Document - Colombia: Human rights group threatened in Colombia


AU 103/10, AMR 23/016/2010 – Colombie 4 mai 2010


ACTION URGENTE

COLOMBIE. UN GROUPE DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS MENACÉ

Les membres de la branche colombienne de l'ONG de défense des droits humains Commission Justice et paix, et en particulier le prêtre Javier Giraldo, sont en danger après l'apparition de messages de menace sur les murs de Bogotá, la capitale de la Colombie.

Le 22 avril au matin, les habitants de Bogotá ont découvert que des messages de menace avaient été inscrits sur de nombreux murs du centre-ville. Certains de ces graffitis accusaient les membres de la Commission Justice et paix (appelée Comisión Intereclesial Justicia y Paz en Colombie) d'être des terroristes ; d'autres faisaient explicitement référence à Javier Giraldo, un prêtre jésuite membre de cette ONG, et réclamaient sa mort. Une partie des messages disait : « Contre le prêtre marxiste – action nationale ». Ces messages pourraient faire allusion soit à Javier Giraldo, soit à un autre prêtre, Alberto Franco, qui est aussi l'avocat qui représente la Commission Justice et paix. Ces deux hommes sont des défenseurs des droits humains très connus en Colombie. Javier Giraldo gère également une base de données rassemblant des informations sur les violations des droits humains signalées dans tout le pays.

La Commission Justice et paix de Colombie reçoit des menaces de mort depuis plusieurs années. Au cours des dernières années, ces menaces de mort ont poussé la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui fait partie de l'Organisation des États américains, à appeler la Colombie à protéger les membres de l'organisation.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

  • faites part de votre inquiétude au sujet de la sécurité des membres de la Commission Justice et paix de Colombie, en particulier Javier Giraldo et Alberto Franco, en raison des menaces explicites formulées contre eux et parce que les deux prêtres pourraient être visés par les graffitis parlant du « prêtre marxiste » ;

  • demandez instamment aux autorités de mener une enquête approfondie et impartiale sur ces menaces et de traduire en justice tous les responsables présumés, c'est-à-dire aussi bien les personnes qui ont tagué les messages que celles qui leur en ont donné l'ordre ;

  • exhortez-les à fournir une protection efficace à toutes les personnes concernées qui souhaitent en bénéficier, tout en respectant strictement leur volonté, et priez-les instamment de mettre en place les mesures de protection accordées par la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui fait partie de l'organisation des États américains ;

  • rappelez-leur qu'elles doivent respecter leurs obligations vis-à-vis de la situation des défenseurs des droits humains et veiller à ce que ceux-ci puissent mener leurs activités sans crainte, conformément à la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'homme.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 15 JUIN 2010 À :

Ministre de l'Intérieur et de la Justice :

Sr. Fabio Valencia Cossio

Ministerio del Interior y de Justicia, Carrera 9a. No 14-10,

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 599 8013

Formule d'appel : Estimado Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,






Ministère des Affaires étrangères :

Sr. Jaime Bermúdez

Ministerio de Relaciones Exteriores

Calle 10 No 5-51, Palacio de San Carlos, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 381 47 21

Formule d'appel : Estimado Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,






Copies :

Procureur général par intérim

Dr Guillermo Mendoza Diago

Fiscal General de la Nación (e)

Diagonal 22B (Av. Luis Carlos Galán No. 52-01) Bloque C Piso 4, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 570 2000 (quand vous entendrez le message d'accueil, composez le 2017)

Formule d'appel : Estimado Sr. Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

COLOMBIE. UN GROUPE DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS MENACÉ


INFORMATIONS GÉNÉRALES

La Commission Justice et paix fait campagne en faveur des communautés de civils vivant dans les zones de conflit en Colombie et dont les membres sont tués, torturés ou forcés à fuir leur domicile par les forces de sécurité et les groupes paramilitaires. Un grand nombre de ces communautés sont également prises pour cibles par les mouvements de guérilla.

La Commission Justice et paix soutient la cause de communautés indigènes et afro-colombiennes installées dans le département du Chocó, plus précisément dans les bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó ou aux alentours, où des paramilitaires occupent les terres de certaines communautés afro-colombiennes et cherchent à contraindre ces dernières à pratiquer la culture marchande de palmiers africains, dont l'huile peut notamment être utilisée en cuisine ou pour la fabrication du savon. Cette région est également la cible de puissantes compagnies minières qui tentent d'y développer leurs activités.

Leurs actions en faveur des droits de ces communautés et de leur travail dans des affaires importantes concernant l'impunité dont bénéficient des membres hauts-placés des forces de sécurité ont valu aux membres de l'ONG d'être menacés et attaqués.

Depuis le début du conflit armé en Colombie il y a quarante ans, des membres d'organisations de défense des droits humains, de syndicats et d'autres organisations à vocation sociale ont souvent été accusés de collaborer ou de sympathiser avec la guérilla par les forces de sécurité et les paramilitaires. Ils sont donc souvent victimes de menaces, de disparitions forcées ou d'homicides. Des défenseurs des droits humains ont également été menacés, et parfois tués, par des groupes de guérilleros qui les accusaient de collaborer avec « l'ennemi ».

Les personnes désignées comme marxistes sont souvent prises pour cibles par les forces de sécurité et les groupes paramilitaires, qui les menacent et commettent d'autres atteintes à leurs droits fondamentaux. En Colombie, être accusé de marxisme revient à être étiqueté membre d'un groupe de guérilleros de gauche.

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AU 103/10, AMR 23/016/2010, 4 mai 2010

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