONDURAS. DEUX MILITANTS MENACÉS DE MORT

COMPLÉMENT D ' INFORMATION

La région du Bas-Aguán est au cœur d'une série de conflits fonciers opposant des communautés paysannes à plusieurs entreprises et propriétaires terriens privés, différends qui ont donné lieu à de violents affrontements. Depuis 2011, un grand nombre de militaires ont été déployés dans la région de l'Aguán pour empêcher d'éventuels troubles. Des organisations paysannes ont signalé à maintes reprises qu'elles avaient été prises pour cible par des agents de sécurité privés et des militaires. Des expulsions forcées ont été réalisées par les forces de sécurité. Amnesty International a notamment publié une action urgente à la suite de l'expulsion forcée de la communauté de Rigores, en juin 2011 (AMR 37/006/2011, http://amnesty.org/fr/library/info/AMR37/006/2011/fr).

Le gouvernement hondurien et des organisations paysannes, dont le MUCA, ont entamé des pourparlers afin de résoudre le conflit. Il s'agirait de vendre les terrains en question, qui appartiennent à un propriétaire privé, à ces organisations par l'entremise de l'État. En février, un accord provisoire relatif à la propriété foncière a été trouvé avec certaines communautés seulement. Malgré les négociations engagées ces derniers mois, des organisations de défense des droits humains et des militants de la région signalent des actes de harcèlement et des manœuvres d'intimidation visant des membres de communautés locales, hommes et femmes, ainsi que des homicides illégaux.

Noms : Juan Chinchilla, Wilfredo Paz

Genre : hommes

AU 66/12, AMR 37/003/2012, 27 février 2012

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE