Document - Sudanese woman detained, risks torture

Soudan. Une Soudanaise détenue risque la torture

AU 159/11, AFR 54/015/2011 - Soudan 1er juin 2011 1er juin 2011

ACTION URGENTE

UNE SOUDANAISE DÉTENUE RISQUE LA TORTURE

Hawa Abdallah, une Soudanaise travaillant pour la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD), est détenue au secret depuis le 6 mai, date de son arrestation pour avoir « christianisé » des enfants et être liée à un groupe d'opposition armé. Elle risque d'être victime de torture ou d'autres mauvais traitements.

Hawa Abdallah a été arrêtée le 6 mai par des agents armés du Service national de la sûreté et du renseignement (NISS), chez elle dans le village d'Abu Shouk, au Darfour. Elle a été placée en détention à El Fasher, la capitale du Darfour septentrional. Elle a été transférée deux jours plus tard à Khartoum, la capitale du Soudan, où elle se trouve encore.

Hawa Abdallah travaille en tant que militante associative et traductrice pour la MINUAD, dans le camp de personnes déplacées d'Abu Shouk, au Darfour. Un article a été publié le 8 mai sur le site internet d'informations géré par l'État, accusant cette femme d'avoir « christianisé de façon excessive » des enfants dans des camps de personnes déplacées et d'avoir des liens avec un groupe darfourien d'opposition armé. L'article 126(1) du Code pénal soudanais de 1991 dispose que « quiconque préconise le renoncement à l'Islam ou y renonce publiquement par des déclarations ou des actes explicites est considéré comme commettant le crime d'apostasie ».

Depuis qu'Hawa Abdallah a été arrêtée, une photo d'elle circule sur le même site internet d'informations, où elle semble épuisée et couverte de bleus, faisant craindre davantage qu'elle soit victime de torture ou d'autres mauvais traitements. Elle n'est inculpée d'aucune infraction reconnue par la loi et n'a pas été autorisée à contacter un avocat ni à recevoir des visites de sa famille.

La MINUAD s'est également vu refuser tout contact avec Hawa Abdallah, ce qui viole directement l'Accord concernant le statut des forces conclu entre la Mission et le Soudan. Cet accord nécessite la coopération des autorités avec la MINUAD pour toutes les affaires pénales impliquant les personnes travaillant pour cette dernière.

En 2009, Hawa Abdallah a été détenue pendant six jours et aurait été torturée par le NISS, après que la Cour pénale internationale a lancé un mandat d'arrêt à l'encontre du président soudanais, Omar el Béchir.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :

appelez les autorités à veiller immédiatement à ce qu'Hawa Abdallah puisse contacter un avocat et sa famille, et bénéficier de tous les soins médicaux dont elle pourrait avoir besoin ;

exhortez-les à garantir que cette femme ne sera pas victime de torture ou d'autres mauvais traitements, et à veiller à ce qu'elle soit inculpée d'une infraction reconnue par la loi ou relâchée ;

priez-les de mettre fin immédiatement au harcèlement et à l'intimidation des militants au Soudan, et de respecter leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 JUILLET 2011 À :

Ministre de la Justice

Mohammed Bushara Dousa

Ministry of Justice, PO Box 302

Al Nil Avenue

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 764 168

Formule d'appel : Your Excellency , / Monsieur le Ministre,

Ministre de l'Intérieur

Ibrahim Mohamed Hamed

Ministry of Interior

PO Box 873

Khartoum, Soudan

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Président du Soudan

Omar Hassan Ahmad Al Bashir

Office of the President

People's Palace PO Box 281

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 782 541

Veuillez également envoyer des copies aux représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

UNE SOUDANAISE DÉTENUE RISQUE LA TORTURE

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Au cours des derniers mois au Soudan, la police et le NISS ont arrêté bon nombre de Darfouriens ayant protesté au sujet de certaines questions, notamment les conditions de vie en général et l'insécurité au Darfour. Le 28 avril, la police et le NISS ont interpellé les organisateurs des manifestations pacifiques visant à protester contre le mode de distribution de la nourriture dans des camps de personnes déplacées, dans les camps d'Al Salaam et d'Abu Shouk, dans le Darfour septentrional. Au moins un mineur aurait été arrêté et torturé. Le 20 avril, au moins 100 personnes ont été interpellées pendant des mouvements de protestation organisés à l'université de Nyala, dans le Darfour méridional.

La situation au Darfour s'est énormément détériorée depuis février 2010, après que le gouvernement soudanais a rompu les liens avec l'Armée de libération du Soudan/faction Minni Minawi (ALS/MM), qui avait signé l'Accord de paix sur le Darfour en 2006. Les forces gouvernementales mènent des attaques à l'intérieur de camps de personnes déplacées et dans plusieurs villes, poussant des milliers de civils à fuir la région. Les organisations humanitaires font face à des restrictions grandissantes d'accès aux zones touchées par le conflit.

Le conflit dans le Darfour est marqué par des violations de grande ampleur du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, et les Nations unies estiment qu'il a engendré le déplacement de 2,7 millions de personnes et la mort d'environ 300 000 individus depuis 2003.

AU 159/11, AFR 54/015/2011, 1er juin 2011

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