Document - Sudan: Sudanese student activist detained: Haidar Mahmoud Abderrahman Manis

Soudan. Un militant étudiant en détention

AU 102/12, AFR 54/015/2012 – Soudan 5 avril 2012

ACTION URGENTE

SOUDAN. UN MILITANT ÉTUDIANT EN DÉTENTION

Le 28 mars, le militant étudiant Haidar Mahmoud Abderrahman Manis a été arrêté par les forces de sécurité à Khartoum-Nord (Soudan). Il est détenu dans un lieu inconnu et ne peut pas entrer en contact avec sa famille ni consulter un avocat. Il risque d ' être victime de torture ou d ' autres mauvais traitements.

Haidar Mahmoud Abderrahman Manis a été arrêté au marché Seta de Haj Youssef, à Khartoum-Nord, dans la banlieue de la capitale soudanaise, Khartoum. D'après un témoin, il se trouvait au marché avec un ami lorsque quatre hommes en civil l'ont interpellé et emmené dans une voiture qui appartiendrait au Service national de la sûreté et du renseignement. Sa famille ignore où il se trouve et n'a pas connaissance de son état de santé. Par ailleurs, ce jeune homme n'a pas pu consulter d'avocat. Ces derniers jours, il aurait prononcé plusieurs discours sur des campus au sujet de la situation dans le Darfour, le Kordofan méridional et le Nil bleu. Il risque d'être victime de torture et d'autres mauvais traitements.

Haidar Mahmoud Abderrahman Manis habite la ville d'El Fachir, dans le Darfour septentrional. Il milite au sein de l'Association des étudiants de l'université du Darfour. Ce jeune homme est peut-être détenu uniquement pour avoir exprimé de façon pacifique ses opinions politiques, auquel cas il s'agit d'un prisonnier d'opinion qui doit être libéré immédiatement et sans condition.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en arabe ou dans votre propre langue :

appelez les autorités à libérer Haidar Mahmoud Abderrahman Manis immédiatement et sans condition s'il est détenu uniquement pour avoir exprimé de façon pacifique ses opinions politiques, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction pénale dûment reconnue par la loi et jugé rapidement dans le cadre d'une procédure conforme aux normes internationales ;

exhortez-les à veiller à ce que ce jeune homme ne soit pas victime de torture ni d'autres mauvais traitements ;

priez-les instamment de révéler où il se trouve et de lui permettre sans délai de contacter son avocat et sa famille et de bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;

engagez-les à mettre fin immédiatement au harcèlement et aux manœuvres d'intimidation visant des militants au Soudan, et à respecter leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 17 MAI 2012 À :

Ministre de la Justice

Mohammed Bushara Dousa

Ministry of Justice, PO Box 302

Al Nil Avenue

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 764 168

Formule d ' appel : Your Excellency,  / Monsieur le Ministre,

Ministre de l'Intérieur

Ibrahim Mohamed Hamed

Ministry of Interior

PO Box 873

Khartoum, Soudan

Formule d ' appel : Your Excellency,  / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Président soudanais

HE Omar Hassan Ahmad Al Bashir

Office of The President

People's Palace, PO Box 281

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 770 621

Courriel : info@sudan.gov.sd

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

SOUDAN. UN MILITANT ÉTUDIANT EN DÉTENTION

COMPLÉMENT D ' INFORMATION

Inspirés par les mouvements de protestation qui ont commencé début janvier 2011 en Tunisie avant de s'étendre à l'Afrique du Nord et au Moyen-Orient, des centaines de manifestants à travers le Soudan sont descendus dans la rue pour réclamer la démocratie et l'amélioration de leur situation socio-économique. La police soudanaise et le Service national de la sûreté et du renseignement ont réagi en interpellant et maltraitant fréquemment des manifestants pacifiques. Les organisations et mouvements étudiants sont régulièrement pris pour cible.

La répression de la liberté d'expression se poursuit au Soudan : les autorités tentent de réduire au silence les dissidents et de limiter l'accès à l'information. Depuis début 2011, les restrictions que fait peser le Service national de la sûreté et du renseignement sur la liberté d'expression se sont accrues, ce qui explique le harcèlement et les manœuvres d'intimidation dont sont victimes les personnes qui critiquent ouvertement le régime.

Le Service national de la sûreté et du renseignement conserve les pouvoirs étendus en matière d'arrestation et de détention que lui confère la Loi de 2010 relative à la sécurité nationale. Ce texte lui permet, en effet, de détenir des suspects jusqu'à quatre mois et demi sans contrôle judiciaire. Les agents chargés de la sécurité nationale utilisent souvent leur pouvoir pour arrêter et placer en détention des personnes de façon arbitraire, et pour leur faire subir des actes de torture et autres mauvais traitements. La même loi protège les agents du Service national de la sûreté et du renseignement de toute poursuite pour les actes commis dans l'exercice de leurs fonctions, d'où une culture généralisée de l'impunité.

Amnesty International a rassemblé des informations sur de nombreux cas d'arrestations arbitraires, de placements en détention, d'actes de torture ou d'autres mauvais traitements imputables au Service national de la sûreté et du renseignement.

Nom : Haidar Mahmoud Abderrahman Manis

Genre : homme

AU 102/12, AFR 54/015/2012, 5 avril 2012

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE