Document - Colombia: Further information: Human rights defenders threatened

Colombie. Des défenseurs des droits humains menacés

Action complémentaire sur l'AU 14/12, AMR 23/006/2012 – Colombie 6 février 2012 6 février 2012

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACÉS

Plusieurs membres du Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS) à Barrancabermeja, en Colombie, ont de nouveau été menacés de mort par les paramilitaires.

Le 1er février, Wilfran Cadena, vice-président du Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS), s'est rendu dans les locaux de l'organisation, à Barrancabermeja, dans le département de Santander, et a trouvé plusieurs imprimés qui avaient été déposés là. Ils étaient signés par un groupe paramilitaire qui se fait appeler les « Commandos urbains ». On pouvait voir sur les feuillets une image représentant deux crânes et il était marqué : « Vous les guérilléros, fils de pute, faites attention. On est là pour nettoyer la ville des guérilléros comme vous qui se cachent au CREDHOS. »

Les paramilitaires citaient David Ravelo Crespo et sa cousine María Ravelo Grimaldo, tous deux membres du CREDHOS, ainsi que l'Association des paysans de la vallée du Cimitarra (ACVC). Il était écrit : « Toi la cousine de cette saleté de guérilléro, David Ravelo Crespo, on sait que tu vas dans les quartiers voisins inviter les gens à participer à ces conneries de droits humains. María Ravelo, à tout moment, les choses vont changer. On est au courant pour tes photos et on sait que tu fréquentes ces chiens et ces fils de pute de l'ACVC. » Deux hommes armés ont abordé Anny Lizeth Vera Ravelo, la fille de María Ravelo Grimaldo, le 1er février dernier. Ils lui ont donné un imprimé et lui ont dit que sa mère devrait arrêter de « jouer ».

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

faites part de votre inquiétude quant à la sécurité de María Ravelo Grimaldo, de sa famille et d'autres membres du CREDHOS et de l'ACVC, et appelez les autorités à les protéger, dans le respect de leurs souhaits ;

exhortez-les à diligenter une enquête minutieuse et impartiale sur les menaces de mort adressées à María Ravelo Grimaldo et à d'autres membres du CREDHOS, à en rendre les conclusions publiques et à traduire les responsables présumés en justice ;

rappelez-leur qu'elles doivent s'acquitter de leur obligation de protéger les défenseurs des droits humains, comme l'indique la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l'homme, à laquelle la Colombie est partie ;

priez-les instamment de prendre des mesures immédiates pour démanteler les groupes paramilitaires et rompre leurs liens avec les forces de sécurité, conformément à l'engagement du gouvernement et aux recommandations des Nations unies et d'autres organisations intergouvernementales.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 19 MARS 2012 À :

Président de la Colombie

Juan Manuel Santos

Presidente de la República,

Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631

Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente Santos , / Monsieur le Président,

Ministre de la Défense

Juan Carlos Pinzón

Ministerio de Defensa

Carrera 54, no.26-29

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 266 1003

Formule d'appel : Sr. Ministro Pinzón , / Monsieur le Ministre,

Copies à :

ONG CREDHOS

Av. 52 No. 25-49

Barrancabermeja, Santander

Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 14/12. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR23/002/2012/fr.

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACÉS

COMPLÉMENT D'INFORMATIONS

Le CREDHOS est une organisation régionale de défense des droits humains qui fait campagne pour les victimes de violations des droits humains vers Barrancabermeja et Magdalena Medio. Depuis plusieurs années, ses membres reçoivent des menaces de mort. David Ravelo Crespo, qui appartient à cet organisme, est maintenu en détention par les autorités depuis septembre 2010. Il est accusé d'avoir des liens avec les groupes de guérilla. Des organisations de défense des droits humains ont indiqué qu'elles craignaient que cette affaire soit une tentative de discréditation et de neutralisation du CREDHOS. Les forces de sécurité et les groupes paramilitaires assimilent souvent les membres d'organisations de défense des droits humains et de syndicats à des collaborateurs ou des sympathisants de la guérilla, et sont allés jusqu'à menacer, enlever ou tuer certaines personnes. Des défenseurs des droits humains, des syndicalistes et d'autres civils ont également été menacés, voire tués, par des guérilleros qui les accusaient de se ranger du côté de leurs ennemis. Les menaces adressées récemment au CREDHOS surviennent peu après la participation de l'organisation à la commémoration, le 18 janvier dernier, du 23e anniversaire de la mort de 12 responsables judiciaires en 1989 dans le département de Santander, événement connu sous le nom de massacre de La Rochela. Ces homicides ont été commis par des paramilitaires agissant avec le soutien des forces armées.

Abelardo Sánchez Serrano et d'autres membres du CREDHOS ont ainsi reçu des menaces de mort. Le 13 janvier, cet homme se rendait dans les locaux de l'organisation lorsque deux individus à moto se sont approchés de lui. L'un d'eux a pointé une arme sur lui et lui a dit qu'il avait 72 heures pour quitter la ville.

María Ravelo Grimaldo est également la présidente de la section de Barranacabermeja de l'Association nationale d'aide solidaire, une ONG de défense des droits humains soutenant les personnes déplacées. Au cours des derniers mois, cette femme a travaillé avec des personnes déplacées de la communauté Villa Dignidad, dans la municipalité de Barranacabermeja. Les défenseurs des droits humains œuvrant dans ce domaine font fréquemment l'objet de menaces de mort et de graves atteintes aux droits humains dont se rendent coupables les forces de sécurité et les paramilitaires qui agissent avec leur soutien.

Depuis le début du conflit armé en Colombie, il y a plus de 40 ans, les forces de sécurité ont systématiquement recours aux exécutions extrajudiciaires. Elles s'en servent comme d'une tactique visant à répandre la terreur dans le cadre de leur stratégie anti-insurrectionnelle. Le Bureau du procureur général enquête sur plus de 2 000 cas d'exécutions extrajudiciaires qui auraient été commises par les forces de sécurité. Les personnes militant pour obtenir justice dans ces affaires sont menacées de mort ou tuées par des membres des forces de sécurité ou des paramilitaires collaborant avec eux.

Personnes concernées : membres du CREDHOS dont María Ravelo Grimaldo (f), David Ravelo Crespo (h), Wilfran Cadena (h) et Anny Lizeth Vera Ravelo (f)

Action complémentaire sur l'AU 14/12, AMR 23/006/2012, 6 février 2012

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE