Document - Kenya: Peaceful protestor shot dead by police: Jackson Maina Kihato
Action complémentaire sur l'AU 160/10, AFR 32/010/2010. 21 juillet 2010
ACTION URGENTE
UN MANIFESTANT PACIFIQUE TUÉ PAR LA POLICE
Jackson Maina Kihato, un home âgé de 74 ans, a été tué par la police le 19 juillet à Kabete NITD, à Nairobi. Il n'était pas armé. Il s'était retrouvé pris dans des manifestations contre les expulsions forcées qui ont eu lieu le 10 juillet et à l'issue desquelles un millier de personnes environ ont été expulsées de force de chez elles ou ont vu leurs logements et leurs étals de marché détruits.
La manifestation rassemblait principalement des femmes qui faisaient du commerce sur la partie du site où s'était constitué un marché, avant sa destruction. Les manifestants avaient bloqué la route près du site afin de mener leur action. La police est arrivée et les a aspergés de gaz lacrymogène pour les disperser, mais ils ont utilisé des linges mouillés pour empêcher le gaz d'agir et sont restés. Des policiers ont alors commencé à battre des manifestants avec des bâtons pour tenter de dégager la route.
Selon les informations dont dispose Amnesty international, lorsqu'il a vu un agent de police passer une femme à tabac, Jackson Maina Kihato se serait approché d'un autre agent et lui aurait dit que des policiers ne devraient pas tabasser les gens comme ça. L'agent, qui se tenait non loin de lui, lui a tiré une balle dans la poitrine. Le temps que l'assistance médicale arrive, il était déjà mort. Jackson Maina Kihato et sa femme étaient commerçants dans le quartier informel de Kabete NITD avant qu'il ne soit démoli.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais ou dans votre propre langue) :
-
exhortez le chef de la police à ouvrir une enquête sur la mort de Jackson Maina Kihato et à veiller à ce que le responsable soit traduit en justice et jugé dans le respect des normes d'équité des procès, sans recours à la peine de mort ;
-
priez-le instamment de veiller à ce que la police respecte le droit des personnes à la liberté de réunion pacifique et ne recoure pas à une force excessive pour disperser des manifestants non armés ;
-
demandez-lui de garantir la mise en œuvre de réformes visant à obliger la police à rendre des comptes, notamment en mettant en place un organe civil indépendant chargé d'enquêter sur les plaintes formulées contre la police ;
-
exhortez le président du conseil municipal à faire en sorte que toutes les personnes se retrouvant sans abri à cause des expulsions forcées reçoivent immédiatement nourriture, eau et hébergement ;
-
priez-le de faire le nécessaire pour que les personnes expulsées de force se voient offrir des logements ou étals de remplacement satisfaisants et accorder des réparations pour le préjudice subi ;
-
demandez-lui de garantir qu'il n'y aura pas d'autre expulsion forcée dans ce quartier informel.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 1er SEPTEMBRE 2010 À :
Chef de la police :
Mr. Mathew Kirai Iteere
Kenya
Police Headquarters
Vigilance House, Harambee
Avenue,
PO BOX
30083,
Nairobi,
Kenya
Courriel :commissioner@police.go.ke
Formule d'appel : Dear Commissioner, / Monsieur,
Président du Conseil municipal
Mr Philip Kisia
Nairobi City Council
City Hall Annex
PO Box 30075, Nairobi, Kenya
Fax : + 254 20 22 17704
Courriel : townclerk@nairobicity.co.ke
Formule d'appel : Dear Mr Kisia, / Monsieur,
Copies à :
Minister for Provincial Administration and Internal Security
Hon. Pr. George SaitotI
Harambee House, Harambee Avenue
PO Box 30510-00100 Nairobi
Kenya
Courriel : Waziri.pais@gmailcom
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Kenya dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 160/10, AFR 32/009/2010, 10 juillet 2010. Pour en savoir plus : www.amnesty.org/fr/library/info/AFR32/009/2010/fr
ACTION URGENTE
UN MANIFESTANT PACIFIQUE TUÉ PAR LA POLICE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 10 juillet, juste avant minuit, les habitants et commerçants de Kabete NITD ont assisté à la destruction d'environ 470 étals de marché et d'une centaine de logements par un bulldozer envoyé par les autorités municipales de Nairobi. Bien que des rumeurs aient circulé dans le quartier quant à l'imminence d'expulsions forcées, les habitants et les commerçants n'ont pas été avertis, ni consultés. À cette heure-là, de nombreuses personnes dormaient et n'ont eu que quelques minutes pour évacuer leur domicile avant qu'il ne soit démoli. Beaucoup ont perdu toutes leurs affaires. La plupart des commerçants forcés à quitter leurs étals ont perdu toutes leurs marchandises et vu leurs moyens de subsistance réduits à néant. Certains ont été en mesure de continuer à travailler sur les décombres de leurs étals à la suite de l'expulsion. Un bulldozer est cependant revenu le 13 juillet pour raser une nouvelle fois la zone réservée au marché. Selon certaines sources kenyanes, la plupart de ces petits commerçants sont des femmes. Du fait des expulsions forcées, ces femmes et les personnes à leur charge sombrent encore plus profondément dans la pauvreté. Des centaines de personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, se retrouvent donc sans abri, à dormir dehors sans couvertures ni vêtements chauds alors que le mois de juillet est le plus froid de l'année au Kenya. Nombre d'entre elles n'ont pas d'argent pour acheter de la nourriture ni d'autres articles de première nécessité. Les habitants pensent qu'un autre secteur du quartier, où vivent environ 250 personnes, risque également d'être démoli et ses résidents expulsés de force.
Le gouvernement kenyan a mené des opérations massives d'expulsions forcées à de multiples reprises depuis l'établissement des tout premiers quartiers informels au Kenya. Le risque de faire l'objet d'une expulsion forcée de grande ampleur reste réel pour de nombreux habitants de quartiers informels et de bidonvilles.
Le quartier de Kabete NITD (Native Industrial Training Department) a été fondé en 1974. Les terrains appartiennent au gouvernement kenyan. En 2007, le conseil municipal de Nairobi a émis un avis d'expulsion ordonnant à l'ensemble des habitants de quitter les lieux sous 48 heures. Une action en justice a permis à ces derniers d'empêcher l'expulsion.
Les femmes sont touchées de manière disproportionnée par les expulsions forcées. À la suite de ces expulsions, beaucoup de femmes et d'enfant se sont retrouvés sans toit, contraints de dormir dehors, dans le froid hivernal de Nairobi. Les commerçantes ne peuvent plus exercer leur activité et se trouvent donc dans l'incapacité d'obtenir de la nourriture ou d'autres biens de première nécessité pour elles et les personnes dont elles ont la charge. Avant le début de la manifestation, des femmes se sont rendues ensemble à la préfecture de police et y ont laissé leurs enfants pendant qu'elles retournaient sur le site de Kabete pour la manifestation. Ces femmes auraient dit au préfet de police qu'elles laissaient leurs enfants là parce qu'elles n'étaient plus en mesure de subvenir à leurs besoins.
Des commerçants ont indiqué que le préfet de police se serait rendu sur le site après la manifestation et qu'il aurait déclaré qu'ils pouvaient continuer de travailler sur ce terrain, qui appartient au gouvernement. Il aurait cependant ajouté qu'aucune structure ne pouvait être construite, que ce soit par des habitants ou des commerçants, sur le terrain qu'ils occupaient jusque là.
Amnesty International et d'autres organisations ont fait part de leur vive préoccupation face aux excès de la police, en particulier face à l'utilisation généralisée de la torture et aux exécutions extrajudiciaires et autres homicides imputables à la police au Kenya.
Les droits à la liberté d'association et de réunion pacifiques sont garantis par les articles 10 et 11 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, et par les articles 21 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Kenya est partie.
Action complémentaire sur l'AU 160/10, AFR 32/010/2010, 21 juillet 2010
