Document - Senegal: Intimidation and arrests of protestors one week before presidential elections

SENEGAL : ATTEINTE A LA LIBERTE DE MANIFESTATION

AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE

17 février 2012

AI Index : AFR 49/002/2012

Sénégal : Intimidations et arrestations de manifestants à une semaine de l’élection présidentielle

À une semaine du premier tour de l’élection présidentielle au Sénégal, les autorités multiplient les intimidations à l’encontre des opposants du Président Abdoulaye Wade et ont arrêté hier une vingtaine de membres du mouvement « Y’en a marre » qui voulaient organiser un sit-in Place de l’Obélisque à Dakar.

Amnesty International appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de ces manifestants qui ont été arrêtés uniquement pour avoir fait usage de leur droit à manifester pacifiquement, qui est consacré par le droit international et la Constitution sénégalaise. Celle-ci précise en son article 10 que : « Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, l’image, la marche pacifique, pourvu que l’exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l’honneur et à la considération d’autrui, ni à l’ordre public ». À la connaissance d’Amnesty International, ces personnes n’ont pas été inculpées.

Le mouvement « Y’en a marre » avait prévu d’organiser hier jeudi une « veillée » permanente afin de protester contre la candidature du Président Abdoulaye Wade à un troisième mandat, en dépit de l'interdiction de manifester qui avait été prise par le préfet de Dakar.

Les forces de l’ordre ont bloqué l’accès à la Place de l’Obélisque et ont fait face aux jeunes manifestants qui, mains en l'air ou derrière la tête, leur criaient qu’ils n’étaient pas armés et qu’ils voulaient simplement s’asseoir pacifiquement sur la Place de l’Obélisque.

Voyant que les manifestants persistaient à vouloir rejoindre la place de l’Obélisque, les forces de sécurité leur ont lancé des grenades lacrymogènes puis les ont chargés. Plusieurs dirigeants de ce mouvement ont été arrêtés y compris trois rappeurs Simon Kouka, Kiliseu Seck et Gueye ainsi qu’un autre jeune homme Ibama Sarr et un animateur de radio connu sous le nom de Keman.

Un autre manifestant, Sidi Sarr, a été frappé à coups de matraque par les forces de sécurité qui l’ont blessé à la tête. Il a été conduit à l’hôpital puis a été emmené dans un commissariat.

Après ces arrestations, de jeunes gens ont allumé des pneus et jeté des pierres sur la police dans d’autres quartiers de la ville.

Amnesty International appelle les autorités sénégalaises à respecter le droit de manifester pacifiquement et à s’abstenir d’intimider et d’arrêter les opposants à la candidature du Président Wade à l’élection présidentielle.�

Le mouvement « Y’en a marre » a été créé en janvier 2011 par des rappeurs qui s’opposent à la candidature du Président Wade à un troisième mandat. Ses membres estiment que Abdoulaye Wade a rempli ses deux mandats légaux et jugent illégale sa candidature qui a été validée et confirmée fin janvier 2012 par le Conseil constitutionnel.

Depuis le début des manifestations contre la candidature du Président Wade fin janvier 2012, au moins trois personnes ont été tuées par les forces de l’ordre et un policier a été tué lors d’affrontements avec les manifestants.

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