qui interdisent la peine de mort
L'une des initiatives les plus importantes qu'un pays puisse prendre pour garantir les droits fondamentaux de tous les individus relevant de sa juridiction est d'abolir la peine de mort dans sa législation. Cette mesure est plus sûre encore si le pays décide en outre d'introduire dans sa Constitution une disposition prohibant la peine capitale.
Parmi les 57 pays qui ont jusqu'à présent aboli la peine de mort pour tous les crimes, 24 ont inclus dans leur Constitution une disposition prohibant l'application de ce châtiment, le plus souvent pour des motifs ayant trait aux droits de l'homme. La Constitution de cinq autres pays limite les crimes pour lesquels la peine de mort peut être prononcée. Les textes de ces dispositions constitutionnelles sont reproduits dans le présent document.
Parmi les 57 pays qui ont jusqu'à présent aboli la peine de mort pour tous les crimes, 24 ont inclus dans leur Constitution une disposition prohibant l'application de ce châtiment, le plus souvent pour des motifs ayant trait aux droits de l'homme (2). Le dernier en date est l'Islande, qui a amendé sa Constitution en 1995 pour y inclure l'interdiction de la peine capitale. La Constitution de cinq autres pays (3) limite les crimes pour lesquels la peine de mort peut être prononcée.
Les textes de ces dispositions constitutionnelles sont reproduits dans le présent document. De tels exemples peuvent encourager d'autres pays à adopter des dispositions similaires.
Dans certains systèmes juridiques, la Constitution est la loi suprême qui ne doit pas être contredite par d'autres lois, elle est alors plus difficile à amender que celles-ci. Le fait d'inscrire l'abolition de la peine capitale dans une Constitution de ce type est un moyen de donner une base légale supplémentaire à une telle mesure et d'entraver toute décision hâtive visant au rétablissement de ce châtiment.
La Constitution est dans la plupart des cas le reflet législatif des valeurs suprêmes d'un pays et elle étend à tous les individus placés sous sa juridiction les garanties en matière de droits de l'homme. Les pays qui inscrivent l'abolition de la peine de mort dans leur Constitution démontrent l'importance qu'ils attachent à cette décision.
Amnesty International est opposée à la peine de mort car il s'agit d'une violation des droits de l'homme et du droit à la vie, et d'un châtiment cruel, inhumain et dégradant. Cette prise de position est soutenue par les dispositions constitutionnelles qui rattachent l'abolition de la peine capitale aux droits de l'homme, notamment au droit à la vie et à la sécurité, et plus particulièrement au droit de ne pas être soumis à des tortures ou à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Elle est également confortée par les décisions de justice qui ont été prononcées et plus particulièrement celle rendue en juin 1995 par la Cour constitutionnelle sud-africaine, laquelle a statué que la peine de mort était incompatible avec la Constitution provisoire de l'Afrique du Sud en ce qu'elle constitue une violation du droit de ne pas être soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. La décision rendue le 24 octobre 1990 par la Cour constitutionnelle de Hongrie, qui a considéré que la peine capitale constituait une violation du droit à la vie et à la dignité de la personne humaine tels qu'ils sont énoncés dans la Constitution, va dans le même sens. L'adoption d'instruments internationaux et régionaux qui prévoient l'abolition de la peine de mort, et notamment le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le Protocole n° 6 à la Convention européenne pour la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales (Convention européenne des droits de l'homme) et le Protocole à la Convention américaine relative aux droits de l'homme traitant de l'abolition de la peine de mort, soutiennent également la prise de position de l'Organisation.
Le lecteur trouvera ci-après quatre tableaux présentant des informations sur les dispositions constitutionnelles relatives à la peine de mort.
Le tableau 1 donne la liste des 24 pays dont la Constitution prohibe le recours à la peine de mort, et cite les articles pertinents.
Le tableau 2 donne la liste des cinq pays dont la Constitution limite le champ d'application de la peine de mort, et cite les articles pertinents.
Le tableau 3 reprend la liste des 29 pays mentionnés aux tableaux 1 et 2 en précisant : si la Constitution prohibe le recours à la peine de mort (P) ou si elle en limite le champ d'application (L), si le recours à la peine capitale est prohibé ou limité pour des motifs ayant trait aux droits de l'homme et, dans ce cas, s'il est fait précisément référence au droit à la vie et/ou à la sécurité de la personne humaine. (Le lien avec les droits de l'homme peut être indiqué par une référence spécifique ou par l'inscription de la prohibition ou de la limitation du champ d'application de la peine de mort dans la partie de la Constitution qui traite des droits de l'homme.)
Le tableau 4 reprend la liste des 29 pays par région en indiquant si la Constitution prohibe le recours à la peine de mort ou si elle en limite le champ d'application, et précise si le recours à la peine capitale est prohibé ou limité pour des motifs ayant trait aux droits de l'homme.
Tableau 1.
Les dispositions constitutionnelles qui prohibent le recours à la peine de mort
Tableau 2.
Les dispositions constitutionnelles limitant le champ d'application de la peine de mort
Tableau 3.
Les motifs des prohibitions ou des limitations constitutionnelles de la peine de mort
La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni, sous le titre Constitutional Prohibition of the Death Penalty. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI - août 1996.
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(1) La version originale en langue anglaise du document résumé ici a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni, sous le titre Constitutional Prohibition of the Death Penalty. Seule la version anglaise fait foi. La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI - août 1996.
(2) . Ces 24 pays sont l'Allemagne, l'Autriche, le Cap Vert, la Colombie, l'Équateur, l'Espagne, Haïti, le Honduras, l'Islande, l'Italie, les Îles Marshall, les États fédérés de Micronésie, Monaco, le Mozambique, la Namibie, le Nicaragua, Panama, les Pays-Bas, le Portugal, la République dominicaine, São Tomé et Principe, la Suède, l'Uruguay et le Venezuela. Pour la liste des pays ayant aboli la peine de mort, voir les publications régulières Amnesty International.
(3) . Ces cinq pays sont le Brésil, le Salvador, le Luxembourg, le Mexique et le Pérou.
Amnesty International, International Secretariat, 1 Easton Street, WC1X 0DW, London, United Kingdom
The state of the world's human rights
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