Document - Zimbabwe: Human rights defenders illegally detained

Zimbabwe. Des défenseurs des droits humains détenus illégalement



AU 301/12, AFR 46/012/2012 – Zimbabwe 8 novembre 2012


ACTION URGENTE

DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS DÉTENUS ILLÉGALEMENT

Trois défenseurs zimbabwéens des droits humains sont détenus sans inculpation depuis le lundi 5 novembre. Le 7 novembre, ils ont été transférés illégalement de Harare à Bulawayo, loin de leurs réseaux de soutien, ce qui suscite l’inquiétude quant à leur sécurité. Ce sont des prisonniers d’opinion.

Fidelis Mudimu, Zachariah Godi et Tafadzwa Geza sont des cadres de l’Unité de soutien psychologique (CSU), dispensaire dûment enregistré qui prodigue une assistance médicale et psychologique aux victimes de violences organisées et d’actes de torture. Ils ont été arrêtés arbitrairement par la police à la suite d’une descente effectuée le lundi 5 novembre dans les locaux de l’organisation, à Harare.

Vers 11 h 30, une douzaine de policiers sont arrivés à la CSU sans autorisation de perquisition. Environ deux heures plus tard, un camion de policiers antiémeutes est arrivé en renfort. Ceux-ci ont menacé de lancer du gaz lacrymogène dans le centre médical, mettant ainsi en danger la vie des patients, du personnel et des autres personnes présentes dans le bâtiment. La police a finalement présenté une autorisation de perquisition indiquant qu’elle avait pour mission de retrouver des « documents injurieux et subversifs » qui « dégrad[ai]ent des maisons, immeubles, murs, clôtures, lampadaires ou ascenseurs sans le consentement des propriétaires ni des occupants ». La police est entrée dans les locaux et a procédé à une fouille, au cours de laquelle elle a saisi des dossiers médicaux confidentiels, un ordinateur et des documents qui n’étaient pas visés par l’autorisation de perquisition. Les trois défenseurs des droits humains cités ont alors été arrêtés.

Le mercredi 7 novembre, Fidelis Mudimu, Zachariah Godi et Tafadzwa Geza ont été transférés illégalement à Bulawayo, à plus de 400 kilomètres de Harare, à bord d’un pick-up dépourvu de protection contre le soleil, alors que la température dépassait les 30 °C. La police de Harare les a remis à celle de Bulawayo dans la ville de Kwekwe, où ils ont été immédiatement menottés. À leur arrivée à Bulawayo, ils ont été tout de suite placés en détention sans même être interrogés. Or, il est illégal de détenir une personne sans inculpation pendant plus de 48 heures au Zimbabwe.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :

  • dites-vous préoccupé par l’arrestation arbitraire ainsi que la détention et le transfert illégaux des prisonniers d’opinion Fidelis Mudimu, Zachariah Godi et Tafadzwa Geza, et demandez leur libération immédiate et inconditionnelle ;

  • indiquez que vous déplorez vivement que ces trois défenseurs des droits humains aient été transférés à Bulawayo alors qu’ils étaient détenus illégalement ;

  • exhortez les autorités à veiller à ce que, tant qu’ils seront aux mains de la police, ils soient traités conformément aux normes internationales, en particulier à ce qu’ils ne soient pas torturés et qu’ils aient accès à des avocats, de la nourriture, des couvertures et des soins médicaux, si nécessaire ;

  • appelez la police à mettre fin au harcèlement et aux manœuvres d’intimidation visant des défenseurs des droits humains au Zimbabwe.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 20 DÉCEMBRE 2012 À :

Commissaire de police

Augustine Chihuri

Zimbabwe Republic Police

P. O. Box 8807, Causeway

Harare, Zimbabwe

Fax : +263 4 253 212

Formule d’appel : Dear Commissioner General, / Monsieur,


Responsable du poste de police central de Bulawayo

Bulawayo Central Police Station

Zimbabwe Republic Police

PO Box 2329

Fife Street/ L Takawira Avenue

Bulawayo

Fax : +263 9 72220

Formule d’appel : Dear Officer in Charge, / Monsieur,









Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Zimbabwe dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d’appel.

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS DÉTENUS ILLÉGALEMENT

COMPLÉMENT D’INFORMATION

La CSU est une organisation extrêmement respectée en raison de l’assistance qu’elle a prêtée à des milliers de victimes de violations des droits humains. Amnesty International estime que l’arrestation arbitraire ainsi que la détention et le transfert illégaux des trois défenseurs des droits humains cités relève d’une pratique bien établie au Zimbabwe, qui consiste à harceler et tenter d’intimider de façon systématique les membres de la société civile à l’approche des élections de 2013.


Une autre organisation non gouvernementale basée à Harare a fait l’objet d’une descente il y a moins de trois mois. En août, la police s’est rendue à deux reprises dans les locaux de Gays et lesbiennes du Zimbabwe (GALZ) et plusieurs membres ont été arrêtés et placés en détention.


Noms : Fidelis Mudimu, Zachariah Godi et Tafadzwa Geza

Genre : hommes



AU 301/12, AFR 46/012/2012, 8 novembre 2012

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE