Document - Making Rights a Reality: Human rights education workshop for non-governmental organizations
Pour que les droits deviennent réalité
Atelier sur l’éducation aux droits humains
pour les organisations non gouvernementales
AMNESTY INTERNATIONAL
DOCUMENT PUBLIC
Index AI : ACT 77/055/2005
ÉFAI
Londres, septembre 2005
Ce document est l’un des sept volets du Kit des militants engagés dans la campagne Halte à la violence contre les femmes.
Ce Kit des militants comprend sept documents liés les uns aux autres et destinés à toutes les personnes qui luttent contre la violence à l’égard des femmes.
Pour que les droits deviennent réalité. Ateliers de sensibilisation aux questions liées au genre(index AI : ACT 77/035/2004) : un dossier général d’éducation aux droits humains sur les concepts fondamentaux dans le domaine du genre et des droits des femmes.
Pour que les droits deviennent réalité. Agir pour mettre fin à la violence contre les femmes(index AI : ACT 77/052/2004) : un manuel pour l’action. Il propose des méthodes pour aboutir à des changements, telles que le travail de pression, l’utilisation des médias et la défense des droits devant les tribunaux pénaux et civils.
Pour que les droits deviennent réalité. Les États ont le devoir de combattre la violence contre les femmes(index AI : ACT 77/049/2004) : guide exposant les normes et le droit relatifs aux droits humains concernant l’obligation qui incombe aux États, en vertu du droit international, de combattre la violence contre les femmes.
Pour que les droits deviennent réalité. La violence contre les femmes lors des conflits armés(index AI : ACT 77/050/2005) : guide relatif aux normes internationales concernant la violence contre les femmes dans les situations de conflit armé.
Pour que les droits deviennent réalité. Atelier sur l’éducation aux droits humains pour les jeunes(index AI : ACT 77/053/2005) : dossier d’éducation aux droits humains des femmes dans le droit international, destiné aux jeunes.
Pour que les droits deviennent réalité. Atelier sur l’éducation aux droits humains pour les journalistes(index AI : ACT 77/054/2005) : dossier d’éducation aux droits humains des femmes dans le droit international, destiné aux personnes travaillant dans les médias.
Pour que les droits deviennent réalité. Atelier sur l’éducation aux droits humains pour les organisations non gouvernementales(index AI : ACT 77/055/2005) : dossier d’éducation aux droits humains des femmes dans le droit international, destiné aux personnes travaillant pour les organisations non gouvernementales.
Remerciements
Certaines des méthodes utilisées dans cet atelier sont inspirées et parfois adaptées du travail de l’Instituto Mexicano para el Desarollo Comunitario (IMDEC), une ONG de Guadalajara, au Mexique, œuvrant dans le domaine de l’éducation populaire. La deuxième séance reprend des idées adaptées de la méthode de l’«autodiagnostic triple» de l’IMDEC, que Liam Kaneprésente dans son ouvrage intitulé Popular Education and Social Change in Latin America, Latin American Bureau, Londres, 2001.
Amnesty International est un mouvement mondial composé de bénévoles qui œuvrent en faveur du respect et de la protection des droits humains reconnus au niveau international.
La vision d’Amnesty International est celle d’un monde dans lequel chacun jouit de tous les droits humains inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans les autres normes internationales des droits humains.
Pour que cette vision puisse se réaliser, la mission d’Amnesty international est de conduire, dans le cadre de son travail en faveur de la promotion de tous les droits humains, des recherches et des actions visant à prévenir et mettre un terme aux graves atteintes aux droits à l’intégrité physique et mentale, à la liberté de conscience et d’expression et au droit de vivre sans discrimination.
L'organisation est indépendante de tout gouvernement, de toute tendance politique, de tout intérêt économique ou croyance religieuse. Elle ne soutient ni ne rejette aucun gouvernement ni système politique, pas plus qu'elle ne défend ni ne rejette les convictions des victimes dont elle tente de défendre les droits. Sa seule et unique préoccupation est de contribuer impartialement à la protection des droits humains.
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Amnesty International est un mouvement démocratique et autonome qui compte plus de 1,8 millions de membres et sympathisants dans plus de 150 pays et territoires, répartis dans toutes les régions du monde. L’organisation est principalement financée par les membres internationaux et par les dons du public.
La violence contre les femmes est un scandale planétaire. De la naissance à la mort, en temps de paix comme en temps de guerre, les femmes sont confrontées à la discrimination et à la violence de la part de l’État, de la communauté et de la famille.
Le présent dossier est conçu pour les éducateurs aux droits humains travaillant pour des organisations non gouvernementales. Il explique avec précision comment organiser et mener un atelier de deux jours destiné au personnel, aux dirigeants et aux volontaires des ONG.
Les causes et les conséquences de la violence contre les femmes sont explorées, ainsi que les mécanismes juridiques et les outils disponibles pour lutter contre cette violence. Il est affirmé clairement que les droits des femmes sont des droits humains et les participants sont encouragés à intégrer le travail sur les droits des femmes à la pratique et aux politiques de leurs organisations.
Tous les documents nécessaires à chaque séance sont inclus : études de cas, conseils et supports pour l’animateur, ainsi qu’une liste de ressources utiles et d’informations générales.
SOMMAIRE
Introduction
Le Kit du militant
La campagne Halte à la violence contre les femmes
À qui cet atelier sur l’éducation aux droits humains s’adresse-t-il ?
Informations importantes concernant l’atelier et les supports d’accompagnement
Les révélations
Déroulement de l’atelier, planning commenté et plan détaillé des séances
Les droits humains et le combat pour éliminer la violence contre les femmes
Séance n°1 : Introduction et attentes
Étape 1 : Accueil et introduction par l’animateur
Étape 2 : Dalles (ou chemins) : comment, pourquoi et quoi ?
Étape 3 : Attentes, tact et règles de base
Séance n°2 : Conceptualiser les droits et les refléter dans notre pratique
Étape 1 : Séance de réflexion : diagramme en étoile représentant ce que nous entendons par droits humains et ce que nous désignons comme les droits des femmes
Étape 2 : Pratique des participants en tant que militants des droits humains
Séance n°3 : Contexte
Étape 1 : Choisir quelques aspects fondamentaux du contexte
et concevoir un bilan visuel
Étape 2 : Présentation à tout le groupe, interprétation, analyse et discussion du contexte
Étape 3 : Lier contexte et pratique
Séance n°4 : Conceptualiser les droits des femmes et analyser les causes profondes et les conséquences de la violence contre les femmes
Étape 1 : Les droits des femmes sont-ils différents des autres droits humains ?
Étape 2 : Définir la violence contre les femmes et son étendue
Étape 3 : Les causes profondes de la violence contre les femmes
Étape 4 : Discussion
Étape 5 : Conclusion
Séance n°5 : Les droits des femmes en tant que droits humains
Étape 1 : Partie 1 de la présentation
Étape 2 : Chronologie des événements importants
Étape 3 : Partie 2 de la présentation
Séance n°6 : Conclusions de la première journée
Étape 1 : Conclure
Étape 2 : Présenter les grandes lignes de la deuxième journée
Étape 3 : Remercier les participants
Séance n°7 : Mise en train
Étape 1 :
Étape 2 :
Séance n°8 : Responsabilité des États en matière de protection des droits des femmes
Étape 1 : Présentation de la partie 2
Étape 2 : La campagne d’Amnesty International Halte à la violence contre les femmes
Étape 3 : Le concept de l’obligation d’agir (avec la diligence voulue)
Étape 4 : Réflexion collective sur les responsabilités de l’État
Séance n°9 : Appliquer l’obligation d’agir à des cas de violences contre les femmes
Étape 1 : Lecture d’études de cas en groupes
Étape 2 : Travaux de groupes sur des études de cas
Étape 3 : Bilan collectif
Séance n°10 : Les coûts de la violence contre les femmes
Étape 1: Coûts sociaux, psychologiques, économiques
Étape 2 : Sociodrame
Étape 3 : Présentation au groupe complet et interprétation des sociodrames
Étape 4 : Mini-présentation, par l’animateur, des coûts de la violence contre les femmes
Étape 5 : Quels bénéfices attendre d’un travail sur les droits des femmes ?
Séance n°11 : Retour à la pratique
Étape 1 : Retour à la pratique
Étape 2 : Changer ses propres pratiques
Étape 3 : Bilan autour de «l’exposition» ; discussion
Séance n°12 : Dernier rassemblement du groupe au complet
Étape 1 : Conclusions de l’atelier
Étape 2 : Exposer les grandes lignes de la campagne Halte à la violence contre les femmes
Étape 3 : Évaluation
Étape 4 : Clôture de l’atelier
Annexe A : Jeux «dynamisants» et activités pour la formation des groupes
Jeux dynamisants
Achever la journée
Exercices de répartition des participants en groupes
Annexe B : Supports
Support n°1 : Qu’est-ce que la violence contre les femmes ?
Support n°2 : Étendue de la violence contre les femmes
Support n°3 : Témoignages
Support n°4 : Présentation des droits humains des femmes
Support n°5 : Note sur les droits humains des femmes
Support n°6 : Principe de non-discrimination
Support n°7 : La diligence voulue (obligation d’agir)
tx7877 Support n°8 : Responsabilité de l’État de respecter, protéger, concrétiser, promouvoir – quelques exemples
Support n°9 : Cas particuliers
Support n°10 : Les coûts de la violence contre les femmes
Support n°11 : Imaginer un monde libéré de la violence contre les femmes
Support n°12 : Le programme d’Amnesty International
Support n°13 : Évaluation
Bibliographie
Introduction
La violence contre les femmes est un scandale planétaire. Partout dans le monde, des femmes continuent d’être violées, mutilées ou tuées en toute impunité. Les actions concertées des femmes ont certes débouché ces dernières années sur des modifications profondes des lois, des politiques et des pratiques, mais il est extrêmement urgent de faire connaître les récentes évolutions et de travailler avec les jeunes générations pour mettre fin à la violence liée au genre. Le présent document est destiné aux éducateurs aux droits humains qui travaillent pour des organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains ou d’autres organismes œuvrant dans des secteurs semblables.
Ce dossier explique avec précision comment organiser et mener un atelier de deux jours pour le personnel, les dirigeants et les bénévoles des organisations de défense des droits humains et autres ONG travaillant dans des domaines apparentés.
Son contenu aidera les participants à :
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réfléchir aux causes et aux conséquences de la violence contre les femmes ;
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comprendre que les droits des femmes sont des droits fondamentaux ;
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comprendre les mécanismes et les outils juridiques disponibles pour combattre la violence contre les femmes ;
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déterminer des façons d’intégrer le travail sur les droits des femmes en tant que droits humains aux pratiques et politiques en vigueur dans les organisations respectives des participants.
L’apprenant est au centre de tout le matériel éducatif du dossier. Une gamme de techniques d’éducation participative est mise en œuvre, notamment : travail de groupe, théâtre, jeux de rôle, études de cas, séances de réflexion, discussions et travail artistique. Agrémenté de conseils aux animateurs et d’idées d’activités supplémentaires pour les groupes, ce dossier est un instrument complet pour l’organisation de séances sur la violence contre les femmes.
Il fait partie d’un ensemble de documents élaborés par Amnesty International – le Kit du militant – pour aider les personnes qui œuvrent à faire cesser la violence contre les femmes à faire passer leur message auprès de publics variés.
Le Kit du militant
Le premier volet du kit est un dossier général d’éducation aux droits humains sur les concepts fondamentaux dans le domaine du genre et des droits des femmes : Pour que les droits deviennent réalité : ateliers de sensibilisation aux questions liées au genre(index AI : ACT 77/035/2004).
Le second, Pour que les droits deviennent réalité. Les États ont le devoir de combattre la violence contre les femmes(index AI : ACT 77/049/2004), est un guide introduisant le droit relatif aux droits humains et les normes applicables au droit des femmes de ne pas subir de violences. Il traite de la violence domestique, de la violence perpétrée par des membres de l’entourage, des dispositions de droit pénal dans ce domaine et des mesures à prendre en faveur des victimes.
Le troisième document traite des normes internationales concernant la violence contre les femmes lors des conflits armés : Pour que les droits deviennent réalité. La violence contre les femmes lors des conflits armés(index AI : ACT 77/050/2005).
Le quatrième volet, Pour que les droits deviennent réalité. La violence contre les femmes lors des conflits armés(index AI : ACT 77/052/2004), est un manuel pour l’action. Il propose des méthodes telles que le travail de pression, les actions de campagne et la défense des droits devant les tribunaux pénaux et civils. Il contient aussi des suggestions sur la façon de s’adresser aux organisations de la société civile, aux autorités des États et aux organes intergouvernementaux.
Le présent document, Pour que les droits deviennent réalité : atelier sur l’éducation aux droits humains destiné aux organisations non gouvernementales(index AI : ACT 77/055/2005) est un dossier d’éducation aux droits humains (EDH) pour les ONG. Il envisage les droits des femmes au travers du droit international. Il s’accompagne de deux autres dossiers d’EDH : Pour que les droits deviennent réalité. Atelier sur l’éducation aux droits humains pour les journalistes(index AI : ACT 77/054/2005) ; et Pour que les droits deviennent réalité. Atelier sur l’éducation aux droits humains pour les jeunes(index AI : ACT 77/053/2005).
Il est conseillé aux animateurs de prendre connaissance des volets juridiques et relatifs à l’action contenus dans le kit avant toute séance. On trouvera également d’importantes informations générales sur la question de la violence contre les femmes dans le rapport de lancement de la campagne Halte à la violence contre les femmes, intitulé Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui(index AI : ACT 77/001/2004), et sur le site Internet de la campagne, http://web.amnesty.org/actforwomen/index-fra.
La campagne Halte à la violence contre les femmes
La violence contre les femmes est endémique. C’est l’une des formes d’atteintes aux droits humains les plus répandues, mais aussi l’une des plus cachées. Presque partout dans le monde, elle reste largement sous-estimée.
La violence contre les femmes ignore les barrières culturelles, régionales, religieuses et économiques et touche les femmes quels que soient leur classe sociale, leur race, leur origine ethnique, leur âge, leur religion, leurs croyances, leurs handicaps, leur nationalité et leur identité sexuelle. Bien que la violence contre les femmes soit universelle, de nombreuses femmes sont victimes de formes spécifiques de violence en raison d’aspects particuliers de leur identité. Elles subissent la discrimination liée à la race, l’origine ethnique, la culture, la langue, l’identité sexuelle, la pauvreté et la santé. Selon les valeurs et les croyances de nombreuses sociétés dans lesquelles les femmes sont victimes de discrimination, la violence contre les femmes est trop souvent considérée comme «naturelle»ou «normale»et n’est donc pas combattue. La campagne d’Amnesty International sur la violence contre les femmes a été lancée le 5 mars 2004. Elle porte principalement, dans un premier temps, sur la violence au sein de la famille et dans les situations de conflit. Ses objectifs à long terme sont les suivants :
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abolir les lois qui soutiennent l’impunité pour la violence contre les femmes et les lois discriminatoires envers les femmes ;
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faire voter et appliquer des lois et des pratiques efficaces pour protéger les femmes de la violence dans les situations de conflit et d’après-conflit ; mettre un terme à l’impunité des combattants qui commettent des violences contre les femmes et de ceux qui les commandent ;
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rendre les États responsables, individuellement et collectivement, du devoir qui leur incombe, en vertu du droit international, de prévenir tous les actes de violence contre les femmes en temps de paix comme en temps de conflit armé, de mener des enquêtes sur ces actes, de les punir et d’imposer des réparations ;
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garantir une action efficace pour faire cesser les violences contre les femmes au niveau du lieu de vie, par une intervention des institutions locales et de la société civile, y compris les organismes religieux, les autorités traditionnelles et non officielles.
À qui cet atelier sur l’éducation aux droits humains s’adresse-t-il ?
Cet atelier de deux jours et les supports qui l’accompagnent sont destinés en premier lieu au personnel, aux dirigeants et aux bénévoles des organisations de défense des droits humains et des autres ONG œuvrant dans des domaines apparentés. Souvent, le travail essentiel effectué par ces organismes n’est pas mené dans une perspective de genre et n’accorde pas une place primordiale à la question du droit des femmes, et de ce fait il n’est pas possible de mettre en évidence l’impact spécifique d’une atteinte aux droits humains sur les femmes, d’en prendre acte et de tenter d’y remédier véritablement. L’atelier a pour objectif général de renforcer la compréhension et la connaissance des droits des femmes en tant que droits humains, et d’encourager les organisations de défense des droits humains et autres ONG œuvrant dans des domaines apparentés à prendre davantage en considération les droits fondamentaux des femmes. Plus particulièrement, l’atelier est conçu pour aider les participants à :
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réfléchir aux concepts de droits humains et de droits des femmes ;
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débattre des causes et des conséquences de la violence contre les femmes ;
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étudier l’histoire des droits des femmes en tant que droits humains ;
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mieux comprendre les mécanismes juridiques et les outils disponibles pour lutter contre les violences faites aux femmes ;
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identifier les coûts sociaux et économiques de la violence contre les femmes ;
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réfléchir aux pratiques professionnelles et déterminer des façons d’intégrer et de développer le travail sur les droits des femmes en tant que droits humains dans les pratiques et les politiques en vigueur dans les organisations d’où viennent les participants.
N.B. : Cet outil NE S’ADRESSE PASaux organisations de femmes. Il peut cependant être utilisé par ces organisations dans le cadre de formations externes.
Il sera bon d’inviter une représentante d’une organisation locale de femmes à intervenir lors d’une ou plusieurs séances, ou à co-animer une ou plusieurs séances. La participation d’organisations de défense des droits des femmes offre un double avantage : la présence de spécialistes de la question et la possibilité pour les participants d’établir des contacts et des partenariats.
Il est préférable, par ailleurs, que les participants aient quelques notions élémentaires sur les questions liées au genre : cela facilitera la discussion pendant l’atelier. Amnesty International a conçu des documents de formation à ce sujet (voir Pour que les droits deviennent réalité : ateliers de sensibilisation aux questions liées au genre,index AI : ACT 77/035/2004) et il peut être bon, avant l’atelier, de proposer cette formation, en totalité ou en partie, aux futurs participants.
Informations importantes concernant l’atelier et les supports d’accompagnement
L’atelier est conçu pour fonctionner dans un cadre méthodologique participatif et interactif. Il cherche à tirer profit du vécu des participants et à créer un dialogue interactif à partir des connaissances, des idées et des expériences. Il doit se dérouler dans un esprit de respect mutuel, d’égalité et de partage entre les animateurs et les participants. Les animateurs faciliteront un tel climat s’ils restent ouverts à l’apprentissage et ne se contentent pas simplement de transmettre des informations.
L’atelier et les supports qui l’accompagnent ont été testés dans plusieurs pays et adoptent, dans toute la mesure du possible, une attitude et une démarche multiculturelles face aux questions des droits des femmes et de la violence contre les femmes. Des documents portant sur des régions spécifiques sont fournis à la fin du dossier, mais sans aucune prétention à l’exhaustivité. Nous invitons les animateurs à méditer les conseils suivants.
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Préparer les ateliers, de manière à bien connaître toutes les séances et les activités et à être au fait des questions abordées. Sur certaines questions pointues, envisager une co-animation avec un spécialiste externe. Ne pas hésiter à adapter l’ordonnancement de l’atelier ou de telle ou telle séance spécifique en fonction des besoins du public visé et du contexte culturel et politique local, sans modifier les objectifs des séances.
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Se procurer des exemplaires des autres volets du Kit du militant, en particulier Pour que les droits deviennent réalité. Les États ont le devoir de combattre la violence contre les femmes (index AI : ACT 77/049/2004) et Pour que les droits deviennent réalité. La violence contre les femmes lors des conflits armés (index AI : ACT 77/050/2005), qui comportent d’utiles informations en matière juridique.
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Avant le début de la séance, vérifier à l’aide de la liste récapitulative qui lui correspond que tout le matériel nécessaire est réuni.
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Cet atelier a été conçu pour un groupe de 15 à 20 participants et les séances sont minutées en fonction de cet effectif. Si votre groupe est de taille sensiblement différente, vous devrez ajuster les temps impartis. Les animateurs s’efforceront de travailler dans le cadre des tranches horaires prévues, en gardant à l’esprit qu’il ne s’agit que de lignes directrices et que chaque groupe est différent. Chacun doit être capable de s’adapter lorsqu’il y a besoin de plus ou moins de temps. La souplesse est un élément essentiel, mais n’oubliez pas les participants se sont engagés pour un atelier de deux jours : faites en sorte de ne pas avoir terminé le deuxième jour à midi, ou de devoir travailler jusqu’à minuit, sauf accord préalable !
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Les activités de stimulation ou de mise en train ne font pas partie de l’atelier à proprement parler (hormis pour la séance d’ouverture). En fonction du déroulement de l’atelier et du dynamisme des personnes, on pourra utilement y avoir recours après le repas de midi ou les pauses, pour maintenir la vigilance et l’entrain des participants. L’annexe A propose une sélection d’activités de stimulation et quelques idées pour répartir les participants en groupes de travail.
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Bien que les séances soient conçues pour inciter les participants à s’impliquer activement, il arrive souvent que dans un groupe donné, certains soient plus actifs et s’expriment avec plus de facilité que d’autres. L’animateur a le devoir d’encourager une participation égale de tous. Le travail par petits groupes et les techniques interactives aident à y parvenir, mais vous devrez parfois trouver des moyens variés pour limiter la participation de certains tout en encourageant un plus grand investissement de la part d’autres. Il est important de trouver la bonne dynamique au sein du groupe. La clé d’un déroulement harmonieux, et donc de la réussite de ces ateliers, consiste à faire en sorte que le groupe entier et les sous-groupes fonctionnent correctement. Voici quelques idées pour obtenir la participation de tous :
Ø toujours réagir de manière positive aux contributions des participants, mettre en valeur ce qu’ils ont dit, même si vous devez reformuler le contenu ou contester celui-ci. Pour les inciter à prendre part aux discussions, faire en sorte qu’ils se sentent libres de prendre la parole, même lorsqu’ils manquent d’assurance ;
Ø utilisez le langage du corps pour mettre un terme à une intervention orale – levez-vous et approchez-vous un peu de la personne qui parle en levant légèrement vos mains devant vous, comme si vous vous apprêtiez à parler – puis, en reprenant simplement quelque chose qui vient d’être dit, profitez-en pour éloigner la discussion de cette personne et tournez-vous vers d’autres, ou vers un autre sujet ;
Ø mélangez les groupes pour que les mêmes personnes ne travaillent pas toujours ensemble ;
Ø gardez à l’esprit que tout le monde n’apprend pas de la même manière, ni à la même vitesse. Soyez donc attentif à la façon dont les différents participants réagissent aux idées nouvelles ; efforcez-vous d’adopter un rythme moyen. N’ayez pas de présupposés quant aux connaissances des participants et souvenez-vous que vous travaillez avec des adultes motivés ;
Ø ne désignez pas tel ou tel participant et ne forcez personne à parler. Adressez-vous plutôt à l’ensemble du groupe en utilisant des formules telles que «Est-ce que quelqu’un qui n’a pas encore parlé aimerait ajouter quelque chose ?»ou «Laissons la parole à ceux qui ne l’ont pas encore prise». Évitez aussi les questions directes entraînant une réponse de type vrai/faux (telles que «Que signifie … ?»), les participants risquant de se sentir contraints et gênés s’ils ont le sentiment de ne pas être capables de répondre ;
Ø si un participant semble trop effacé, ou fait preuve au contraire d’un franc-parler excessif, profitez de la pause pour aborder la question incidemment avec lui (MAIS jamais à portée de voix d’autres participants) ;
Ø la qualité de l’animation est primordiale :
- soyez un animateur actif mais n’écrasez pas l’atelier – vous jouez un rôle essentiel dans la réussite de ces journées. Utilisez votre expérience sur ce qui fonctionne bien pour obtenir des participants qu’ils s’impliquent et pour faire en sorte qu’ils puissent parler ouvertement ;
- soyez aussi clair que possible sur les buts et objectifs de chaque séance, pour que les participants comprennent ce que vous tentez d’obtenir. Attention toutefois : trop en dire peut nuire à la participation (et il est souvent important de rebondir sur les idées des participants) ;
- restez serein devant l’éventualité de NE PAS SAVOIR répondre à toutes les questions, mais faites en sorte de bien connaître le sujet ainsi que les différentes parties de l’atelier et leur but. «Démystifiez votre rôle d’[animateur].Si les membres du groupe ne comprennent pas votre rôle, ils vous ressentiront probablement comme une autorité et ne verront pas qu’ils doivent endosser la responsabilité de leur propre démarche d’apprentissage(1).»
- NE VOUS ASSEYEZ PAS et NE RESTEZ PAS INACTIF pendant que les participants travaillent par groupes de deux ou davantage – il est particulièrement démotivant pour les participants de voir l’animateur ne rien faire ou avoir l’air de s’ennuyer pendant qu’ils travaillent dur dans leur groupe ;
- déplacez-vous et vérifiez que les groupes savent exactement ce qu’ils ont à faire et avancent dans leur tâche ;
- utilisez ce temps pour accrocher aux murs les feuilles mobiles ;
- vérifiez vos notes pour la prochaine étape ou la prochaine séance, afin d’être prêt le moment venu ;
- il est très important de surveiller l’heure et d’informer les participants des contraintes de temps avant tout travail qu’ils devront accomplir ;
- soyez amical et d’un abord facile, faites preuve d’humour, mais NE FAITES JAMAIS de blagues douteuses !
- N’oubliez pas que la langue est un outil puissant, non seulement quant au contenu mais aussi quant à sa capacité d’intégration au travers de ce qui est dit – vous pouvez souhaiter vous inclure, personnellement, dans la langue et les idées véhiculées en disant «nous»au lieu de «vous». Les animateurs devront faire ce choix avant de lancer l’atelier.
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Enfin, nous vous conseillons vivement d’être attentif à la nature sensible des thèmes abordés et :
Ø d’informer les participants, avant l’atelier, du contenu qui va être abordé et vous assurer qu’ils comprennent bien les buts de l’atelier. Vous pouvez donner aux participants un aperçu du programme en créant un document à partir d’un copier-coller des deux premières colonnes du planning (voir le diagramme du déroulement de l’atelier et le planning commenté, pages 13 et de 15 à 21), que vous leur enverrez une semaine au moins avant le début de la formation ;
Ø afin de créer une bonne atmosphère de travail, évoquez clairement dès le début de l’atelier le caractère sensible des sujets. Soulignez l’importance du respect tout au long des deux journées à venir. Dans un atelier où sont discutées des opinions fortement ancrées et des questions relatives aux préjugés et à la discrimination, il est essentiel que les personnes puissent exprimer leur avis, même si nous ne le partageons pas, tout en faisant en sorte qu’aucun participant ne blesse un autre. Les opinions sexistes ou marquées par les préjugés seront acceptées, mais il faudra ensuite les remettre en question, les déconstruire, et les renvoyer aux participants en leur demandant de changer de perspective, de mettre au jour les causes profondes de ces opinions, ainsi que leurs conséquences. Essayez de vous appuyer sur un exemple sans rapport, mais qui illustre le même point. Il peut être ainsi commode d’évoquer l’appartenance ethnique pour aider les participants à établir des liens avec les questions de préjugés et de discrimination, particulièrement dans les ateliers où les participants expriment des opinions fondées sur le relativisme culturel. N.B. :En cas de remarques injurieuses ou d’attaques personnelles directes, il importera de les traiter ouvertement en indiquant clairement à la personne concernée que ce type de comportement ne sera pas toléré ;
Ø les participants ne doivent pas être directement invités à faire part de leur vécu en matière de violence contre les femmes. Les témoignages doivent émerger spontanément dans le cadre des activités proposées et être traités avec beaucoup de tact (voir ci-dessous les lignes directrices sur les révélations) ;
Ø gardez un temps suffisant pour faire le point à la fin de la séance si les participants ont apporté des témoignages personnels ou si des révélations ont été faites. N’INTERROMPEZ JAMAIS brutalement quelqu’un qui raconte une expérience personnelle dans le domaine de la violence contre les femmes, même si la séance s’en trouve prolongée au-delà du temps prévu ;
Les révélations
(Adapté de Advice for Handling Questions or Inquiries from Persons Alleging Violence Against Themselves or Someone Else, section canadienne (anglophone) d’Amnesty International, 2004 (en anglais).
Il est reconnu à l’échelle internationale qu’une femme sur trois sera à un moment ou un autre de sa vie victime de violences physiques.
Même si les participants ne doivent pas être directement invités à raconter leur expérience personnelle, les animateurs doivent s’attendre à ce que certaines participantes révèlent qu’elles ont elles-mêmes été victimes de violences ou que quelqu’un raconte avoir été élevé dans un foyer marqué par la violence.
Dans les ateliers où les participants ne sont pas directement invités à faire part de leur expérience personnelle, les femmes qui font des révélations ne sont généralement plus battues. L’animateur doit cependant être conscient du fait qu’il peut y avoir dans le groupe d’autres femmes qui sont actuellement victimes de violence et qu’il est aussi possible que des auteurs de violence figurent parmi les participants. Nous invitons les animateurs confrontés à ce type de révélations à suivre les recommandations suivantes :
1) Respecter la personne et ne pas la juger.Il convient de prendre au sérieux les révélations et de veiller à mettre à l’aise la personne qui s’exprime, quelle que soit la nature ou l’ampleur des violences. Il serait inutile et malvenu de juger si ce que la personne a vécu est de la violence. Il convient de noter que la violence contre les femmes, les jeunes filles et les fillettes peut être physique, affective ou psychologique. Il faut la reconnaître, quel qu’en soit l’auteur. Il est indispensable que la personne reçoive un soutien et des paroles amicales d’une personne compréhensive et compatissante au moment de la révélation.
2) Avoir à disposition une liste d’adresses et de numéros de téléphone de personnes et d’associations pouvant aider les victimes. Si une participante établit le dialogue et recherche de l’aide, il faut pouvoir l’orienter. Il est donc essentiel d’avoir toujours à disposition, pendant les ateliers, les noms et numéros de téléphones ou adresses Internet d’organisations susceptibles d’aider les femmes, les jeunes filles et les fillettes qui ont subi des violences. Laissez, par exemple, ces coordonnées dans un endroit discret afin que les participants puissent les consulter à l’abri des regards s’ils le souhaitent. Un tableau vierge que vous pouvez remplir avec les coordonnées des organisations adaptées aux participants de votre groupe figure dans le chapitre Outils,à la fin de ce dossier.
Il est important de discuter avec les organisations et d’obtenir leur accord explicite avant de leur envoyer une personne qui a besoin de leur aide. En effet, les associations ou personnes qui apportent un soutien et des conseils aux personnes traumatisées par la violence ont des lignes directrices que vous devez connaître et intégrer pour mieux remplir votre rôle d’orientation.
N’essayez pas de fournir une aide à la personne, MAIS prenez le temps d’écouter. Un animateur d’EDH n’est pas formé pour apporter une aide aux personnes qui ont subi des violences et ne doit jamais se présenter comme tel. Il doit expliquer clairement son rôle dès le début de l’atelier afin que les participants sachent quel soutien ils pourront attendre s’ils font des révélations. L’animateur est chargé de diriger les débats sur la violence contre les femmes et les questions liées au genre, et de créer un climat favorable à l’apprentissage sur les thèmes et sujets abordés. Si vous êtes confronté à des révélations, prenez au sérieux l’expérience de la personne et trouvez le temps nécessaire et le lieu appropriés pour lui parler dans un environnement sûr et sécurisant. Expliquez-lui ce que vous pouvez et ne pouvez pas lui apporter et encouragez-la à contacter des organisations qui pourront l’aider.
Déroulement de l’atelier,
planning commenté et plan détaillé des séances
Vous trouverez ci-après le plan détaillé de chaque séance de l’atelier, qui explique de manière précise le déroulement prévu des exercices. Les séances ont chacune un objectif particulier et s’enchaînent logiquement (voir ci-dessous le diagramme du déroulement de l’atelier, qui expose le contenu des deux journées – n’hésitez pas à le communiquer aux participants si vous le souhaitez). Chaque séance s’inscrit dans un certain cadre horaire, qu’il vous revient d’adapter en fonction du nombre de participants. Appuyez-vous sur votre expérience et faites ce qui vous semble raisonnable.
Comme nous l’avons observé dans l’introduction, les séances et supports ont été élaborés pour un public multiculturel composé de femmes et d’hommes. Il a été essayé sur des groupes expérimentaux. Vous apprécierez, notamment en fonction de votre expérience, s’il faut adapter les documents pour satisfaire aux besoins des participants.
Le diagramme qui suit illustre la logique du déroulement de l’atelier.

Déroulement de l’atelier
Les droits humains et le combat pour éliminer la violence contre les femmes
Durée :atelier de deux jours
Utilisateurs :éducateurs aux droits humains
Public :organisations de défense des droits humains et autres ONG (MAIS pas les organisations de défense des droits des femmes)
Participants :maximum 20 (10 ONG – dans l’idéal, deux participants par ONG).
L’objectif est de renforcer la compréhension et la connaissance des droits des femmes en tant que droits humains et d’encourager les organisations de défense des droits humains et autres ONG travaillant dans des domaines apparentés à davantage prendre en considération les droits fondamentaux des femmes dans leurs pratiques.
Objectifs spécifiques :
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susciter la réflexion sur les causes et les conséquences de la violence contre les femmes ;
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faire comprendre que les droits des femmes sont des droits humains ;
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comprendre les mécanismes et outils juridiques disponibles pour combattre la violence contre les femmes ;
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trouver des moyens d’intégrer le travail sur les droits des femmes en tant que droits humains dans les pratiques et les politiques en vigueur dans les organisations des participants.
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Séance/HEURE
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CONTENUMÉTHODEMATÉRIEL |
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Séance n°1, 9 h 30 – 10 h 30 (1 heure) |
Accueil |
Introduction à l’atelier |
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Présentations |
Tour de table, chaque personne se présente (nom, ONG, poste dans l’organisation). |
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Attentes |
Attentes : Activité «dalles». Les participants reçoivent trois «dalles» chacun sur lesquelles ils écrivent leurs réponses (une réponse et une couleur différente par dalle) et qu’ils étalent devant eux. Ils doivent répondre aux questions suivantes : - Pourquoi vous-êtes vous impliqué dans les questions des droits humains ? - Pourquoi vous intéressez-vous aux droits des femmes ? - Qu’espérez-vous retirer de positif de cet atelier ? |
Découper des fiches en forme de dalles. |
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Buts : - Présentation des buts de la série d’ateliers, par l’animateur - Retour aux attentes et à ce que l’on peut raisonnablement apporter |
Buts/objectifs sur tableau à feuilles mobiles ou par rétroprojecteur |
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Pause café, 10 h 30 – 10 h 45 |
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Séance n°2, 10 h 45 – 12 h 00 (1 heure et 15 minutes) |
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Et par droits humains des femmes ?Diagramme en étoile – à l’aide de mots ou de très brèves descriptions seulement (écrire avec des couleurs différentes les mots s’appliquant aux droits humains et ceux concernant les droits des femmes) – avec le groupe complet ou en deux groupes. Faites d’abord porter la question sur les droits humains, puis sur les droits des femmes. Si vous travaillez avec deux groupes, l’un d’eux peut lancer sa réflexion sur les droits humains pendant que l’autre se préoccupe des droits des femmes.Deux ou quatre feuilles de grand format assemblées et des marqueurs de différentes couleurs. |
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Quelle est notre pratique en tant que membres du personnel d’une ONG, ou en tant que militants ? |
Buts et objectifs de leur travail (Sur quel type de question vous concentrez-vous ? Avec qui et pour qui travaillons-nous ? Par ex : groupes cibles, partenaires principaux) Débattre des questions ci-dessus : (i) par groupes de deux personnes de la même organisation ; (ii) par groupes de quatre. Bilan avec le groupe complet. [N.B. : Cet exercice n’interroge pas de façon explicite sur le travail des participants en matière de droits des femmes. Si vous choisissez de demander précisément comment leurs pratiques actuelles se centrent sur les femmes, vous devrez prendre garde à bien focaliser les questions et les débats lorsque le groupe «reviendra à la pratique», le lendemain.] |
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Séance n°3, 12 h 00 – 12 h 45 (45 minutes) |
Le contexte de notre travail (i) Obstacles / Défis à relever Opportunités |
Les mêmes petits groupes se retrouvent pour débattre et s’accorder sur le contexte dans lequel les participants travaillent – aux niveaux local, régional ou international ; ils peuvent retenir ces trois niveaux ou bien s’en tenir au contexte spécifique qui influe le plus sur leur travail. Ils communiqueront alors de façon visuelle leurs idées collectives, sans ou avec très peu de mots –et donc au moyen d’une présentation graphique ou de dessins. Tout le groupe étant réuni, demandez que chaque sous-groupe analyse/interprète les dessins des autres avant que le sous-groupe concerné explique ce qu’il a dessiné. Accrochez les feuilles sur un mur de l’atelier de façon à ce que les participants puissent revoir/se souvenir de l’ensemble des compétences et domaines mis en jeu dans le travail. Cet aspect est particulièrement utile pour que des réseaux se constituent lors des pauses ! |
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Pause déjeuner, 12 h 45 –14 h 00 |
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Séance n°4, 14 h 00 – 15 h 45 (1 heure et 45 minutes) |
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Le groupe entier est réuni, ou subdivisé s’il est très important. Dans les deux cas, l’animateur se reporte à la séance n°2 et s’empare de quelques-uns des éléments listés – puis lance une discussion sur les différences ou les intérêts particuliers émergeant des réponses données sur les feuilles –discussion. |
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Définition de la violence contre les femmes |
Comment les participants définiraient-ils la violence contre les femmes ? Débattez puis, à partir des idées émises, amenez la définition que propose Amnesty International et expliquez pourquoi nous estimons nécessaire d’accorder une attention toute particulière aux droits humains des femmes. |
Document définissant la violence contre les femmes. Document sur l’étendue de la violence contre les femmes. |
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Invisibilité / Racines profondes / Pouvoir |
Agrémentez ce début de séance avec une chanson pop ou folk du pays ou de la région, où les femmes apparaissent dans des rôles spécifiques. Ou bien choisissez une histoire bien connue campant les femmes dans leur rôle traditionnel ; vous pouvez aussi recourir à des photographies tirées de magasines, de journaux, de publicités, etc. Demandez aux participants d’écouter et de réfléchir sur ces mots/images et sur la façon dont les femmes sont présentées, puis demandez s’ils voient un quelconque rapport avec la violence contre les femmes. Puis faites travailler les groupes sur le thème des «causes» et des «conséquences» – un arbre, ou tout autre forme visuelle, servira à identifier les causes (les «racines») et les conséquences (représentées par des fruits) de la violence contre les femmes. Chaque groupe peut faire son propre arbre ou bien, après un travail en groupes pour lister les causes et les conséquences, vous pouvez faire un seul grand arbre qui sera complété, conjointement, par le groupe réuni. |
Feuilles de grand format en quantité, ruban adhésif et marqueurs de différentes couleurs. |
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Considérer quelques exemples spécifiques de violence contre les femmes |
Pour ce faire, ayez recours à des exemples concrets. Faites ressortir les causes profondes, le pouvoir, etc. pour établir un lien avec l’exercice précédent. |
Témoignages (et vidéo, si vous disposez d’un tel document dans la langue appropriée, montrant des exemples de violence contre les femmes). |
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Pause café, 15 h 45 – 16 h 00 |
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Séance n°5, 16 h 00 à 17 h 15 (1 heure et 15 minutes) |
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Présentation (c’est seulement à ce stade que se fait la première partie de la présentation en grandes lignes des trois phases).Notes de présentation (chaque animateur devra créer une présentation sur PowerPoint ou par rétroprojecteur, ou sur un tableau à feuilles ²mobiles). |
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Les droits des femmes en tant que droits humains dans votre pays et votre région |
Chronologie des événements significatifs sur un axe de temps… les participants inscrivent les événements internationaux, régionaux et nationaux qui ont un rapport avec les droits des femmes dans leur pays et leur région. En faire une représentation sur un grand axe de temps et l’accrocher au mur. |
Trois feuilles de grand format assemblées bout à bout pour constituer un support tout en longueur |
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Introduction de la référence aux normes et mécanismes juridiques, etc. |
Deuxième partie de la présentation – grandes lignes des mécanismes juridiques, brièvement (vous approfondirez ce panorama général le lendemain) |
Document sur l’obligation d’agir (avec la diligence voulue) |
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Terminez en insistant sur le principe de non-discrimination (document supplémentaire sur ce sujet) |
Document sur le principe de non discrimination |
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Séance n°6, 17 h 15 – 17 h 45 (30 minutes) |
Mise au point générale, explication des interprétations, présentation succincte de la deuxième journée |
Discussion avec le groupe entier |
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Cheminement des droits des femmes en tant que droits humainsQu’entendons-nous par droits des femmes, sont-ils différents des autres droits humains ? Devons-nous nous y attacher en particulier ?Qu’entendons-nous par droits humains ?
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2e JOURNÉE |
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927 |
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Séance n°7, 9 h 30 – 9 h 40 (10 minutes) |
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Récapitulation de la journée précédente |
Discussion avec le groupe entier |
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Séance n°8, 9 h 40 à 10 h 30 (50 minutes) |
Analyse des outils juridiques – mécanismes internationaux et régionaux |
Récapituler brièvement la construction des différents mécanismes juridiques, les présenter de manière plus détaillée, renvoyer les participants à des documents spécifiques ou à des articles de ces documents (voir les ressources régionales en annexe pour les documents se rapportant à des régions particulières, comme la Charte africaine en Afrique, etc.) |
Distribuer des exemplaires de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes – mettre en exergue des articles d’autres normes essentielles en matière de droits humains ainsi que tout document pertinent sur les droits humains au niveau régional. |
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Concept d’obligation d’agir (avec la diligence voulue) |
Montrer la vidéo de lancement de la campagne (qui débouche avec beaucoup de justesse sur une explication de l’obligation d’agir) |
Vidéo de lancement de la campagne |
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La clé consiste à aider chacun à comprendre en quoi consiste cette obligation, qui rend les gouvernements responsables des atteintes aux droits perpétrées par des agents non gouvernementaux. Discussion. Il peut s’avérer nécessaire de clarifier avec les participants ce que l’on entend par agents gouvernementaux et non gouvernementaux. |
Document sur l’obligation d’agir (diligence due). |
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Pause café, 10 h 30 – 10 h 45 |
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Séance n°9, 10 h 45 – 12 h 45 (deux heures) |
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Écrivez les réponses aux questions ci-dessus sur les feuilles. |
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3. Que ferez-vous différemment ? Demandez à des groupes de deux personnes (ou plus) de la même ONG ou d’ONG semblables de désigner deux ou trois points d’action (ou étapes prochaines) au niveau de l’organisation. Chaque groupe de deux personnes (ou plus) affiche sa feuille sur un mur servant de «galerie» et d’autres personnes y ajoutent, sur des Post-it, des suggestions de soutien, de travail en réseau, de collaboration. Bilan devant le groupe entier/discussion – insistez particulièrement sur ce que chaque participant a appris sur lui-même, ses pratiques ; y a-t-il eu des surprises ? |
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Enfin, demandez à chacun de noter sur une carte postale des points d’action au niveau individuel (qui pourra leur être expédiée par courrier au bout d’un mois, pour les encourager à tenir leurs promesses !) |
Cartes postales à remplir par les participants. |
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Séance n°12, 16 h 30 – 17 h 30 (1 heure) |
Dernière réunion du groupe au complet |
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Donner les grandes lignes de la campagne d’Amnesty International |
S’il reste du temps, rappeler les principaux objectifs de la campagne d’Amnesty International Halte à la violence contre les femmes. |
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Bilan |
Dernier bilan devant le groupe entier, par les animateurs Questions-réponses de fin |
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Atelier d’évaluation |
Évaluation orale et écrite |
Document d’évaluation (Support n°12) |
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Application des mécanismesRemise en train avec centrage sur les questions de genre
Séance n°1
Introduction et attentes
But de la séance : Faire en sorte que les participants se connaissent mutuellement ; comprendre les raisons qui les ont menés à participer à l’atelier et ce qu’ils en attendent ; présentation du contenu.
Durée :1 heure
Matériel nécessaire :
1) dossiers des participants contenant un exemplaire de leur emploi du temps (réalisé par l’animateur à partir de son propre document commenté) ;
2) bloc-notes et stylo ou crayon ; badge nominatif ;
3) feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs ;
4) trois feuilles de papier ou de carton léger de couleurs différentes par participant – qui pourront être découpées en forme de dalle ou d’empreinte de pied, ou simplement trois petits cartons de format A6 ;
5) si possible, des Post-it.
Étape 1 : Accueil et introduction par l’animateur
Nous vous recommandons de commencer par cinq minutes de présentation du sujet – à vous éventuellement de le relier au travail de vos propres organisations, ou de vous référer directement à la campagne d’Amnesty International Halte à la violence contre les femmes. Voir le document Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui(index AI : ACT 77/001/2004) et le site Internet d’Amnesty International http://web.amnesty.org/actforwomen/index-fra. Si ce n’est déjà fait, demandez aux participants d’inscrire sur leur badge le nom par lequel ils préfèrent être appelés et de le porter en évidence sur eux tout au long de l’atelier. Puis faites le tour de la salle et demandez à chacun de se présenter brièvement au groupe en indiquant :
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son nom ;
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l’organisation dans laquelle il/elle travaille ou est bénévole et ce que fait l’organisation ;
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son rôle dans cette organisation.
CONSEILS À L’ANIMATEUR : Vous êtes un animateur expérimenté et vous préférez sans doute certaines méthodes à d’autres pour démarrer un atelier ; notre principale recommandation sera que vous optiez pour quelque chose qui vous convient mais, comme la partie suivante de la séance fera émerger davantage d’informations de la part de chaque participant, faites en sorte que ces premières présentations soient brèves.
Étape 2 : Dalles (ou chemins) : comment, pourquoi et quoi ?
Le but de cet exercice est d’amener doucement les participants à livrer des informations intéressantes sur :
(i) comment ils en sont venus, pour la première fois, à travailler ou à être bénévoles dans le domaine des droits humains ou un domaine apparenté ;
(ii) pourquoi ils s’intéressent aux droits des femmes ;
(iii) quel bénéfice ils espèrent tirer de l’atelier.
Écrivez ce qui précède sous forme de question sur une grande feuille de papier. Après chaque question, écrivez entre parenthèses une couleur correspondant aux cartes de couleur que vous avez données aux participants. Lors du bilan, vous verrez ainsi à quelle question une réponse est en train d’être donnée.
Chaque participant reçoit trois cartes ou feuilles de papier de couleurs différentes. Vous pouvez leur donner des formes de dalles, ou d’empreintes de pieds – selon ce que vous jugez être le plus adéquat pour vos participants. (Remarque : s’il y a dans l’assistance un ou plusieurs handicapés physiques, optez de préférence pour une autre métaphore, comme une carte routière, ou des chemins.)
CONSEILS À L’ANIMATEUR : Une fois que les participants ont commencé à travailler, pensez à répéter les catégories de couleurs. Il est fréquent qu’ils se lancent dans l’écriture et ne réalisent qu’ils ont fait quelque chose de différent des autres qu’au moment du bilan.
Expliquez que vous souhaitez avoir des réponses brèves aux trois questions sur les différentes cartes de couleur et qu’elles devront être partagées avec l’ensemble du groupe dans les cinq minutes à peu près. Faites le tour de la pièce pour vérifier que chacun a compris et soyez attentif à la vitesse moyenne. Lorsque la moitié environ des participants semble avoir terminé, expliquez aux autres qu’il ne leur reste qu’une minute ou deux.
Pendant que les participants achèvent de répondre, installez une feuille A4 portant les mots «Protéger les femmes de la violence» au centre du mur, en prévoyant que les cartes viendront s’accrocher autour. Lorsque tout le monde a terminé, demandez que chacun veuille bien communiquer ses réponses, en prenant les trois réponses de chaque participant en une seule fois et, en commençant par disposer leur réponse à la question (i) en bordure, collez leurs cartes de couleur en les alignant vers «Protéger les femmes de la violence». Voir le diagramme ci-dessous.

Lorsque chacun a terminé (il est assez facile pour vous, en tant qu’animateur ou animatrice, de vous participer à l’exercice puisque vous avez, vous aussi, des informations vous concernant, ce qui permet d’entrer dans la dynamique du groupe), vous obtiendrez une carte murale multicolore à laquelle vous pourrez vous référer, et vous aurez entendu une part du vécu des participants, de leurs idées et leurs attentes. Il sera utile d’y revenir lors de l’évaluation finale de l’atelier.
CONSEILS À L’ANIMATEUR : Cet exercice peut être long dans les groupes importants, aussi soulignez dès le début que vous attendez des réponses brèves. Éventuellement, expliquez comment vous en êtes vous-même venu à travailler dans les droits humains – mais prenez garde tout de même au fait que les exemples donnés par les animateurs, en particulier aux premiers stades d’un atelier, sont souvent ressentis comme étant les «bonnes» réponses par les participants, qui se sentent alors poussés à les reproduire.
Étape 3 : Attentes, tact et règles de base
Une fois que toutes les contributions ont été mises en commun et que les cartes ont été affichées au mur, lisez à haute voix quelques-unes des réponses sur ce que les participants attendent de l’atelier. Appuyez-vous sur ces éléments pour reprendre l’ordre du jour, tant en termes de contenu que de structure, et en insistant sur plusieurs points essentiels :
(a) L’atelier est participatif et interactif. Il est conçu de manière à pouvoir évoluer en fonction du vécu, des idées et des connaissances des personnes présentes. Personne, ni vous ou ni aucun autre animateur, ne connaît toutes les réponses. Chacun d’entre vous peut saisir cette chance de partage et d’apprentissage commun.
(b) Annoncez les chiffres établis par Amnesty international, selon lesquels une femme sur trois dans le monde sera victime de violences au cours de sa vie. Soulignez qu’il peut donc se trouver dans la pièce des personnes qui ont subi des violences ou qui en ont été témoins. (Remarque : ce chiffre englobe les pays en conflit et peut être inférieur dans certains pays. Une femme sur quatre, par exemple, est concernée au Royaume-Uni). Insistez sur le fait que vous N’ÊTES PAS en train de demander à quiconque de relater son vécu personnel, mais que chacun dans la pièce devrait être conscient que des histoires personnelles émergeront peut-être pendant l’atelier : aucun jugement ne doit être porté. (Lisez les notes relatives à la révélation de situations vécues, pages 10 à 12 ci-dessus, pour vous préparer, vous-même, à toute éventualité).
(c) Puisqu’il s’agit d’un atelier sur les droits humains et les droits des femmes, il importe que la discussion soit ouverte et libre. Même si nous ne sommes pas toujours d’accord entre nous, nous devons écouter et respecter toute contribution au moment où elle est livrée. Chacun est libre de contester poliment ou de remettre en question des opinions ou des idées, par la suite. Insistez sur la nécessité que chacun écoute chacun, pour que tous aient une occasion de parler et, finalement, indiquez très clairement que les injures directes ou les agressions, verbales ou comportementales, ne seront pas tolérées.
Si l’horaire le permet, les participants peuvent faire des ajouts à votre liste. Une liste de mots-clés tels que «écouter», «respecter», etc., peut être inscrite sur le tableau à feuilles mobiles et constituer ainsi les règles de base de l’atelier. (Plutôt que de «règles de base», vous pouvez préférer parler de «création de notre propre environnement de travail», ou de «conventions pour la participation à l’atelier», etc.)
Séance n°2
Conceptualiser les droits et les refléter dans notre pratique
But de la séance :encourager les participants à partager leurs conceptions sur les droits humains et les droits des femmes et à réfléchir à la manière dont ils agissent dans ces deux domaines.
Durée :1 heure et 15 minutes
Matériel nécessaire :
(1) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
(2) Post-it
Étape 1 : Séance de réflexion : diagramme en étoile représentant ce que nous entendons par droits humains et ce que nous désignons comme les droits des femmes
Assemblez quatre feuilles de grand format et affichez-les sur un mur ou sur un tableau. Écrivez les mots DROITS HUMAINS au centre et demandez aux participants de rechercher des idées, ou de faire surgir, à cadence rapide, le plus grand nombre possible de mots ou de très courtes phrases qui leur viennent à l’esprit lorsqu’ils pensent aux droits humains. Au fur et à mesure que les participants parlent, tracez des traits à partir de l’inscription «droits humains» et inscrivez leurs idées aux extrémités de ces traits.

Laissez les participants aller jusqu’au bout de leurs idées avant de prendre un marqueur d’une couleur différente et d’écrire les droits des femmes sous ou à côté des droits humains et répétez le même exercice que ci-dessus. Utilisez des couleurs différentes pour les mots relatifs aux droits humains et ceux se rapportant aux droits des femmes. Recherchez quelques éléments communs et quelques éléments différents. Vous pouvez aussi demander à certains s’ils ont, ou non, inclus les droits des femmes lorsqu’ils réfléchissaient aux droits humains, et pourquoi. NE VOUS ATTARDEZ PAS sur ces différences à ce stade, car nous y reviendrons plus tard au cours de l’atelier.
Identifiez différents types de droits comme ceux qui se rangent dans les droits civils et politiques, les droits économiques, les droits sociaux et culturels.
[Autre méthode :répartissez les participants en deux groupes et demandez à chaque groupe de s’attaquer à un thème différent. Après cinq minutes de questionnements dans les sous-groupes, reconstituez le groupe complet et demandez aux participants de comparer brièvement, comme ci-dessus.]
Dans une séance de ce type, les participants ont toute latitude pour partager librement leurs idées et échanger des opinions.
À la fin de cette étape, vous aurez créé une représentation visuelle de la manière dont les participants conceptualisent les droits humains et les droits des femmes.
Étape 2 : Pratique des participants en tant que militants des droits humains
Appuyez-vous sur un choix d’idées et de mots du diagramme en étoile pour déboucher sur les pratiques ; en d’autres termes, sur ce que font les participants dans leurs organisations respectives.
CONSEILS À L’ANIMATEUR : Certains participants peuvent, en fonction de leur vécu, ne pas considérer que ce qu’ils font relève des droits humains. Les personnes travaillant dans le domaine de la santé et du VIH/sida, par exemple, sont susceptibles de ne pas voir leur travail comme un travail sur les droits humains, même si elles combattent souvent pour le droit aux soins de santé et le droit à l’éducation sur le HIV/sida. Il importe d’établir un lien bien visible entre ce que font les participants et les droits humains.
Donnez à chaque participant quatre Post-it et demandez-leur d’écrire, sur chacun, l’un des principaux buts ou objectifs de leur activité et ce qu’ils s’efforcent de faire. NE LEUR DEMANDEZ PAS explicitement de s’exprimer sur leur action concernant les femmes, mais laissez cela émerger naturellement, ou pas, selon le cas.
Quatre ou cinq minutes plus tard, répartissez les participants en petits groupes de quatre ou cinq personnes. (Vous pouvez également constituer des groupes de deux, si l’effectif total est réduit.) Notez par écrit la constitution de chaque groupe, car vous reformerez les mêmes à la séance n°11.) Demandez-leur de consacrer quelques minutes à lire les Post-it des autres et à poser des questions, pour clarification.
Laissez 15 à 20 minutes aux participants pour qu’ils se passent les uns aux autres leurs Post-it, puis pour qu’ils regroupent, collectivement, leurs expériences. Chaque groupe agencera les Post-it par catégories sur une feuille de grand format en indiquant le titre de la catégorie en haut de chaque colonne. Il est préférable que l’animateur ne suggère pas ces intitulés de colonnes, mais qu’il les laisse émerger du groupe de discussion – aucune catégorie n’est «juste» ou «fausse».
Affichez les feuilles aux murs, comme une exposition, pour que les participants puissent passer quelques minutes à regarder le travail des autres groupes. Après cela l’animateur fera ressortir devant le groupe au complet les similitudes et les différences, posera des questions pour clarifier certains points et mettra en relief toute éventuelle incohérence. Le but est d’amener les participants à réfléchir à leur propre pratique de travail et à celle des autres participants de l’atelier, plutôt qu’à se positionner en juges.
Vous mettrez en exergue toutes les références aux femmes comme groupe cible essentiel, aux droits des femmes et à l’élimination de la violence contre les femmes, avant de conclure ce bilan. Vous pouvez vous charger seul de cette tâche, ou la mener conjointement avec les participants. L’intention est de voir comment la pratique des participants se centre sur les droits des femmes et sur l’élimination de la violence à leur encontre.
Concluez la séance en établissant un lien entre la «galerie» des grandes feuilles et le diagramme en étoile, en reliant ce que font les participants et les droits humains. Cette «exposition» aidera aussi beaucoup les participants à constituer des réseaux, tout au long de l’atelier.
Pour entrer en douceur dans la séance suivante, expliquez que si les participants ont certaines idées sur les droits humains et sur ce qu’ils s’efforcent de faire en pratique, ils ne travaillent pas dans le vide mais dans un contexte local, régional et international qui influe sur ce que nous faisons.
Séance n°3
Contexte
But de la séance :explorer le contexte dans lequel nous travaillons, les obstacles, les défis à relever, les possibilités, etc.
Durée :45 minutes
Matériel nécessaire :
(1) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
(2) Vieux magasines/journaux, ciseaux, colle
Étape 1 : Choisir quelques aspects fondamentaux du contexte et concevoir un bilan visuel
Demandez aux participants, répartis en petits groupes, de discuter du contexte local, régional et international dans lequel ils travaillent. Reprenez les mêmes groupes que précédemment pour plus de simplicité, ou bien faites des groupes différents. Voir à l’annexe A quelques exercices distrayants pour constituer ces groupes.
Expliquez qu’après les discussions initiales, ouvertes, ils devraient s’entendre collectivement sur ce que sont les aspects principaux du contexte dans lequel ils travaillent. Vous serez peut-être tenté d’en faire une simple liste, mais invitez-les plutôt à représenter visuellement leurs idées, presque sans mots. Vous fournirez du papier et différents marqueurs de couleur à chaque groupe et, si possible, de vieux magasines et journaux, des ciseaux et de la colle.
Expliquez que lorsque leur dessin ou leur image graphique sera achevée, ils présenteront leur travail à l’ensemble des participants. Ces travaux seront exposés dans la pièce, pendant toute la durée de l’atelier.
Étape 2 : Présentation à tout le groupe, interprétation, analyse et discussion du contexte
Réservez 20 à 25 minutes pour cette phase de discussion et de création artistique. Chaque groupe présentera son image visuelle en silence et laissera le reste des participants analyser ou interpréter le dessin/collage. Ceci étant fait, chaque groupe expliquera son propre dessin. Sur le tableau à feuilles mobiles, faites une liste des principales idées dont les groupes ont convenu.
Cet exercice est distrayant et l’analyse peut se révéler très riche, mais vous devrez gérer la discussion en tenant compte de la taille du groupe, pour rester dans les temps impartis.
Étape 3 : Lier contexte et pratique
Pour conclure la séance, revenez brièvement sur la précédente concernant la pratique et soulignez l’importance du contexte dans lequel nous vivons et travaillons. Renvoyez à la liste que vous avez faite sur le tableau à feuilles mobiles pendant le bilan de chaque groupe.
CONSEILS À L’ANIMATEUR : Si vous avez de la place sur les murs, pensez à exposer tout ce que les participants ont produit lors de la séance – puisqu’il en sera question à nouveau dans une séance ultérieure. VÉRIFIER, pour le cas où la pièce serait laissée sans surveillance, que ces productions ne seront pas enlevées et jetées en votre absence !
Séance n°4
Conceptualiser les droits des femmes
et analyser les causes profondes et les conséquences
de la violence contre les femmes
But de la séance :explorer les droits des femmes et ce qui les différencie, le cas échéant, des droits humains. Apporter une définition de la violence contre les femmes et des informations s’y rapportant, et analyser les causes profondes et les conséquences de cette violence.
Durée :1 heure et 45 minutes
Matériel nécessaire :
(1) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
(2) Diagramme en étoile de la séance n°2
(3) Support n°1 – définition de la violence contre les femmes (peut être reproduit comme document pour les participants)
(4) Support n°2 – Étendue de la violence contre les femmes (peut être reproduit comme document pour les participants)
(5) Lecteur de cassettes ou de CD et support musical évoquant les femmes dans leur rôle traditionnel, ou la violence contre les femmes. Alternative éventuelle : un poème ou un conte populaire traditionnel, ou des illustrations tirées de magasines/journaux
(6) Support n°3 – témoignages brefs sur la violence contre les femmes.
Étape 1 : Les droits des femmes sont-ils différents des autres droits humains ?
Le groupe étant au complet, demandez :
-
qu’entendons-nous par droits des femmes ?
-
sont-ils différents des autres droits humains ?
-
avons-nous quelque raison de nous y attacher particulièrement ?
L’animateur renverra à la séance n°2 au cours de laquelle les participants ont partagé leurs conceptions sur les droits humains et les droits des femmes, et relèvera au passage quelques idées/concepts énumérés. Accordez un temps de partage informel de ces idées.
L’animateur s’efforcera d’inscrire les points clés sur le tableau à feuilles mobiles et tiendra aussi le rôle de l’avocat du diable,contestant les idées mises en avant afin de provoquer la discussion. Après dix à quinze minutes de débat (au maximum), amenez à la conclusion sur le sujet. Les femmes ne doivent pas espérer avoir davantage de droits que les hommes, mais elles devraient pouvoir s’attendre à jouir des mêmes droits qu’eux ; dans le monde d’aujourd’hui, n’est pas le cas. Certains hommes, en particulier, vont peut-être avancer la crainte des hommes de se voir déposséder de leurs pouvoirs si l’accent est mis sur les droits des femmes ; rassurez-les en expliquant qu’il faut rétablir l’équilibre et que c’est pour cela qu’il est nécessaire de s’intéresser autant à la question. Vous souhaiterez peut-être illustrer votre propos en rappelant la nécessité de l’égalité raciale pour les Noirs en Afrique du Sud, après des années d’apartheid.
Soyez attentifs à ce que disent les différents participants et n’écartez pas leur contribution, mais soulignez que les droits des femmes ont encore besoin que l’on s’y intéresse de façon spécifique, tout simplement parce qu’à l’heure actuelle rares sont celles qui, de par le monde, jouissent de droits égaux à ceux des hommes.
Étape 2 : Définir la violence contre les femmes et son étendue
Cette phase est excellente pour donner quelques informations empiriques sur l’étendue des violences contre les femmes, et sur la manière dont nous définissons cette violence. Nous vous suggérons de communiquer les statistiques suivantes : «Au moins une femme sur trois a été battue, forcée à des relations sexuelles ou violentée d’une manière ou d’une autre à un moment de sa vie, selon une étude fondée sur 50 enquêtes menées dans différents pays du monde» («Mettre fin à la violence contre les femmes», in Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui,index AI : ACT 77/001/2004).
Puis demandez aux participants ce qu’ils comprennent par l’expression «violence contre les femmes». Qu’est-ce que cela signifie réellement ? Faites-les réfléchir collectivement, et utilisez les idées qui auront jailli pour amener la définition selon Amnesty International (voir support n°1). Répétez pourquoi il est nécessaire de porter une attention toute particulière aux droits humains des femmes et pourquoi cette nécessité a mené à la campagne. Poursuivez en apportant des informations sur l’étendue de cette violence (voir support n°2).
Étape 3 : Les causes profondes de la violence contre les femmes
Il est temps maintenant d’entamer un débat sur ce qui mène à la violence contre les femmes. Lancez cette séance en faisant écouter une musique (pop ou folk) du pays ou de la région, afin d’évoquer les femmes dans des rôles particuliers tout en changeant d’ambiance. Faites en sorte que les participants écoutent ces textes et réfléchissent à la manière dont les femmes sont dépeintes, et demandez s’il y a là le moindre lien avec la violence contre les femmes ou les droits humains des femmes.
CONSEILS À L’ANIMATEUR : Il faudra pour cela vous préparer à l’avance, mais il existe toutes sortes de chansons pour illustrer ces propos, de la pop au folk. Un poème, ou une histoire traditionnelle peuvent très bien faire l’affaire.
Divisez les participants en trois groupes de taille moyenne pour les faire travailler ensemble sur l’exercice «causes et conséquences» – il s’agira d’identifier les causes (les «racines») et les conséquences (représentée par des fruits) de la violence contre les femmes. Demandez à chaque groupe de mettre en commun les idées de ses membres et de les discuter. Demandez-leur de dessiner un grand arbre sur une double feuille de grand format, d’inscrire sur le tronc la mention «violence contre les femmes» pour représenter celle-ci, puis de noter leurs propres idées au niveau des racines et des fruits.
Étape 4 : Discussion
Chaque groupe présente son arbre au groupe complet. Laissez aux participants le temps de poser des questions et d’avoir une discussion générale sur les causes et les conséquences. Lorsque chacun a présenté ses «racines et fruits», mettez en avant deux questions importantes :
(i) Quel est le but de la discrimination et de la violence contre les femmes ? Amenez les participants à penser que quelqu’un tire profit de la discrimination, que la discrimination et les atteintes aux droits humains servent un objectif et renforcent les relations de pouvoir au sein de la société.
(ii) L’une des difficultés, dans le travail sur cette violence, est qu’elle est souvent dissimulée. Il est fréquent que les actes ne soient pas signalés parce que la discrimination et la violence sont classiquement vues comme «naturelles» par la société et notamment, bien souvent, par les femmes elles-mêmes. En d’autres termes, les données collectées ne donnent pas une image fidèle des violences faites aux femmes. Il est donc important de rassembler des données et des statistiques correctes sur les droits des femmes et la violence dont elles font l’objet si l’on veut pouvoir en identifier les causes et les conséquences. Par exemple, nombre d’organisations de défense des droits humains travaillent sur les droits en prison et sont susceptibles de détenir des informations sur les prisonniers, mais celles-ci sont rarement ventilées par catégories, de sorte que l’on n’arrive pas à déterminer combien de femmes sont incarcérées, quels sont leurs besoins spécifiques et de quels abus particuliers elles sont victimes. L’absence de données ventilées est l’un des obstacles à une information précise sur la violence contre les femmes.
[Méthode alternative :il est tout aussi intéressant de mener l’exercice comme ci-dessus, mais en réunissant tous les groupes pour réaliser un seul arbre au moment du bilan, avec une couleur différente par groupe. L’unique différence est qu’il convient alors de laisser davantage de temps aux groupes de discussion avant qu’ils se retrouvent, et vous devrez dessiner l’arbre vous-même !]
Étape 5 : Conclusion
Concluez en reprenant les aspects fondamentaux qui ont émergé de la discussion, ainsi que les messages clés. Si vous en avez le temps, donnez un visage aux faits que vous avez évoqués pendant l’atelier, en présentant quelques exemples vécus d’atteintes aux droits humains des femmes, sous la forme de brefs témoignages par exemple. Voir support n°3, ou utilisez vos propres documents écrits, audio ou audiovisuels. Vous pouvez également montrer la vidéo d’Amnesty International Les femmes dans les conflits armés. Vidéo pour l’action(référence vidéo d’Amnesty International : GGE 0361040/04).
Séance n°5
Les droits des femmes en tant que droits humains
But :Expliquer les moments clés du passage des droits des femmes aux droits humains.
Durée :1 heure et 15 minutes
Matériel nécessaire :
• Supports n°4 (présentation PowerPoint) et n°5 (notes de présentation)
• Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
Étape 1 : Partie 1 de la présentation
La partie principale de cette séance est un historique des droits des femmes qui récapitule les étapes essentielles dans l’évolution de ces droits. Veuillez vous reporter aux supports n°4 et 5. Utilisez seulement la première partie des présentations 4 et 5 à ce stade, avant de solliciter les questions et les commentaires des participants.
Étape 2 : Chronologie des événements importants
Après les questions et une courte discussion autour de la présentation, expliquez que vous aimeriez porter sur l’axe du temps les événements significatifs de l’évolution des droits des femmes. Cet axe du temps porte déjà quelques-unes des dates majeures indiquées dans la présentation précédente. Soulignez que vous aimeriez en savoir plus sur la situation des droits des femmes en tant que droits humains dans votre pays et région. Assemblez quelques feuilles de grand format et tracez un axe à mi-hauteur, la date actuelle étant à l’extrémité droite et la date initiale de départ que vous choisissez, à l’extrémité de gauche. Vous pouvez par exemple commencer votre axe du temps en 1948, date d’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et le terminer à la date actuelle. Selon le temps disponible, les groupes peuvent être invités à aller écrire, les uns après les autres, sur l’axe du temps, ou bien les dates peuvent être données devant le groupe complet.
Étape 3 : Partie 2 de la présentation
Introduisez la deuxième partie de la présentation. Prenez connaissance de la section exposant les grandes lignes des normes et mécanismes juridiques, dans les supports n°4 et 5. Il ne s’agit pas ici de fournir une explication complète ni approfondie de ces normes et mécanismes mais plutôt de donner une vue d’ensemble des outils juridiques existants et du moment où ils sont entrés en vigueur. Le message fondamental de cette séance est que le droit international relatif aux droits humains, internationalement reconnu, énonce clairement que les femmes sont égales aux hommes en droit et que les droits des femmes sont des droits humains.
Une bonne manière d’amener la séance à sa fin est de souligner ce qui est souvent désigné comme le «principe de non--discrimination» dans nombre des grands documents traitant des droits humains. Vous pouvez aussi vous reportez au support n°6.
Séance n°6
Conclusions de la première journée
But :Reprendre les moments forts des séances
Durée :30 minutes
Matériel nécessaire :
• Planning des participants
Étape 1 : Conclure
Récapituler la teneur des différentes séances de cette première journée, solliciter tous commentaires et questions.
Étape 2 : Présenter les grandes lignes de la deuxième journée
Explicitez la structure logique des séances à venir. Revenez sur le planning propre à l’atelier, si vous avez conservé la feuille correspondante depuis le début de la journée. Répondez à toute question en suspens.
Étape 3 : Remercier les participants
Deuxième journée
Séance n°7
Mise en train
But :Traiter toute question en suspens après les séances de la veille et préparer les participants pour le reste de l’atelier.
Durée :10 minutes
Matériel nécessaire :
Feuilles de grand format utilisées la veille
Étape 1 :
Redynamiser (voir stimulants, annexe A)
Étape 2 :
Clarifications sur la journée 1. Les participants ont ici leur chance de poser toute nouvelle question relative aux séances de la veille.
Séance n°8
Responsabilité des États
en matière de protection des droits des femmes
But :Mieux faire comprendre le concept d’obligation d’agir (avec la diligence voulue) et comment il peut servir de levier permettant de tenir les États pour responsables, au titre des normes régionales et internationales en matière de droits humains leur imposant de protéger, respecter, concrétiser et promouvoir les droits des femmes.
Durée : 50 minutes
Matériel nécessaire :
s22 (6) Supports n°4 et 5 – présentation de la partie 2 sur les mécanismes légaux (comme référence).
(7) Vidéo de lancement de la campagne d’Amnesty International sur la violence contre les femmes (référence vidéo : GGE03/61026/04, titre anglais : It’s in our Hands. Stop Violence Against Women)
(8) Support n°7 – document sur l’obligation d’agir (partie 1 et partie 2)
(9) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
Étape 1 : Présentation de la partie 2
Commencez par récapituler brièvement la vue d’ensemble très large sur les instruments relatifs aux droits humains que vous avez proposée la veille, lors de la séance sur la mise en place des différents mécanismes juridiques. Puis appuyez-vous sur la seconde partie de cette présentation (supports n°4 et 5) pour expliquer plus en profondeur les traités existants relatifs aux droits humains. Relevez dans ces textes des articles précis pour montrer comment les droits humains des femmes jouissent de la même protection que ceux des hommes, du point de vue du droit international relatif aux droits humains.
Ces mécanismes internationaux et régionaux étant compris, il importe que les participants sachent quels traités juridiquement contraignants et relatifs aux droits humains leurs gouvernements ont signés et ratifiés, et soient au courant de toute loi nationale que ces mêmes gouvernements auraient adoptée et qui serait particulièrement pertinente en ce qui concerne les droits des femmes.
N.B. L’animateur devra se plonger dans la législation nationale avant l’atelier, le présent dossier n’ayant pas pour ambition de couvrir chaque pays. Les adresses Internet suivantes permettront de trouver, en anglais, les listes des pays qui ont ratifié, ou n’ont pas ratifié, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes :
• http://www.un.org/womenwatch/daw/cedaw/states.htm: États parties à la Convention.
• http://www.ew2000plus.org/women_cedaw_norat.htm: États n’ayant pas ratifié la Convention.
Les sites Internet suivants offrent une liste des ratifications de tous les principaux traités relatifs aux droits humains, en espagnol et en français :
• Espagnol : http://www.unhchr.ch/pdf/reportsp.pdf
• Français : http://www.unhchr.ch/pdf/reportfr.pdf
Étape 2 : La campagne d’Amnesty International Halte à la violence contre les femmes
Montrez la vidéo de lancement de la campagne d’Amnesty International (référence vidéo : GGE03/61026/04). Cette vidéo présente brièvement la campagne Halte à la violence contre les femmes,avec quelques témoignages directs de violences infligées aux femmes et des interviews de personnes militant pour les faire cesser, dont la secrétaire générale de l’organisation.
Étape 3 : Le concept de l’obligation d’agir (avec la diligence voulue)
La façon d’introduire le sujet dépendra selon que les participants viennent juste, ou non, de regarder la vidéo ci-dessus. Si elle vient d’être visionnée, il sera facile d’en tirer quelques éléments. Certains entretiens expliquent que la clé, pour combattre la violence contre les femmes, réside dans le fait qu’il faut les gouvernements pour responsables, non seulement des agissements de leurs agents mais aussi des actes des agents non gouvernementaux.
Si vous n’avez pas regardé la vidéo, nous vous suggérons d’introduire le sujet en posant simplement aux participants la question : Qui est responsable de la violence contre les femmes et dans quelles circonstances ? Laissez les participants partager leurs idées pendant quelques minutes puis exposez-leur le concept d’obligation d’agir, sur la base du document fourni (voir support n°7 – partie 1)
Les gouvernements ont l’obligation de prendre des mesures efficaces pour faire cesser la violence contre les femmes. Conformément à cette obligation, ils doivent non seulement veiller à ce que leurs agents ne commettent pas d’actes de violence contre les femmes, mais aussi prendre des mesures efficaces pour empêcher des particuliers de commettre de tels actes et, le cas échéant, les punir. Si un État n’exerce pas la diligence voulue pour faire obstacle aux actes de violence contre les femmes – quels qu’en soient les auteurs – ou s’il n’enquête pas sur ces violences et ne les punit pas si elles se sont produites, il peut lui-même en être tenu pour responsable. C’est ce que l’on appelle la norme de «diligence due» ou «diligence voulue» (voir ci-dessous). Pour autant, les auteurs effectifs et leurs complices ne sont pas à l’abri des poursuites et seront punis pour les actes de violence qu’ils ont initialement commis. Voir «Droit international et droits des femmes», in Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui(index AI : ACT 77/001/2004).
Étape 4 : Réflexion collective sur les responsabilités de l’État
Divisez les participants en trois groupes de travail plus petits, selon la taille de votre groupe. Demandez à chacun de ces sous-groupes de réfléchir à un aspect de la responsabilité de l’État, sur la base du document relatif à l’obligation d’agir (par exemple protéger, respecter, concrétiser). Dites aux groupes de travail qu’ils présenteront leurs idées au groupe complet. Si nécessaire, vous pouvez dynamiser les groupes en leur donnant une ou deux idées tirées du support n°7, partie 2.
À l’issue de la séance de réflexion sur les domaines de responsabilité de l’État, reconstituez le groupe complet. Demandez aux groupes de travail de se présenter mutuellement leurs idées et laissez-leur le temps d’en débattre et de poser des questions, à des fins de clarification. Expliquez que vous attendez d’eux qu’ils se concentrent ici sur l’obligation d’agir. Enfin, présentez-leur le support n°7, partie 2. Il se fonde sur une liste plus complète de l’annexe 2 de Pour que les droits deviennent réalité. Agir pour mettre fin à la violence contre les femmes(index AI : ACT 77/052/2004).
Si vous ressentez pour vous-même, ou si votre groupe ressent le besoin d’une explication juridique plus approfondie sur la question de la diligence voulue, lisez les parties correspondantes de Pour que les droits deviennent réalité : les États ont le devoir de combattre la violence contre les femmes(index AI : ACT 77/049/2004), qui traite de la violence domestique et du droit pénal relatif aux violences contre les femmes ; lisez aussi Pour que les droits deviennent réalité. La violence contre les femmes lors des conflits armés(index AI : ACT 77/050/2005), qui s’intéresse particulièrement aux normes internationales relatives à la violence contre les femmes dans les conflits armés.
Ceci étant fait et lorsque les questions en suspens ont été traitées, récapitulez très brièvement la teneur de la séance en soulignant que les gouvernements ont la responsabilité de faire cesser les violences contre les femmes, qu’elles soient perpétrées par leurs employés ou leurs représentants ou par de simples particuliers dans leur vie quotidienne, ou encore par les groupes auxquels ils appartiennent au sein de leur environnement social (les agents non gouvernementaux).
Séance n°9
Appliquer l’obligation d’agir
à des cas de violences contre les femmes
But :Faire en sorte que les participants appliquent le concept de diligence voulue à des cas spécifiques de violence contre les femmes en utilisant certains mécanismes juridiques, et élaborent des documents informatifs pour encourager le public à agir sur un cas.
Durée :2 heures
Matériel nécessaire :
(1) Support n°8 – études de cas
(2) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
Étape 1 : Lecture d’études de cas en groupes
Divisez les participants en groupes de quatre à cinq personnes, selon la taille de votre groupe (vous trouverez en annexe A un choix d’activités pour diviser le groupe). Confiez à chaque groupe de travail une étude de cas à lire. Il pourra choisir une personne qui fera une lecture à haute voix, ou bien décider que chaque participant lira pour lui-même.
Étape 2 : Travaux de groupes sur des études de cas
Dans leur groupe, les participants traitent les questions suivantes (affichez les questions sur des feuilles de grand format, ou bien fournissez-les sur des feuilles distinctes).
Étude de cas :
-
Qui est l’auteur de l’acte de violence ?
-
Qui tiendriez-vous pour responsable ? Pensez aux agents gouvernementaux ou non gouvernementaux.
-
Les autorités ont-elles failli à leur obligation d’agir avec la diligence due ? Si oui, lesquelles (gouvernement, autorités locales ou municipales, membres influents de la société civile ou chefs religieux) ?
-
Si tel est le cas, qu’ont-ils négligé de faire ?
-
Que convient-il de faire pour remédier à ces manquements ?
-
Quels mécanismes relatifs aux droits humains s’appliqueraient dans le pays X ? Quels avantages y a-t-il à recourir à ces mécanismes, par rapport à d’autres canaux que vous utilisez dans votre travail ?
-
Existe-t-il des circonstances dans lesquelles le concept de diligence voulue ne serait pas utile dans cette étude de cas ?
Expliquez aux participants, avant qu’ils ne commencent, que vous attendez d’eux qu’ils discutent et répondent aux questions ci-dessus sur les grandes feuilles fournies. Ajoutez qu’après avoir fait la liste de leurs points clés, ils devront choisir et élaborer l’un des moyens suivants de sensibilisation à ce cas et d’appel à l’action (et qu’ils exposeront l’état de leurs réflexions au groupe complet) :
-
une affiche ;
-
une carte postale ;
-
une plaquette ;
-
une courte émission radio ;
-
un petit sociodrame.
Cet exercice vise à faire réfléchir les participants au concept d’obligation d’agir et au choix des mécanismes juridiques applicables qu’ils pourraient utiliser afin de tenir le gouvernement concerné pour responsable. Réfléchir enfin à la façon de mobiliser l’opinion publique autour du cas en question, pour inciter d’autres personnes à agir.
Étape 3 : Bilan collectif
Rassemblez les groupes et demandez leur, un à un, de résumer brièvement leur cas, de présenter leur affiche ou le type de support qu’ils ont choisi pour ce bilan et, enfin, d’énumérer tous les mécanismes juridiques qui, à leur avis, seraient les plus appropriés pour que le gouvernement réponde des actes étudiés. Veillez à ce que chaque groupe soit félicité et applaudi pour ses efforts, puis invitez l’auditoire à livrer ses commentaires et laissez s’installer un peu la discussion autour de chaque cas.
Lorsque chacun a exposé son travail, résumez la séance en soulignant comment, la plupart du temps, il est possible de tenir le gouvernement pour responsable des actes commis aussi bien par ses agents que par des agents non gouvernementaux. Insistez fortement pour assurer au groupe que ces actions peuvent infléchir le gouvernement dans le sens d’une remise en question de la violence contre les femmes, et qu’elles peuvent aussi mobiliser d’autres personnes, qui s’y joindront.
Séance n°10
Les coûts de la violence contre les femmes
But :Étudier les coûts sociaux et économiques de la violence contre les femmes.
Durée :1 heure
Matériel nécessaire :
(1) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
(2) Support n°9 – document sur les coûts sociaux et économiques de la violence contre les femmes.
Étape 1: Coûts sociaux, psychologiques, économiques de la violence contre les femmes
Quels sont les différents coûts de ces violences pour la société ? Divisez les participants en groupes puis demandez-leur d’en débattre :
Indiquez-leur quelques pistes de réflexion :
• les coûts sociaux, psychologiques, économiques
• ce que vit une personne qui fait l’expérience de la violence
• ce que cela représente pour ses amis/sa famille et le groupe social plus étendu.
Après la discussion, les participants écriront leurs principales idées sur le tableau à feuilles mobiles.
Étape 2 : Sociodrame
De plus, chaque groupe choisira un aspect des coûts de la violence contre les femmes et préparera un sociodrame. Un sociodrame est une petite pièce de théâtre représentant une situation sociale déterminée. Le sociodrame, affirme un expert, «pose le problème des conflits non résolus tirés l’expérience concrète de la vie réelle des apprenants. Il permet aux personnes de reconstruire ce vécu, de l’analyser de manière distanciée et de réfléchir à diverses façons de changer les choses(2)».
Lorsqu’ils ont choisi leur sujet, les participants doivent décider d’un scénario ou ébaucher brièvement l’histoire et répartir les rôles entre tous les membres du groupe. Chacun devrait être encouragé à jouer un rôle actif, même minime. Rassurez les participants sur le fait que vous n’attendez pas un spectacle inoubliable, mais simplement quelque chose qui communique l’idée maîtresse. Lorsque le fil directeur de l’histoire a été établi et que les personnages sont désignés, le groupe répétera son spectacle une fois ou deux.
Déplacez-vous d’un groupe à l’autre pendant que les participants se préparent, en rappelant à chaque équipe qu’elle est censée transmettre son idée maîtresse aux autres groupes, qui analyseront/interpréteront le sociodrame vu.
Faites-les réfléchir à :
• la question et comment ils la présenteront ;
• ce qu’est fil de l’histoire ;
• la manière dont ils vont créer l’environnement physique de la scène en tenant compte des limites du lieu où se déroule d’atelier.
Étape 3 : Présentation au groupe complet et interprétation des sociodrames
Après que chaque groupe a présenté son sociodrame, les autres groupes disent ce qu’ils ont vu et l’analysent ou l’interprètent. Le groupe qui a fait sa présentation explique ensuite aux autres personnes de l’assistance ce qu’il a essayé de faire passer. Laissez encore un peu de temps pour la discussion.
N.B. : Le temps alloué à cette séance est relativement court et peut facilement être dépassé s’il n’est pas soigneusement géré – il est préférable d’accorder plus de temps au retour devant le groupe complet qu’à la préparation, parce que notre but est de stimuler la pensée et la discussion sur les coûts de la violence contre les femmes plutôt que de voir un chef-d’œuvre théâtral !
Étape 4 : Mini-présentation, par l’animateur, des coûts de la violence contre les femmes
Pour amener ces discussions à leur terme, renvoyez aux participants quelques-uns des coûts essentiels qu’ils ont évoqués. Puis dites-leur que vous avez quelques faits et chiffres à leur communiquer et livrez-vous à cette mini-présentation. Voir le support n°9, qui contient quelques exemples. Cette liste n’est pas exhaustive et il ne tient qu’à vous de contacter les ONG locales de femmes pour réunir des informations sur les coûts de la violence contre les femmes dans votre pays, pour les participants.
Étape 5 : Quels bénéfices attendre d’un travail sur les droits des femmes ?
Demandez finalement au groupe d’inverser les coûts et d’imaginer les avantages de l’élimination de la violence contre les femmes. Pour cela, on se contentera simplement de prolonger la discussion du groupe complet sur les coûts, en prenant pour base certaines réflexions des participants relatives aux avantages de l’élimination de cette violence dans leur milieu de vie, etc. Vous pourrez aussi, peut-être, vous reporter à l’arbre de discrimination de la journée précédente.
Alternative.Si vous avez plus de temps – faites écouter une musique «relaxante» pendant que les participants imaginent, paisiblement, un nouveau monde libéré de la violence contre les femmes. Après quelques minutes, invitez chacun à faire part de ses sentiments et pensées personnelles et dire à quoi pourrait ressembler un tel monde. Finalement, amenez cette séance à sa fin en disant que même si, parfois, les obstacles pour y parvenir semblent énormes, tout acte, tout changement, si infime soit-il, nous amène un pas plus près de la réalisation d’une société juste, libérée de la violence contre les femmes.
Si possible, vous achèverez cette séance par un adage de votre pays ou de votre région, qui ouvre sur un tel avenir.
N.B. : Vous trouverez de bonnes idées dans le support n°10, qui apporte des statistiques et des faits sur la violence faite aux femmes, ainsi que quelques phrases de gens ordinaires sur ce qui serait possible dans un monde libéré de cette violence.
Séance n°11
Retour à la pratique
But :Encourager un examen de la pratique ; changer pour faire cesser la violence contre les femmes
Durée :1 heure et 15 minutes
Matériel nécessaire :
(1) Les feuilles de grand format utilisées pendant la séance n°2
(2) Feuilles de grand format et marqueurs de différentes couleurs
(3) Post-it
Étape 1 : Retour à la pratique
Reformez les mêmes groupes que pour la séance n°2. Avant de poser les questions bien précises ci-dessous, expliquez aux participants que vous voulez qu’ils se reportent à leurs réflexions personnelles et à leurs discussions de la séance précédente sur leurs objectifs fondamentaux et le contexte dans lequel ils travaillent. Sur les grandes feuilles de la séance n°2 – que vous aurez affichées, facilement visibles, aux murs – mettez en relief quelques-uns des points essentiels mentionnés.
Expliquez que vous voulez maintenant qu’ils reviennent à leur propre façon d’agir – en tenant compte des informations données pendant l’atelier et des discussions qui se sont tenues. Posez les questions suivantes :
• Y a-t-il des contradictions entre leurs conceptions de ce qu’ils pensent faire, le contexte dans lequel ils agissent et ce qu’ils font réellement ?
• Dans quelle véritable mesure sont ils vraiment centrés sur les droits des femmes dans leur action ?
Encouragez-les à s’intéresser de façon critique à leurs propres incohérences, à discuter les uns avec les autres sur celles qui leur sont propres, à aider les autres à réfléchir sur les leurs – attention : insistez sur le fait qu’il NE S’AGIT PAS de juger ni d’accuser quiconque.
Étape 2 : Changer ses propres pratiques
Maintenant qu’ils ont eu la possibilité de réfléchir et de débattre des contradictions entre ce qu’ils pensent faire et ce qu’ils font véritablement, demandez-leur à tous de répondre par écrit à la question suivante :
• Que feriez-vous différemment ? (dans un monde idéal)
• Que pouvez-vous faire différemment ? (compte tenu des limites pratiques du contexte social et politique et de leur structure organisationnelle, mais aussi de la remise en cause de ces limites)
• Que ferez-vous différemment au niveau personnel et organisationnel ? (Il s’agit ici d’un plan d’action pratique sur ce qu’ils feront différemment, en termes concret.)
Étape 3 : Bilan autour de «l’exposition» ; discussion
Lorsque chacun est prêt, chaque groupe de deux personnes (ou davantage) accroche sa feuille au mur de la «galerie» et regarde ce qui est ainsi affiché. Les participants qui pensent pouvoir ajouter quelque chose utiliseront des Post-it, afin de ne pas oublier qu’il s’agit d’un travail où s’élaborent des soutiens, des réseaux, des collaborations.
Puis faites asseoir le groupe à nouveau et demandez à ceux qui le veulent de livrer leurs pensées à propos de ce qu’ils ont appris sur eux-mêmes et leur pratique. Ont-ils été surpris par les résultats ?
Séance n°12
Dernier rassemblement du groupe au complet
But : Mener l’atelier à sa conclusion en renforçant les idées fondamentales et en insistant à nouveau sur l’importance de l’action pour faire cesser la violence contre les femmes. Évaluer l’atelier.
Durée :1 heure
Matériel nécessaire :
(1) Support n°11 – grandes lignes de la campagne d’Amnesty International Halte à la violence contre les femmes
(2) Support n°12 – formulaire-type d’évaluation
Étape 1 : Conclusions de l’atelier
Mettez à profit ce dernier rassemblement du groupe pour retracer les différentes étapes de l’atelier, soulignez les moments forts, renforcez les points principaux et appuyez-vous sur les contributions des participants, matérialisées sous des formes diverses tout au long de l’atelier (listes sur feuilles de grand format, diagramme en étoile, représentations visuelles des contextes, etc.). Répondez aussi à toute question en suspens ou indiquez aux participants des lectures ou d’autres sources d’information.
Étape 2 : Exposer les grandes lignes de la campagne Halte à la violence contre les femmes
Selon le temps encore disponible, parlez aux participants des principaux aspects de la campagne Halte à la violence contre les femmes (voir support n°11) et comment ils peuvent s’y impliquer. Vous pouvez aussi leur donner un document pour les inciter à prendre contact avec leur bureau local d’Amnesty International, s’il existe ou, directement, avec les organisateurs de la campagne, à l’adresse Internet suivante : SVAWteam@amnesty.org
Étape 3 : Évaluation
À l’issue des deux étapes précédentes, il est temps de conclure l’atelier par une évaluation – un animateur expérimenté pourra souhaiter procéder à une évaluation verbale, ou collective, selon ses préférences. À ce stade, vous pouvez vous reporter aux attentes formulées le premier jour pour voir dans quelle mesure elles ont été satisfaites. Il est bon que les participants procèdent à une brève évaluation écrite qui pourra être résumée par l’animateur pour son propre usage puis redistribuée aux participants à la suite de l’atelier. Distribuez le support n°12, mais nous suggérons toutefois d’adapter le formulaire et les questions en fonction de vos objectifs. Les participants devraient s’acquitter de cette évaluation à la fin de l’atelier, avant leur départ – ou bien vous les recevrez, tard, par la poste.
Étape 4 : Clôture de l’atelier
Lorsque tous les participants ont fini de remplir leurs formulaires d’évaluation et que vous les avez ramassés – utilisez les quelques minutes restantes pour les remercier tous pour le temps qu’ils ont consacré à cet atelier et leurs précieuses contributions aux débats tout au long de ces deux journées. Rappelez-leur que toute action, même de faible envergure, modifie les choses dans notre combat collectif pour faire cesser la violence contre les femmes. Peut-être reprendrez-vous quelque mot encourageant d’une militante des droits des femmes célèbre de votre région.
Fin de l’atelier
Annexe A
Jeux «dynamisants» et activités pour la formation des groupes
Jeux dynamisants
Ces jeux ont été sélectionnés (avec des changements mineurs) dans une publication en ligne de l’organisation International HIV/Aids Alliance. Vous pouvez accéder au site en anglais, à l’adresse Internet suivante :
http://synkronweb.aidsalliance.org/graphics/secretariat/publications/ene0502_Energiser_guide_eng.pdf
et en français à l’adresse suivante :
http://synkronweb.aidsalliance.org/graphics/secretariat/publications/enf0602_Energiser_guide_fr.pdf
Le chef d’orchestre
Les participants sont assis en cercle. Un volontaire quitte la salle. Une fois cette personne sortie, le reste du groupe choisit un «chef d’orchestre». Le chef doit faire une série de gestes, comme taper des mains, taper des pieds, etc. que le reste du groupe imite. Le volontaire revient dans la salle, se met au milieu du cercle et doit deviner qui initie les gestes du groupe. Les membres du groupe protègent le chef en évitant de le/la regarder. Le chef doit changer de geste à intervalles réguliers, sans être découvert. Le volontaire rejoint le groupe une fois qu’il a identifié le chef d’orchestre. Ce dernier quitte ensuite la salle pour permettre au groupe de choisir un nouveau chef.
Le soleil brille sur …
Les participants forment un cercle étroit, assis ou debout. Une personne se met au centre du cercle. Cette personne s’écrie «le soleil brille sur...»et nomme une couleur ou un type de vêtement porté par des membres du groupe. Elle peut dire par exemple, «le soleil brille sur tous ceux qui portent du bleu» ou«le soleil brille sur tous ceux qui portent des chaussettes» ou encore«le soleil brille sur tous ceux qui ont les yeux marrons». Tous les participants concernés se lèvent et échangent leurs places. La personne se trouvant au centre du cercle essaie de prendre une de leurs places, pour qu’une autre personne se retrouve au milieu du cercle et sans place. Cette personne s’écrie à son tour, «le soleil brille sur...» et nomme une autre couleur ou un autre type de vêtement.
Trouve quelqu’un qui porte…
Demander aux participants de marcher de manière détendue, en balançant les bras et en se relaxant, de façon informelle. Au bout d’un moment, l’animateur s’écrie «trouve quelqu’un qui porte...»et nomme un type de vêtement. Les participants doivent courir vers la personne décrite et rester debout à côté d’elle. Répéter ce jeu plusieurs fois en énonçant des types de vêtement différents.
Papier et paille
Les participants se divisent en plusieurs équipes. Chaque équipe se met en ligne et place un morceau de papier au début de sa ligne. Chaque membre de l’équipe a en main une paille. Lorsque le jeu commence, la première personne dans la ligne doit ramasser le morceau de papier en aspirant avec la paille. Cette personne doit ensuite passer le morceau de papier à la personne suivante en utilisant la même méthode. Si le morceau de papier tombe, le premier participant dans la ligne le reprend et la séquence doit recommencer.
Robots
Diviser les participants en groupes de trois. Dans chaque groupe, un participant joue le commandant de robots et les deux autres sont les robots. Chaque commandant doit diriger les mouvements de ses robots. Le commandant touche un robot sur l’épaule droite pour le faire bouger vers la droite et sur l’épaule gauche pour le faire bouger vers la gauche. L’animateur commence le jeu en demandant aux robots de marcher dans une certaine direction. Le commandant doit essayer d’éviter que les robots ne heurtent des obstacles, tels que les chaises et les tables. Demander aux participants de changer de rôle pour que chacun ait l’occasion d’être le commandant ou un robot.
Suivre le rythme
Les participants, assis ou debout, forment un cercle. Un participant ouvre le jeu en se tournant vers la personne à sa droite. Il frappe dans ses mains à l’unisson avec elle. Cette personne fait de même avec le participant qui se trouve à sa droite et ainsi de suite. Il faut parvenir à la plus grande vitesse possible. Envoyer simultanément plusieurs «signaux», avec des rythmes différents autour du cercle.
Un orchestre sans instrument
Expliquer aux participants qu’ils vont former un «orchestre» sans instrument. Les membres de l’orchestre se serviront uniquement des sons que le corps humain peut produire. Les participants peuvent se servir de leurs mains, de leurs pieds, de leur voix, etc., mais pas de mots. Ainsi, ils peuvent siffler, fredonner, soupirer, frapper des pieds etc. Chaque joueur doit choisir un son. Choisir une chanson connue et demander à tout le monde de participer en jouant de l’instrument de son choix. On peut aussi ne pas proposer de chanson et laisser les participants se surprendre en créant un son original.
La liste des courses
Le groupe forme un cercle. Un participant commence par dire : «je vais au marché acheter du poisson».Le suivant dit : «je vais au marché acheter du poisson et des pommes de terre».Chaque participant répète la liste en ajoutant un autre article à acheter. Le but est de pouvoir se souvenir de tous les articles qui ont été cités auparavant.
Achever la journée
Un petit mot sur ton dos
À la fin de l’atelier, demandez à chaque participant de s’accrocher une feuille dans son dos. Tous les participants écrivent alors sur la feuille de chacun des autres quelque chose qu’ils aiment, admirent ou apprécient chez cette personne. L’opération terminée, les participants pourront garder cette feuille et l’emporter, comme souvenir.
Retour sur la journée
Ce jeu sert à aider les participants à réfléchir aux activités de la journée. Faire une boule de papier. Demander aux participants de se lancer cette boule de papier les uns aux autres. Lorsqu’un participant a la boule en main, il doit dire une chose sur ce qu’il pense de la journée.
Exercices de répartition des participants en groupes
Salade de fruits
L’animateur divise les participants en groupes égaux de trois ou quatre fruits, en oranges et bananes par exemple. Les participants s’assoient en forment un cercle. Une personne doit se mettre debout au milieu du cercle. L’animateur annonce le nom de l’un des fruits, en s’écriant «oranges !»par exemple. Toutes les oranges doivent échanger leurs places. La personne du milieu essaie pendant ce temps de prendre une place, laissant un autre participant debout. Ce dernier se met au centre, annonce le nom d’un autre fruit et le jeu continue. À l’appel «salade de fruits !», tout le monde doit changer de place.
Le jeu du «E» – un exercice très rapide !
Écrire une très grande lettre E, bien arrondie, sur une feuille de grand format. La placer au centre du cercle de participants. Demander aux participants de dire exactement ce qu’ils voient sur le papier à partir de là où ils sont. Selon leur emplacement dans le cercle, ils verront la lettre m, un w, un 3 ou un E. Ils peuvent alors changer de place pour voir la lettre à partir d’un autre angle. Cette activité peut servir notamment à démontrer que nous voyons les choses différemment selon notre position ou situation. On pourra aussi mettre un participant au centre du cercle et demander à ceux qui sont autour de décrire exactement ce qu’ils voient à partir de leur place. Enfin, demandez à tous les «W», les «3», les «M» et les «E» de travailler ensemble, en groupes.
Le graphique des anniversaires
Demander aux participants de s’aligner en fonction du mois ou de la saison de leur naissance. Identifier le mois ou la saison où sont nés le plus de participants. Discuter des raisons possibles de cette situation. Sur la base de cet alignement, prélever des ensembles égaux de personnes afin de les répartir en groupes.
Annexe B
Supports
Certaines des informations utilisées pour créer ces supports sont reprises du rapport d’Amnesty International Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui(index AI : ACT 77/001/2004). Il s’agit d’un document ressource général. Si vous souhaitez le lire de bout en bout avant de commencer l’atelier, vous pouvez vous en procurer un exemplaire, tout comme d’autres documents de la campagne Halte à la violence contre les femmes,en vous adressant à la section d’Amnesty International de votre pays ou, à défaut, à l’adresse suivante : svawteam@amnesty.org
Support n°1 : Qu’est-ce que la violence contre les femmes ?
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violence dans la famille : maltraitance physique, sexuelle ou psychologique venue de partenaires ou de proches ;
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violence contre les femmes dans leur environnement quotidien : viol ou autres sévices sexuels, harcèlement sexuel au travail, dans les établissements éducatifs, vente de femmes comme esclaves (traite), mariages forcés ;
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violence liée au genre, perpétrée ou cautionnée par l’État ou par les «agents gouvernementaux» – policiers, gardiens de prison, fonctionnaires de l’immigration ; viol par des membres des forces armées lors de conflits armés et violences perpétrées par des représentants de l’État contre des réfugiées.
Source : Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui(index AI : ACT 77/001/2004)
Support n°2 : Étendue de la violence contre les femmes
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Au moins une femme sur trois a été battue, forcée à des relations sexuelles ou violentée d’une manière ou d’une autre à un moment de sa vie, selon une étude fondée sur 50 enquêtes menées dans différents pays du monde. Le coupable est en général un membre de la famille ou quelqu’un que cette femme connaît.
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Selon des données recueillies par le Conseil de l’Europe, la violence domestique est, pour les femmes de seize à quarante-quatre ans, la principale cause de mort et d’invalidité, avant le cancer ou les accidents de la route.
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Plus de 60 millions de femmes «manquent» dans le monde aujourd’hui, du fait des avortements sélectifs et des infanticides de filles, d’après l’estimation effectuée par Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998. Le dernier recensement réalisé en Chine en 2000 a montré que le ratio entre les naissances de filles et celles de garçons était de 100 pour 119. La norme biologique est de 100 pour 103.
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Aux États-Unis, les femmes représentaient en 1999 85 p. cent des victimes de violence domestique (671 110 femmes contre 120 100 hommes), selon la rapporteuse spéciale des Nations unies chargée de la question de la violence contre les femmes
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Le gouvernement russe estime que 14 000 femmes ont été tuées par leur partenaire ou un membre de leur famille en 1999, mais le pays n’a toujours pas de loi visant spécifiquement la violence domestique. Cinquième rapport périodique de la Fédération de Russie, doc. ONU CEDAW/C/USR/5, § 6.
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Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 70 p. cent des femmes victimes d’un homicide sont tuées par leur partenaire masculin.
En règle générale, les femmes signalent peu les violences dont elles sont les victimes aux autorités, car elles ont honte, ou elles craignent de ne pas être crues ou d’encourir encore plus de sévices. En outre, les définitions de la violence varient beaucoup d’un pays à l’autre, et les comparaisons sont difficiles. De nombreux États n’ont pas de systèmes fiables de signalement permettant d’évaluer la fréquence de la violence contre les femmes et ne collectent pas de données ventilées par genre. En l’absence d’enquête à ce sujet et de données publiques sur la véritable dimension du problème, les États, les collectivités locales et les familles méconnaissent parfois leurs responsabilités.
Sources : HEISE, L., ELLSBERG, M. et GOTTEMOELLER, M., «Mettre fin à la violence contre les femmes», Population Reports,Série L, n°11. Baltimore : Johns Hopkins University School of Public Health, décembre 1999, p. 1; Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, La violence domestique à l’encontre des femmes, Recommandation 1582 adoptée le 27 septembre 2002 ; Fonds des Nations unies pour la population, Violence Against Girls and Women : A Public Health Priority, 1999 ; Rapport de la rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, 27 février 2003, doc. ONU E/CN.4/2003/75/Add.1, addendum 1, International, regional and national developments in the area of violence against women,1994-2003, § 1494 ; Organisation mondiale de sa santé, Rapport mondial sur la violence et la santé, Genève, 2002, p. 127.
Support n°3 : Témoignages
«Je ne sais vraiment pas ce qui m’a décidée, ce soir-là, à appeler la police, mais je dis toujours que je l’ai fait quand je me suis vue nettoyer mon propre sang.» Lorraine, une Britannique, a été battue par son compagnon pendant huit ans avant d’oser en parler à quelqu’un. «Les gens m’ont demandé pourquoi je ne quittais pas tout simplement mon compagnon, mais il me menaçait tout le temps et il mettait toujours ses menaces à exécution. J’avais très, très peur de lui. À force, on en arrive à s’habituer, à accepter la chose comme un élément normal de sa vie, on s’adapte, on fait face, on cache son problème.»Au Royaume-Uni, les services d’urgence reçoivent en moyenne un appel par minute concernant la violence dans la famille(3).
Trois soldats ont violé Ndambo, une jeune fille de seize ans, dans un champ près d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, pays ravagé par la guerre. En essayant de la protéger, sa mère a essuyé des coups de feu tirés par les agresseurs. Incapable de marcher après le viol, Ndambo a été portée jusqu’à l’hôpital. Sans argent, elle n’a pas été soignée et n’a pu se procurer le document attestant du viol. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (ONU) estime qu’environ 5 000 femmes ont été violées dans la région entre octobre 2002 et février 2003, ce qui représente une moyenne de 40 viols par jour.
Le 11 mars 2002, 15 écolières ont été brûlées vives et des dizaines d’autres blessées dans l’incendie de leur école à La Mecque, en Arabie Saoudite. Les membres de la police religieuse ont empêché les jeunes filles de quitter le bâtiment parce qu’elles ne portaient pas leur foulard et qu’aucun homme de leur famille n’était présent pour les prendre en charge. Ils auraient même empêché les sauveteurs d’entrer dans les bâtiments parce qu’il s’agissait d’hommes.
En septembre 2002, un Jordanien âgé de vingt ans a été condamné à douze mois d’emprisonnement seulement, pour le meurtre de sa sœur. Il l’avait étranglée avec un fil téléphonique en apprenant qu’elle était enceinte au moment de son mariage. Dans son jugement, le tribunal a décidé de ramener l’inculpation de meurtre avec préméditation à un simple délit parce que cette femme avait «terni l’honneur et la réputation de la famille(4)».
«Cette nuit-là, j’ai appelé une ambulance mais aucune n’est venue. J’ai appelé la police et elle ne s’est pas dérangée.» Joy a subi les brutalités de son mari, un policier de La Barbade, pendant dix ans. En août 2000, il a essayé de la tuer à coups de parpaing mais des membres de la famille de cet homme sont intervenus et ont sauvé Joy. Le mari de celle-ci est maintenant soumis à une injonction lui interdisant tout contact afin de prévenir d’autres actes de violence(5).
Grace Patrick Akpan a été interpellée par des policiers pour vérification d’identité, à Catanzaro, en Italie, en février 1996. Comme elle leur déclarait être citoyenne italienne, ils lui ont répondu qu’une «femme noire ne [pouvait]pas être citoyenne italienne»et l’ont décrite sur les ondes de leur radio comme «une prostituée de couleur».Elle a été malmenée par les policiers et a dû passer deux semaines à l’hôpital après sa libération. En octobre 1999, plus de trois ans après, les policiers responsables ont été déclarés coupables d’abus de pouvoir et de mauvais traitements sur la personne de Grace Patrick Akpan. Ils n’ont été condamnés qu’à deux mois de mise à l’épreuve.
«Ils m’ont enfermée dans une pièce et l’ont amené chaque jour pour qu’il me viole et que je sois enceinte et forcée à l’épouser. Ils m’ont fait cela jusqu’à ce que je me retrouve enceinte.»Témoignage d’une jeune lesbienne du Zimbabwe que sa famille a enfermée et fait violer par un homme plus âgé afin de «corriger»son orientation sexuelle(6).
En Inde, les dalitssont confrontés à des exactions et à des violences quotidiennes(7). Le cas de Ramvathi s’est produit en Uttar Pradesh en septembre 1998. Elle a été violée par un groupe de cinq hommes. Il s’agirait de villageois d’une caste supérieure qui voulaient ainsi la punir, de même que son mari, Ram Chandra, parce qu’ils refusaient de céder une parcelle de terre. Leur but était de les isoler de la communauté dalitpar l’opprobre lié au viol. Lorsque Ram Chandra est allé au poste de police, les policiers ont refusé d’enregistrer sa plainte. Le chef de la police du district a finalement donné l’ordre d’ouvrir une enquête, mais rien n’a été fait. Quelques mois plus tard, lorsque les deux époux ont tenté de récupérer leur bien, ils ont été roués de coups par des hommes armés de bâtons et de haches. Ramvathi a été violée avec un bâton et a succombé le lendemain. À la suite de pressions exercées par des militants sur le chef de la police, une plainte a été enregistrée mais, en mars 2003, aucun élément de preuve n’avait encore été remis au tribunal. Ce genre de refus par l’État d’ouvrir une enquête et d’engager des poursuites dans les cas de violence contre les femmes est un manquement au principe de la diligence voulue.
Source : Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui(index AI : ACT 77/001/2004).
Support n°4 : Présentation des droits humains des femmes
Les droits humains des femmes
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Les droits des femmes sont des droits humains ; cette affirmation est une profession de justice et de dignité humaine pour les femmes parce que, toutes les fois où une femme est traitée comme l’inférieure d’un homme, elle est aussi traitée d’une manière ou d’une autre comme étant moins humaine qu’un homme.
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Les atteintes aux droits humains des femmes sont si systématiques et si répandues que beaucoup de gens les considèrent comme naturelles.
-
Dans de nombreux pays, les femmes sont systématiquement l’objet de discriminations dans toutes sortes de domaines de la vie sociale, politique, juridique et culturelle.
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Elles ont moins de droits à l’emploi, de droits juridiques, leur droit à la propriété personnelle est nié, elles gagnent moins que les hommes pour le même travail, leur scolarité est moins bien suivie, elles sont soumises à la violence de l’État, de leur milieu de vie et de leur foyer.
Qu’appelons nous droits humains des femmes ?
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à chaque fois qu’un homme agresse sa femme,
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qu’un membre de la police viole une prisonnière,
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qu’une entreprise rétribue les femmes qu’elle emploie moins que leurs collègues masculins,
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qu’une fillette se voit refuser l’éducation, les soins de santé ou même une alimentation identique à celle de ses frères,
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nous avons affaire à des atteintes aux droits humains.
Mais elles sont trop souvent vues comme des questions de droits des femmes et donc d’une importance moindre, ou comme des affaires privées dont les autorités n’ont pas à s’occuper.
La Déclaration universelle des droits de l’homme accorde les mêmes droits
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à toutes les femmes, tous les hommes, toutes les filles et tous les garçons,
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en vertu de leur humanité et indépendamment de tout rôle ou relation qui peuvent leur être attachés, de mères, filles, pères, employeurs ou autre,
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de sorte que lorsque des violences commises contre des femmes ou des filles ne sont pas reconnues comme des atteintes aux droits humains, les femmes sont collectivement diminuées dans leur qualité d’êtres humains et se voient refuser une part de leur humanité.
Les droits humains ne sont pas un cadeau accordé à la discrétion des gouvernements
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Ils ne peuvent être refusés par les gouvernements, ni appliqués à certaines personnes et pas à d’autres.
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Un gouvernement qui agit de la sorte et refuse les droits humains à un groupe de personnes d’une société doit être tenu pour responsable.
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Mais les gouvernements ne sont pas les seuls responsables des atteintes aux droits des femmes : les entreprises ou les particuliers doivent aussi avoir à répondre de leurs actes.
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Trop souvent, un relativisme culturel s’appuyant sur les traditions sociales ou culturelles sert d’excuse pour renier les droits humains des femmes.
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Le droit à la liberté de religion ou le droit à la protection de la famille peuvent, par exemple, devenir des prétextes pour tenter de justifier l’oppression des femmes.
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes est très claire dans ses dispositions :
Article 5
«Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour :
«a) Modifier les schémas et modèles de comportement socio-culturels de l'homme et de la femme en vue de parvenir à l'élimination des préjugés et des pratiques coutumières, ou de tout autre type, qui sont fondés sur l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou l'autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes».
Les droits des femmes et le droit international
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Trois phases |
Militantisme centré sur |
Résultats (droit international) |
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Années 60 |
Statut civil et politique |
Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) |
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Années 70 |
Égalité et discrimination |
Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979) |
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Années 80 et 90 |
Droits humains des femmes et accent sur la violence contre les femmes |
Reconnaissance par le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) de la violence dans la famille comme «une violation grave des droits des femmes» (1986). Recommandation générale 19 du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (1992) «Les droits des femmes [sont] des droits de la personne humaine», Vienne, 1993 Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes (1993) Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes (1994) Conférence du Caire Quatrième conférence mondiale sur les femmes, Beijing (1994) Création de la Cour pénale internationale par le Statut de Rome Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (2000) |
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Définitions de la violence contre les femmes
• Déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes (1993)
Article premier
«Aux fins de la présente Déclaration, les termes "violence à l'égard des femmes" désignent tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.»
• Déclaration et Programme d’action de Beijing (1995)
Diagnostic de la violence contre les femmes
«113. L’expression "violence à l’égard des femmes" désigne tous actes de violence dirigés contre des femmes en tant que telles et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. En conséquence, la violence à l’égard des femmes s’entend comme englobant, sans y être limitée, les formes de violence énumérées ci-après :
«a) La violence physique, sexuelle et psychologique exercée au sein de la famille, y compris les coups, les sévices sexuels infligés aux enfants de sexe féminin au foyer, les violences liées à la dot, le viol conjugal, les mutilations génitales et autres pratiques traditionnelles préjudiciables à la femme, la violence non conjugale et la violence liée à l’exploitation ;
«b) La violence physique, sexuelle et psychologique exercée au sein de la société, y compris le viol, les sévices sexuels, le harcèlement sexuel et l’intimidation sur les lieux de travail, dans les établissements d’enseignement et ailleurs, le proxénétisme et la prostitution forcée ;
«c) La violence physique, sexuelle et psychologique perpétrée ou tolérée par l’État, où qu’elle s’exerce.
«114. Constituent également des actes de violence à l’égard des femmes les violations de leurs droits fondamentaux dans les zones de conflit armé, notamment le meurtre, le viol systématique, l’esclavage sexuel et la grossesse forcée.
«115. La violence à l’égard des femmes comprend aussi les stérilisations forcées et les avortements forcés, la contraception imposée par la contrainte ou la force, la sélection prénatale en fonction du sexe et l’infanticide des petites filles.»
• La Déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence contre les femmes
Article 4
«Les États devraient condamner la violence à l'égard des femmes et ne pas invoquer de considérations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire à l'obligation de l'éliminer.»
Support n°5 : Note sur les droits humains des femmes
«Les droits des femmes [sont]des droits de la personne humaine» ; cette déclaration est une profession de justice et de dignité humaine pour les femmes, parce que, toutes les fois où une femme est traitée comme l’inférieure d’un homme, elle est aussi traitée d’une manière ou d’une autre comme étant moins humaine qu’un homme. Les atteintes aux droits humains des femmes sont si systématiques et si répandues que beaucoup de gens les considèrent comme naturelles. Dans de nombreux pays, les femmes sont systématiquement l’objet de discriminations dans toutes sortes de domaines de la vie sociale, politique, juridique et culturelle. Elles ont moins de droits à l’emploi, de droits juridiques, leur droit à la propriété personnelle est nié, elles gagnent moins que les hommes pour le même travail, leur scolarité est moins bien suivie, elles sont soumises à la violence de l’État, de leur milieu de vie et de leur foyer.
Qu’appelons-nous «droits des femmes» ?
Les actes de violence ou de discrimination contre les femmes sont des atteintes aux droits humains. Les exemples ne manquent pas, depuis les agressions que les femmes subissent de la part de leur époux ou de leur compagnon, le viol de prisonnières par des policiers, les salaires inégaux entre femmes et hommes, le refus de donner aux filles une éducation, des soins de santé ou même une alimentation identique à celle de leurs frères. Mais ces atteintes aux droits sont trop souvent vues comme des questions de droits des femmes et donc de moindre importance, ou bien comme des affaires privées dont les autorités n’ont pas à s’occuper.
La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) accorde les mêmes droits à toutes les femmes, tous les hommes, tous les garçons et toutes les filles en vertu de leur humanité et indépendamment de tout rôle ou relation qui peuvent leur être attachés, de mères, filles, pères, employeurs ou autre. De sorte que lorsque des exactions commises contre des femmes ou des filles ne sont pas reconnues comme des atteintes aux droits humains, les femmes sont collectivement diminuées dans leur qualité d’êtres humains et se voient refuser une part de leur humanité.
Les droits humains ne sont pas un cadeau accordé à la discrétion des gouvernements. Ils ne peuvent être refusés par les gouvernements, ni appliqués à certaines personnes et pas à d’autres. Un gouvernement qui agit de la sorte et refuse les droits humains à un groupe de personnes d’une société doit être tenu pour responsable. Mais les gouvernements ne sont pas les seuls responsables des atteintes aux droits des femmes : les entreprises ou les particuliers doivent aussi avoir à répondre de leurs actes. Trop souvent, un relativisme culturel s’appuyant sur les traditions sociales ou culturelles sert d’excuse pour nier les droits humains des femmes. Le droit à la liberté de religion ou le droit à la protection de la famille peuvent, par exemple, devenir des prétextes pour tenter de justifier l’oppression des femmes.
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes est pourtant très claire dans ses dispositions lorsqu’elle déclare que :
«Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour :
a) Modifier les schémas et modèles de comportement socioculturels de l'homme et de la femme en vue de parvenir à l'élimination des préjugés et des pratiques coutumières, ou de tout autre type, qui sont fondés sur l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou l'autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes.»(Article 5)
La Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, proclamée par les États membres des Nations unies, affirme en son article 4 que :
«Les États devraient condamner la violence à l'égard des femmes et ne pas invoquer de considérations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire à l'obligation de l'éliminer.»
La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes déclare ce qui suit : «Au cours de ce nouveau siècle, les problèmes que pose le relativisme culturel, et ses conséquences pour les droits des femmes, seront un des aspects les plus importants du droit international relatif aux droits humains».
Le concept de diligence voulue, imposé aux gouvernements, est le principe juridique grâce auquel ceux-ci sont tenus pour responsables des crimes commis par des agents non gouvernementaux. Voir support n°7.
L’histoire des droits des femmes en tant que droits humains
La Déclaration universelle des droits de l’homme est le principal document permettant aux personnes de comprendre leurs droits, mais d’autres documents, internationaux et régionaux, relatifs à des sujets bien précis, sont venus s’y ajouter au cours du demi-siècle écoulé.
La mise au point des droits des femmes a globalement connu trois phases. La première a consisté à veiller à ce que les femmes aient des droits politiques égaux à ceux des hommes, tels que le droit de vote ou le droit d’être titulaire de fonctions officielles. La première génération de droits a été celle des droits civils et politiques, tels qu’ils sont inscrits dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), et que chacun peut opposer aux gouvernements. Ces droits protègent les personnes des ingérences arbitraires de l’État et sont parfois qualifiés de négatifs en ce qu’ils imposent à l’État de s’abstenir de certains actes comme la torture, la privation de la vie ou de la liberté. Ces droits exigent de l’État qu’il se maîtrise et qu’il respecte l’autonomie de la personne, mais sont aussi très paternalistes, tendent à ne pas remettre en question les stéréotypes relatifs aux femmes, et parfois les renforcent. Un traité de l’Organisation internationale du travail (OIT) établi à cette période prévoyait que les femmes ne devaient pas travailler la nuit, probablement parce que cela entrait en conflit avec leurs devoirs familiaux. Le principal effet de cette disposition a été de limiter les possibilités pour les femmes d’avoir un emploi salarié.
La deuxième phase de cette construction des droits des femmes s’est déroulée entre 1960 et 1980, et s’est attachée à l’égalité et à la discrimination. Elle a culminé avec la création, en 1979, du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) qui est chargé de veiller au respect, par les États, de leur obligation d’éliminer les politiques discriminatoires à l’encontre des femmes ; il fixe divers domaines de discrimination, notamment dans la vie politique et publique, l’emploi, la santé, le crédit financier, le droit, etc. Il s’agit d’un traité contraignant, ce qui signifie que les États qui l’ont signé doivent le respecter. Ils doivent également faire en sorte que les populations vivant sur leurs territoires respectent aussi ces obligations (diligence voulue). Cependant, les droits des femmes ont longtemps été tenus à la marge du système des Nations unies et le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a fonctionné à l’écart des autres organes de suivi des traités des Nations unies, qui n’ont pas intégré les droits des femmes. C’est le cas, par exemple, du Comité contre la torture, qui ne faisait nullement mention des actes de torture spécifiquement liés au genre. Les choses ont commencé à changer vers la fin des années 80, avec une tendance croissante à lire les conventions internationales existantes sous l’angle des atteintes et violations spécifiquement liées au genre.
La troisième phase de la mise en place des droits des femmes en tant que droits humains a commencé au début des années 90. Ici se place la tentative d’intégrer d’une manière beaucoup plus systématique la question des droits humains des femmes dans les traités des Nations unies relatifs aux droits humains. Voir ci-après.
Les droits des femmes et le droit international
Grâce aux actions incessantes menées par les militants des droits des femmes et d’autres militants au cours des dernières décennies, le droit international a accusé des progrès considérables et la communauté internationale a intensifié son engagement à surveiller et à combattre les atteintes aux droits des femmes.
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Trois phases |
Militantisme centré sur |
Résultats (droit international) |
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Années 60 |
Statut civil et politique |
- Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) - Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) |
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Années 70 |
Égalité et discrimination |
- Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979) |
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