Document - Cameroon: Further information on Torture and ill-treatment / health concern

ACTION URGENTEi

DOCUMENT PUBLICÉFAI – 990881 – AFR 17/11/99

Informations complémentaires sur l’AU 113/98 (AFR 17/07/98 du 15 avril 1998) et suivantes (AFR 17/11/98 du 14 août 1998  ; AFR 17/12/98 du 10 septembre 1998 ; AFR 17/14/98 du 29 octobre 1998 ; AFR 17/19/98 du 18 décembre 1998 ; AFR 17/05/99 du 26 février 1999 et AFR 17/09/99 du 2 août 1999)

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées

ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

TORTURE ET MAUVAIS TRAITEMENTS / PRÉOCCUPATIONS POUR LA SANTÉ


CAMEROUN

53 prisonniers, dont :

Ebenezer Akwanga, 26 ans, étudiant et président de la Southern Cameroons Youth League (SCYL, Ligue des jeunes du Cameroun méridional)

Fon Peter Fonyam, 50 ans

Bika Iderisu, 22 ans

Ndifet Zacharia Khan, 56 ans

Grace Yaya Kwei (f), 38 ans

Wilson Che Neba, 19 ans

Fidelis Nyankwe, 40 ans

Ndum Anoh Robertson, 68 ans

Ndifon Joseph Tangu, 58 ans

Salifu Tanko, environ 80 ans (âge rectifié)

Philip Tete, 59 ans

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Londres, le 23 novembre 1999


Le 6 octobre 1999, trois personnes ont été condamnées à la détention à perpétuité tandis que 33 autres se sont vu infliger des peines allant de un à vingt ans d'emprisonnement, après avoir été jugées au mépris des normes internationales d'équité par un tribunal militaire. Trente autres ont été acquittées.


Deux jours plus tard, 26 des individus acquittés et toujours en détention, ainsi que ceux condamnés à des peines ne dépassant pas deux ans d'emprisonnement, ont été libérés de la prison centrale de Nkondengui, à Yaoundé. Quatorze autres personnes également jugées par ce tribunal militaire avaient déjà été libérées sous caution en 1998. Vingt et un détenus sont toujours incarcérés et purgent des peines allant de huit ans d'emprisonnement à la détention à perpétuité. Ils doivent interjeter appel de leur déclaration de culpabilité et de leur peine.


Amnesty International estime que le tribunal qui a jugé ces personnes n'était ni impartial ni indépendant et que la procédure a également été entachée d'irrégularités de fond à d'autres égards. Elle pense par conséquent que ceux qui ont été reconnus coupables par cette juridiction devraient être rejugés par un tribunal civil, dans le respect des normes internationales d'équité.


Le 27 octobre 1999, Grace Yaya Kwei, qui figurait au nombre des personnes relâchées le 8 octobre, et Stanley Nseke, qui avait été libéré sous caution l'année dernière, ont envoyé le message suivant à Amnesty International au nom du groupe de prisonniers dont ils faisaient partie :


« Nous vous écrivons pour vous remercier du soutien louable que vous nous avez apporté pendant notre longue période de détention. Nous croyons savoir que dès que vous avez été informés de notre arrestation, vous avez mobilisé vos membres dans le monde entier afin d'exercer des pressions sur notre gouvernement…

« C'était réconfortant de savoir que des personnes parlaient de nous dehors. Certains d'entre nous ont passé de longs mois dans des hôpitaux et ont soit recouvré la santé, soit perdu la vie. C'est aussi en leur nom que nous vous adressons ces remerciements.

« Bien que nous ayons été libérés, nous sommes toujours confrontés à de nombreux problèmes, liés en particulier au fait que nous devons recommencer notre vie. Nos fermes, nos emplois, nos entreprises, nous avons tout perdu, même nos maisons pour certains d'entre nous. Et puis nous pensons toujours à nos frères, à nos maris, à nos pères et à nos enfants qui ont été condamnés…

« Une fois encore, merci pour le soutien que vous et d'autres nous avez apporté…

« LONGUE VIE À AMNESTY INTERNATIONAL. »


L'époux de Grace Yaya Kwei et son fils ont été respectivement condamnés à la détention à perpétuité et à une peine de dix ans d'emprisonnement.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les personnes condamnées sont tous des civils issus de la minorité anglophone du Cameroun. Des poursuites avaient été engagées à leur encontre à la suite d'attaques lancées par des groupes armés dans plusieurs villes de la province du Nord-Ouest, en mars 1997, au cours desquelles 10 personnes, dont trois gendarmes, avaient été tuées. Les autorités ont attribué la responsabilité de ces attaques au Southern Cameroons National Council (SCNC, Conseil national du Cameroun méridional), qui milite en faveur de l'indépendance des deux provinces anglophones du Cameroun, les provinces du Nord-Ouest et du Sud-ouest, et à une organisation affiliée, la Southern Cameroons Youth League (SCYL, Ligue des jeunes du Cameroun méridional). Ces personnes étaient accusées, entre autres infractions, de meurtre, de tentative de meurtre, de coups et blessures aggravés, de tentative de destruction, de détention illégale d'armes à feu, d'incendie volontaire et de vol qualifié.

Au moins dix détenus sont morts des suites des actes de torture et autres mauvais traitements qui leur avaient été infligés lors de leur arrestation, ou parce qu'ils avaient été privés de soins en détention.

Amnesty International continue à mener campagne en faveur des personnes toujours incarcérées, qui font l'objet d'un Dossier action sur lequel travaillent actuellement un certain nombre de groupes dans plusieurs pays.


Aucune action complémentaire n'est requise de la part des membres du Réseau d'Actions urgentes. Merci beaucoup à tous ceux qui ont envoyé des appels.


ia version originale a été publiée par Amnesty International,

Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.

La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -

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