Document - Colombia: Human rights defenders threatened

Colombie. Des défenseurs des droits humains menacés

AU 229/11, AMR 23/024/11 – Colombie 25 juillet 2011 25 juillet 2011

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACÉS

José Santos Caicedo et Armando Caracas Carabalí, dirigeants du Processus des communautés noires (PCN), et Aní bal Vega, représentant juridique du conseil communautaire de La Toma , dans la municipalité de Suá rez en Colombie, ont reçu des menaces de mort. Amnesty International pense qu ' ils sont en danger.

Le 15 juillet, José Santos Caicedo et Armando Caracas Carabalí, dirigeants du Processus des communautés noires (PCN), ont chacun reçu un SMS dont le contenu était : « Tu sais que tout a un prix, mais pour toi ce prix c'est ton sang. » Armando Caracas Carabalí fait par ailleurs l'objet de menaces téléphoniques depuis le 7 juillet. Le PCN est un collectif rassemblant des organisations afro-colombiennes locales qui cherchent à défendre les droits territoriaux, culturels et fondamentaux des Afro-Colombiens.

An íbal Vega, le représentant juridique du conseil communautaire de La Toma, dans la municipalité de Suárez (département du Cauca), a été menacé par téléphone le 15 juillet : « … vous êtes ceux du conseil communautaire, ceux qui s'opposent à ce que les machines travaillent dans la rivière Ovejas. Il faut se débarrasser des cailloux sur le chemin pour éviter qu'ils gênent. »

Deux jours avant ces menaces, 60 responsables du conseil communautaire de La Toma ont rencontré les propriétaires des terres sur lesquelles se trouvent depuis juin quatre bulldozers creusant pour extraire de l'or. Ils avaient également planifié une réunion avec les propriétaires des bulldozers. Les communautés afro-colombiennes de la municipalité de Suárez s'opposent au développement d'activités d'extraction d'or industrielles financées par des investisseurs extérieurs, car elles considèrent que cela aurait des répercussions négatives sur leurs moyens de subsistance et leur façon de vivre. Les membres du PCN et du conseil communautaire de La Toma font campagne contre la présence des bulldozers dans la localité. Ils ont par le passé bloqué deux bulldozers qui se trouvaient dans la région depuis mai 2011.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

priez instamment les autorités d'assurer la sécurité de José Santos Caicedo, Armando Caracas Carabalí, Aníbal Vega et des autres membres du PCN et de la communauté de La Toma menacés en prenant des mesures jugées adéquates par ces personnes ;

appelez-les à diligenter une enquête exhaustive et impartiale sur les menaces de mort adressées aux membres du conseil communautaire de La Toma et du PCN, à rendre publiques les conclusions de ces investigations et à traduire en justice les responsables présumés ;

rappelez-leur que le fait de prendre des mesures garantissant à la communauté afro-colombienne de La Toma le droit à la consultation et le droit à un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, est conforme à la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail de 1989 relative aux peuples indigènes et tribaux, ainsi qu'à la jurisprudence colombienne ;

rappelez-leur qu'elles doivent s'acquitter de leur obligation de protéger les défenseurs des droits humains, comme l'indique la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'homme.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 5 SEPTEMBRE 2011 À :

Président de la République

Señor Juan Manuel Santos

Presidente de la República

Palacio de Nariño

Carrera 8 No.7-26, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631

Formule d ' appel : Excmo. Sr. Presidente Santos , / Monsieur le Président,

Procureure générale

Señora Viviane Morales

Fiscal General de la Nación

Diagonal 22B (Av. Luis Carlos Galán No. 52-01), Bloque C

Piso 4, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 570 2091

Formule d ' appel : Estimada Sra. Fiscal General , / Madame la Procureure générale,

Copies à :

ONG

Procesos de Comunidades Negras (PCN)

Calle 23 Número 5-85 of. 307

Bogotá

Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse/s à compléter) :

Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACÉS

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Ces dernières années, des menaces de morts ont été adressées à plusieurs reprises à des communautés afro-colombiennes ou indigènes vivant dans les départements du Cauca et du Valle del Cauca et opposées au développement de projets économiques de grande envergure, notamment en matière d'exploitation aurifère.

La Toma est une communauté afro-colombienne de la municipalité de Suárez, dans le département du Cauca. L'extraction d'or à petite échelle est la principale source de revenus d'environ 1 300 familles appartenant à cette communauté. Les militants communautaires représentant les habitants afro-colombiens de La Toma se sont plaints du fait que les autorités aient donné à des sociétés l'autorisation d'exploiter des minerais sur les terres revendiquées par la communauté sans le consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, de la population. Au cours de ces dernières années, des membres de communautés ont fait l'objet de menaces répétées, à mesure qu'ils se sont opposés au développement sur leurs terres de l'extraction de l'or à l'échelle industrielle, notamment par des entreprises multinationales. Dans sa décision n° 005 du 29 janvier 2009, la Cour constitutionnelle de Colombie a souligné le fait que les populations afro-colombiennes possèdent le droit, reconnu par la Constitution, à la propriété collective de leurs terres ancestrales ainsi que le droit à un consentement préalable concernant les projets économiques, y compris les projets miniers susceptibles d'avoir des conséquences importantes sur leurs droits sociaux, économiques et culturels.

Des membres du Processus des communautés noires (PCN) ont été menacés à plusieurs reprises en raison de leur travail. José Santos, qui est chargé des droits fondamentaux, des alertes et de l'accompagnement des communautés menacées, est l'un des membres les plus exposés du PCN dans le nord du département du Cauca. Armando Caracas Carabalí travaille avec les communautés vivant dans les municipalités de Suárez et de Buenos Aires, y compris celle de La Toma. Ces dernières années, des membres de communautés indigènes ou afro-colombiennes qui s'opposaient à l'exploitation à grande échelle des gisements d'or de Suárez, Buenos Aires et d'autres municipalités des départements du Cauca et du Valle del Cauca ont été victimes d'homicides ou ont reçu de nombreuses menaces de mort adressées par des paramilitaires.

Noms : José Santos Caicedo, Armando Caracas Carabalí et Aníbal Vega

Genre : hommes

AU 229/11, AMR 23/024/2011, 25 juillet 2011

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