Tadjikistan - Rapport 2007 d'Amnesty International

حقوق الإنسان في République du Tadjikistan

منظمة العفو الدولية  تقرير 2013


The 2013 Annual Report on
طاجيكستانالصادر حديثاً

Capitale : Douchanbé
Superficie : 143100 km²
Population : 6,6 millions
Chef de l'État : Imamali Rakhmonov
Chef du gouvernement : Akil Akilov
Peine de mort : maintenue
Cour pénale internationale : Statut de Rome ratifié

Des informations ont de nouveau fait état d'un recours fréquent et généralisé des agents de la force publique à la torture et aux mauvais traitements. Au moins un militant d'un parti d'opposition est mort en garde à vue dans des circonstances suspectes. De plus en plus de femmes étaient arrêtées pour appartenance à des mouvements ou partis islamiques interdits.

Contexte
À l'issue de l'élection de novembre, le président Imamali Rakhmonov a été reconduit à la tête de l'État pour un troisième mandat de sept ans. L'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE) a estimé que le scrutin ne s'était pas caractérisé par de véritables choix et un vrai pluralisme.
Sous la pression internationale, le gouvernement a autorisé l'accès à cinq sites Internet indépendants qui étaient considérés comme critiques à l'égard du régime et que les pouvoirs publics avaient bloqués avant l'élection présidentielle en invoquant des raisons de sécurité.
Les relations entre le Tadjikistan et son voisin l'Ouzbékistan sont restées tendues ; au moins quatre Tadjiks d'origine ouzbèke qui étaient accusés d'espionnage ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Torture et mauvais traitements
Selon certaines informations, les agents de la force publique continuaient de procéder à des arrestations illégales ; les actes de torture et autres mauvais traitements étaient pour eux une pratique courante. Plusieurs ont été condamnés à des peines d'emprisonnement.
 En mai, 12 détenus de la prison de Kourgan-Tioubé ont comparu devant un tribunal pour leur participation présumée à des faits remontant à août 2005 : selon les informations recueillies, une centaine de prisonniers s'étaient alors tranché les veines pour protester contre leurs conditions de détention cruelles, inhumaines et dégradantes et les mauvais traitements fréquents. Les autorités avaient affirmé qu'il s'agissait d'une émeute. Lors d'une conférence de presse, des proches des prévenus ont déclaré que des gardiens avaient enlevé les plâtres et les pansements de certains de ceux-ci, frappés et maltraités en prison, avant leur comparution devant le tribunal. Le juge aurait refusé de constater les blessures et aurait rejeté les allégations de torture des détenus.
En novembre, le Comité contre la torture [ONU] a examiné le premier rapport du Tadjikistan et exprimé des préoccupations concernant les nombreuses allégations selon lesquelles le personnel chargé des enquêtes pratiquerait couramment la torture et les mauvais traitements, en particulier pour extorquer des « aveux » devant être utilisés dans les procédures pénales. Le Comité a aussi déploré que les juges ne classent pas les affaires ou ne les renvoient pas pour un supplément d'information lorsque les « aveux » ont été obtenus sous la torture. Enfin, il a constaté avec inquiétude qu'un très petit nombre d'agents étaient reconnus coupables de torture ou d'autres mauvais traitements.

Mort en garde à vue
 Sadoullo Maroufov, qui était membre du Parti de la renaissance islamique (PRI), est mort en garde à vue en mai après avoir été arrêté à des fins d'interrogatoire par des agents des forces de l'ordre à Isfara. Ces derniers ont d'abord affirmé qu'il s'était suicidé en sautant d'une fenêtre située au troisième étage. Le PRI a fait savoir que d'après le rapport d'autopsie Sadoullo Maroufov avait été maltraité, et notamment battu ; ce même parti a allégué que la victime avait été poussée par la fenêtre. Par la suite, le parquet général a annoncé que trois policiers avaient été arrêtés au terme d'une enquête.

Arrestations et procès inéquitables
Plus de 50 membres présumés du parti d'opposition islamique interdit Hizb-ut-Tahrir (Parti de la libération) – dont au moins 20 femmes – et 30 membres présumés du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) ont été arrêtés. Beaucoup ont été condamnés à de lourdes peines d'emprisonnement après des procès inéquitables.

Autres documents d'Amnesty International
Commonwealth of Independent States: Positive trend on the abolition of the death penalty but more needs to be done (EUR 04/003/2006).