Document - Zimbabwe: NGO ban puts lives under threat in Zimbabwe

Zimbabwe. Une interdiction des ONG menace des vies

AU 57/12, AFR 46/003/2012 – Zimbabwe 22 février 2012

ACTION URGENTE

ZIMBABWE. UNE INTERDICTION DES ONG MENACE DES VIES

Le travail de 29 organisations non gouvernementales (ONG) risque d ' être interrompu à Masvingo (Zimbabwe) car le gouverneur a ordonné la cessation de leurs activités. Nombre de ces organisations œuvrent auprès de personnes vivant avec le VIH/sida ou portent secours aux habitants de la province touchés par les fréquentes sécheresses.

Le 14 février, le gouverneur de la province de Masvingo, Titus Maluleke, a convoqué une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé que 29 ONG nationales et internationales ne s'étaient pas enregistrées en temps voulu auprès de son bureau et que leurs activités allaient donc être suspendues. Certaines de ces ONG devaient initialement s'enregistrer en octobre 2011 mais, après négociations, le délai a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2011. Cependant, plusieurs autres n'ont été informées de leur obligation d'enregistrement que le 14 février. Masvingo étant une province aride et sujette aux sécheresses, dont nombre d'habitants dépendent de l'aide humanitaire, notamment pour l'eau, la nourriture et les médicaments, la décision du gouverneur pourrait mettre en danger la vie de beaucoup de personnes.

Aux termes du droit zimbabwéen, c'est le ministère du Service public, du Travail et de la Protection sociale et non le gouverneur de chaque province qui est chargé d'enregistrer les ONG et de contrôler leurs activités. En outre, la suspension annoncée est contraire aux dispositions des sections 21 et 22 de la Constitution zimbabwéenne, qui garantissent les droits à la liberté de réunion, d'association et de mouvement. Amnesty International estime que la mesure prise par le gouverneur Maluleke est peut-être une tentative d'application d'une résolution de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front populaire (ZANU-PF) – parti du président Mugabe – qui vise à limiter les activités de certaines ONG, accusées d'encourager un « changement de régime ». Amnesty International craint que la suspension ne s'étende à d'autres provinces si elle n'est pas contestée à Masvingo.

Certaines ONG qui y sont présentes ont indiqué qu'elles continueraient leur travail malgré l'interdiction et pourraient organiser des activités dans les jours ou semaines à venir. Des militants et des employés de ces ONG risqueraient alors d'être arrêtés par la police ou attaqués par des partisans de la ZANU-PF, notamment des vétérans de guerre.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :

appelez le gouverneur Maluleke à annuler publiquement la suspension des activités des ONG ;

précisez que sa mesure viole la Constitution zimbabwéenne, qui garantit les droits à la liberté de réunion, d'association et de mouvement ;

exhortez le chef de la police provinciale à assurer la sécurité de tous les employés d'ONG présents dans la province de Masvingo et à veiller à ce que les policiers qui sont sous ses ordres ne soient pas utilisés par le gouverneur à des fins partisanes, ce qui empièterait sur le travail légitime de ces ONG.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 4 AVRIL 2012 À :

Gouverneur de la province de Masvingo

Titus Maluleke

Provincial Governor, Masvingo

Benjamin Burombo House

R Mugabe Street/S Mazorondza Avenue

PO Box 595 Masvingo, Zimbabwe

Fax : + 263 39 265968

Formule d ' appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,

Chef de la police provinciale

Masvingo Provincial Police Headquarters

PO Box 125

Masvingo

Zimbabwe

Fax : +263 39 264026 (si quelqu'un décroche, demandez le fax)

Formule d ' appel : Dear Commanding Officer, / Monsieur,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Zimbabwe dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

ZIMBABWE. UNE INTERDICTION DES ONG MENACE DES VIES

COMPLÉMENT D ' INFORMATION

Par le passé, il est arrivé plusieurs fois que le gouvernement zimbabwéen suspende de la sorte les activités des ONG. En juin 2008, le ministre zimbabwéen du Service public, du Travail et de la Protection sociale, Nicholas Goche, a écrit à toutes les organisations bénévoles privées et ONG, les enjoignant de mettre un terme à leurs activités.

Depuis 2000, des millions de personnes au Zimbabwe ont de grandes difficultés à se procurer une nourriture suffisante. L'une des causes majeures de la crise alimentaire est l'effondrement de la production nationale. Des facteurs climatiques, la pandémie de VIH/sida et des difficultés économiques ont certes joué un rôle dans la baisse de la productivité agricole, mais les politiques et pratiques gouvernementales ont exacerbé les problèmes de sécurité alimentaire du pays.

Selon des médias zimbabwéens, les 29 ONG suivantes viennent d'être frappées d'une suspension sur ordre du gouverneur de la province de Masvingo : Strengthen Seed and Output Markets Project, Soap, Choose Life, Community Based Aids Programme, Zimbabwe Community Development Programme (ZCDP), GYPCE, Centre for HIV and Aids Care and Agriculture, Ambassadors, Projet de paix pour le Zimbabwe (ZPP), Mucheke Community Conflict Centre, Free the Child Trust, Precare, Liestomy Colostomy Zimbabwe Trust (ILO ZimTrust), Masvingo Plan of Hope, Rujeko Conflict Management Association, Youth and Environment Action Support Network, Care and Support Trust, Friends of the Blind, Advocacy and Literacy Trust, ROHR Zimbabwe, Centre for Conflict Management and Transformation, Care International-Bikita, Fact Mutare, Mvuramanzi Trust, Safire, Khula Sizwe Trust, Heifer Project, Pump Aid et Zvishavane Water Project.

Nom : 29 organisations non gouvernementales au Zimbabwe

Genre : hommes et femmes

AU 57/12, AFR 46/003/2012, 22 février 2012

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE