Document - Colombia: Death threat against hunan rights defenders

Colombie. Menaces de mort contre des défenseurs des droits humains

AU 175/13, AMR 23/029/2013 – Colombie 9 juillet 2013

ACTION URGENTE MENACES DE MORT CONTRE DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS Alors qu'ils participaient à un rassemblement dans la commune de La Macarena (centre de la Colombie), Diego Martínez et Jeison Paba, défenseurs colombiens des droits humains, ont reçu un courriel dans lequel on menaçait de les tuer, leurs familles et eux. Le 6 juillet, Diego Martínez et Jeison Paba ont reçu un courriel anonyme, dans lequel était proférée la menace suivante : « Nous avons décidé de vous considérer comme des objectifs militaires, de mettre fin à vos activités terroristes et criminelles ; sous couvert de défendre les droits humains, vous n'êtes rien d'autre que des [guérilléros ]. » Le message précisait que cet avertissement était valable non seulement pour eux mais aussi pour leurs familles, et que celles-ci n'étaient pas en sécurité. Diego Martínez est le secrétaire exécutif du Comité permanent pour la défense des droits humains (CPDH), où Jeison Paba travaille en tant qu'avocat. Ils participaient au Rassemblement international de la jeunesse pour la paix dans la commune de La Macarena (département du Meta) lorsqu'ils ont reçu le courriel de menace. À l'occasion de cette manifestation, organisée dans une zone extrêmement militarisée, le CPDH et d'autres organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains ont proposé de lancer une campagne contre le renforcement du système judiciaire militaire, qui contribue à garantir l'impunité à de nombreux agents des forces de sécurité impliqués dans des violations des droits humains. Par ailleurs, le CPDH représente les personnes détenues à la suite de plusieurs vagues d'arrestations et a demandé que des poursuites disciplinaires soient engagées à l'encontre d'un policier haut gradé.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :  appelez les autorités à reconnaître publiquement que Diego Martínez et Jeison Paba sont des défenseurs des droits humains, qui mènent des activités légitimes, essentielles et pertinentes, et à condamner les menaces de mort proférées à l'encontre de ces hommes et de leurs familles ;  exhortez-les à assurer la sécurité de ces personnes, dans le strict respect de leurs souhaits ;  engagez-les à diligenter une enquête exhaustive et impartiale sur les menaces de mort adressées aux deux membres du CPDH cités et à leurs familles, à en rendre les conclusions publiques et à traduire en justice les responsables présumés des faits visés ;  rappelez-leur qu'elles doivent respecter leurs obligations vis-à-vis de la situation des défenseurs des droits humains, conformément à la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'homme.

VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 20 AOÛT 2013 À : Président de la République Presidente Juan Manuel Santos Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26 Bogotá, Colombie Fax : +57 1 596 0631 Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente Santos, / Monsieur le Président,

Procureur général Eduardo Montealegre Fiscalía General de la Nación Diagonal 22B No. 52-01 (Ciudad Salitre) Bloque C Piso 4 Bogotá, Colombie Fax : +57 1 570 2000 (composez le 2023 quand vous tombez sur le répondeur) Formule d'appel : Estimado Sr. Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

Copies à : ONG CPDH Carrera 6 No 12-21 Bogotá Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse(s) à compléter) : Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE MENACES DE MORT CONTRE DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

COMPLÉMENT D'INFORMATION Depuis le début du conflit armé qui déchire de longue date la Colombie, les forces de sécurité et les paramilitaires accusent souvent des membres d'organisations de défense des droits humains, de syndicats et d'autres organisations à vocation sociale de collaborer ou de sympathiser avec la guérilla. Ces derniers sont donc souvent victimes d'homicides, de menaces ou de disparitions forcées. Des défenseurs des droits humains ont également été menacés, et parfois tués, par des groupes de guérilleros qui les accusaient de collaborer avec l'ennemi.

Le CPDH est une ONG fondée en 1979, à la suite du premier forum national sur les droits humains. Son siège se trouve à Bogotá, la capitale, mais il dispose de 15 autres bureaux dans différentes régions de Colombie. Selon le CPDH, 54 de ses membres de premier plan ont été tués. L'organisation considère que ces homicides relèvent d'une tentative de la réduire au silence et de l'empêcher de dénoncer les atteintes que les institutions font subir à la population civile dans le contexte du conflit armé. Des membres du CPDH sont toujours victimes de menaces, de harcèlement ou de manœuvres d'intimidation.

Jeison Paba est l'avocat des paysans de l'exploitation de La Europa (département de Sucre). En mars 2013, ces derniers ont réclamé officiellement la restitution de leurs terres. Depuis juin 2012, Jeison Paba a reçu cinq menaces de mort de la part de paramilitaires, notamment de l'Armée anti-restitution. Le 16 janvier 2013, un inconnu a téléphoné au CPDH. Il a affirmé que la « tête » de Jeison Paba était mise à prix. Ces deux dernières années, Amnesty International a reçu de nombreuses informations indiquant que des personnes, ainsi que des défenseurs des droits humains qui travaillaient auprès d'elles, avaient été menacées ou tuées alors qu'elles réclamaient la restitution des terres qu'elles avaient perdues à la suite de violations des droits humains et d'autres atteintes. Diego Martínez, également membre du CPDH, a déjà été menacé aussi par le passé. Des personnes surveillaient le Rassemblement international de la jeunesse pour la paix. Les organisateurs l'ont signalé aux autorités mais il semble qu'aucune mesure n'ait été prise pour identifier les personnes en question ni pour établir la raison de leur présence.

Des ONG de défense des droits humains et des représentants de communautés paysannes ont condamné les exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité à La Macarena (département du Meta). De nombreuses victimes d'exécutions extrajudiciaires perpétrées ces dernières années seraient enterrées dans le cimetière de la commune. Depuis de nombreuses années, le système judiciaire militaire garantit l'impunité aux agents des forces de sécurité impliqués dans des violations des droits humains.

En juin 2013, le Congrès colombien a approuvé une loi adoptée en décembre 2012, qui autorise une réforme constitutionnelle renforçant la justice militaire. On craint que cette loi n'enracine plus encore l'impunité dont bénéficient les forces de sécurité colombiennes pour les violations des droits humains et du droit international humanitaire ( pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/en/news/colombia-congress-should-reject-law-reforming-militaryjustice-system-2013-06-12, en anglais).

Noms : Diego Martínez (h), Jeison Paba (h) et leurs familles Hommes et femmes

AU 175/13, AMR 23/029/2013, 9 juillet 2013

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