Document - Colombia: Afro-descendent community at risk


AU 185/10, AMR 23/027/2010 – Colombie 23 août 2010


ACTION URGENTE

UNE COMMUNAUTÉ AFRO-COLOMBIENNE EN DANGER

Un membre d'une communauté afro-colombienne a été soumis à une disparition forcée, et peut-être tué, par des paramilitaires. Le reste de sa communauté court un grand danger.

Jhon Jairo Palacios, membre d'une communauté afro-colombienne du bassin du fleuve Cacarica (nord-est de la Colombie), a été enlevé après avoir quitté son domicile dans la région de Barranquilla pour prendre un bateau jusqu'à la municipalité de Riosucio, dans le département du Chocó. Le 30 juillet, il a téléphoné à sa famille pour l'informer qu'il serait de retour dans le bassin du fleuve Cacarica le lendemain matin. Ce jour-là, ses proches l'ont appelé sur son téléphone portable. Un homme a répondu. Il s'est présenté comme un membre d'un groupe paramilitaire présent dans la région et leur a déclaré : « Dites à sa famille qu'il est déjà mort. »Ses proches ont demandé où se trouvait son corps, et l'homme leur a seulement indiqué qu'il avait été enlevé à Riosucio et emmené loin de là.Le 9 août, des sources proches des paramilitaires ont affirmé que ces derniers avaient tué Jhon Jairo Palacios.

La disparition forcée et le probable meurtre de Jhon Jairo Palacios ont eu lieu quelques jours avant l'attribution d'un contrat pour la construction d'une grande route dans la région. Les communautés du bassin du fleuve Cacarica s'étant opposées à ce projet, il est à craindre que cette disparition forcée n'ait eu pour but de les faire taire.

Les paramilitaires sont toujours très présents dans cette région, malgré la forte présence des forces armées.Auparavant soutenus par l'armée, ils sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d'un programme lancé par le gouvernement précédent du présidentÁlvaro Uribe, mais ils sont restés sur place. Depuis quelques années, Amnesty International reçoit des informations faisant état d'une présence régulière des paramilitaires à La Honda et Tumaradó, où ils arrêtent et fouillent les personnes qui se rendent dans le bassin du fleuve Cacarica. Au cours des derniers jours, leur présence a encore été signalée près de ces deux villes.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

  • exhortez les autorités à faire tout le nécessaire pour déterminer où se trouve Jhon Jairo Palacios et, s'il est encore vivant, pour garantir sa sécurité, et priez-les instamment de diligenter une enquête exhaustive et impartiale sur sa disparition forcée, d'en publier les conclusions et de déférer les responsables présumés à la justice ;

  • engagez-les à garantir la sécurité de la population afro-colombienne du bassin du fleuve Cacarica en prenant toutes les mesures jugées appropriées par celle-ci ;

  • demandez-leur instamment de prendre sans délai des mesures afin de démanteler les groupes paramilitaires, comme le gouvernement s'y est engagé et conformément aux recommandations des Nations unies et d'autres organisations intergouvernementales.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 4 OCTOBRE 2010 À :

Président de la République :

Señor Presidente Juan Manuel Santos

Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No. 7-26, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 337 5890

Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente Santos, / Monsieur le Président,


Ministre des Affaires étrangères :

Sra. Angela María Holguín

Ministerio de Relaciones Exteriores

Calle 10 No. 5-51, Palacio de San Carlos, Bogotá, Colombie

Fax : +571 562 7822/ 571 562 7836

Formule d'appel :

Estimada Sra. Ministra, / Madame la Ministre,


Copies à :

Organisation de défense des droits humains :

Comisión Intereclesial de Justicia y Paz

Calle 61A, No. 17-26 (Chapinero), Bogotá, Colombie




Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.



ACTION URGENTE

UNE COMMUNAUTÉ AFRO-COLOMBIENNE EN DANGER

INFORMATIONS GÉNÉRALES

En février 1997, plus de 3 000 membres des communautés afro-colombiennes du bassin du fleuve Cacarica ont été déplacés de force au cours d'une opération de grande envergure menée conjointement par l'armée et les paramilitaires. Face aux menaces de mort et homicides répétés par les paramilitaires, nombre de ces personnes sont retournées sur leurs terres en 2000 et 2001. Ces communautés ont insisté sur leur droit, en tant que populations civiles, de rester en dehors du conflit, et elles ont demandé que les combattants, qu'ils fassent partie des forcées armées, de leurs alliés paramilitaires ou des mouvements de guérilla, ne pénètrent pas dans leurs « zones humanitaires ». Cela leur a valu de multiples menaces de mort et autres atteintes aux droits humains. L'immense majorité de ces actes ont été commis par des paramilitaires. Les guérilleros présents dans le département du Chocó ont également tué ou menacé des civils qu'ils accusaient de collaborer avec leurs ennemis.


Le bassin du fleuve Cacarica est une région visée par un vaste projet routier. Jhon Jairo Palacios a fait l'objet d'une disparition forcée peu avant que le contrat pour la construction d'une route ne soit attribué à un consortium. D'autres personnes risquent d'être victimes d'homicides visant à réduire au silence toute opposition locale à ce projet.



AU 185/10, AMR 23/027/2010, 23 août 2010


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